6 réflexions autour du Mobile

Il est 6AM quand je me réveille, le plus souvent naturellement et reposé. J’ai banni définitivement l’usage des réveils sauf quand il s’agit de prendre un avion ou d’une autre occasion « exceptionnelle ». Comme une très grande partie des 1,75 milliards de possesseurs de téléphone dits smarts, j’ai ma routine matinale.

J’attrape mon Nexus et ouvre mes emails, pour traiter les plus urgents / faciles. Quand tu habites en Floride, à 6h de décalage horaire de la France, il y a toujours un fond d’appréhension à ce moment-là car tu découvres les éventuels problèmes qui sont survenus pendant que tu dormais sans être forcément dans de bonnes dispositions pour les affronter. Viennent ensuite Twitter, pour savoir ce qu’il se passe dans ma Timeline formatée sur mes centres d’intérêts et Instagram, pour avoir des nouvelles moins axées business et prendre une sorte de bol d’air dès l’aurore. Je termine par Rugbyrama – et ses articles à l’orthographe douteuse – pour le plaisir de savoir ce qu’il se passe en Ovalie. Enfin, je me lève…

Avant d’aller au bureau, j’essaye le plus souvent possible de passer à la salle de sport. Le programme que je dois suivre est lui aussi sur mon téléphone, où je le consulte au fur et à mesure de la séance, en alternance avec l’App Chronomètre et l’écoute de Podcasts Business qui maintiennent mes compétences à jour. Je passe de l’une à l’autre en permanence, avec parfois un break pour publier une photo lors des temps de repos, entre 2 séries, ou pour mettre à jour mon profil @Genetrainer.

A la sortie de la salle, #GoogleNow m’informe des conditions de circulation pour aller au bureau et de mes premiers rendez-vous. Je profite généralement du trajet pour passer quelques coups de fils, le 1er des destinataires étant généralement @smenoret, pour les affaires courantes de @Digidust. Téléphoner n’est pas vraiment ce pourquoi j’utilise mon téléphone, au point que je trouve que le terme de Mobile lui convient bien mieux.

Arrivé au bureau, mon téléphone dit Mobile prend note de l’endroit où je gare ma voiture, sans que je ne le lui demande. Il sait que j’ai un déjeuner vers 1PM et me demande combien de temps à l’avance je souhaite arriver (le temps de se garer ou de repérer un endroit que l’on ne connait pas, par exemple), pour m’informer précisément de l’heure à laquelle je devrais partir du bureau en fonction du traffic. Il me propose de réserver la table via @OpenTable.

Quelques minutes plus tard, il me notifie que la commande que j’ai passé sur @Amazon est en route, me donne le numéro de tracking via un lien et m’informe qu’elle sera livrée dans 4h. Mon téléphone a simplement trouvé l’email de commande dans mon Gmail et a fait tout le travail d’assistance.

Avant d’aller déjeuner, je dois récupérer un partenaire à l’aéroport de Palm Beach. Google Now, tout comme pour mon déjeuner, m’informe du moment précis auquel je dois partir et me donne des nouvelles du vol que j’attend, de son heure d’arrivée en fonction d’un éventuel retard et de son emplacement sur la carte. Le GPS me prend en main et me guide via le chemin le plus rapide, pas forcément le plus court. Je pourrais bientôt lui demander de me proposer un chemin où la couverture réseau est permanente, pour pas que mes communications téléphoniques ne coupent pendant le trajet mais ce n’est pas encore un option disponible même si annoncée.

Arrivé dans le quartier où se trouve le restaurant où mon partenaire et moi avons rendez-vous, je gare la voiture et paye le parcmètre depuis une application spécifique. Je décide de consacrer 1h à ce déjeuner – ce qui est déjà très long pour les Etats-Unis – mais si cela devait durer, je pourrais toujours rajouter un peu de temps sans quitter ce meeting, mon téléphone me notifiant de l’heure de fin de mon stationnement.

Je me dis que si cette application était mieux intégrée à Google Now, elle pourrait s’apercevoir que, ma voiture étant toujours au même endroit, elle doit rajouter des fonds à mon stationnement sans même avoir à me le demander. C’est ce que ferait mon assistante si j’en avais une… Ce sont ces évolutions qui font la puissance d’un écosystème, et évidemment, on en voudrait toujours plus, avec un Woaw Effect à tous les coins d’Application.

En repartant vers ma voiture, mon téléphone me félicite et m’informe que je viens d’atteindre l’objectif de nombre de pas que je m’étais fixé pour rester actif. Je souris. Il est encore tôt, tout le reste sera du bonus.

Inutile de continuer à vous exposer une de mes journées types, il n’est que 2PM et mon téléphone a été à la fois omniprésent et omniscient. Surtout, je suis que ma journée ressemble finalement beaucoup à la votre, donc que vous avez parfaitement compris où je voulais en venir.

De ce nouveau mode de vie, je retire 6 réflexions d’entrepreneur que j’aimerais partager avec vous, un peu en vrac.

1. La « Privacy » est mourante, car la valeur ajoutée de mon téléphone est trop importante pour que je décide d’y renoncer. Il y a sans doute des choses à faire pour la préserver, mais cela viendra de la volonté de Google ou Apple, pas de régulations qui, elles, vont aller vers plus de sécurité donc moins de vie privée, avec la caution populaire de la lutte contre le terrorisme ou l’évasion fiscale.

