Un matin, pourtant d’humeur égale, je me suis pris à critiquer tout un tas de nouvelles sociétés qui étaient annoncées à grands renforts de déclarations parfois arrogantes, souvent ridicules.
J’ai passé en revue avec la même sévérité une grosse poignée d’initiatives que je crois malheureusement vouées à l’échec. Ce faisant, une pensée m’a traversé l’esprit : « Tu es vraiment en train de devenir un gros con ! »

J’étais là, à critiquer gratuitement le travail de gens que je ne connais pas, ayant une démarche sans doute sincère sur des initiatives qui ne m’impactaient pas… Un vrai con, je vous dis. Et forcément, ça m’a énervé
J’ai donc commencé à porter un regard aussi critique sur ce que je faisais. C’est drôle mais cela faisait des mois que je n’avais pas pris le temps de faire cette démarche avec sincérité. Et ce que j’ai vu ne m’a pas forcément plu car la première chose qui vous saute aux yeux, c’est ce que vous ratez.
Il n’y a pas de quoi dramatiser ; les sociétés dans lesquelles je m’implique vont globalement bien et tournent presque toutes à plein régime. Mais je me dis que nous pourrions surement faire mieux, pas forcément plus mais, sans aucun doute, mieux. On peut toujours faire mieux…
Je crois que j’ai perdu une partie de mon esprit critique par un excès de confort. A une époque, je passais mon temps à pousser fort sur tous les sujets, sans jamais rien lacher tant que ce n’était pas vraiment « bien ». On se plantait de temps en temps, forcément, mais jamais par manque d’énergie et de détermination. Comme j’étais moi-même tout le temps à fond, je me sentais pleinement légitime pour demander une meilleure qualité à chaque étape et plus d’efforts à tous.
Je viens de m’en souvenir en écrivant cette note ; il fut un temps où chaque personne avec qui je travaillais, quelque soit son job, devait se poser une question simple à chaque tâche ou décision : « Ce que je suis en train de faire est-il la meilleure option pour nos clients ? »
Depuis quelques mois, je m’implique toujours autant en volume mais j’ai le sentiment de finalement me contenter d’une forme de médiocrité positive, d’une presque-réussite à 90%. Pourtant, je sais que c’est dans les derniers 10% que se fait la différence entre « pas mal » et « bien ». Dans un même temps, mes divers associés et nos équipes bossent vraiment bien et font de leur mieux sans moi, ou plus précisément sans cette partie de moi toujours insatisfaite… mais je crois à une sorte d’émulation positive où tu tires les gens vers haut pour qu’eux-mêmes te fassent ensuite progresser à leur tour.
Aujourd’hui, personne n’étant en danger, cette forme de statu quo qualité peut perdurer indéfiniment… C’est pour son manque de confort que j’aime le bootstrapping ; ce modèle te pousse à te concentrer sur l’essentiel et essayer d’être toujours meilleur et plus efficace. Il te rend bien plus créatif, car la créativité est le meilleur palliatif à un manque de budget, même si, forcément, cela demande plus d’efforts de créer que de payer.
Je pars en vacances dans quelques jours et je crois que j’ai vraiment besoin de décrocher un peu… mais à mon retour, on va revenir aux fondamentaux : On ne lache rien !
Je vais recommencer à m’arcbouter sur la créativité, sur notre capacité à innover et sur la qualité de ce que nous produisons. Je vais redevenir pénible, en premier lieu avec moi-même, mais aussi en transmettant cette exigence à tous ceux avec lesquels je travaille pour qu’eux mêmes me la rende. Ils me connaissent bien et comprendront pourquoi je fais cela.
« Nous choisissons d’aller sur la lune, non pas parce que c’est facile mais justement parce que c’est difficile » JF Kennedy – 12 Septembre 1962.
Nous, nous n’avons pas la chance de conquérir la lune, d’oeuvrer à la paix dans le monde ou de trouver un remède contre le Cancer, mais ce n’est pas une raison pour ne pas donner le meilleur de nous-même… Et on ne va pas le faire parce que c’est facile mais justement parce que c’est difficile.
