Médias Sociaux / Marketing Scientifique

Vers la fin de l’année 2011, le montant de la dette américaine dépassait 15.000 Milliards de Dollars US. Regardez bien ce chiffre et essayez de visualiser ce que cela représente vraiment. Vous n’y arrivez pas ? Moi, non plus.

Certaines mesures perdent tout leur sens quand elles dépassent les seuils de ce que nous sommes capables de concevoir.

La mesure de la production de contenu sur le Web et les Médias Sociaux est de ceux-là. On parle de volumes de données incroyablement grands, tellement que cela ne sert plus à rien de les mesurer si ce n’est à se faire peur. Je vous donne juste un exemple avec Twitter – qui, je le rappelle n’est pas l’Internet à lui tout seul mais un tout petit bout de celui-ci – qui me semble à la fois significatif et facile à comprendre : 1 milliard de tweets tous les 3 jours en moyenne.

A chaque fois, une personne a exprimé quelque chose et donc, tous les jours, nous avons 350 millions d’expressions de quelque chose. Evidemment, cette expression n’est pas toujours riche de sens, sans même parler des fans de #JustinBieber, mais même si nous devons éliminer 90% de KikooLol, il nous reste encore 35 Millions d’expressions dont nous pouvons sans doute tirer quelque chose d’utile pour peu que l’on sache un peu comment regarder.

C’est un sujet qui me fascine depuis quelques mois et je passe du temps dessus pour mieux comprendre comment utiliser cette matière première inépuisable. Depuis toujours, les gens ont eu besoin de s’exprimer et cela n’a jamais été aussi simple qu’aujourd’hui. Donc ils parlent de vous, de vos marques, de vos équipes de sport préférées, de vos entreprises, de vos produits, de votre passion pour la tyrosemiophilie, de votre soutien indéfectible à l’équipe de France de Football, etc… Et toutes ces données sont là, disponibles pour les CMO, sans que ceux-ci – dans leur immense majorité – ne la travaillent vraiment si ce n’est via les outils de veille de leurs Community Managers, qui sont à l’intelligence économique ce que l’arbalète est à la guerre électronique.

Pourtant, c’est tellement plus simple de faire du marketing quand on sait où appuyer pour que sa cible soit touchée et sensible au message, au design du produit, à son affect… Peter Drucker disait que 50% d’un budget marketing ne servait à rien mais qu’on ne pouvait pas les économiser car on ne savait pas quels 50% il s’agit. Je pense que c’est en passe de devenir faux. On peut amener la science à se pencher sur un marketing encore très intuitif et approximatif, non pas pour l’amener à dépenser moins ou plus mais à dépenser mieux.

Google s’y intéresse, IBM aussi… et des dizaines d’autres. Eric Schmidt l’a même lâché il y a quelques mois en conférence de presse, nous promettant que Google saurait que vous avez envie d’une glace avant que vous ne le sachiez vous-même. Parce que vous l’avez compris, l’analyse de cette immense masse de datas, en temps réel ou à postériori, est fascinante et redoutable d’efficacité, mais quand on y ajoute des algorithmes permettant de faire du prédictif, cela devient de la magie.

Alors comme la magie n’existe pas – c’est une hypothèse, pas une affirmation – je préfère me tourner vers la science, abandonnant ainsi le concept de Marketing Magique, lui préférant celui de Marketing Scientifique.

Vous pariez que je vous en reparle plus sérieusement dans quelques semaines ? 😉

4 réflexions sur “ Médias Sociaux / Marketing Scientifique ”

  1. Toutes ces technologies demandent en premier lieu la construction de modèles de données qui sont directement issues de… cerveaux humains. Mais dans le cas présent, le retour sur investissement pour un CMO est évidemment : Mettre quelques centaines de milliers d’euros pour assurer le ciblage d’une campagne de plusieurs millions, c’est un no brainer.

  2. @Keru Oui, mais là, on va bien au-delà de Twitter, qui était juste mon exemple… La première source reste ces bons vieux forums ! Il y en a toujours autant, toujours aussi actifs et sur tous les sujets imaginables. Une énergie inépuisable !

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