2. Les montres connectés sont sous-évaluées par rapport à ce qu’elles vont nous apporter. Sortir un téléphone de sa poche pour cette multitude de tâches et de notifications est pénible. Une montre – un écran déporté de votre téléphone capable d’agir comme une télécommande – vient apporter une excellente solution à ce problème nouveau, surtout si on peut l’éloigner du téléphone. Google et Apple ont tous les deux annoncé que leurs montres seraient liées au téléphone en Wifi (et non simplement en Bluetooth). Une connexion Data – même à bas débit, cela suffirait ; @Sigfox, si tu nous entends… – sera la prochaine étape qui viendra lier la montre et son téléphone sans contrainte de distance.

3. Les accords se multiplient autour des montres, pour les rendre portables (portable signifiant ici que l’on peut les avoir au poignet sans ressembler à un Nerd sans vie sociale). Une montre même smart, doit avant tout être une montre. Ces derniers jours seulement, Apple a annoncé une version haut de gamme de l’ #AppleWatch, Google a confirmé un partenariat avec LVMH via #TagHeuer et @Iamwill a scellé un joli deal avec @Gucci. Au passage, je ne vais pas pouvoir m’empêcher de frimer un peu car Will.I.Am avait laissé entendre qu’il suivait cette stratégie en me RT quand j’évoquais que la mode était le facteur différenciateur de son produit (Maman, si tu me lis, celui-ci est pour toi… ;-))

Twitter Will.I.Am

4. Il existe des milliers de business models à inventer en s’intéressant aux problèmes qu’une application mobile semi-autonome peut régler. Quand Apple annonce son #ResearchKit, ils font un pas de géant vers des connaissances qui étaient inaccessibles auparavant. Je ne sais pas quelle est la bonne approche pour se lancer, mais je crois que j’essayerai de m’affranchir des problèmes actuels pour me projeter dans un futur proche qui avance à grands pas. Oubliez le manque d’autonomie, les montres pas suffisamment étanches, la connexion permanente qui ne l’est pas vraiment, etc… Tous ces soucis sont conjoncturels et en cours de résolution. Ce que @ElonMusk entre autres a démontré, c’est qu’il faut commencer par rêver et croire que c’est possible pour finir par le faire.

5. Le financement n’est plus vraiment un problème, au moins aux Etats-Unis. Les beaux projets trouvent des fonds, en quelques semaines voir jours pour de l’amorçage, car il y a plus d’argent à investir que d’idées pour le dépenser. Je crois que le manque de vision et d’ambition de beaucoup d’entre nous vient porter préjudice aux meilleurs projets. Je ne crois pas à la bulle que certains dénoncent actuellement, mais je crois à son effet pervers sur les entrepreneurs à qui l’appât du gain fait tourner la tête et qui parlent d’Exit Strategy avant d’avoir autre chose qu’une paire de slides. On ne monte pas une startup pour devenir riche, la fortune n’est qu’une conséquence très visible et enthousiasmante. Qu’elle est l’Exit Strategy de @SpaceX ? Il n’y en a pas vraiment et nous savons tous que cela va rapporter énormément d’argent, mais pour l’instant, ils veulent juste nous envoyer facilement dans l’espace. Sky isn’t the limit anymore!

On ne va surement pas aller aussi haut avec nos téléphones, mais je crois que l’ambition doit être la même. Après tout, @Uber était d’abord une application mobile avant de devenir la 1ère société de taxi dans le monde, ne possédant aucun véhicule et étant valorisée plus de $40B.

6. Facebook et Google veulent connecter le prochain milliard d’être humains, avant de s’attaquer au suivant. Cela se fera via un téléphone, les ordinateurs n’ayant plus leur place dans ce monde omni connecté. On évoque des appareils d’entrée de gamme pour ces pays pauvres, mais l’entrée de gamme de 2015 est le très haut de gamme de 2012. Encore une fois, on est à 2 doigts de régler ce problème. Une marché de plus de 2,75 milliards de personnes, accessible à n’importe quel entrepreneur talentueux capable de lever $50,000 c’est à dire presque rien. Evidemment, les business models doivent s’adapter à cette nouvelle masse d’utilisateur désargentée car on ne prend pas d’argent à ceux qui n’en ont pas. Peu importe, là encore, la créativité doit permettre de créer de la valeur donc de la richesse. Les utilisateurs peuvent vous donner de l’argent, mais aussi du temps de travail ou d’attention, des informations, un accès à leur propre communauté, etc… Le champs des possibles est infini.

Je vais m’arrêter ici car je sais que vous ne lisez pas les longues notes jusqu’au bout et que la majorité d’entre vous est sans doute déjà partie liker des photos sur Instagram 🙂

Comme souvent, je suis très excité par ce que nous ferons tous ensembles de cette nouvelle ère qui s’ouvre à nous. Nous pensions à juste titre que l’Internet était une révolution industrielle, nous mesurons aujourd’hui à quel point le Mobile est son vrai révélateur pour ne pas dire, son catalyseur.

Bonne chance dans vos projets de startups, je retourne aux miennes de ce pas.

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