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Il y a quelques mois, j’ai testé Flavors.me, simplement séduit par la beauté de quelques sites de early adopters. L’idée de ce service est simple et loin d’être révolutionnaire : devenir la landing page d’une personne, le lieu sur le Web où l’on va retrouver tout son univers ou du moins, celui qu’il veut mettre en avant.
Beaucoup ont déjà essayé, avec quelques beaux succès – surtout financiers et technologiques, je pense à Friend Feed – et de très nombreux échecs, ce qui est assez normal. Hier soir, j’ai rencontré Jonhatan Marcus, l’un des fondateurs et CEO de Flavors.me. Il partageait sa vision lors d’un meeting de Refresh South Florida, un groupe de Web Actors locaux.

Je crois vraiment qu’en matière de service Internet, le tour de force est d’arriver à rendre très simple des choses pourtant assez compliquées. Flavors.me permet de créer une page d’accueil sans aucune connaissance technique et de venir y consolider, très facilement, tout ce qui importe pour soi sur Internet.
OK, elle est facile à utiliser comme tant d’autres… mais elle a une autre atout majeur : Le design. Il est vraiment possible de faire quelque chose de très beau en quelques clics. C’est basique mais magnifique.
Beaucoup comptent sur Facebook pour préserver leur identité numérique : c’est sans doute la plus mauvaise idée depuis l’invention des 0 et des 1. D’autres – comme moi – comptent plutôt sur leur blog qui devient le point central de leur identité, mais cela présente l’inconvénient de devoir être très assidu… et d’avoir quand même quelques connaissances techniques basiques.

Si j’étais quelqu’un de normal – au sens Internet du terme, je crois que je suis assez normal sinon
– je regarderai Flavors.me et ce que je peux en faire. A titre d’exemple, vous trouverez le mien ici et en screenshot ci-dessus (merci à @joelrubino pour la photo à Chinchon, près de Madrid
). Il a été réalisé avec la version gratuite du service, dont le business modèle repose sur une offre Premium à 20$ par an. Si je n’avais pas ce blog, j’aurais m’y les 20$ en question pour disposer d’un espace à moi qui vienne défendre mon identité.
Pour l’anecdote, les bureaux de Flavors.me sont situés à Aventura, au nord de Miami, dans le même immeuble que ceux de… Labotec. Quand on vous dit qu’il y a de l’Internet sous le soleil de Floride !
Disclosure : J’en parle de façon très positive mais je ne suis malheureusement pas l’un des investisseurs de Flavors.me. Par contre, j’ai gagné un de leurs T-Shirts hier soir que j’ai donné à mon fils car je ne rentre pas dans du « M ». Je tenais à le préciser pour ne pas être accusé de parti-pris
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La nuit dernière, je me suis fendu d’un post assez long sur le blog de Digidust pour évoquer le Coming Out du business model de Twitter, enfin, surtout de sa plateforme de publicité. Vous trouverez cette note ici, mais accrochez-vous car c’est un peu long.

Maintenant, en suivant l’actualité récente, je me suis à nouveau posé la question que j’avais soulevé il y a quelques semaines sur la note « Twitter à de quoi faire peur » ici-même et dont les craintes se sont avérée plutôt justifiées au vue des derniers mouvements de Twitter.
En un sens, j’avais tort… car, au moins pour Loren Brichter, le développeur qui a créé Tweetie, Twitter représente bien une fantastique opportunité plus qu’une menace puisqu’ils lui ont racheté son client pour iPhone tout en lui offrant un job sympa au sein de l’équipe en plus du gros chèque. La question reste posée pour les autres, tous ceux qui n’ont pas été rachetés et ne le seront pas, c’est à dire le plus grand nombre.
