Si je me retourne sur les 12 derniers mois, je pense avoir reçu plus d’une trentaine de business plans (c’est à dire un peu plus de 2 par mois) portant sur des start-ups Internet en pre-money ou early stage, notamment depuis le lancement de Foolinvest. J’en profite, au passage, pour remercier tous ceux qui m’en ont envoyé… Je prend toujours ça comme un signe positif, car, à leur place, je ne laisserai pas entrer dans mon capital des gens que je n’aime pas
En parallèle, je pense avoir créé des comptes dans une bonne cinquantaine de services Web, la majorité ne passant pas le cap des 10 premières minutes, une grande partie ne tenant pas les 10 premiers jours et une poignée d’élus étant toujours actifs à cette heure-ci.
La crise que l’on traverse en ce moment est très difficile pour tout le monde et j’ai l’impression qu’une lame de fond est en train de traverser le secteur de l’Internet en ce moment même. Je ne parle pas du « show » qui a suivi, il y a quelques mois, le meeting très médiatisé de Sequoia à ses CEO, dans lequel de nombreux autres CEO de start-up se sont engouffrés pour nettoyer leurs comptes sans passer pour des buses, le VC arboricole leur ayant fourni sur un plateau une excuse en béton armé… Non, je parle d’une vraie lame de fond structurelle, celle que vous prenez de plein fouet quand vous n’avez quasiment plus de cash, un service perfectible mais qui fonctionne déjà pas mal, des équipes passionnées mais qui naturellement doutent, des utilisateurs enthousiastes et impatients, des investisseurs qui ne veulent – ou ne peuvent pas – remettre sur un nouveau tour, etc…
Dans une réflexion un peu morbide, l’autre jour, je me demandais quels seraient les heureux élus qui passeraient cette épreuve avec succès, quels étaient les entreprises ou les modèles économiques les mieux armés pour ne pas plier sous le poids d’un tel pessimisme ambiant. J’ai déjà en tête pas mal de noms d’entreprises de la Silicon Valley qui ne passeront pas l’été, dont certaines assez importantes, suite à des discussions avec leurs CEO ou certains de leurs actionnaires. Les plus Peoples d’entre vous vont être déçus car je n’apporte pas de nom, pas de réponse, presque que des questions.
Au-delà des indiscrétions, pour essayer qui peut devenir une entreprise pérenne rentable, j’utilise une méthode qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui me satisfait. C’est un indicateur que j’appelle le « Test des 2 manches de 10« . C’est, en gros, un panel d’utilisateur dans lequel je suis tout seul
On va considérer que les 10 premières minutes vont correspondre à « la première impression », la première manche. Elle sera décisive, un peu comme quand vous croisez un gars que vous ne connaissez pas dans une soirée, qu’il ouvre la bouche pour dire une énormité et que vous pensez dans votre fort intérieur que ce gars-là est vraiment un gros con. Il va lui être difficile, ensuite, de remonter la pente et venir faire des affaires avec vous… Je vous rassure, je garde à l’esprit en écrivant ces lignes, que l’on est toujours le con pour quelqu’un et j’ai une pensée émue pour tous ceux qui ont du penser cela de moi, à un moment ou à un autre
La liste des sites qui n’ont pas passé cette première manche serait – beaucoup – trop longue mais pour moi, c’est le cas de - sans que ce soit exhaustif – petits sites mais aussi de stars comme Stumble Upon ou Google Picasa par exemple. Je n’ai pas accroché du tout… et ils sont aux oubliettes.
Ceci dit, quelques services vont passer la première manche haut la main, vous bluffer par une ergonomie, une valeur particulière, un « état d’esprit »… quelque chose que vous n’avez pas trouvé ailleurs.
S’engage alors une deuxième manche, celle des 10 jours. Celle-ci est terrible, car elle dépouille le service web de tout ce qui relève du cosmétique et du « Woaw Effect » pour se concentrer sur l’essentiel : la valeur qu’il apporte vraiment. Vous n’êtes plus ébloui par la petite icône si pratique ou l’intégration de vos données en toute fluidité : il vous en faut beaucoup plus…
En général, c’est l’hécatombe car les raisons de continuer à l’utiliser sont vraiment objectives et pragmatiques. Toutefois, il y a une particularité importante dans cette deuxième manche, c’est qu’elle n’est pas définitivement éliminatoire, contrairement à la première. Là, vous avez été séduit une première fois, et ça ne s’oublie pas. Le plus souvent, vous allez laisser passer quelques mois et revenir voir, par acquis de conscience. Ce sont d’ailleurs ces sociétés que les investisseurs mettent… dans leur radar à défaut de leur porte-feuille. Dans cette catégorie, je vais ranger Storytlr ou Friendfeed, me concernant.
A l »issue de ces deux manches, une petite poignée de service vous enthousiasme toujours autant jusqu’à devenir indispensables au quotidien. Ici, la liste est très simple à rédiger puisque je les utilise en permanence. Ceux-ci ont gagnés ma petite guerre interne et souvent durablement, pour peu qu’un service directement concurrent, meilleur et compatible n’émerge pas.
Pour n’en citer que quelques uns, on va trouver Wordpress, Twitter, Tumblr, Hellotipi, Second Life, Evernote, iTunes, Skype, Flickr…
Lorsqu’on va s’investir sur un service Web quel qu’il soit (je parle d’investir de l’argent mais également d’investir du temps pour paramètrer un compte, créer du contenu, intégrer le service avec ses autres services, etc…), miser sur le bon est primordial et je ne crois pas qu’il existe de recette miracle pour ne jamais se tromper. Les VC et les Business Angels seraient tous richissimes si c’était le cas.
Ma méthode ne vaut peut-être que pour moi, donc si vous voulez l’oublier de suite, vous en inspirer pour mettre au point une qui vous est propre ou tout simplement l’adopter, n’hésitez pas… et n’hésitez pas surtout à partager ce que cela vous inspire ou votre approche avec moi nous.
