Please RT… en votre âme et conscience

Si le titre est presque le même que celui de l’excellente note que Philippe Couzon avait publié ici, je vais essayer de ne pas en plagier le contenu.

Mon propos est plus une sorte de saute d’humeur sur l’une des mentions qui à mon sens dénaturent l’essence même de Twitter : le demandes de ReTweet.

Un ReTweet (RT), c’est l’action de transférer un Tweet à vos followers. Vous pouvez également annoter ce tweet – enfin, s’il reste de la place – mais la méthode naturelle est de simplement l’envoyer en l’état. C’est un puissant outil de relais puisqu’un simple lien peut ainsi traverser la moitié de la planète en quelques minutes.

C’est également une marque très significative de la qualité de ce qui est posté, un lien ou une phrase très largement ReTweetée étant, de fait, d’un certain intérêt. Le business model de Twitter repose en partie dessus puisqu’ils vont véhiculer et donc facturer de la publicité en fonction de sa résonance, qui se mesure notamment au nombre de RT.

Twitter, comme tous les médias naissants et en voie de devenir mainstream, se cherche un peu. Des Us et Coutumes se créent comme les #FollowFriday’s qui n’ont pas vraiment d’intérêt mais restent ancrés dans l’usage collectif. Dans ces usages, on trouve notamment la demande de ReTweet, qui se manifeste le plus généralement par un « Please RT » à la fin d’un tweet.

Je dois avouer qu’il m’est arrivé de l’utiliser, en quête moi aussi d’une meilleure compréhension et d’un meilleur usage de l’outil, pensant que c’était un bon moyen de diffuser plus largement mes idées. Je ne l’ai plus refait depuis plusieurs mois pour une raison simple : le bénéfice est très largement inférieur au mal que cela cause.

D’une part, si on inclus les espaces, cela fait perdre 10 ou 11 caractères, ce qui est énorme quand on n’a que 140 signes pour s’exprimer. C’est d’autant plus vrai si on espère réellement obtenir des RT auquel cas on se prive d’un peu d’espace libre pourtant vital.

D’autre part, et c’est sans doute le plus important, c’est une insulte grave et délibérée à l’intelligence de ceux qui ont décidé de vous suivre.

Le « Please RT » qui vous allez glisser à la fin de votre tweet signifie en substance : Vous êtes trop cons pour vous apercevoir que ce que je viens de poster est utile/nouveau/intelligent/drôle donc je vous demande de le transférer à votre écosystème en habillant mon injonction dans une rapide forme de politesse qui ne laisse pas de place au doute quant à ce que j’attend de vous. Au passage, même si mon Tweet est ni utile/nouveau/intelligent/drôle, je vous demande de le relayer quand même juste parce que ça m’arrange, et même si cela doit entamer votre crédibilité auprès de vos propres followers en relayant des trucs débiles.

Vous me suivez ? :-)

Pourtant, c’est une mécanique assez simple. Vous souhaitez que votre message soit relayé largement ? Travaillez sa qualité, son utilité à la collectivité, sa valeur. Partagez ce que vous savez. Apportez quelque chose à ceux qui vous suivent… Et faite leur confiance : la majorité ont un cerveau, des passions, des croyances, des émotions, des envies donc ils sauront trier le grain de l’ivraie et relayer ce qui a du sens.

Je sais que certains ReTweetent des gens, simplement pour les flatter ou pour ne pas les fâcher, notamment parce qu’ils les croient influents – lol ! – ou imagine pouvoir un jour en tirer un quelconque bénéfice sous forme d’un hypothétique retour d’ascenseur ! Si ces gens sont si biens que cela à vos yeux, ils ne se fâcheront pas que vous ne les relayiez que lorsque cela présente un intérêt. S’ils se fâchent, vous avez bien fait de les éloigner de vous, ils ne vous méritaient pas. Enfin, si vous avez besoin de véhiculer une information parce qu’elle est importante pour vous, contactez directement quelques amis et demandez-leur leur aide. En général, ils vous l’accorderont gentiment, pour peu que vous n’abusiez pas… Il m’est arrivé plusieurs fois de le faire, en tant que demandeur ou sollicité, et je recommencerai si l’occasion se présente. Je ne connais personne qui ai une information importante à communiquer chaque jour, où alors, c’est que sa notion d’importance diverge très largement de la mienne.