Il y a quelques jours, Fred Wilson, VC très connu et early investor de Twitter a précisé que l’écosystème qui s’était créé autour de Twitter était là pour boucher les trous laissés en chemin par le service et trouver ainsi leur place. Toutefois, je n’y crois bien évidemment pas une minute dans le sens où les trous en question ne sont laissés aux développeurs tiers que tant que leur taille ne représente pas un enjeu. En d’autres termes pour grossir le trait, jamais Twitter n’aurait imaginé racheter un Client pour iPhone avant le lancement de l’iPhone et de mesurer son immense succès.
J’attend donc avec une certaine impatience les interventions de @biz et de @dickc, entre autres, ce soir à Chirp, qui visent d’une part à rassurer les développeurs tiers sur leur avenir (il y a un bel exercice de vente à réussir) et les inciter à poursuivre sur leurs « bouchages de trous », notamment en précisant les terrains qui ne sont pas stratégiques pour la startup donc laissés vacants aux développeurs tiers.
Toutefois, comme évoqué ci-avant, les trous non stratégiques le restent tant qu’ils ne deviennent pas des gouffres… et il semblerait qu’il n’y ait qu’un prime au seul vainqueur, pas de seconde place pour peu que la réalisation de ce « bouchage de trou » soit exemplaire sur le plan technologique ou ergonomique, si l’on en croit l’exemple de Tweetie.
Faisons le tour des trous qui n’en sont déjà plus : Clients Twitter pour iPhone, Clients Twitter pour Blackberry, Réducteurs d’URL, vraisemblablement les Web Applications avec la sortie d’une nouvelles interfaces plus puissante et ergonomique pour Twitter, plateformes de publicité faisant potentiellement de la nouvelle star TweetUp – annoncée 2 jours plus tôt – une nouvelle star quasiment mort-née…
Je vous laisse libre des conclusions sur le niveau de risque qui existe à bâtir son entreprise sur un socle que l’on ne maitrise pas, car c’est souvent un Win-Win qui est plus Win pour l’un que pour l’autre. Quand Apple renforce sa main-mise sur le marché des Apps Mobiles tournant sur iPhone et iPad, c’est exactement ce type d’équilibre de la Pomme essaye de faire pencher vers elle… et cela fait réfléchir
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Il y a quelques semaines, j’ai rencontré une partie de l’équipe de Wiseed, jeune fond d’investissement doté d’un business model assez intéressant à mon sens.
Le principe est assez simple : Wiseed collecte des fonds auprès d’investisseurs confirmés ou débutants, à partir de 100 euros puis propose à ces investisseurs un portefeuille de jeunes sociétés à financer parmi les start-ups qu’ils ont sélectionné sur la base de critères assez traditionnels comme l’idée, la stratégie, la qualité de l’équipe dirigeante, le caractère innovant, etc…

L’investissement peut aller à une seule ou plusieurs entreprises, suivant les coups de coeur de chaque investisseur ou sa volonté de réduire son risque en multipliant les projets.
Je trouve l’approche assez intéressante pour au moins 4 raisons :
Un investisseur débutant et sans grosse mise de fond peut rejoindre des personnes bien plus expérimentées pour faire ses premiers pas dans le capital risque. A partir de 100 euros de « mise », on ne devrait pas y perdre sa maison quoi qu’il en soit.
Par ailleurs, ce fond n’est pas ouvert uniquement aux « petits » investisseurs, certains particuliers ayant approché Wiseed pour leur confier des budgets à 6 voir 7 chiffres.
De plus, le modèle est porté par une équipe qui maîtrise parfaitement les aspects fiscaux liés aux investissements en Seed ou Early-Stage et qui vont donc assurer pour vous un ingénierie fiscale optimisée, notamment si vous entrez dans le cadre de la loi Tepa.
Enfin, il y a dans cette équipe des personnes de qualité (je ne parle que pour ceux que je connais mais je n’ai aucune raison de douter des autres
) qui ont vraiment l’habitude d’accompagner de jeunes entrepreneurs (et nous savons tous que la dimension d’accompagnement est largement aussi importante que l’investissement en lui-même) et qui intègrent une forte dimension sociale dans leurs actions.
