Vous n’écoutez pas assez !

Je vous ai parlé il y a quelques semaines de mon intérêt pour l’analyse quantitative et qualitative de gigantesque volumes d’informations pour en determiner des insights qui puissent être utiles à un CMO ou un CEO. Je me documente beaucoup sur le sujet et essaye d’échanger avec tous les chercheurs ou experts que je croise pour tenter de bien décrypter ce qui a du sens pour le business de ce qui relève du Bullshit Marketing.

Je vous invite à jeter un oeil à la vidéo ci-dessous qui vous explique comment la technologie – d’IBM en l’occurrence – peut améliorer les performances d’un plan Marketing dans le domaine du cinéma, non pas en dépensant plus mais en dépensant mieux pour augmenter le retour sur investissement de chaque dollar « mis dans le Juke Box ».

Les scientifiques – et surtout les mathématiciens – ont envahi les salles de marché pour aider les investisseurs à gagner beaucoup plus d’argent sur la base d’approches qui ne laissent plus grand chose au hasard.

Les technologies d’Analytics destinées à travailler sur de gros volumes de données notamment pour y detecter des tendances encore sous le radar des services marketing viennent apporter cette science à des métiers où l’affect, l’émotion, l’intuition et l’expérience prenaient une grande partie de la place jusqu’ici… et ce sont les Stratèges en charge du marketing, de la distribution ou de la vente qui y trouvent leur compte en tout premier lieu, comme c’est formidablement bien expliqué dans cette vidéo.

Au-delà du formidable potentiel pour les entreprises, il existe un autre terrain de jeu pour le Data Crunching et l’Analytics Big Datas – et là, vous admirerez la collection de Buzz Words que j’ai glissé sur une seule ligne – qui est encore plus évident : la Politique.

Si l’exploitation des données en politique vous intéresse, je vous invite à lire « The Victory Lab » de Sasha Issenberg. Je ne crois pas qu’il existe en Français mais cela viendra forcément car ce livre très travaillé est excellent. Sasha revient sur l’Histoire de l’Analytics et du Marketing au service de campagnes électorale, de l’origine jusqu’au dantesque – au moins sur le plan Marketing – affrontement Obama Vs Romney il y a quelques semaines. Lisez-le, c’est fascinant et terrifiant à la fois.

Avec les Médias Sociaux, le marché a pris le pouvoir. Là où le marketing pouvait avoir une influence suffisamment forte pour créer un besoin ex-nihilo, on voit qu’un esprit critique se développe, doucement. Chacune des informations que l’on peut collecter et analyser aujourd’hui peut potentiellement devenir une formidable opportunité pour peu que l’on sache transformer l’information en action et générer ainsi de la valeur.

Internet est devenu – pas seulement, fort heureusement – une sorte de focus groupe planétaire qui peut tout vous dire pour peu que vous lui posiez correctement les questions et surtout, que vous écoutiez attentivement les réponses.

J’ai souvent tendance à m’enthousiasmer… et cette fois, je dois avouer que cela atteint des sommets malgré pourtant une certaine maturité et quelques cheveux blancs (qui ont le mérite de prouver qu’il me reste des cheveux :-)).

Je suis terriblement excité par ce domaine passionnant, qui mélange des technologies de pointe où énormément reste à inventer et une forme d’intelligence pratique et de culture générale large, tous deux nécessaires pour une bonne analyse. C’est cette alchimie qui va permettre de tirer la quintessence des milliards d’informations que nous produisons sur Internet et les Médias Sociaux, et je trouve ça vraiment génial !

2 réflexions sur “ Vous n’écoutez pas assez ! ”

  1. Un sujet large que tu abordes ici. Je vais essayer de ne pas dériver mais l’exemple que tu donnes de l’utilisation des mathématiques par les financiers nous a amené tout de même à une finance (et donc une société) qui n’a plus de sens, où des machines spéculent à la millisecondes déconnectées de toute réalité, où de l’argent ne sert qu’à produire de l’argent pour l’argent.

    Voir ce type de systèmes utilisés pour l’Art peut aussi paraître inquiétant. Des chefs d’oeuvre auraient ils vu le jour si on avait d’abord pensé à leur rentabilité ? Ou si on les avait construits, scénarisés, pour qu’ils plaisent sur une forme dénuée de tout fond ? Le même problème se pose avec les livres qui sont conçus comme des produits et non plus comme des oeuvres.

    Ces techniques de statistiques, d’analyse, toute cette puissance de calcul sont vraiment impressionnantes mais il est aussi intéressant de l’utiliser pour autre chose qu’un but uniquement mercantile. Même si je sais qu’on parle ici de business. Et qu’il n’y pas de mal à en faire !

  2. @Bastien Les consequences de toutes les technologies comme de tous les outils dépendent de la façon dont on les utilises. Un marteau est une arme qui peut tuer quelqu’un, mais la majorité des gens normaux continuent à planter des clous avec…

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