Je n’utiliserai plus la mention « Please RT »… et je pense ne plus relayer ceux qui vont l’utiliser, considérant qu’ils me croient stupides et veulent simplement abuser des gens qui me font confiance comme ils essayent d’abuser de moi. Ainsi, même si cela fait des mois que c’est déjà le cas, ceux qui me suivent sur Twitter sauront à présent que ce que je ReTweete m’a touché, concerné, appris, fait sourire ou intéressé quelque part.

Twitter @Anywhere

Twitter @anywhere, c’est le programme que la start-up a mis en place il y a quelques semaines pour « emporter » Twitter partout sur le Web. La lutte avec Facebook s’annonce passionnante, chacun avançant le plus rapidement possible pour faire main basse sur le Web.

Pour comprendre à quoi sert @anywhere, c’est assez simple. Si vous avez un blog, vous pouvez y intégrer quelques fonctionnalités de base de Twitter, comme la capacité à activer les Hovercards qui vous permettent d’en savoir plus sur un compte et de le suivre juste en passant votre souris sur le nom de ce compte et à cliquant si vous le désirez. Une fois que c’est activé, le simple fait de mettre un @ devant un ID de compte Twitter va le lier, que ce soit dans la note et même dans les commentaires comme ici : @pocarles.

Du coup, quand tu réponds à chacun en mettant son ID Twitter dans les commentaires, il peut être suivi par les lecteurs de ce blog. En d’autres termes, montrez que vous êtes sympa et intelligent (ou tentez éventuellement d’être super sexy si sympa et intelligent vous semble hors de porté) et vous gagnerez des followers eux-mêmes intelligents et sympa.

Bon, je sens bien que je ne suis pas très clair, alors : Attention, démonstration !

Lorsque, dans une note, je vous parle de @vinvin qui travaille dur en ce moment sur @onlacherien un formidable projet dont je ne vous dirais rien si ce n’est que c’est top… parce que je ne sais pas ce qui est public de ce qui ne l’est pas, il vous suffit de passer votre souris sur @onlacherien pour pouvoir suivre le compte et être au courant de ce qui va se passer courant Mai (je n’ai plus la date exacte en tête mais c’est très bientôt).

Vous noterez au passage avec quelle dextérité j’arrive à mutualiser 2 sujets qui me tiennent à coeur sur une seule note pour gagner un peu de temps ;-)

Je vous ferai une démonstration dans les commentaires mais pour cela, j’ai besoin que vous en laissiez, des commentaires… donc on verra ça un peu plus tard.

Pour intégrer @Anywhere sur votre blog WordPress, le plus simple est de vous enregistrer sur le site Développeurs de Twitter et d’y créer une application dédiée à votre blog. Cela vous permettra de récupérer des clés uniques qui, dans les paramètres du plugin « Add Twitter @Anywhere » feront fonctionner le tout (pour peu que vous ayez installé et activé le dit plugin avant, bien évidemment).

Ne paniquez pas, même moi, j’y suis arrivé, simplement équipé de ma très légère barbe naissante… C’est vous dire si c’est simple ;-)

Bien-sûr, après, cela ne fonctionne pas avec le nom des projets dans lesquels je suis impliqué même si je met un @ devant car j’ai un autre plugin qui rajoute automatiquement les liens vers les sites : @stonfield @digidust @labotec @apple @hellotipi @kipost :-D

PS : Oui, je sais, il y a un intrus dans cette liste.
Sauras-tu retrouver la société que je n’ai pas co-fondée ? :-)

Twitter et son écosystème

La nuit dernière, je me suis fendu d’un post assez long sur le blog de Digidust pour évoquer le Coming Out du business model de Twitter, enfin, surtout de sa plateforme de publicité. Vous trouverez cette note ici, mais accrochez-vous car c’est un peu long. :-)

Maintenant, en suivant l’actualité récente, je me suis à nouveau posé la question que j’avais soulevé il y a quelques semaines sur la note « Twitter à de quoi faire peur » ici-même et dont les craintes se sont avérée plutôt justifiées au vue des derniers mouvements de Twitter.

En un sens, j’avais tort… car, au moins pour Loren Brichter, le développeur qui a créé Tweetie, Twitter représente bien une fantastique opportunité plus qu’une menace puisqu’ils lui ont racheté son client pour iPhone tout en lui offrant un job sympa au sein de l’équipe en plus du gros chèque. La question reste posée pour les autres, tous ceux qui n’ont pas été rachetés et ne le seront pas, c’est à dire le plus grand nombre.

