Ce qu’en pense Paolo…

Paolo Righetti est le CEO de GN Research en Italie. C’est le genre de gars, un peu décalé et très matheux, que tu rencontres quand tu vas à TED. C’est un chercheur, un statisticien, un économiste…

Il ressemble d’ailleurs à un chercheur, sur ses attitudes, ses expressions, son comportement. Il a, en plus de l’image d’Epinal que vous avez sans doute tous en tête, deux ou trois traits qui m’ont marqué. Il aime expliquer et transmettre. Il fait visiblement des tonnes d’efforts pour rendre son discours accessible au péquin moyen que je suis, sans toujours y arriver tellement il est dans son truc. Surtout, il est passionné et passionnant.

Ce matin, il nous a attaqué vers 09h00, avec des slides qui feraient peur au gars qui écrit les discours de Fidel Castro, gavés de courbes, de chiffres, de mappings… Honnêtement, les 5 premières minutes, je n’ai rien compris et je commençais vraiment à chercher le Doliprane. Je n’étais pas chaud sans doute ou tout simplement pas au niveau, voir juste pas assez réveillé ni concentré. Lui était déjà à fond. Alors je me suis accroché et j’ai commencé à comprendre.

Paolo est LE spécialiste de la Satisfaction Client. Ce n’est pas un vendeur, c’est un chercheur. Ce qui l’intéresse, c’est de mesurer l’action d’une entreprise en matière de Relation Client en collectant et analysant des To de données pour en sortir des règles, des lois ou des Best Practices.

Je vous livre 2 ou 3 notes que j’ai pris mais je suis incapable de vous rendre l’ensemble de l’intervention: Trop compliqué et trop prolifique. Si je fais ça, c’est notamment pour vous aider à essayer de transposer ces idées dans vos entreprises ou chez vos clients si vous faites du conseil, comme je vais essayer de le faire moi-même.

Un Client peut devenir un fan et, parfois même, un évangéliste de votre marque ou produit. Pour cela, il faut qu’il ait l’occasion de vivre une expérience extrêmement positive. Cela se mesure non pas sur la qualité de votre offre de façon intrinsèque mais sur la qualité de votre offre rapportée à ses attentes. Mais c’est à double tranchant, comme vous allez le voir plus loin…

En Italie, la Banque qui obtient le meilleur rating du marché est l’équivalent de notre Banque Postale. Pourtant, elle est très mal notée et bien moins performante que ses concurrentes sur quasiment tous les metrics sauf un… Elle est beaucoup moins chère que les autres.

Comme c’est l’une des attentes principales de ses clients, cela lui vaut un taux de satisfaction très élevé. En conséquence, elle n’a aucun intérêt à travailler sur ses défauts si cela doit être au prix d’une augmentation de ses coûts donc de ses tarifs. Il vaut mieux qu’elle reste là où elle en est et ne progresse que de façon « organique ».

Etonnante conclusion que de répondre à un client : « Vous êtes mauvais sur 9 critères sur 10. Surtout, ne changez rien ! Cela fait de vous la banque la mieux notée d’Italie » :-)

Le principe de base pour rendre ses clients heureux, c’est à dire l’enjeu pour les entreprises, est donc d’aligner l’expérience Client sur la promesse du produit et de l’entreprise, ni plus, ni moins.

Ni moins, vous avez compris… mais ni plus ?!? Je viens d’écrire qu’il ne sert à rien (à part à fabriquer quelques évangélistes) d’investir pour être très au-delà de la promesse de votre entreprise et vous n’avez pas hurlé ? :-)

Cela s’explique très simplement : votre client attend une expérience au niveau de la promesse, voir très légèrement supérieure. Si vous augmentez très lourdement la qualité de cette expérience, il va devenir fan… mais son niveau d’expérience va venir s’enrichir de ce dernier contact… et déplacer sa propre norme d’appréciation. En fait, vous venez de faire monter votre promesse sans le vouloir et donc, de vous mettre une pression supplémentaire pour le contact suivant avec ce même client. Et ainsi de suite… jusqu’au moment où cela va aller trop vite et vous ne pourrez pas assumer un tel niveau de promesse donc fabriquer de l’insatisfaction. Mince, vous venez de perdre ce client pour lequel vous vous êtes pourtant défoncés ! En gros, faites toujours bien mais gardez-en sous la pédale :-)

Enfin, il y a 2 niveaux de service ou d’expérience que peut attendre un client : les « Must Be » et les « Attractives ». Si vous n’arrivez pas à intégrer les premiers dans votre relation client, vous risquez de perdre le client ou du moins, de générer de l’insatisfaction. Les « Attractives », c’est l’inverse… Ce sont ceux que le client n’attendait pas, dont il n’avait pas besoin mais que vous lui offrez quand même. Ce sont en général les fruits de votre capacité à innover. Si vous tapez juste avec un attractive (c’est à dire, si vous venez remplir par surprise un besoin inconscient ou pas de votre client), vous améliorez considérablement sa satisfaction et son expérience.