Je pense que cela peut-être utile à quelques personnes qui passeraient par ici, peut-être pour les aider à se poser les bonnes questions ?!?
Cette note ne semble pas très positive, mais je garde à l’esprit que certains des plus grands succès sur Internet, notamment Européens, sont ceux qui ont justement survécus à l’Hiver Nucléaire de 2001. Je crois donc qu’il y aura beaucoup de morts pendant cette crise, mais que ceux qui survivront seront vraiment très forts.
Depuis quelques mois, Twitter fait régulièrement la une de tous les medias, peut-être plus aux US qu’en France… et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela accélère très fort, au rythme de l’accélération du taux d’adoption par la population.
L’un des principaux éléments déclencheurs est l’arrivée – massive – des stars sur Twitter. Quelques pionniers avaient ouverts la voie, comme Jennifer Aniston et son « futur-ex-petit-ami », le – très – grand Shaquille O’Neal et bien sûr, Barack Obama. J’ai également posté une note sur le sujet il y a quelques jours, note qui évoquait la proclamation annoncée d’Achton Kutcher comme Roitelet de Twitter avec son million de followers, devant Larry King (pourtant brandé CNN). Cela fait tout de même 700 nouveaux followers à chacun de ses Tweets. Le nouveau phénomène est à présent la présentatrice vedette Oprah Winfrey, qui a simplement ouvert un compte, posté 14 tweets et enregistré plus de 484,000 followers (soit près de 35 000 par Tweet).
D’un autre coté, j’ai regardé un peu mes stats, pour savoir dans quelle mesure je pouvais me frotter à eux. Je vais sûrement essayer car je suis déjà à 0,35 follower par tweet, c’est encourageant
Plus sérieusement, la très grande majorité de mes derniers followers sont soit des Bots, soit des utilisateurs dont le seul but est d’augmenter à tout prix leur nombre de followers. C’est un peu ce que j’ai appelé la stratégie du Body-Building. Ils ont en général plusieurs milliers voir dizaines de milliers de Followers et autant de Followings (ceux qu’ils suivent). Cela ne signifie pas qu’ils suivent les mêmes puisque en général, il y a un flottant de 2 à 4000 comptes qui sont « unfollowés » en permanence pour laisser la place au 2 à 4000 nouveaux et ainsi de suite. Par ce principe, vous atteignez très vite les quelques dizaines de milliers… sans que finalement ils sachent eux-mêmes ce qu’ils vont en faire et sans qu’il n’y ait de limite… So what ?
A la lecture de ces éléments, on voudrait nous faire croire que tout va bien pour Twitter et que tout cela est bien ce qu’il y a de meilleur pour l’avenir de l’entreprise ? En fait, je ne crois vraiment pas.
L’intérêt de Twitter est la Conversation et pas la Compétition. C’est passionnant, utile, grisant, stimulant, efficace, réconfortant… d’avoir en permanence, à porté de main, quelques dizaines de personnes avec qui discuter. Ils peuvent vous aider, échanger, partager, etc… et rendent plus agréables vos attentes à l’aéroport ou chez le dentiste. On est dans le plus pur usage du Social Media.
Il m’arrive de regarder des matchs de rugby tout en discutant avec des « amis » du match, des actions, des chambrages, etc… Faites une requête dans le search de Twitter sur le hashtag #NS et vous verrez combien de personnes partagent les émotions que provoquent la Nouvelle Star
L’arrivée de ces comptes disproportionnés fausse l’usage, par des formes plus ou moins élaborées de spam qui deviennent rapidement insupportables.
Si @ev et @jack, les boss de Twitter laissent leur service dériver ainsi, ils vont tout simplement tuer leur Value-Proposition (c’est à dire le truc qui fait qu’on aime ou utilise le service). 50% des tweets mondiaux la semaine dernière étaient consacrés au défi de Kutcher. Que va-t-il se passer quand on va voir débarquer U2, David Beckam ou Robert de Niro ? La course va-t-elle continuer ainsi pour amener les gens normaux jusqu’à la nausée ou l’overdose ? Je pense que la réponse est Oui.
Comment empêcher cela quand on veille à la destinée de Twitter ? Florian propose une solution à la fois simple, efficace et radicale : Le nombre de Followers devient une information privée. Il n’est plus visible sur les profils et n’est accessible qu’au possesseur du compte.
Ainsi, le « concours de quéquette » permanent qu’est cette course au Follower n’a plus beaucoup de sens et ce n’est en rien incompatible avec l’usage que chacun souhaite faire de Twitter. Cela va surtout donner une chance à la conversation de reprendre sa place.
Bien-sûr, les fondateurs de Twitter se sont lancés dans une guerre ouverte contre Facebook et il va leur falloir près de 200 Achton Kutcher, millionnaires en follower, pour venir taquiner le géant (aux pieds d’argile) social… Pourtant, l’intérêt de Twitter est bien au-delà de Facebook et je reste persuadé qu’ils peuvent le faire sur la base de la simple valeur qu’ils apportent.
Je crois qu’il serait utile de commencer à écouter les utilisateurs, juste pour voir poindre le désintérêt avant même qu’il ne se manifeste vraiment, car, comme on l’a déjà vu avec Second Life, quand la courbe du Hype s’inverse, la descente aux enfers est très difficile à enrayer.
Remarque additionnelle : Je parle de course au follower qui n’a pas de sens et j’invite pourtant tout le monde à me suivre sur Twitter : Suis-je complètement incohérent ? Peut-être, mais ce n’est pas sur ce point que l’on va le déterminer
Dans ce cas précis, j’invite les gens qui me connaissent, lisent mon blog, s’intéressent aux mêmes choses que moi, souhaitent échanger avec moi, se tenir au courant de l’actualité de mes sociétés ou de mes proches, initier une relation amicale ou de business voir les deux, etc… à me suivre (et en général, dès qu’ils engagent une conversation normale, je me met à les suivre également) car c’est bien là l’essence même de Twitter, du moins, sur la conception que je m’en fait et que je ne partage pas avec Oprah
Tous ceux qui gravitent de près ou de loin dans l’Internet s’intéressent à ce que l’on appelle communément « The Next Big Thing« , c’est à dire le futur Media Social, Monde Virtuel ou service Web qui va changer profondément les usages… et peut-être nos vies.
