Email Powaa !

De temps en temps, je me retrouve à contre-sens de l’Histoire, de l’avis de – presque – tous les experts et de tous ceux qui n’y connaissent rien mais sont d’accord avec eux. En général, je me dis que je me trompe, forcément… et puis de temps en temps, je crois en mes théories.

Depuis 2 ou 3 ans, on n’arrête pas de lire que l’email est mort et n’a plus d’avenir.

Je ne sais pas si Atos a été le premier à annoncer qu’ils allaient abandonner l’email en entreprise pour gagner en productivité, mais il a sans doute été le plus bruyant, leurs RP faisant bien leur job sous l’ombrelle sexy que représente l’avènement de l’Entreprise 2.0… dont le chiffre qu’on a accolé au terme témoigne à lui tout seul de la ringardise du concept.

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Mon téléphone et moi…

J’ai écrit hier une note qui a été publiée sur le blog de Digidust pour faire un peu de prospective sur l’usage d’Applications Mobiles versus WebApps via nos mobiles. C’est un sujet – pourtant technique – qui doit intéresser du monde puisque cette note a été vue plus de 2000 fois en moins de 24h. Je vous invite à jeter un oeil à l’article – que j’ai essayé d’écrire avec des mots normaux pour les non-technophiles – pour mieux comprendre ce que j’ai voulu exprimer.

Dans les commentaires, quelqu’un a attiré mon attention sur la décision de Facebook de s’orienter de plus en plus vers le mobile avec une stratégie de WebApp exploitant les possibilités d’HTML5. En effet, nous savons tous que l’avenir de l’Internet est mobile, et plus précisément, sur une consommation n’importe où n’importe quand. Facebook en est conscient et surtout, mesure le coût induit pour eux à maintenir une application native par plateforme (iPhone, iPad, Android, Windows Phone 7, Blackberry, Web, m-Web…).

Si on se projette un peu, je crois aussi à une normalisation et un usage massif des WebApps, même si l’étude d’Appsfire indique l’inverse pour le moment et que Google vient de faire machine arrière sur ce point. Même s’il y a une question de convictions, c’est plus une question d’usage et de réalité économique.

Dans les années qui viennent, notre mobile aura de plus en plus d’usages différents. Si aujourd’hui un utilisateur d’iPhone passe 32% de son temps à communiquer avec son précieux, cette proportion va diminuer au profit de fonctions « transparentes » et datas.

Je vais vous donner quelques exemples. Votre téléphone, grâce à une reconnaissance biométrique, s’assure que vous êtes bien vous :-) Il va ensuite vous servir à un peu tout, le plus souvent sans contact. Il ouvre votre voiture ce qui aura pour effet de la mettre dans votre configuration habituelle (inclinaison du siège, stations de radio, etc…) et vous pouvez démarrer. A l’approche de la sortie du parking, votre téléphone paye sans que vous ralentissiez (il sait quand vous êtes entré) et vous filez. Vous arrivez devant chez vous et votre porte se déverrouille, percevant la proximité de votre téléphone. L’ordinateur qui trône dans la pièce vous reconnait et ouvre une session sur votre profil vous donnant accès à tous vos fichiers et votre environnement, la vérification de votre identité étant assurée non plus par un couple User/Pwd mais par le mobile. Etc, etc… Si cet exercice vous passionne, vous devriez faire quelques recherches. Il y avait un excellent post sur un blog US traitant de cela mais je n’arrive pas à remettre la main sur le lien :-(

Bref, ce que j’évoque ici n’a rien à voir avec la science fiction, la majorité de ces usages étant opérationnels ou presque. J’essaye juste de vous dire que le téléphone est l’outil universel dont nous ne pourrons plus nous séparer. Il y avait un débat intéressant sur l’idée de remplacer notre numéro d’identification national (en France, c’est le numéro de Sécurité Sociale) par un numéro de téléphone qui serait attribué à vie à un individu. Ce n’était pas fondamentalement utile à l’époque, mais c’est bien moins idiot sur la perspective que nous venons d’évoquer. Quoi de plus unique que cela dans le monde entier ? :-)

J’aime beaucoup réfléchir sur ces thèmes qui me donnent le vertige, juste pour le plaisir et parce que cela nourri ma créativité. Les clients qui font appel à moi pour leurs projets Internet achètent aussi cette envie permanente de se projeter car c’est une réelle expérience irréelle mais utile quand on défini une stratégie. Là, c’était plutôt sympa. Je viens de vous raconter le coté magique de l’histoire mais il y a tous les effets de bord. Tant que les téléphones capables de faire cela ne seront pas plus accessibles financièrement, toutes ces fantastiques innovations reviennent à accentuer la fracture technologique avec tout le pan de la population le plus modeste. On peut aussi se dire qu’autant de pouvoir dans un appareil connecté en permanence devrait être une véritable fête au hacking pour des milliers de cerveaux mal intentionnés ou joueurs. Quels impacts sur la vie privée ? Tous vos faits et gestes sont tracés forcément (aujourd’hui, on peut encore éteindre son mobile mais ce sera plus difficile quand c’est lui qui démarrera votre voiture). Si on n’a rien à se reprocher, dans l’absolu, ce n’est pas grave… mais sur le plan éthique, j’imagine qu’il n’y a pas que moi que cela dérange :-)

