Pierre-Olivier Carles

Mobile, Social Media, Big Data Analytics, Altcoins...

Summer break

Ces derniers mois ont été intenses, sur tous les plans. Il est temps de faire un break et de « se vider un peu la tête », histoire de retrouver un vrai niveau d’énergie et un peu de créativité. Ces deux dernières ne sont pas des ressources inépuisables.

L’énergie se tarie très vite dès qu’on n’est pas bien dans sa tête et dans son corps. J’ai expérimenté les longues périodes à l’hygiène de vie douteuse (on appelle ça pudiquement « être un bon vivant ») et il ne fait aucun doute qu’on est loin de son meilleur niveau. La fatigue générale qui en découle est un excellent indicateur de son niveau global de performance, qui si on prend la peine de l’écouter, ne ment jamais.

Au-delà de l’énergie, la créativité s’épuise aussi très rapidement, si on ne l’entretient pas. Pour cela, il existe une excellente salle de fitness pour créativité qui va permettre de la remettre en forme rapidement, il s’agit de « la vraie vie ». Pour être créatif, nul besoin d’être particulièrement intelligent ou d’avoir une bonne mémoire. Je crois qu’il faut simplement être observateur et se nourrir de ce qu’il se passe autour de soit. Le simple fait d’être curieux et ouvert à des choses nouvelles suffit. Le soucis quand on travaille trop, est que justement, on ne prend pas le temps d’être curieux et ouvert, d’où l’intérêt de faire un break de temps en temps et de se « vider la tête ».

J’ai trouvé une astuce qui vaut ce qu’elle vaut mais au moins, fonctionne avec moi. J’utilise Lift, une application mobile qui vous permet d’améliorer des aspects de votre vie que vous pensez perfectibles. J’ai rejoint un programme qui te pousse à regarder les arbres et le ciel pendant au moins 5 minutes chaque jour. Je l’ai perverti en l’élargissant à cette idée de regarder « la vraie vie » au moins 5 minutes (j’avais la flemme de créer ma propre campagne, sans doute :-)). 5 minutes sur 24h, ce n’est rien et personne ne peut dire qu’il ne les a pas. C’est très efficace pour moi, vous devriez essayer.

Reste une question à laquelle je n’ai jamais su apporter de réponse. Partir en vadrouille avec sa famille ou des amis est sans doute un excellent moyen de se ressourcer, mais…

US Marine Corps

Combien de temps doit-on partir à l’aventure (impossible pour moi de faire un break si je reste à la maison…) pour que ce soit efficace sans pour autant laisser tomber ses équipes et ses projets ? Autrement dit, à partir de combien de temps cette déconnexion devient-elle tellement marquée qu’elle va produire l’effet inverse et vous tirer vers le bas ?

Cette année, je n’ai prévu qu’une semaine de break et serais à nouveau sur le pont dimanche prochain. Je pense que ce sera un peu court, mais d’un autre coté, partir plus longtemps t’aide à déconnecter mais t’éloigne des dossiers, ce qui veut dire une plus grande difficulté à retrouver ses repères et le rythme au retour. J’en ai parlé avec un ami et associé qui est en train d’user une plage quelque part en Sardaigne, en lui conseillant de prendre plus longtemps que la semaine qu’il avait booké parce que je le sentais vraiment épuisé. Il va rentrer trop tôt, je pense et j’ai peur qu’il le paye un peu en Octobre ou Novembre.

Ce n’est pas mon cas ici. Je suis un peu fatigué, c’est vrai, mais pas à ce point. Ces vacances sont plus un moyen de profiter de la famille tant qu’elle est disponible (avant que les enfants ne partent en summer camp puis rentrent à l’école) qu’un besoin impératif de faire un break là tout de suite. Je ne suis pas plus résistant qu’un autre, c’est juste que nous avons tous des rythmes biologiques et que la bonne heure pour moi n’est pas encore arrivée. Après, ça ne peut pas me faire de mal. A dire vrai, depuis quelques soucis sérieux de santé l’année dernière, je suis vraiment à l’écoute de mon corps et de ma tête. Apprendre à se connaitre soi-même est une formidable aventure, bien plus difficile que ce que j’avais imaginé. Même après 43 ans de vie commune, je me sens parfois un étranger dans mon propre corps.

Tout ça pour dire que si vous avez la réponse sur ce que devrait être la durée idéale d’un break et la périodicité avec laquelle il convient d’aller compter les mouettes ou les dahuts, je suis preneur…

Bonnes vacances !

Un peu de sérieux

Je vous pose ça ici. Il parait que ce meme est très vieux mais je le découvre aujourd’hui. Il m’a beaucoup touché/troublé/ému/amusé. J’espère qu’il en sera de même pour vous.

bears

De temps en temps, il est indispensable de se recentrer sur ses fondamentaux. On le dit souvent au rugby et ce sport est réputé pour être une école de la vie. Tirez-en vos propres conclusions…

Devenir Now-iste

Joi Ito est l’une des « personnalités de l’Internet » que je respecte le plus.

Pionnier, Entrepreneur et Business Angel talentueux, il est aussi un activiste convaincu qui a oeuvré notamment aux destinées de Creative Commons avant de prendre la direction du MIT Media Lab.

J’ai eu l’occasion de le croiser il y a des années. Cet homme est brillant, extrêmement ouvert et d’une humilité à toutes épreuves. Ces 3 traits en font un excellent décrypteur de tendances, tant technologiques que sociales.