Lorsque j’étais à San Francisco avait lieu le Web2.0 Expo, l’une des conférences les plus importantes et intéressantes de l’e-industrie. Vous trouverez ci-dessous le keynote de Tim O’Reilly (vous savez, le gars qui a imposé inventé le terme Web 2.0). Ce gars a les yeux bien ouvert et j’aime bien ses visions qui, au-delà de leur justesse habituelle, sont souvent suffisamment simples pour que je les comprenne
Il compare l’évolution d’Internet à celle d’un enfant, qui va du stade Web 1.0 (un bébé, capable de ressentir mais incapable de se coordonner) au Web Squared, qui serait une sorte d’Internet de la maturité, bien plus accessible et efficace, une sorte de Web qui travaille vraiment.
L’intervention est bien évidemment en Anglais, mais je vous ai relevé trois points qui me semblent important pour comprendre ou au moins essayer d’imaginer « The Next Big Thing », chacun dans son monde.
- Les Dotcoms qui ont survécu à l’Hivers Nucléaire sont celles qui ont considéré l’Internet comme une plate-forme et non comme une fin en soit.
PO> Cela ne va pas forcément vous parler car il faut avoir passé pas mal de temps à regarder le marché des univers virtuels pour s’intéresser à ce genre de détail, mais c’est exactement l’une des principales raisons qui empêche des Univers Virtuels comme Second Life de devenir mainstream. Le débat entre plateformistes et roleplayistes – deux conceptions du Metavers qui s’opposent quasiment – y est décuplé de part la nature même du media, empêchant celui-ci de se déployer vers le grand public, dans l’une ou l’autre des directions.
- Le Web qui viendra après le Web 2.0 ne sera pas un nouveau numéro de version mais plutôt un mélange de Réalité Virtuelle, de Web Sémantique, de Web Social et de Web Mobile.
PO> Je ne suis pas certain que la façon dont on appelle le Web suivant soit si important que cela. Ce qui est important, c’est que le périmètre ou plutôt les frontières de ce Web disparaissent. Vous accédez à votre écosystème où que vous soyez, au moment où vous le souhaitez et depuis n’importe quel device (et notamment votre téléphone, qui tend à devenir le principal terminal). C’est ce que d’autres ont identifié avec 3A : Anytime, Anything, Anywhere… Et plus que cet accès, l’Internet devient multi-forme et s’adapte à vos besoins, parfois même sans que vous ayez à les exprimer.
- Les Applications que nous allons créer ne seront plus pilotées par des Claviers/Souris mais par des capteurs.
PO> Ce point est sans doute l’un des plus importants et passionnants à mon sens. Tim donne quelques exemples assez explicites. Un application iPhone se lance lorsque vous approchez l’iPhone de votre oreille (alors que vous n’êtes pas en conversation) et écoute les mots que vous dites pour rechercher des réponses. Ex : L’application comprend Pizza et elle va vous donner d’une part la définition de Pizza via Wikipédia mais aussi la liste des deux ou trois Pizzerias proches de l’endroit où vous vous trouvez grâce entre autres au GPS.
Nous sommes donc incapables de simplement imaginer les applications qui sortiront dans les 5 prochaines années tellement leur conception est complexe pour un usage qui lui, devient plus simple… parce que l’enjeu est bien évidemment la simplicité. Je ne vais pas apprendre à ma grand-mère à se servir d’un PC pour qu’elle aille acheter quelque chose en ligne, mais je vais rendre l’acte d’achat en ligne aussi simple et assisté que possible. C’est l’une des lignes directrices de RIL Shopping, tous premiers pas (et il en faudra encore des centaines !) vers cette simplicité par la réintroduction de l’humain dans la relation client en ligne.
La synthèse que l’on pourrait faire de cette intervention et qu’il donne vers la fin, tient en peu de points… 2 en fait.
Nous voulons tous créer The Next Big Thing, qui n’est pas forcément pour changer le monde, mais parfois simplement pour offrir à un marché de niche une véritable révolution technologique, donc une révolution d’usage. Pour cela, nous avons besoin de garder à l’esprit 2 axes directeurs :
1/ Build a Simple System – Let it Evolve
Je vous ai pas mal pris la tête avec « KISS », mon nouveau Mantra, c’est à dire Keep It Stupid Simple. Là, c’est la même idée mais un peu plus travaillée
Si tu donnes des choses simples et qui marchent aux gens, ils vont se les approprier et en faire des choses bien plus grandes et ambitieuses que tu n’aurais pu l’imaginer.
Second Life en est un bon exemple (oui, oui, je suis sérieux ). C’est une plate-forme de création extraordinaire sur laquelle des résidents ont conçu des choses fabuleuses que Linden Lab n’avait pas anticipé (Comment auraient-ils pu le faire ?!?). Bien-sûr, la simplicité de Second Life est toute relative pour le grand public, mais réelle pour les résidents que les possibilités offertes ont fasciné au point de passer outre la complexité d’appréhension. Twitter en est sans doute l’exemple le plus frappant. C’est un service web simplissime qui ne fait, de façon native, qu’une seule chose : Dire en moins de 140 caractères ce que tu fais à des gens qui s’abonnent à ton compte.
Des millions de personnes l’ont adopté mais surtout, des centaines de sociétés se sont créées autour de Twitter, inventant autant d’applications différentes, comme des systèmes de secours, de réservation de restaurant, des alertes prix pour le shopping ou pour les retards d’avion, etc… Je veux bien parier que tout cela n’était pas dans le business plan de Twitter lors de sa création. Ils ont fait quelque chose de simple, ont laissé les gens se l’approprier et la magie de la création de valeur a opéré.