Si vous êtes un investisseur en herbe ou affirmé, ou tout simplement un business angel qui n’a pas suffisamment de temps pour gérer son portefeuille et ses capitaux, je pense (je ne peux pas l’affirmer sans les avoir « utilisé » moi-même mais j’aime bien à la fois l’équipe et l’approche) que Wiseed peut vraiment être une alternative intéressante. Vous avez bien 100 euros qui traînent pour tester le modèle ?!?
Accessoirement, pour un entrepreneur qui souhaite lever, c’est là aussi un approche qui n’est pas traditionnelle, mais qui peut représenter un canal vraiment intéressant, entre les banques et les VC. A suivre…
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Si je me retourne sur les 12 derniers mois, je pense avoir reçu plus d’une trentaine de business plans (c’est à dire un peu plus de 2 par mois) portant sur des start-ups Internet en pre-money ou early stage, notamment depuis le lancement de Foolinvest. J’en profite, au passage, pour remercier tous ceux qui m’en ont envoyé… Je prend toujours ça comme un signe positif, car, à leur place, je ne laisserai pas entrer dans mon capital des gens que je n’aime pas
En parallèle, je pense avoir créé des comptes dans une bonne cinquantaine de services Web, la majorité ne passant pas le cap des 10 premières minutes, une grande partie ne tenant pas les 10 premiers jours et une poignée d’élus étant toujours actifs à cette heure-ci.

La crise que l’on traverse en ce moment est très difficile pour tout le monde et j’ai l’impression qu’une lame de fond est en train de traverser le secteur de l’Internet en ce moment même. Je ne parle pas du « show » qui a suivi, il y a quelques mois, le meeting très médiatisé de Sequoia à ses CEO, dans lequel de nombreux autres CEO de start-up se sont engouffrés pour nettoyer leurs comptes sans passer pour des buses, le VC arboricole leur ayant fourni sur un plateau une excuse en béton armé… Non, je parle d’une vraie lame de fond structurelle, celle que vous prenez de plein fouet quand vous n’avez quasiment plus de cash, un service perfectible mais qui fonctionne déjà pas mal, des équipes passionnées mais qui naturellement doutent, des utilisateurs enthousiastes et impatients, des investisseurs qui ne veulent – ou ne peuvent pas – remettre sur un nouveau tour, etc…
Dans une réflexion un peu morbide, l’autre jour, je me demandais quels seraient les heureux élus qui passeraient cette épreuve avec succès, quels étaient les entreprises ou les modèles économiques les mieux armés pour ne pas plier sous le poids d’un tel pessimisme ambiant. J’ai déjà en tête pas mal de noms d’entreprises de la Silicon Valley qui ne passeront pas l’été, dont certaines assez importantes, suite à des discussions avec leurs CEO ou certains de leurs actionnaires. Les plus Peoples d’entre vous vont être déçus car je n’apporte pas de nom, pas de réponse, presque que des questions.
Au-delà des indiscrétions, pour essayer qui peut devenir une entreprise pérenne rentable, j’utilise une méthode qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui me satisfait. C’est un indicateur que j’appelle le « Test des 2 manches de 10« . C’est, en gros, un panel d’utilisateur dans lequel je suis tout seul
On va considérer que les 10 premières minutes vont correspondre à « la première impression », la première manche. Elle sera décisive, un peu comme quand vous croisez un gars que vous ne connaissez pas dans une soirée, qu’il ouvre la bouche pour dire une énormité et que vous pensez dans votre fort intérieur que ce gars-là est vraiment un gros con. Il va lui être difficile, ensuite, de remonter la pente et venir faire des affaires avec vous… Je vous rassure, je garde à l’esprit en écrivant ces lignes, que l’on est toujours le con pour quelqu’un et j’ai une pensée émue pour tous ceux qui ont du penser cela de moi, à un moment ou à un autre
La liste des sites qui n’ont pas passé cette première manche serait – beaucoup – trop longue mais pour moi, c’est le cas de - sans que ce soit exhaustif – petits sites mais aussi de stars comme Stumble Upon ou Google Picasa par exemple. Je n’ai pas accroché du tout… et ils sont aux oubliettes.
