De l’importance du #hashtag…

Si je vous avais parlé de hashtag il y a quelques années – mettons une petite poignée – vous auriez eu le même regard tellement expressif du lapin pris la nuit dans les phares d’une voiture.

Evidemment, le mot existait et les hashtags erraient, la nuit, sur IRC, à la recherche des NoLifes ultimes alors que le marketing et nous – comprenez « les professionnels de la profession » nous en fichions éperdument. Trop ésotérique, pas de potentiel mainstream, impossible de toucher la ménagère quelque soit son âge…

Mais aujourd’hui, en 2012, tout cela a changé. Le Hashtag est devenu un concept à lui tout seul, mélange de must-have et de place-to-be, autant catalyseur social qu’élément d’expression à part entière, le meta-tag ultime qui survole les outils comme les communautés… et là, forcément, coté Marketing Digital, on est tous comme des fous.

Ce qui a réellement changé, c’est que le hashtag a bénéficié de la conjonction de plusieurs éléments.

Depuis toujours, l’Homme a besoin de s’exprimer. Mon père allait au bistrot – et il y va toujours – pour convaincre ses copains que l’on a une équipe de football composée de bras cassés trop bien payés. Juste après, vers 2003 – 2004, nous avons tous ouvert des blogs pour élargir l’audience du bistrot de mon papa. Là, on pouvait enfin exprimer son point de vue à la face du monde entier… sauf que nous ne parlons pas tous Anglais, Espagnol ou Arabe donc le monde entier se réduit très vite, que nous n’avons pas tous une plume qui nous permette d’exprimer précisément ce que l’on pense, que tenir un blog dans la durée est pénible, entre autres raisons. Alors les Médias Sociaux ont réglé le problème en permettant à une minorité de produire du contenu et à une majorité de simplement le relayer voir juste de le Liker même quand elle dislike et ainsi de s’approprier le message en 1 clic, un moyen de crier au monde ses émotions même avec un encéphalogramme plat…

Du coup, alors que nous sommes de moins en moins à produire du contenu – sauf pour les photos où là, cela explose pour tout le monde ; merci les « smart »phones – le volume d’information disponible explose… et je me souviens avoir écrit une note nommée Infobésité, il y a longtemps, qui reste plus que jamais d’actualité.

Twitter est l’un des premiers outils de relais d’information, et face à cette gabegie de données, les hashtags sont venus trier un peu le tout, le taguer, le cataloguer, le ranger dans des conversations sous un titre fanion. Il y a quelques mois, les outils de curation – p’tain que ce mot est moche ! – avaient le vent en poupe alors que le premier d’entre eux n’est pas un outil mais une simple idée, un concept : le hashtag donc…

Mais dans un monde en 140 caractères, le vrai luxe, c’est l’espace. Le hashtag est devenu un moyen d’exprimer ou d’équilibrer un message en peu de place. Un exemple ?
Un message gentil du style « Il me tarde que le #rugby dispose de son propre stade » est très différent du même message « Il me tarde que le #rugby dispose de son propre stade #FFRenFaillite » qui lui devient cynique… même si beaucoup plus réaliste.

Le hashtag est devenu ludique et il n’est pas rare de voir des jeux sans autre but que de faire sourire autour de l’un d’entre eux : #CEtaitMieuxAvant #CesPhrasesQuiEnervent

Enfin, et c’est assez récent, le hashtag est sorti de Twitter pour s’afficher sur les écrans de TV et canaliser la conversation tout en envoyant un message que l’on pourrait résumer à « Regardez cette émission, elle est tellement bien qu’elle va affoler les médias sociaux ».

Comme tout ce que les vrais gens normaux du dehors s’approprient, le hashtag est sorti de Twitter pour aller dans les emails, sur Facebook, dans les SMS…

Au delà des vrais gens normaux du dehors, il a ainsi appuyé l’image de certains annonceurs ou certaines marques, le # devient un code, à la fois urbain, very 2012 et sans doute 2013… un truc d’initiés pour des gens qui n’en sont pas. Il a réussi ce que le QR Code essaye toujours de faire sans y parvenir.

Et pour nous, il est surtout une matière première à KPI qui nous aide à mesurer engagement et portée des messages que nous véhiculons pour nos clients… et dans cet univers où le thermomètre compte autant que le remède – lisez que les metrics comptent autant que l’exécution des stratégies – avoir un tel repère est de l’or en barre.

Presque anonyme avec IRC, le hashtag est une sorte de petit phoenix qui entame ces dernières années une nouvelle carrière, bien plus publique et prometteuse que la première. Il avait fait un film d’auteur en France, le voici à l’affiche d’un BlockBuster à Hollywood. Et nous nous en emparons pour faire un marketing moderne – je sais que le fait de marquer le modernisme veut dire que ça ne l’est pas mais là, je pense que c’est vraiment l’état de l’art – qui va décliner toutes ses qualités pour les mettre au service de la marque, du produit… et heureusement aussi, de la liberté d’expression, de la passion dans le sport, du militantisme et de toutes les causes qui nous amènent à donner notre point de vue ; Il y en a tellement…

Le hashtag a encore un bel avenir devant lui… #GoGoGo !

Une réflexion sur “ De l’importance du #hashtag… ”

  1. @Frederic J’aime quand tu amènes ce vocabulaire complexe et désuet qui m’oblige à aller sur Wikipedia pour être sûr d’avoir compris la phrase…

    Ontologie : Une ontologie est l’ensemble structuré des termes et concepts représentant le sens d’un champ d’informations, que ce soit par les métadonnées d’un espace de noms, ou les éléments d’un domaine de connaissances. L’ontologie constitue en soi un modèle de données représentatif d’un ensemble de concepts dans un domaine, ainsi que des relations entre ces concepts. Elle est employée pour raisonner à propos des objets du domaine concerné. Plus simplement, on peut aussi dire que l’« ontologie est aux données ce que la grammaire est au langage ».

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