2/ Create More Value than You Capture
C’est la base même des réseaux sociaux. Pour qu’un réseau fonctionne, il faut que chaque membre lui donne plus qu’il ne consomme, ce qui va ainsi créer de la valeur pour tous. Les gens qui appliquent cette recette à leur entourage s’en trouvent en général largement récompensés sans même avoir besoin de demander. Quand on y pense, c’est aussi un puissant moteur très positif qui alimente toute l’industrie Open Source…
Les points que j’ai relevé ici ne sont qu’un tout petit bout de ce que Tim O’Reilly a évoqué, mais ce sont, pour moi, les plus importants. Mes commentaires ne viennent qu’étayer son approche, au point que j’ose à peine me les approprier.
Nous avons tout juste commencé la mutation qu’Internet provoque partout et que nous trouvons pourtant si importants, dans nos vies comme dans nos jobs. Ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend. Ceux qui en tireront le meilleur parti sont ceux qui s’y intéresseront le plus et décideront d’agir plutôt que de subir. J’espère que ces quelques éléments retranscrits de l’intervention de Tim vous auront donné des pistes de réflexions…
Après toutes ces années, je suis enfin allé à San Francisco. Quand on gravite autour de l’Internet, la Silicon Valley est une sorte de Mecque. C’est là plus qu’ailleurs que, finalement, notre marché vit, respire, innove, change…
(je sais, des millions de personnes ont fait la même photo )
Pourquoi y étais-je ? J’ai passé pas mal de temps chez Linden Lab (ce qui était l’un des objectifs de ce voyage) rencontrant tous les Lindens avec lesquels nous pouvons être amenés à travailler, essayant de comprendre des choses qui m’échappaient jusque là et posant les bases d’une nouvelle forme de collaboration entre eux et nous qui me semble plus efficace que ce que nous faisions jusqu’à présent. Merci, au passage, à la team francophone (Noëlle, Philippe et Christian) pour cet excellent déjeuner Italien et ce très bon moment.
J’ai bien-sûr pas mal échangé avec Cyrille sur Hellotipi (et sur une idée simple de François qui nous a vraiment bluffé lors d’un call) et avec Paul à qui l’on vient de confier le poste de CEO d’une start-up que nous lançons ici.
Au-delà de ces 3 sujets, j’ai rencontré beaucoup beaucoup beaucoup de monde en 3 jours, des « figures » de l’Internet ou des Wanabes passionnés et passionnants.
Vu de l’extérieur, cela peut ressembler à une énorme perte de temps car beaucoup de ces rencontres ne sont pas forcément « utiles ». Alors pourquoi les faire ? Pourquoi caler un rendez-vous dès que 10 minutes traînent et discuter avec quelqu’un dont vous ne savez rien, juste parce qu’il est disponible aussi ?
Je crois que la rapidité d’exécution dans une entreprise (que l’on soit Entrepreneur ou pas) est devenue plus importante qu’elle ne l’a jamais été et c’est encore plus vrai dans notre industrie. Quand j’étais plus jeune, j’étais un perfectionniste. Je faisais attention au moindre détail sur chacun de mes actes ou de mes décisions, même sur les points futiles. Cela rendait mon travail assez bon je crois, car j’étais très travailleur et appliqué mais je n’allais pas assez vite, vraiment pas assez vite. Aujourd’hui, je reste perfectionniste sur certains sujets, ceux que j’identifie comme très important ou qui impactent directement un client… et j’essaye d’aller très vite sur les autres, quitte à me tromper, parce que les erreurs sont moins graves que l’immobilisme.
On me demande souvent comment je fais pour participer à autant de projets en même temps. La réponse n’est pas très flatteuse : je prend des risques en bâclant tout ce que je ne juge pas très important.
Le but du jeu devient alors très simple : réduire au maximum le taux d’erreur lié à une lecture trop rapide des informations et au manque de réflexion. A tout ce qui n’est pas identifié comme stratégique, j’applique une méthode qui vaut ce qu’elle vaut et que je vous donne… Vous en ferez ce que vous voudrez
Je fais une totale confiance à mon intuition et fais ce qu’elle me dicte, de la façon dont elle me le dicte. Nous avons tous une intuition, plus ou moins développée suivant que l’on soit sensible ou non, ouvert ou non, etc… La mienne ne m’a jamais vraiment trahie jusqu’à présent, si ce n’est les fois où inconsciemment, je l’ai forcée à me dicter ce que je voulais et non ce que je sentais.
L’intuition est donc un formidable allié dans les affaires, peut-être le meilleur… Toutefois, se reposer sur son intuition demande une certaine discipline : je passe beaucoup de temps à en prendre soin, la nourrir pour la rendre plus créative, plus sensible et plus pragmatique. Je n’ai rien trouvé de mieux, pour l’instant, que de parler avec les gens, les écouter, échanger, partager des visions ou des idées, essayer de les aider même si cela n’a rien à voir avec ma TodoList ou si ce n’est pas dans les missions que je dois aux entreprises pour lesquelles je travaille. En fait, ce que je cherche en permanence auprès des autres, c’est l’Inspiration.
Votre intuition se nourrie des gens qui vous inspirent, de leaders ou de « magiciens » mais aussi des histoires des gens « normaux » et de choses qui n’ont rien à voir avec le business. Ces rencontres me construisent, me rendent meilleur, m’améliorent… Au final, ce n’est pas mon temps de travail qui me donne de la valeur (quelle qu’elle soit) mais bien ce que je suis et ce que je fais. Voilà ce qui est utile aux entreprises pour lesquelles je travaille et à mon écosystème.
J’ai rencontré une cinquantaine de personnes ces 3 jours. De chacun, j’ai essayé de prendre quelque chose, sans même y penser quand je rencontrais quelqu’un de brillant et en cherchant bien quand c’était un boulet (dont on peut toujours tirer quelque chose !).
Il y a quelque chose d’unique à San Francisco quand vous travaillez dans l’Internet lié sans doute à la proximité de dizaines de milliers de personne qui changent notre vie numérique et de ce fait, changent un peu le monde. Je pense que c’est une forme d’hygiène de l’esprit que d’y venir puiser l’inspiration qui viendra alimenter mon intuition.