Il est intervenu à TED en Mars de cette année, pour expliquer notamment comment, en matière d’innovation, plutôt que de nous tourner vers le futur nous devions devenir Now-istes, c’est à dire nous concentrer sur la valeur que nous pouvions créer au présent, tout en continuant d’acquérir en permanence ce qui nous est utile pour évoluer un pas après l’autre, sans rester enfermé dans un plan pré-établi.

J’espère que cette intervention vous inspirera autant que pour moi.

Cet « awkward moment » où Amazon…

Je reprend ici un post que j’ai fait hier en Anglais sur Instagram, pour l’étoffer un peu, ayant à présent un vrai clavier à ma disposition. Vous trouverez l’original ici.

Hier, Stéphanie a reçu une coque pour son Nexus 5. Elle l’avait commandé quelques jours plus tôt sur Amazon, à un vendeur nommé Ancerson. La commande est arrivée vite, après une transaction fluide, comme Amazon Prime sait le faire si bien.

En ouvrant le paquet, elle découvre une coque d’excellente qualité – elle s’attendait à quelque chose de bien plus cheap – mais aussi une myriade de petites attentions et cadeaux, comme un stylet pour écran tactile, des auto-collants, des bouchons de prise Jack pour les enfants, etc… Super expérience, Stéphanie est ravie de sa coque, et les enfants qui récupèrent les cadeaux aussi.

Puis, elle tombe sur cette carte qui nous invite à mettre une review sur Amazon. C’est pertinent car le plus souvent, les acheteurs oublient de le faire à moins, justement, d’être déçus voir pire, de leur produit. Mais là, c’est la douche froide. La carte propose un coupon de $2 pour nous remercier de mettre 5* et une bonne revue. En d’autres termes, le commerçant nous achète une bonne revue, quelque soit l’avis que nous ayons de son produit ou de ses services.

Je trouve cela vraiment stupide pour deux raisons.

D’une part, l’expérience de la cliente était excellente grâce à une transaction fluide, une livraison rapide, un produit de qualité même supérieure aux attentes et de petites attentions sympa. Stéphanie allait mettre une excellente revue, sur la base de cette expérience, car elle était le reflet de son ressenti. En lui donnant l’impression de se faire acheter, le vendeur a tout simplement brisé la magie qu’il avait réussi à créer. C’était vraiment maladroit. Encore une fois, il y a une énorme différence entre inviter à donner son sentiment et acheter une bonne revue. La dimension éthique compte vraiment pour une entreprise, surtout si elle cible un marché grand public.

D’autre part, je pense qu’Amazon devrait mettre beaucoup d’énergie pour lutter contre ce genre de dérives. En ne faisant rien, le géant du commerce approuve implicitement ces pratiques. Il est « chez lui » et peut dicter les règles. Le choix de laisser-faire constitue un endorsement de fait. De plus, le système de revues et de notations étant décisif dans le déclenchement de l’acte d’achat, surtout lorsque le nombre de revues est massif, perdre la confiance des consommateurs sur ce terrain peut amener des dommages collatéraux très importants, et durables. Amazon pourrait apprendre du « scandale des revues asiatiques » sur Trip Advisor, par exemple. En achetant de bonnes revues pour $2 de manque à gagner sur une prochaine vente, le vendeur ne fait que crowdfunder la rédaction de milliers de revues positives, sur un budget qu’il aurait sinon confié à une entreprise Indienne ou Chinoise, mais sur une mécanique encore plus perverse dans le sens où ces revues viennent prendre la place de celles des clients (puisqu’un client ne poste qu’une seule revue), donc potentiellement de revues moins élogieuses, là où les Comment Farms doivent généralement lutter en plus contre les clients mécontents. Et Amazon n’en sort évidemment pas grandi…

Le commerce en ligne est à mon sens la discipline de l’Internet sans doute la plus difficile. Les marges y sont faibles et la concurrence vraiment féroce. Le nombre de e-commerçants, en France, qui vivent décemment des nombreuses heures qu’ils passent sur la brèche est ridiculement faible. Je comprend donc que ces entreprises dussent faire preuve d’agressivité commerciale. C’est souvent une simple question de survie. Toutefois, la dimension éthique est bien souvent sous-cotée car elle n’apporte pas de revenus à court terme, et représente si ce n’est une charge supplémentaire, disons, un effort supplémentaire chez ceux pour qui elle n’est pas naturelle. Pourtant, elle est essentielle. Si tu veux de bonnes revues, vend de bons produits dans de bonnes conditions en apportant un bon service. C’est à la fois aussi simple et aussi compliqué que ça.

Je ne veux évidemment pas de mal à ce e-commerçant en particulier, car être maladroit est le propre de ceux qui essayent, ce qui sera toujours plus remarquable que la perfection de ceux qui n’essayent pas. Je suis simplement un peu surpris déçu par le laisser-faire d’Amazon, qui n’a rien d’un petit commerçant et dispose sans le moindre de doute, des moyens nécessaires pour mettre l’éthique un peu plus au centre de ses préoccupations. Pour être plus clair, j’adore Amazon et suis subjugué par cette incroyable machine de guerre. Même récemment, le géant m’a vraiment impressionné par le nombre d’innovations qui accompagnaient le lancement du Fire Phone. De ce fait, je l’ai été un peu moins lors de cette expérience, par certains basiques de son métier où il est pourtant réputé exceller.

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