Je dois pouvoir encore trouver des tonnes de problèmes sans solution, sans même de périmètre pour les identifier clairement donc on va arrêter là. Je n’arrive plus aujourd’hui, à réfléchir aux projets confiés à Digidust sans les aborder au démarrage par l’angle de la mobilité, y compris les briefs très tournés vers les Communautés ou d’autres sujets plus « statiques ». Les possibilités sont tellement larges ; il n’y a que notre créativité et la capacité du mass market à s’approprier nos idées dans ses usages qui nous limitent. On fait un beau métier quand même… et je sens que mon téléphone et moi ne sommes pas prêt de nous quitter :-)

Trèfle à 4 feuilles et petites balles jaunes…

Mercredi dernier, j’ai passé la journée à Roland Garros, à l’invitation de @francetvdirect par la voix de @laouffir, la patronne – entre autres – de tout ce qui touche au Community Management chez France Télévisions. L’idée, surtout pour moi, était plus de visiter les coulisses et de voir quelle organisation se cache derrière la couverture d’un tel événement plus que de regarder les matchs de tennis… Je sais que beaucoup de fans de tennis doivent me maudire d’écrire ça, mais d’une part, je n’ai pas l’habitude de mentir pour faire genre, et d’autre part, à Roland Garros, le spectacle est autant hors des courts que sur les courts. Je n’ai pas été déçu !

France Télévisions, comme IBM et la FFT d’ailleurs, utilisent ce tournoi majeur comme une sorte de laboratoire grandeur nature et, dans un meme temps, une vitrine technologique. Ainsi, j’ai pu mesurer à quel point le dispositif de @francetvdirect est énorme et innovant. Bêtement, je croyais que tout cela se limitait à diffuser plusieurs matchs en choisissant lequel devrait intéresser le plus les téléspectateurs. En fait, une régie énorme diffuse du contenu via une multitude de canaux différents et sur des formats qui vont du numérique basique à la HD en passant par la 3D. Ils arrosent ainsi leurs chaines mais aussi les TV des fournisseurs d’accès, leur site Web qui diffuse tout en direct ou différé, à la demande, via un Viewer Silverlight incroyable, les tuyaux destinés au contenu mobile, etc… et bien évidemment, les autres médias, dans le monde entier, venus à Paris couvrir l’événement.

En parallèle, chaque jour ou presque, l’équipe technique a testé une innovation en la mettant discrètement en production. Le jour où nous y étions, il s’agissait de lancer la TV 3D avec un son en 5.1. Désolé, je ne suis pas spécialiste de ce genre de techno mais quand j’ai testé le dispositif, je n’ai presque plus vue de différence avec le court central où j’étais quelques minutes avant. Vraiment bluffant !

Enfin, ils nous ont montré une Télévision Holographique, que vous pouvez voir en toute fin de la vidéo ci-dessus et qui est sans doute l’évolution ultime de la TV en 3D. Ce n’était qu’une expérimentation mais cela ouvre des perspectives vraiment enthousiasmantes.

Des journées comme celles-ci sont extraordinaires pour le fan de techno que je suis. J’aime essayer d’imaginer ce que l’avenir pourrait nous réserver et je crois sincèrement que la technologie pourra résoudre beaucoup de nos problèmes de fonds, comme ceux qui touchent au Développement Durable, par exemple. Visiter ce genre de laboratoire permet de toucher du doigt cet avenir, ou du moins, d’alimenter les efforts de prospective que je fais aussi souvent que possible, en y ajoutant généralement une dimension de convergence avec l’Internet.

Je mesure vraiment la chance que j’ai de vivre ce type d’expérience et ma note n’a pas vocation à frimer en faisant la liste des peoples que j’ai pu croiser (je garde ça et les photos pour mes parents :-) ) mais simplement de partager cet enthousiasme avec vous et de marquer ma reconnaissance à ma bonne étoile qui me permet, par le truchement de travail, hasards, rencontres, idées… d’être un jour à Roland Garros et d’y découvrir tout cela.

Je vous invite à lire la note de @jcfrog qui était là également et dont j’ai honteusement relayé la vidéo ci-dessus – merci camarade pour le prêt – n’ayant pas le temps ni la matière pour produire moi-même quelque chose. Sa note vous donnera un déroulé bien plus exhaustif et pragmatique que le mien… qui parle finalement plus de chance que de tennis ou de techno :-)

Le saviez-vous ?

« Did you know ? » est une série qui est sortie il y a quelques années, dont l’idée est de consolider un certain nombre de chiffres et de faits pour contribuer à ouvrir les yeux de ceux qui n’ont pas encore compris que c’est bien en pleine révolution industrielle que nous sommes.

Je viens de trouver la dernière version chez Florian, mise à jour pour l’Automne 2009. On y parle bien-sûr d’Internet et de technologies, mais pas seulement. La thématique principale est autour des médias sociaux – et des médias tout court, d’ailleurs – du marketing et du marché des mobiles.

Même les Digital Enthusiastics les plus passionnés sont pris de vertige devant ce type d’informations… C’est bien dans ce monde que nous vivons et je crois bien que la majorité de nos institutions, collectivités et entreprises ne sont pas encore prêtes.

D’ailleurs, cela va tellement vite ; Comment le pourraient-elles ?