Merci à toutes celles et ceux que j’ai rencontré, qui m’ont donné de leur temps et un peu d’eux-même
A la suite de mon léger énervement d’entendre une nouvelle fois des inepties sur Second Life, j’avais posté une note un peu agacée.
Stéphane Soumier, journaliste et animateur de Good Morning Business sur BFM m’a alors contacté pour me proposer gentiment une sorte de session de rattrapage. L’interview a été réalisée en fin de semaine dernière et diffusée ce matin, sur BFM. On y parle principalement de e-Commerce, bien-sûr, car c’était le thème d’origine, mais nous aurions tous les deux aborder d’autres usages des Mondes Virtuels en entreprise, et notamment les aspects e-Learning et meeting virtuels. La prochaine fois…
Merci à Stéphane Soumier (et l’équipe de Good Morning Business) pour sa réactivité et l’occasion qu’il m’a donné de porter un peu le drapeau. Encore désolé pour la mauvaise qualité de la liaison téléphonique… Nos amis américains ont d’autres qualités
Merci également à tous ceux qui ont relayé d’une manière ou d’une autre ce coup de gueule, et notamment Xavier Coiffard, Robert Vinet, Jean-Marie Louche et Jean-Rémy Deleage… et j’en oublie sans doute certains qui m’auront échappé (je m’en excuse, n’hésitez pas à me le dire en commentaire si c’est le cas !).
Dans ce titre tient tout un tas d’impressions me concernant… car San Francisco semble être, vu de ma fenêtre, la ville la plus fascinante des Etats-Unis, la plus riche, la plus ouverte, la plus diverse. S’il n’y avait pas eu une contrainte de fuseaux horaires, c’est bien là-bas que ma petite famille et moi aurions posé nos valises (même si nos valises ne sont pas si mal là où elles sont !).
Je n’y fais qu’un saut, le temps de voir tout un tas de gens et d’échanger un peu, des amis, des copains ou des partenaires, dont certains que je connais bien mais que je n’ai jamais vu physiquement.
Ce sera l’occasion de rencontrer le CEO d’une société lancée depuis pas mal de temps et dont je suis aussi l’un des premiers fans actionnaires, déjeuner avec un des entrepreneurs français les plus dynamiques de la région, petit-déjeuner avec le brillant tout nouveau CEO d’une société qui sera lancée dans quelques semaines et dont je suis aussi l’un des actionnaires, rencontrer l’un des principaux partenaires de Stonfield InWorld pour faire aboutir des discussions commencées il y a bien longtemps (et repartir en courant avec le CD du Code Source Server si l’occasion se présente ), rencontrer l’un des anciens VP du même partenaire car c’est quelqu’un qui a une incroyable vision et une vraie honnêteté intellectuelle pour partager deux ou trois idées, voir et revoir pleins de gens que je connais physiquement ou de façon digitale (il va falloir se greffer tous à la même soirée Web2.0 ou fabriquer la notre pour que le temps s’allonge un peu ), rencontrer un ou deux blogueurs influents pour de vrai, rencontrer – peut-être, ce n’est pas sûr que ça le fasse – une légende (enfin, à mes yeux) de la Silicon Valley à qui je poserais bien deux ou trois questions… et autour de tout ça, découvrir cette ville magique en Ford MustangFion tout en faisant pleins d’efforts pour continuer à perdre du poids
Si j’arrive à faire rentrer tout ça en deux jours, je peux passer mon doctorat de gestion d’agenda !
Allez, je vous raconte à mon retour
Jetez un oeil à cette vidéo, ce n’est pas du Second Life ni quoi que ce soit qui existe pour l’instant. Cela ne parle pas même pas vraiment de Mondes Virtuels mais plutôt, d’amour.
C’est encore un peu tôt pour avoir ces Univers Numériques en 3D sur votre iPhone, mais certaines fonction de communication viennent d’y être portées par les Japonais de Genkii (oui, oui, il y a bien deux i à la fin ) qui ont lancé hier l’application iPhone Sparkle IM.
Pour l’instant, on ne peut utiliser que le Chat et l’IM, mais aussi les demandes ou propositions de Téléportation (ce qui rend le Chat plus facile, forcément) ou d’amitié. Le plus étonnant est que cela fonctionne déjà en natif pour Second life ET OpenSim.
Je l’ai testé uniquement dans Second Life mais c’est vraiment pas mal, très fluide (j’étais en 3G) et simple d’utilisation. Merci à Paula de m’avoir rejoint sur RIL Shopping et d’avoir discuté avec moi pour ce test et de m’avoir envoyé ce ScreenShot (je suis l’espère de nuage à coté de Mallory Destiny)
Cette application, vendue 5 dollars dans l’AppStore, préfigure l’arrivée de Sparkle, un Univers Virtuel pour iPhone qui serait en 3D et reprendrait tout ce qu’un Monde Numérique peut offrir à savoir la possibilité de générer du contenu, des fonctions sociales avancées, une devise interne (donc une économie…), etc… Ce tour de magie serait possible parce que Genkii aurait développé cet univers uniquement sur et pour iPhone. Vous noterez que j’ai mis énormément de conditionnel dans ce dernier paragraphe, ayant déjà vu des tonnes d’annonces pas forcément suivies des effets escomptés.
Ceci étant, pourquoi pas ? La réalisation de cette application iPhone est remarquable et tient largement les promesses affichées. Nous verrons
… c’est juste qu’il y a vraiment des coups de pieds aux fesses qui se perdent !
Inutile de reprendre ici des arguments que j’ai déjà développé ailleurs sur le thème : Quand les « Experts en Tout » me fatiguent… »
Ce qui m’a énervé ? L’intervention sur un media de masse d’une consultante dont la vision était d’un banalité qui n’avait d’égal que sa non-connaissance du sujet, sur les usages de Second Life en matière de e-Commerce. Le fait qu’elle parle de trucs qui visiblement la dépassent ne me gène pas. Ce qui me gène, c’est qu’elle le fasse avec une étiquette d’experte, sur BFM, dans le cadre de Good Morning Business de Stéphane Soumier, excellente émission économique (donc ultra-crédible sur le sujet).