Il y a quelques jours, Fred Wilson, VC très connu et early investor de Twitter a précisé que l’écosystème qui s’était créé autour de Twitter était là pour boucher les trous laissés en chemin par le service et trouver ainsi leur place. Toutefois, je n’y crois bien évidemment pas une minute dans le sens où les trous en question ne sont laissés aux développeurs tiers que tant que leur taille ne représente pas un enjeu. En d’autres termes pour grossir le trait, jamais Twitter n’aurait imaginé racheter un Client pour iPhone avant le lancement de l’iPhone et de mesurer son immense succès.

J’attend donc avec une certaine impatience les interventions de @biz et de @dickc, entre autres, ce soir à Chirp, qui visent d’une part à rassurer les développeurs tiers sur leur avenir (il y a un bel exercice de vente à réussir) et les inciter à poursuivre sur leurs « bouchages de trous », notamment en précisant les terrains qui ne sont pas stratégiques pour la startup donc laissés vacants aux développeurs tiers.

Toutefois, comme évoqué ci-avant, les trous non stratégiques le restent tant qu’ils ne deviennent pas des gouffres… et il semblerait qu’il n’y ait qu’un prime au seul vainqueur, pas de seconde place pour peu que la réalisation de ce « bouchage de trou » soit exemplaire sur le plan technologique ou ergonomique, si l’on en croit l’exemple de Tweetie.

Faisons le tour des trous qui n’en sont déjà plus : Clients Twitter pour iPhone, Clients Twitter pour Blackberry, Réducteurs d’URL, vraisemblablement les Web Applications avec la sortie d’une nouvelles interfaces plus puissante et ergonomique pour Twitter, plateformes de publicité faisant potentiellement de la nouvelle star TweetUp – annoncée 2 jours plus tôt – une nouvelle star quasiment mort-née…

Je vous laisse libre des conclusions sur le niveau de risque qui existe à bâtir son entreprise sur un socle que l’on ne maitrise pas, car c’est souvent un Win-Win qui est plus Win pour l’un que pour l’autre. Quand Apple renforce sa main-mise sur le marché des Apps Mobiles tournant sur iPhone et iPad, c’est exactement ce type d’équilibre de la Pomme essaye de faire pencher vers elle… et cela fait réfléchir :-)

10 enseignements du LiveTweet Rugby – Part 2/2

Maintenant, après ce récit très personnel de MON aventure pour vous donner le contexte de cette journée de LiveTweet Rugby avec France2, voici en vrac le Top10 des réflexions (ou Best Practices) que j’en ai retiré, certains étant des faits que j’ai pu valider et d’autres, des éléments qui ne m’avaient pas forcément sautés aux yeux auparavant.

Je ne crois pas qu’un Live-Tweet de cette envergure ait déjà été fait avant celui-ci (et les gens que j’ai eu la veille chez Twitter n’en avaient jamais vu non plus) donc il y a forcément deux ou trois enseignements utiles, au moins dans le domaine du Community Management rapporté aux grands médias et/ou aux événements sportifs.

1- Un LiveTweet d’une telle ampleur ne peut pas être fait sur le compte principal d’une chaine relativement généraliste. @france2tv a trouvé les faveurs d’environ 500 followers de plus… mais il s’agit là du delta entre ceux que le compte a accueillis et ceux qui se sont enfuis devant un tel flot de tweets sur le Rugby. Je pensais sincèrement que nous perdrions beaucoup plus de monde que cela, même si j’avais rassuré France 2 en leur expliquant que ce seraient sans doute les moins attachés à la marque, donc que l’impact sur leur communauté serait peu significatif. La très grande majorité des followers de @france2tv ont supporté que je vienne polluer leur Timeline, sachant que j’ai expliqué plusieurs fois pourquoi il y avait un tel flot de Tweets et surtout, j’ai donné une heure précise et pas trop lointaine à laquelle cela allait s’arrêter. Quelques personnes sont venues s’en plaindre, mais dès que j’ai échangé avec elles, elles se sont détendues… et n’ont d’ailleurs pas unfollowé le compte. Toutefois, pour une telle couverture et dans un tel contexte, il est préférable de disposer d’un compte dédié à ce genre d’opérations, comme @francetvLive par exemple, que l’on n’active que lorsqu’un événement est couvert en direct.