Ceci dit, quelques services vont passer la première manche haut la main, vous bluffer par une ergonomie, une valeur particulière, un « état d’esprit »… quelque chose que vous n’avez pas trouvé ailleurs.
S’engage alors une deuxième manche, celle des 10 jours. Celle-ci est terrible, car elle dépouille le service web de tout ce qui relève du cosmétique et du « Woaw Effect » pour se concentrer sur l’essentiel : la valeur qu’il apporte vraiment. Vous n’êtes plus ébloui par la petite icône si pratique ou l’intégration de vos données en toute fluidité : il vous en faut beaucoup plus…
En général, c’est l’hécatombe car les raisons de continuer à l’utiliser sont vraiment objectives et pragmatiques. Toutefois, il y a une particularité importante dans cette deuxième manche, c’est qu’elle n’est pas définitivement éliminatoire, contrairement à la première. Là, vous avez été séduit une première fois, et ça ne s’oublie pas. Le plus souvent, vous allez laisser passer quelques mois et revenir voir, par acquis de conscience. Ce sont d’ailleurs ces sociétés que les investisseurs mettent… dans leur radar à défaut de leur porte-feuille. Dans cette catégorie, je vais ranger Storytlr ou Friendfeed, me concernant.
A l »issue de ces deux manches, une petite poignée de service vous enthousiasme toujours autant jusqu’à devenir indispensables au quotidien. Ici, la liste est très simple à rédiger puisque je les utilise en permanence. Ceux-ci ont gagnés ma petite guerre interne et souvent durablement, pour peu qu’un service directement concurrent, meilleur et compatible n’émerge pas.
Pour n’en citer que quelques uns, on va trouver WordPress, Twitter, Tumblr, Hellotipi, Second Life, Evernote, iTunes, Skype, Flickr…
Lorsqu’on va s’investir sur un service Web quel qu’il soit (je parle d’investir de l’argent mais également d’investir du temps pour paramètrer un compte, créer du contenu, intégrer le service avec ses autres services, etc…), miser sur le bon est primordial et je ne crois pas qu’il existe de recette miracle pour ne jamais se tromper. Les VC et les Business Angels seraient tous richissimes si c’était le cas.
Ma méthode ne vaut peut-être que pour moi, donc si vous voulez l’oublier de suite, vous en inspirer pour mettre au point une qui vous est propre ou tout simplement l’adopter, n’hésitez pas… et n’hésitez pas surtout à partager ce que cela vous inspire ou votre approche avec moi nous.
Je pense que cela peut-être utile à quelques personnes qui passeraient par ici, peut-être pour les aider à se poser les bonnes questions ?!?
Cette note ne semble pas très positive, mais je garde à l’esprit que certains des plus grands succès sur Internet, notamment Européens, sont ceux qui ont justement survécus à l’Hiver Nucléaire de 2001. Je crois donc qu’il y aura beaucoup de morts pendant cette crise, mais que ceux qui survivront seront vraiment très forts.
A nous d’être de ceux-là
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Je vous parle d’un temps que les web-entrepreneurs de moins de 5 ans ne peuvent pas connaitre. Ce que l’on nomme l’Hiver Nuclaire est globalement la période 2001 – 2003 qui fut sans doute la plus noire de la jeune histoire de l’Internet.
Nous avons traversé une sorte de crise lourde, vu partir dans le mur 9 start-ups sur 10, vu retourner vers les grandes entreprises la très grande majorité des cadres transfuges qui nous avaient rejoint lors de la première bulle, vu le désespoir s’installer durablement sur notre marché nous faisant ainsi aller bien plus vite vers la maturité…
L’Hiver Nucléaire, c’est une image très forte, à la hauteur de ce que le monde de l’Internet a traversé pendant 3 ou 4 ans… et c’est bien une période similaire qui semble s’annoncer aujourd’hui.