Maintenant, je ne vais pas m’acharner sur elle, ni sur l’entreprise qu’elle représente (et qui, à ce jour, n’est d’ailleurs pas particulièrement réputée pour ce qu’elle a fait dans Second Life ou d’autres Univers Virtuels), car elle n’est qu’une consultante anonyme parmi des milliers d’autres auto-proclamés experts, seniors, gurus, ninjas, rock stars… sur tout un tas de sujets 2.0.
Ils seraient peut-être temps que ceux qui parlent laissent la place à ceux qui font
Cette intervention aura eu simplement le mérite d’avoir fait déborder le vase – au moins le notre – et de nous avoir décidé à ne plus laisser dire n’importe quoi sans réagir.
Je viens de découvrir que Tom Raftery de Redmonk a publié la vidéo de ma présentation en fin d’année dernière, à la conférence IT@Cork.
Je crois que, si vous avez 18 minutes à perdre, vous devriez y jeter un œil pour deux raisons :
- Les Univers Virtuels présentent un potentiel extraordinaire en matière de réduction de l’empreinte carbone des entreprises et j’ai essayé de donner quelques exemples concrets. Cela fera toujours une pierre de plus à l’édifice.
- Je parle un anglais qui frôle la perfection, un peu celui d’oxford auquel on aurait apporté un pointe de l’anglais de Cambridge et surtout une bonne marmite de l’anglais de Tarbes. Cela signifie que même si vous ne parlez pas un mot d’anglais, vous pouvez globalement tout comprendre
J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cette conférence car l’accueil y était exceptionnel (et j’adore l’Irlande, même depuis qu’ils nous battent en ouverture du Tournoi !) et les speakers (je parle des autres, pas de moi !) étaient vraiment passionnants et souvent passionnés.
Comme il n’est pas évident de comprendre quand on était pas sur place, je suis le premier speaker à passer en proposant des solutions, les autres qui m’ont précédé ayant fait un état de lieux dramatique. C’est pour cela qu’au démarrage, je me fais confirmer par le modérateur que je dois être positif, histoire de ne pas retrouver la moitié de l’audience pendue au premier arbre qui passe
Ce qui a été évoqué avant mon passage était incroyablement dramatique, entre bêtise globale de l’Humanité et immobilisme mortel des gouvernements de tous bords et de tous pays. Quand on voit la réaction énergique (pas assez mais quand même…) de tous pour contrer la crise économique mondiale et l’injection de milliers de milliards de dollars dans la machine, on se prend à rêver que la moitié de ces montants soient investis dans le GreenIT, parce qu’en fait, tout ça n’est qu’une question de lecture. Si on fait une parabole médicale, on vient de soigner vigoureusement une douleur très vive car nous la ressentions tous et nous avions peur qu’elle dure et se transforme en inflamation… sans nous préoccuper de la tumeur maligne qui nous ronge, car, finalement, on ne la voit pas bien et qu’elle n’est pas encore si douloureuse que cela. Le problème est qu’un cancer de cette gravité doit être traité très tôt et avec détermination sinon il devient incurable et… mortel.
C’est à croire que nous attendons une catastrophe écologique majeure pour donner enfin à cette tumeur l’importance qu’elle mérite. Je ne sais plus qui a dit que les révolutions réussies ont besoin de sang pour se nourrir. Il avait peut-être raison.
En attendant, les technologies sont une des solutions les plus prometteuses. Autant commencer par là…
Le week-end du 24 et 25 Janvier 2009 aura lieu un BarCamp français un peu particulier, puisqu’il sera consacré à Second Life. C’est notre ami Philippe Couzon (que vous connaissez sans doute mieux sous le nom de Mascottus Phlox, son avatar fanion) qui est à l’origine de cette initiative.
Pour ce qui ne connaitrait pas le principe d’un BarCamp, il est difficile de faire plus simple. Vous venez le jour du BarCamp à l’endroit où il doit avoir lieu et vous pouvez participer à une conférence dans laquelle chacun peut s’exprimer ou partager des idées. C’est une sorte de conférence participative.
On dit souvent que ce genre de réunion est réservé à une sorte d’élite (les plus intéressants sont souvent multi-culturels, avec une audience venant de plusieurs pays donc en anglais… et rarement en bas de chez soi, ce qui implique des frais et beaucoup de temps de déplacement). Ce sont des freins réels, je suis d’accord.
Mais cette fois, rien de tout cela : Ce BarCamp ne vise qu’un « public » francophone, donc la langue de Molière sera la langue officielle. De plus, elle aura lieu dans Second Life, donc où que vous soyez, vous pouvez y participer. J’en suis la preuve vivante puisque j’y serai, pour venir écouter ce que de passionnés ou des experts peuvent avoir à dire, et pourquoi pas, apporter une ou deux pierres à cet édifice… et je suis pourtant à plus de 10 000 km de Paris
Bravo à Philippe d’avoir porté cette belle idée, car, même si les BarCamp ont la réputation d’être co-organisés par tous ceux qui y participent, c’est souvent celui qui lance l’idée qui « co-organise le plus » tout seul
J’ai participé à la conférence Green IT organisée par IT@Cork, pour y parler de ce que les Univers Virtuels pourraient amener aux entreprises en matière de réduction des émissions de CO2. Il est une discussion qui commence à m’énerver un peu, qui est celle de la consommation des fermes de servers qui auraient un impact négatif sur l’environnement (et je ne parle même pas de celles évoquant le cas d’un avatar Second Life consommant autant qu’un Brésilien gavé de football à la TV à longueur d’année).