2- La couverture d’un événement aussi important demande la mise en place d’une infrastructure dédiée et professionnelle. Comme vous avez pu le lire, ma participation à cette journée était teintée d’un réel amateurisme car c’est ainsi que l’idée était devenue réalité. Toutefois, entre passion et envie de bien faire, nous avons élevé les ambitions pourtant modestes de ce LiveTweet sans pour autant pouvoir penser plus en avant le dispositif. Entrer dans le dispositif Média du Stade de France était déjà une performance… donc y déployer une équipe aurait demandé énormément de temps et d’énergie. Le plus gros de l’opération a été mis en place en moins de 48h ! Et encore, heureusement que je n’ai pas pu me rendre au Stade de France malgré l’accréditation que France 2 m’avait réservé car j’aurais été dans des conditions techniques catastrophiques pour assurer une telle couverture. Toutes les personnes qui m’avaient proposé leur aide sur place étaient vraiment de bonne foi et pleines de bonnes intentions, mais elles se sont fait elles-mêmes déborder par l’ampleur de l’événement sur place, devant en premier lieu assurer leur mission principale, ce qui est bien normal. Donc, le dispositif idéal aurait été qu’il y ait, sur place, un correspondant 100% dédié qui vienne alimenter en photos et infos exclusives, un ou deux LiveTweeters (voir plus loin), confortablement installés et connectés depuis un site distant.

3- Le concours de photo n’a pas fonctionné car il était basé sur l’idée de proposer aux followers de partager des photos prises sur le vif, depuis le stade ou ailleurs… mais en réalité, l’événement était tellement important pour les amoureux de rugby que tous ceux qui regardaient le match avaient autre chose à faire que de prendre des photos et de les envoyer. De plus, les 80 066 spectateurs du Stade de France ont anéantis les capacités 3G des relais téléphoniques alentours, rendant quasiment impossible tout upload. Nous avons tout de même trouvé 2 gagnants très méritants avec @mar1e et @cafefroid:-)
Il y a de la place pour ce genre d’idée, mais j’aurais du la soumettre à l’épreuve du pragmatisme avant de m’y lancer et d’y entrainer France Television, un peu sur mon enthousiasme. Il aurait également été utile de communiquer plus largement sur cette idée avant, mais comme je l’ai indiqué, tout cela s’est fait grâce à la passion d’une poignée de personnes, et notamment la fantastique équipe de Pikchur, sans être planifié ou prémédité.

4- Le sport et les grands événements sont propices à la mise en place de ce type de dispositifs. Il y a une véritable communion lorsqu’on parle de sport, avec de véritables fans passionnés et l’envie de partager ces grands moments est parfois irrépressible. Twitter comme, dans une moindre mesure, Facebook, est parfaitement adapté par son alchimie entre Réseau d’Information et Réseau Social. Je pense que les univers virtuels comme Second Life, par exemple, ont également cette capacité à rompre l’isolement et favoriser le partage autour de fédérateurs. Les grands médias ont tout à gagner à ouvrir le dialogue et à donner un réceptacle à cet engagement de leurs « téléspectateurs » (mot qui devient tout de suite très désuet dans une telle note !). Plus le temps passe, plus on souhaite être actif et non passif.

5- L’animation doit être confiée à une équipe mélangeant une maitrise totale des outils comme du sujet. Il est donc probable que nous allions vers des tandems (adaptés au dispositif du 2/ ci-dessus) composés d’un spécialiste de l’Internet social et d’un consultant maitrisant parfaitement le sport ou la typologie d’événement couverte. Ce tandem, du moins dans un contexte similaire à celui de ce LiveTweet Rugby, doit être mobilisé longtemps en amont et être intégré au dispositif global de couverture. Twitter peut être considéré dans ce cas comme un média qui n’est pas de masse (en comparaison avec l’audience télévisée) mais dont la puissance apportée par l’interaction naturelle avec des communautés plus ou moins larges et actives d’une part, et les fonctions sociales inhérente à l’outil d’autre part, lui apportent toute sa légitimité. Il suffit de regarder les buzz énormes que nous avons vu émerger ces derniers mois, suite à une simple étincelle sur Twitter, pour s’en convaincre.

