iPhone et Android, il va falloir choisir

Le monde est devenu mobile il y a quelques années, et ce faisant, il s’est coupé en deux. Vous avez adopté #iOS ou #Android. Certains – comme moi – ont même décidé d’avoir les deux dans un excès d’enthousiasme pas toujours très raisonnable.

Vous avez généralement choisi votre OS presque par défaut, en choisissant votre téléphone, sur des critères comme son prix, son degré d’Hypitude, son design que vous finirez pourtant par enfermer dans une coque, ses features, la durée de sa batterie, la perméabilité de votre volonté aux Keynotes d’Apple ou votre activisme libertaire vous imposant un appareil forcément #OpenSource… pour ne parler que des principaux moteurs qui motivent nos achats.

Jusqu’à ce jour, si vous vous étiez trompé, ce n’était pas forcément très grave. Entre 50 et 600 euros plus tard, vous pouviez switcher d’un OS vers l’autre, en achetant un nouveau téléphone plus approprié. Après quelques minutes de paramétrage et autant d’utilisation maladroite, vous étiez toujours un peu désorientés mais globalement opérationnels.

Malheureusement, ce temps est quasiment révolu.

#Apple d’un coté et @Google de l’autre ont décidé – avec raison – que les OS Mobiles contrôleraient le monde et que le téléphone serait LE point central autour duquel graviterait votre vie numérique. Suite naturelle de cette décision, ils se livrent à présent une guerre acharnée pour dominer ce marché gigantesque, potentiellement de la taille de l’humanité toute entière.

Généralement, la concurrence est une bonne chose car elle stimule le marché et favorise les clients. C’est ce qui s’est passé depuis le lancement de l’iPhone en 2007, puis l’arrivée d’Android. Très vite, ils ont tous les deux pris l’ascendant sur le marché et tué au passage Symbian, Blackberry et autres Windows Phones. Comme il ne peut pas en rester qu’un alors ils seront deux.

Mais aujourd’hui, cette guerre qui était somme toute conventionnelle ne suffit plus. Apple et Google sont passés à la vitesse supérieure. Ils se disputent vos données médicales, votre voiture et la porte de votre frigo. Ils sont dans votre TV et motorisent votre montre. Ils sont votre porte-feuille et le coffre-fort de vos souvenirs. Ils font le nécessaire pour vous garder dans leur giron, mais aussi pour vous lier aux téléphones de votre famille et ainsi s’approprier non pas votre seule personne mais votre foyer étendu. Plus le temps passe, plus cette intégration est totale. Le but avoué derrière cette omniprésence : vous captiver, tout simplement. En vous imposant un écosystème fermé – Oui, je parle aussi d’Android – le deux géants veulent vous « encercler », vous et vos proches, pour vous empêcher de switcher.

Toujours plus de services intégrés, toujours plus de data pour mieux anticiper la moindre de vos envies sur la base de vos habitudes les plus personnelles… Ce que la science-fiction nous promettait est bien fade par rapport à la réalité.

Evidemment, nous sommes des victimes consentantes car nous n’envisageons pas une minute de nous passer de cet incroyable confort qui nous est offert. Google exploite nos données personnelles ? OK, je peux vivre avec ça. Apple facture un téléphone entre 3 semaines et 2 ans de salaire minimum suivant le pays ? C’est vrai, mais quand on aime…

La prochaine étape est de n’avoir aucun service moins puissant que celui du concurrent, pour qu’il ne devienne pas un point faible susceptible d’amener la perte d’un user hésitant. Mais ensuite ?!?

Il ne reste plus que l’isolement au coeur de l’écosystème choisi. Google n’a pas vraiment besoin d’Apple, mais ne peut se résoudre à se passer des possesseurs d’iPhone, bien plus enclins à dépenser via leur mobile que leurs homologues sur Android. Apple est insolent de succès et investi massivement sur ses points faibles, comme Apple Maps, mais aussi sur ceux de Google, comme la protection des données privées.

Doucement, les produits de l’un devraient être de moins en moins accessibles à l’autre, ou dans une version dégradée s’ils sont indispensables. Les montres sous #AndroidWear ne fonctionnent pas avec un iPhone même si il semblerait qu’un début de compatibilité soit en cours de développement (encore cette idée de « version dégradée » que j’évoquais ci-dessus), tout comme une #AppleWatch ne parle pas Android couramment. Ce sera pareil pour les systèmes embarqués dans les voitures, et sans doute, sur les autres intégrations dérivées de ces OS.

Projetez-vous dans 5 ou 10 ans – je sais que ce n’est pas simple mais c’est aussi la raison pour laquelle personne ne vous en voudra si vous dites une bêtise – votre système d’information personnel sera tellement présent dans votre vie, que vous aurez forcément fait un choix. Vous serez iOS ou vous serez Android. Votre vie entière sera gérée par Apple ou par Google.

Et ce choix sera très difficile. Surtout, sous peine de mettre le feu à votre vie pour revenir en arrière, il devra probablement être définitif. iOS ou Android, il va falloir choisir.

4 réflexions sur “ iPhone et Android, il va falloir choisir ”

  1. Quand tu penses que la premiere version de l’iphone a été déployée en 2007… il y a 7ans… C’est rien !
    Ca va être complique de se projeter a dans 10ans.

    Mais il est encore temps pour temps de revenir dans le droit chemin 😉

  2. C’est sur que dans les années à venir le choix va être lourd d’impact, maintenant on peut aussi imaginer que la foule des objets connectés seront sur des standards interopérables ou du moins que l’interaction avec le téléphone (si il y en a) ne nécessitera pas une intégration poussée en son sein. Il suffit de voir les thermostats, stations météos, drones, bracelet activités, ils sont opérants sur les deux systèmes. Et puis tu as toujours la possibilité de ne pas faire le choix genre: http://www.frandroid.com/produits-android/automobile/android-auto-automobile/261536_volkswagen-des-voitures-equipees-dandroid-auto-et-dapple-car 🙂

  3. Je pense que des Standards vont émerger, effectivement, mais aucun des deux opérateurs n’a un réel intérêt à les favoriser. Regarde iOS avec le NFC qui est un standard depuis des années. L’iPhone ne le supporte quasiment pas, si ce n’est pour ses propres besoins.

  4. Je ne sais pas si il y a besoin d’un standard en fait, tu peux avoir des objets connectés qui synchronisent avec un cloud via un reseau lambda, je vois pas forcément le smartphone comme une passerelle indispensable et d’ailleurs j’espère qu’il ne le sera pas.

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