Des études très sérieuses (dont je dois pouvoir fournir les sources en cherchant un peu) ont montré que le secteur IT est responsable d’environ 2% des émissions de CO2 sur la planète. Toutefois, si nous mettons les technologies au service d’autres secteurs d’activité dans le but de les rendre plus verts, le bénéfice potentiel est gigantesque. A titre d’exemple, une augmentation de la part de l’IT dans les émissions de CO2 pour la porter à 15% signifierait une baisse de 40% des émissions globales (les 15% étant déduits de ce calcul). Cela signifie que, au-delà de l’éducation et de la responsabilisation des populations, c’est bien vers la technologie que nous devons nous tourner pour améliorer un tant soit peu l’état de la Terre.
Bien-sûr, quand je dis cela, je prêche un peu pour ma paroisse puisque les solutions que Stonfield InWorld propose en utilisant les Univers Virtuels pour tout ce qui touche à la formation et aux meetings virtuels ont un impact très significatif sur la réduction de ce que j’appelle le « Business Trip Rate ». Au delà d’une forte réduction des coûts, c’est bien sur l’empreinte carbone des entreprises que cela a un impact. Qu’une baisse des dépenses ou un meilleur contrôle des émissions de CO2 soit la raison, au final, ce qui est important, c’est que les entreprises fassent des efforts réels.
J’adorerais, pour le Chiffre d’Affaires de Stonfield InWorld, que toutes les entreprises mettent en place un dispositif visant à réduire les déplacements de leurs collaborateurs… Mais pour être vraiment transparent, je voudrais pousser le raisonnement un peu plus loin.
Les deux speakers, qui parlaient avant moi à cette conférence, ont simplement fait un état des lieux. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont lourdement plombés l’ambiance. S’il existe sans doute un certain nombre de solutions, certaines actions ont des conséquences d’ores et déjà irréversibles. Tous les pères ou mères de familles qui liront cette note devront penser à leurs enfants et au monde que nous allons leur laisser. On a tendance à dire qu’il faut bien fermer le robinet ou ne pas rouler dans des voitures qui consomment trop. Mouais… sans doute. Faire un truc bien est mieux que faire un truc mal, c’est sûr.
Toutefois, je crois que la vérité n’est pas là et que tout ça, pour l’instant, importe peu.
J’ai essayé d’expliquer à mon père qu’il était important de faire des efforts sur nos actions au quotidien. Il m’a rétorqué qu’un simple yacht, pour amuser 2 ou 3 personnes l’été dernier, a consommé à lui tout seul des centaines de milliers de litres de carburant. Je suis passé sur la Cote d’Azur, un week-end, cet été… Il y en avait beaucoup de yatch, vraiment beaucoup. Mon père a sans doute tort au final, mais pour les 10 ans qui sont devant nous, il a raison !
Je crois qu’il est inutile de se battre au niveau d’une goutte d’eau alors qu’il y a encore des océans à traiter. Une fois que les océans seront traités, nous serons toujours à temps de penser au gouttes d’eau, mais tous ces micro-combats diluent les efforts de ceux qui s’y engagent. Etre au chevet de la planète est un combat de très longue haleine qui a besoin de résultats et de signaux positif pour entretenir l’engagement de tous. Parce que finalement, chaque geste que nous faisons, tous les jours, repousse l’échéance et améliore un peu les choses… mais il ne règle pas le problème.
Je vais vous donner un seul exemple – très très polémique, mais c’est volontaire – de ce qui pourrait être fait. Je fais partie des gens qui veulent un baril de pétrole, non pas à 80 ou à 100$ mais à 300$. La dernière crise que nous avons traversé, avec un baril à 140$, a suscité le plus gros élan en matière de changement des comportements que je n’ai jamais connu : intérêt des industriels pour les technologies vertes, changement de comportements chez les citoyens de l’ensemble des pays développés, prise de conscience de l’intérêt des produits Bio, etc… Le baril vient de retomber à 45$ et qu’en reste-t-il ? Presque rien…
Avec un baril à 300$, plus d’alternative n’est possible. Nous devons nous adapter, que ce soit sur nos modes de vie ou sur nos choix stratégiques en matière d’avenir. Bien-sûr, je n’oublie pas que des millions d’emplois dépendent du transport de personnes ou de biens… Et alors ? Que les prix soient répercutés sur le prix de vente au consommateur, et nous achèterons plutôt des légumes de saison et non des mangues à une période où il est impossible d’en produire. En faisant cela, je vais tuer ceux qui ont la gentillesse de nous fournir des légumes (ce n’est qu’un exemple) en toute saison ? Et alors ? je vais tuer les fossoyeurs de notre futur et Je crois que je n’en ai rien à foutre… Je peux me passer de tomate quand ce n’est pas la période.
Je reviens à l’exemple de mes deux propriétaires de yatch qui, en une saison, vont brûler ce que brûle un village de 500 habitants en une année. Parfait, nous utiliserons les monstrueuses taxes prélevées pour la recherche et la dépollution. Ce sera de l’argent bien investit et très bientôt, nos deux plaisanciers navigueront sur un yacht électrique. C’est une forme de taxe carbone, je suis d’accord, mais je ne connais pas d’autre moyen qui soit à la fois efficace et non liberticide.
Nous n’avons pas voulu nous remettre en question, que ce soit sur nos modes de vie ou nous choix de développement. Si l’argent que nos gouvernements s’apprêtent à brûler pour sauver notre économie (et c’est nécessaire !) avait été investit dans le Green IT, un grande partie du problème serait d’ores et déjà en voie de règlement.
Il est d’ailleurs étonnant de constater qu’ici, aux US, ils sont en train d’en prendre conscience à une vitesse incroyable. Et le plus frappant, c’est que le premier pollueur de la planète, avec l’esprit très pragmatique qui le caractérise, n’a finalement pas abandonné pour autant les 4×4 (et ne semble vraiment pas disposé à le faire, si ce n’est dans la Silicon Valley ) mais se prépare à utiliser le GreenIT et les autres réponses en matière de développement durable comme un nouveau relai de croissance et un remède anti-crise. C’est une bonne nouvelle, car, même si j’aimerai que l’Europe prenne l’initiative sur le sujet (pas en rêglementant ou en interdisant mais en innovant !)… au final, je souhaite surtout que quelqu’un le prenne soit la locomotive, qui que ce soit.