Je ne vais pas revenir sur la position de Sequoia (un peu opportuniste mais logique et déjà largement commentée) ni sur l’annonce de Loïc supprimant 7 jobs chez Seesmic (qui me semble pleine de bon sens… ce n’est pas parce que tu lèves que tu ne dois pas gérer rigoureusement ta société). Par contre, je vais m’attarder sur les 4 entrepreneurs que j’ai eu au téléphone en fin de semaine dernière et ce week-end, pour évoquer le sujet.
Au delà du fait que j’ai été flatté qu’ils me « consultent » sur le sujet (en même temps, je suis actionnaire de deux d’entre eux !
), j’y vois dans cet intérêt à s’approprier et à apprendre de nos échecs, une preuve de maturité et d’intelligence.
Les 4 sont très jeunes, du moins trop pour avoir traversé le premier Hiver Nucléaire en ayant conscience de la difficulté de cette période. Pourtant, ils ont tout de suite posé leur todolist et levé la tête du guidon pour prendre du recul. Ils ont essayé de comprendre comment cela pouvait les impacter et quelles décisions prendre immédiatement, sans attendre d’être confronté à une crise potentielle. Ils ont donc perdu une forme d’insouciance que nous avions sans doute à l’époque, réagissant ainsi comme leurs aînés plus expérimentés (Loïc en tête !) le font aujourd’hui. C’est sans doute cela, la meilleure nouvelle du week-end pour moi.
Par exemple, François a revu entièrement la roadmap d’Hellotipi et va partager (si ce n’est déjà fait) tout cela avec son équipe, qui sera redéployée en conséquence. Pourtant, Hellotipi va plutôt bien, est plebiscité pour son intérêt par les utilisateurs, fait de la croissance conformément au business plan, améliore à marche forcée la qualité de son service en écoutant attentivement ses utilisateurs, est pleinement soutenu par ses investisseurs (j’en sais quelque chose
)… Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter outre mesure, mais François a décidé de préparer le pire, le meilleur sera toujours plus facile à gérer. Il a entièrement raison !
Cette crise est sans doute la plus grave que nous ayons jamais rencontré (je parle pour la majorité des actifs aujourd’hui qui doivent la gérer à leur niveau, dont très peu travaillaient déjà en 29) et peu d’entre nous ont l’expérience de ce genre de période. Si le marché Internet est le premier à réagir (après le marché financier, forcément !), c’est sans doute par qu’il en sort à peine et que c’est donc celui pour lequel la blessure n’est pas encore totalement refermée.
Pour ma part, que ce soit lors de mes discussions avec David ou avec Julien (pour le parler que des deux projets les plus proches), nous n’allons pas changer grand chose à notre façon de gérer les affaires, puisque nous étions déjà très rigoureux, en mode low cost et pragmatiques. Nos perspectives de croissance restent inchangées (et certaines opportunités innatendues se présentent même) à ce jour donc nous ne modifions pas particulièrement nos road-maps. Même nos coûts de déplacement avaient déjà été réduits fortement, mais pour des raisons plus liées à la réduction de notre empreinte carbone que financières. Les deux se rejoignent donc à présent !
Concernant Foolinvest, j’avais déjà réduit la voilure principalement par manque de temps. J’ai bien un ou deux projets à l’étude actuellement, mais je vais sans doute être encore plus sélectif et exigeant… En même temps, je crois que c’est ce qu’il conviendrait de faire tout le temps, même si les entrepreneurs comme les investisseurs doivent bien prendre une part de risque.
En synthèse, malgré l’optimisme exagéré d’une de mes précédentes notes, je crois qu’il est temps de se préparer à une période très dure, pour les Hommes comme les entreprises. Dans une certaine mesure, c’est une forme de Darwinisme économique qui également assainir notre gestion, doper notre créativité et notre efficacité tout en améliorant encore la valeur des produits ou des services que nous proposons au marché, sous peine de ne pas voir arriver le printemps qui suivra forcément ce nouvel Hiver Nucléaire…
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