6- S’engager, répondre à tous, être honnête et essayer d’aider ou d’apporter de la valeur à chaque individu… sont 4 des piliers du Community Management qui s’appliquent parfaitement à ce genre d’opération. Ce n’est pas une découverte mais une validation de plus. J’ai notamment reçu de nombreux messages après le LiveTweet me remerciant d’avoir mis autant d’humanité derrière le compte Twitter d’un grand groupe. Cette capacité à humaniser la relation entre une marque et ses communautés est clairement l’un des axes que les CMO doivent intégrer au plus vite dans leur stratégie marketing. C’est en allant vers les gens qu’on peut ouvrir le dialogue, bien mieux et plus vite qu’en restant passif. J’ai déjà évoqué la nécessité de répondre à tout le monde, mais là, il s’agit de faire un pas de plus en parlant à des personnes qui ne nous ont rien demandé, simplement parce que l’on a identifié des valeurs communes entre ces personnes et la marque. Cette démarche peut facilement être qualifiée d’intrusive de la part d’une marque, sauf si elle est sincère et très bien ciblée. Quand vous parlez de rugby et que vous vous adressez à un passionné de ce sport avec un message cohérent et valorisé sur son contenu, il est peu probable que vous soyez mal accueillis. Je suis certain que c’est aussi vrai pour le Curling, le Chocolat, la Tyrosémiophilie ou le Bilboquet Corse.

7- Le respect des valeurs avant tout ! Vous avez sans doute en tête le cas de Nestlé, mais on peut également citer celui de H&M, par exemple… qui ont du faire face à une véritable guerilla sur Internet récemment. Une entreprise qui annonce porter un certain nombre de valeurs doit être capable de défendre son engagement. Cela transparait encore davantage sur ce type d’opération communautaire, le rugby étant un formidable réceptacle de valeurs et de traditions. Je pense que j’aurais rapidement perdu le – peu de – crédit que j’avais gagné si j’avais commencé à insulter l’arbitre ou me moquer ouvertement des Anglais… parce que cela n’aurait pas été « dans l’esprit ». Les marques rassemblent autour d’elles des fans sur les valeurs qu’elles véhiculent (via leurs actes, leur marketing ou leurs produits)… Si ces valeurs sont bafouées, c’est la communauté entière qui se sent trompée et va donc réagir, dans le meilleur des cas par un début d’indifférence et parfois beaucoup plus violemment. Ce que vous donnez à la communauté doit être en ligne avec ce que vous êtes mais également avec la promesse que vous incarnez. Si cette promesse n’est pas en ligne avec ce que vous êtes vraiment, vous allez rassembler une communauté autour de votre marque qui n’embrasse pas réellement vos valeurs. Vous devrez alors « en changer » très rapidement avant que votre promesse, qui pour l’instant n’est simplement pas bien alignée avec ce que vous êtes, ne finisse par en arriver à être en opposition avec les valeurs de votre communauté et vous explose à la figure.

8- S’installer dans la durée et limiter ses ambitions est indispensable, avec un focus sur la qualité et non la quantité. L’audience de l’Internet social n’est pas si large que cela lorsque nous sommes sur des sujets non polémiques, comme un match de rugby aussi prestigieux soit-il. Celui-ci est diffusé sur une grande chaine, en prime time donc on ne peut pas s’attendre à mobiliser 500 000 personnes… mais nous savons tous que les communautés n’ont pas besoin d’atteindre de telles tailles pour être « importantes ». Avec 500 vrais fans, vous pouvez faire des miracles et je vous renvois d’ailleurs à Tribes, de Seth Godin, pour en comprendre la mécanique. C’est pour cela que les systèmes automatiques qui permettent de gonfler le nombre de ses followers n’ont absolument aucun intérêt, si la qualité de ces followers n’est pas en ligne avec ce que vous êtes. Pour le reste, une communauté solide se bâtit dans la durée. Si France 2 poursuit cette politique de LiveTweet sur la Coupe d’Europe et les futurs Tournois des 6 Nations tout en gardant une oreille attentive aux retours que lui feront ceux qui suivront, ils auront alors une véritable chance de réunir une communauté de fan de rugby qui soit très solide, dans l’intérêt de la chaine mais aussi des membres de la dite communauté. On est bien sur un deal gagnant-gagnant, mais c’est la communauté qui fixe les règles et la marque qui doit faire l’effort pour devenir un catalyseur.