Je vais arrêter là mais cela a duré 2 heures et tous ces points qui, parfois, m’ont surpris, ont été démontrés de façon irréfutables par Paolo. Il reste des zones à explorer mais il en a tiré une méthode, baptisée Logycs vraiment probante.

Si vous devez monter un séminaire sur la Satisfaction Client, invitez Paolo : vous ne le regretterez pas.

La prochaine étape : J’ai calé un call avec Paolo pour voir comment on peut appliquer cette méthode et ce modèle… au Community Management. Quand j’ai commencé à lui en parler, j’ai cru déceler dans ses yeux l’éclat que l’on voit dans ceux des enfants qui viennent de découvrir un nouveau jouet :-)

En attendant d’avancer et de vous en dire plus, je vous redonne ici l’adage de nos amis américains que j’essaye de m’approprier le plus souvent possible : Under promise, Over deliver ! ;-)

Tumblarity – Statistiques et Qualité de votre compte Tumblr

Si vous avez un compte Tumblr, vous avez du entendre parler de Tumblarity. C’est un service interne de statistiques, qui vous donne pas mal d’informations « de popularité ». Je viens de vous faire une capture d’écran qui vous donne les miennes, relativement calamiteuses d’ailleurs.

Tumblarity

Ce que je trouve intéressant, c’est que certains indicateurs sont des échos instantanés de la qualité de ce que vous produisez.

Le « Reblog » en est un bon exemple. Si vous publiez quelque chose de sympa, les autres titulaires d’un compte Tumblr peuvent le rebloguer en un seul clic, en citant la source (c’est à dire vous) dans la foulée… Là, vous pouvez voir que je n’ai que 9 reblogs, ce qui me laisse penser que mon contenu est vraiment de très faible valeur. :-)

Les « Like » sont un autre compteur d’appréciation, puisque chaque lecteur possédant un compte Tumblr peut déclarer qu’il aime ce que vous écrivez ou publiez en cliquant sur Like, ce qui vient incrémenter votre compteur. Là aussi, n’avoir que 36 Likes sur 344 posts n’est pas très brillant.

Je dois avouer que j’aimerai qu’il y ait davantage de personnes qui suivent mon Tumblr, car cette mesure de qualité instantanée est vraiment stimulante ou gratifiante. Si les chiffres que je viens de vous donner sont faibles, ils sont à mettre en perspective du faible nombre de followers que je peux avoir (seulement 34). Imaginons que vous ayez environ 1000 followers, chacune de vos publications est directement jugée et évaluée par vos lecteurs, via les likes mais surtout les reblogs… le pouvoir aux utilisateurs puissance XXL en quelque sorte :-)

Ce n’est pas forcément le cas sur un blog comme le mien.

Beaucoup de personnes arrivent via les moteurs de recherche donc vos statistiques sont presque sans lien aucun avec la qualité de votre contenu… et dans tous les cas, cela n’a rien d’instantané. Vous avez tous en tête des blogs à très gros traffic dont le contenu est pourtant bullshit.

De même, le nombre de commentaires est une fausse indication, car certaines de vos notes n’appellent pas forcément à un commentaire, même si elles sont bien écrites alors que d’autres, plus polémiques et même mal écrites, peuvent lancer une conversation acharnée.

Les Re-Tweets sont un début d’indication, mais finalement, Twitter (surtout en France), ne concerne pas grand monde. Si vous n’avez pas un blog portant sur la technologie, votre taux de Re-Tweet sera sans doute très très bas, même si votre contenu est de grande qualité… et même si vous avez un blog technologique, cet indicateur peut rester relativement marginal.

Enfin, les systèmes de notation, en cliquant sur des étoiles par exemple, ne marchent vraiment que sur les blogs à très gros traffic… et souvent grand public. Les excellents blogs de niche n’en tirent aucun enseignement ou des enseignements biaisés.

Je crois que j’aimerai beaucoup que WordPress s’inspire de ce que Tumblr a de meilleur, pour toutes les raisons ci-dessus et celles que j’ai oublié. Pouvoir suivre d’autres blogs depuis un Dashboard, rebloguer (sans indexation et avec la source) le contenu en le commentant, mettre des Likes… Ce serait un indicateur fort de la qualité d’un blog, bien plus puissant que tous les classements et autres concours de e-quequettes.

En attendant que des barbus se penchent sur la question (je vous rappelle que je ne suis que développeur PowerPoint :-) ), si vous avez un compte Tumblr et que vous voulez me suivre, c’est ici que vous me trouverez :-)

PS : Si des barbus veulent aussi, tant qu’ils y sont, intégrer à WordPress une fonctionnalité qui permettrait de poster en mode Queue, comme celle qui existe dans Tumblr, surtout qu’ils n’hésitent pas une minute :-)