Je crois que les initiatives visant à aller vers un développement responsable sont sans aucun doute, la nouvelle révolution industrielle dont nous avons besoin et qui peut tirer le monde entier vert le haut. Maintenant, il reste à l’acter puis à le décider….
J’adore faire des paraboles sur des cas incongrus, mais c’est parce que l’équipe de France se savait condamnée qu’elle a battu les All Blacks en 1999. Plus rien à perdre, donc l’exploit devient la norme et l’espoir ne peut que renaître.
Je crois que la conférence d’IT@Cork aurait pu commencer par un truc du genre : « On va tous mourir ! ». C’est peut-être grâce à cette évolution inéluctable vers l’apocalypse que je retrouve finalement beaucoup d’énergie, d’espoir et d’envie. On ne va pas mourir parce que l’on va se puiser dans nos gènes, ceux de l’espèce qui a décidé de dominer le monde il y a des millénaires, l’intelligence et la motivation pour sauver le monde, nous sauver aussi et faire un nouveau pas dans l’évolution. Ce n’est pas de la méthode Coué mais du Darwinisme du Café des Sports, un simple réflexe de survie…
Toutefois, même si ce scénario très optimiste (mais auquel je crois) se réalise, on peut sincèrement regretter que nous n’ayons pas été capables de discernement et donc d’agir de notre propre décision plutôt que sous la contrainte.
Allez, on va donner une roadmap à nos enfants. Ils auront peut-être une planète aussi pourrie que la notre, mais la génération suivante pourra sans doute commencer à remonter la pente…
Allez, un signal fort : si vous avez eu le courage de lire cette note jusqu’ici, c’est que vous avez assez de courage en vous pour vous engager, si ce n’est déjà fait, dans ce chantier au long cours
Alors, qui veut rejoindre le « club du baril à 300$ » ?
Le jeu que nous avions lancé avec Saint-Gobain Glass dans Second Life permettait de faire pousser un arbre virtuel, qui va ensuite, en Janvier 2009, permettre de planter 3 cèdres réels, au Liban.
Hier, je suis rentré de la conférence sur le GreenIT organisée par l’équipe d’IT@Cork. J’y étais speaker, expliquant comment l’usage des Univers Virtuels pouvait avoir un impact très significatif dans la réduction de l’empreinte carbone des entreprises, tout en augmentant l’efficacité des réunions ou des formations… C’est le genre d’intervention que je fais gratuitement en général, seuls les frais étant pris en charge. Souvent, on nous fait des cadeaux pour nous remercier, et je dois dire que j’en laisse un sur deux dans ma chambre d’hôtel, à l’attention des femmes de ménage (sauf si cela peut faire plaisir à mes enfants). Ce n’est pas que je sois blasé de tout, mais c’est général à chaque fois la même chose.
Cette fois, on m’a fait un vrai beau cadeau dont je suis très fier : Ils ont planté un chêne pour moi, sur le domaine de Birr Castle.
Cela signifie que j’ai à présent des arbres en France (quelques forêts dans les Cévennes), en Irlande (un chêne dans un château) et bientôt au Liban (3 Cédres dans une petite forêt de 300 arbres environ)… Je pense que je vais me débrouiller pour planter également un palmier et/ou un oranger en Floride, quelque part, histoire d’élargir ma zone de couverture
Pas la peine de vous déchainer dans les commentaires pour m’expliquer que tout cela ne sert pas à grand chose, je le sais déjà. Le vrai but de cette note était plutôt de dire que les cadeaux originaux et bien pensés sont mieux que les cadeaux chers et décidés dans l’indifférence
Merci à toute l’organisation d’IT@Cork pour leur accueil très chaleureux et une organisation exemplaire. une note plus travaillée suivra pour vous parler du contenu passionnant des interventions (je ne parle pas de la mienne !).
Quand la pub de Mac Donald inspire Stéphane Giner, cela donne un truc pas comme les autres. Je vous ai déjà parlé de lui et je crois d’ailleurs qu’il est en train de se tailler une certaine réputation sur Flickr en exposant ses créations.
« From the french Mac Donald’s Advertising campaign « Come as you are »… and go back like a zombie. »
Il avait d’ailleurs été mis à l’honneur par l’équipe de Flickr elle-même, dans le cadre de la série 5 Questions qu’ils consacrent aux photographes les plus talentueux. Puisque vous êtes là, profitez-en pour parcourir son set de photos, il y en a de moins noires, même si son style est reconnaissable entre tous.
J’ai discuté avec une amie, cette semaine, dans Second Life, pour évoquer un projet autour de la photo et je pense que je devrais les connecter tous les deux, histoire de voir un set RL/SL de qualité voir le jour dans le metavers
PS : Accessoirement, Stéphane est un excellent graphiste à Toulouse, qui doit pouvoir vous donner un coup de main si vous avez besoin d’un site Web un peu « exceptionnel ».
Pour ceux qui penseraient que Second Life et consors, finalement, ce n’est plus bon que pour le business des entreprises, j’aimerai signaler que du 30 Octobre au 2 Novembre se tiendra le Reality Festival, manifestation dédiée à l’art sous l’angle de la réalité virtuelle.
C’est Eleganz, un collectif d’artistes qui n’en est pas à son coup d’essai qui organise le festival dont vous trouverez le programme dans son ensemble ici. Nos amis de la Bibliothèque Francophone sont aussi de la partie puisqu’ils interviendront le 2 Novembre à 15:00 sur le thème « Les Mondes Virtuels, supports et relais artistiques ».
J’ai été gentiment invité par Stéphanie Bacquere, de la branche Interactive d’Eleganz mais je ne pourrais malheureusement pas être présent. Je vais tâcher de suivre le festival en ligne, autant que possible. Merci infiniment, toutefois, de cette invitation