9- Etre respectueux et reconnaissant, ce n’est pas être soumis ! Je ne sais pas vous, mais moi, lorsque je rencontre un client de Stonfield ou de Digidust, je suis en général poli et très respectueux dans mes relations avec lui. J’essaye de l’écouter attentivement et de lui apporter les meilleures réponses dont je dispose, contrairement à ce que j’ai partagé avec vous dans cette note. Au-delà de cela, je lui suis également très reconnaissant de m’accorder sa confiance et de mettre entre mes mains ses projets, dont certains sont parfois stratégiques donc présentent un risque pour lui. Pourquoi devrait-il en être autrement sur Internet ? Le Community Management est une sorte de Service Client, sauf que la notion de Client est très élargie à : clients actuels, anciens clients, clients des concurrents, futurs clients, ceux qui connaissent et ont un avis, ceux qui découvrent et adorent ou n’aiment pas, ceux qui ne connaissent pas mais on leur en a parlé, etc… Bref, élargie à tous ceux dont vous avez pu susciter l’intérêt à un moment ou à un autre. Pour le reste, les mécaniques sont comparables.

10- Le couple Internet – « TV ou Radio » fonctionne à merveille, au point que je suis convaincu que ce doit devenir un investissement prioritaire pour tous les Médias dits « Traditionnels », Internet étant sans doute une grande partie de leur avenir. Ce LiveTweet était organisé (OK, c’était un peu bricolé, mais il y avait une ligne vaguement directrice :-) ) donc il est facile de mesurer la complémentarité des deux supports… mais nous n’avons pas inventé les LiveTweets ! C’est un mouvement perpétuel quasiment spontané dès qu’une émission rencontre un peu d’audience. C’est le cas de presque tous les programmes liés au sport, en commençant par le Foot ou le Rugby, mais aussi d’émissions d’actualité comme Capital ou Envoyé Spécial, de programmes télé-réalité comme la Nouvelle Star ou Top Chef, etc… Suivez votre TimeLine le soir pendant les PrimeTime et vous comprendrez de quoi je parle. Je crois que c’est aux chaines qui diffusent ces programmes de donner aux communautés les moyens de centraliser leurs échanges, de tout mettre en un seul et même lieu qui peut être un compte Twitter ou une page Facebook. Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, l’idée n’est pas de regrouper pour mieux contrôler… mais plutôt de regrouper pour mieux alimenter, mieux partager.

Voilà quelques points que j’ai retiré de cette fantastique expérience, que je suis ravi d’avoir vécu et impatient de ré-éditer si l’occasion se présente. Je voudrais terminer par un point qui me semble important : Le Community Management est la discipline très hype du moment et c’est totalement justifié car elle recoupe une réalité stratégique à mon sens pour les entreprises… donc tant mieux.

Mais tous ceux qui liront cette note doivent garder en tête qu’ils doivent prendre du recul sur ces 10 enseignements car il n’y a, pour l’instant, pas de grandes vérités pas plus qu’il n’y a de grands experts incontestables, ni en France, ni ailleurs. Cette discipline est en devenir et sa matière première, les Communautés, n’a pas vraiment de comportement linéaire ni même de périmètre fixe. C’est la raison pour laquelle j’ai partagé – de façon très brouillonne – avec vous mes impressions sur cette grande première, en espérant aider à avancer tous ceux qui se posent des questions sur le sujet. Il y avait sans doute d’autres éléments que j’ai noté mais pas abordé, simplement parce que je ne souhaite pas me lancer dans l’écriture d’un livre blanc et que cette expérience a été d’une richesse inouïe !

Nous avons tous, tout à apprendre sur le sujet… et je ne connais pas de meilleur moyen d’apprendre que de faire !

UPDATE : Suite au commentaire de Jean-Yves, de DevantLaTele.com, je viens d’intégrer les statistiques qu’il m’a envoyé.

Retour sur MON LiveTweet Rugby – Part 1/2

J’avais promis cette note depuis longtemps sans trouver le temps de l’écrire. Pour ceux qui n’ont pas suivi, j’ai été invité par France 2 a LiveTweeter la dernière journée du Tournoi des 6 Nations, qui a vu la France remporter la compétition et faire le Grand Chelem. Vous trouverez plus d’informations ici et .

Difficile de relater ici tous les détails de cette expérience tellement elle a été riche mais je tenais à partager avec vous ce qui me semble le plus important ou marquant. Je vais commencer par vous raconter l’histoire telle que je l’ai vécu, sur cette note puis, sur une autre note à venir demain matin, je vais vous lister les enseignements que je retiens pour ce genre d’opération, découvertes pour moi ou validations d’intuitions. Ceux qui ne veulent pas perdre de temps avec le Making Off pourront dans quelques heures, sauter directement au Top10 sans se taper le long passage sur « Ma Vie – Mon Oeuvre » :-)

Environ 10 jours avant le Crunch, j’ai eu un échange avec une amie chez France Televisions au cour duquel elle a émis l’idée de m’inviter à « commenter » le match via Twitter. J’ai attendu – de longs jours en rongeant mon frein :-) – qu’elle valide la faisabilité de l’ensemble, trouve une accréditation (parce que si vous avez un doute, on ne rentre pas dans les coulisses ou sur la pelouse du Stade de France comme ça :-) ), mobilise un peu de monde… Bref, donne du cops à cette simple idée. Et 72 heures avant le match, la bonne nouvelle est arrivée et c’est là que j’ai commencé à vous en parler. Voici, en gros, comment j’ai traité cela, de l’intérieur.

La veille de l’opération, nous avions préparé cette intervention avec les équipes de France Television. Pour eux, le dispositif était énorme, de part l’ampleur de cet événement sportif, mais également par sa diffusion en 3D dans des dizaines de salles de cinéma. J’avais eu beaucoup de monde au téléphone : Managers, Commentateurs, Attachés de Presse,… et chacun s’est mobilisé pour m’aider de son mieux, à comprendre le dispositif et à m’apporter les informations dont j’avais besoin. Je devais avoir des photos prises sur le vif, des infos exclusives et peut-être même une question à prendre d’un follower avec réponse des commentateurs en direct. Mais là, nous étions encore la veille…

En fin de journée, le vendredi, après avoir fait un call avec quelques contacts chez Twitter pour les informer de l’opération et échanger avec eux sur l’idée, j’avais un autre call, de travail celui-ci, portant sur Labotec avec Florian Seroussi, son CEO. Ce dernier étant également l’un des principaux investisseurs de Pikchur, l’idée de monter une plateforme qui nous permette de publier des photos prises par « qui-voulait-bien-partager », en les créditant via leur compte Twitter a germé. Sitôt évoqué, les équipes de Pikchur se sont mises au travail, du milieu de la matinée (merci le décalage horaire !) jusqu’au petit matin du samedi, en y passant donc une partie de la nuit, en ma compagnie et celle de Florian. Vers 14h00, heure de Paris, Pikchur sortait un site entier aux couleurs de l’opération et, bien évidemment, pleinement fonctionnel. Mes contacts chez France 2, informés de cette initiative, se sont alors enthousiasmés autant que nous et sont arrivés à nous trouver 2 places pour la finale de Coupe d’Europe, à faire gagner aux 2 photos postés sur le site et que la communauté aura préféré (mesurable au nombre de ReTweet de chaque photo).

A 14h15 le samedi, le dispositif était presque prêt… et moi aussi :-)

La pression a commencé à monter gentiment dans mon esprit, car j’étais d’une part très excité par l’événement en lui-même mais aussi totalement pris au jeu de l’envie de faire vivre le match de l’année autrement, que ce soit une sorte de grande première, d’expérience unique… Bref, j’étais excité comme un gamin qui rentre pour la première fois chez Toy’r Us :-)

Les axes éditoriaux que je m’étais fixés étaient simples : Informer le mieux possible ceux qui n’avaient pas accès aux images, apporter un contenu qui soit aussi exclusif que possible à la communauté et recréer l’ambiance que l’on peut avoir dans un Pub quand on regarde un match entre amis.

A 14:30, je poste donc mon tout premier Tweet, simplement pour annoncer que je viens de prendre la main sur le compte @france2tv. En forme de clin d’oeil à ceux qui me suivent depuis longtemps sur @pocarles, je commence par mon « Bonjour Bonjour ! :-)  » habituel.

C’est le premier Tweet d’une série d’environ 800, soit 1 toutes les 43 secondes en moyenne !

Je reçois immédiatement un accueil très chaleureux qui me met un peu plus à l’aise, un très grand nombre d’amis-followers du compte @pocarles devant s’imaginer la pression que je pouvais avoir et venant m’encourager ou me soutenir. C’est ce genre d’attention qui rend tangible toute l’humanité qui peut exister dans l’Internet social.

Au début, j’ai commencé par tâtonner un peu, en alternant des tweets sur mon propre compte ou sur celui de @france2tv en fonction de leur contenu. Le mien était dédié aux expressions plus critiques ou chambreuses, très typiques de l’univers du Rugby et je concentrais sur celui de France 2 ce qui était directement relatif aux matchs, comme les évolutions de score, les phases de jeu marquantes ou la montée en pression du Crunch.

Très rapidement, j’ai basculé majoritairement sur le compte de @france2tv la quasi-totalité des tweets (certains plus « Private Joke » étant crosspostés sur mon compte également). Le ton a donc changé, devenant de moins en moins corporate encore et, de ce fait, beaucoup plus humain.

En fait, ce changement de ligne est venu d’une forme de déclic : J’étais invité par France 2 car je suis vraiment passionné par ce sport qui représente beaucoup pour moi et surement pas pour les talents de journaliste ou de commentateurs que je n’ai pas. Autant donc laisser parler la passion et ne pas m’aventurer sur un terrain qui n’est pas le mien. Ce qui m’avait poussé à plus de retenue était la peur de mal faire et de mettre dans l’embarras, du coup, mes contacts chez France Télévisions. Même si l’équipe de France 2 m’avait mis très à l’aise et donné carte blanche sur ma « ligne éditoriale », je pouvais poster quelque chose qui aurait été considéré comme une énormité « dans la bouche d’une des chaines majeures en France ». Il n’y a pas de « filet » quand tu balances un Tweet et sur un tel volume, il me semble difficile de poster plus de 800 mentions sans dire parfois de grosses bétises… Toutefois, j’ai considéré que France 2, si besoin était, pourrait toujours se dédouaner en expliquant le concept même de l’opération (à savoir un amateur invité qui pilote la diffusion d’un événement sportif pour le fun) et que, me concernant, il ne risquait pas de m’arriver grand chose à part un peu de bad buzz… et il semblerait qu’on n’en meure pas si j’en crois les énormes casseroles que promènent certains sur ce thème :-)

La journée s’est donc déroulée, à la vitesse de la lumière, avec des choses très réussies je crois et de vrais erreurs de jeunesse, même si, sans réelles conséquences de part le faible enjeu de l’opération…

J’ai énormément échangé, répondu, parlé, vibré… et je crois que cela s’est ressenti plutôt positivement sur le thread. La fin du match France – Angleterre a bien évidemment été le sommet de la journée à plusieurs titre. Après toutes ces heures de live-tweet, une très large communauté s’était formée autour de @france2tv pour partager ce grand moment de sport et ces émotions : c’est le moment où nous étions les plus nombreux et où la pression était à son paroxysme.

Et quand je me suis enfin arrêté de tweeter, j’ai ressenti comme un immense vide, similaire, justement, à celui que tu ressens quand tu termines un match où tu a essayé de donner le meilleur de toi-même, une sorte de calme après la tempête, plein de la frustration de ne pas pouvoir continuer pendant des heures encore, tellement les échanges étaient forts avec tous ceux qui suivaient le compte twitter de France 2 et tellement il y avait du plaisir partagé et des « ondes positives ». Je crois que le terme de Communion devait vraiment pouvoir s’appliquer entre tous ceux qui suivaient le match mais, également, réagissaient sur Twitter.

Je vous passe les détails, des doigts qui brûlent à force de taper sur le clavier à toute vitesse pendant des heures, des photos qui doivent arriver mais n’arrivent pas puis arrivent toutes d’un seul coup, des amis qui te passent un coup de fil pour t’encourager et ont du mal à comprendre que tu sois à fond, des commentateurs que tu n’arrives pas à joindre pour leur poser une « Question Twitter », etc… Mais au final, je suis prêt à recommencer anytime tellement je me suis éclaté à le faire ;-)

Maintenant, après ce récit très personnel de MON aventure pour vous donner le contexte de la journée, je m’attaque à la note, peut-être un peu plus « technique » qui reprendra le Top10 des enseignements que j’en ai retiré, certains étant des faits que j’ai pu valider et d’autres, des éléments qui ne m’avaient pas forcément sautés aux yeux auparavant.

Elle sera en ligne demain matin, je pense, si j’ai le temps de la rédiger d’ici là ;-)