The Next Big Thing
Tous ceux qui gravitent de près ou de loin dans l’Internet s’intéressent à ce que l’on appelle communément « The Next Big Thing« , c’est à dire le futur Media Social, Monde Virtuel ou service Web qui va changer profondément les usages… et peut-être nos vies.
Lorsque j’étais à San Francisco avait lieu le Web2.0 Expo, l’une des conférences les plus importantes et intéressantes de l’e-industrie. Vous trouverez ci-dessous le keynote de Tim O’Reilly (vous savez, le gars qui a imposé inventé le terme Web 2.0). Ce gars a les yeux bien ouvert et j’aime bien ses visions qui, au-delà de leur justesse habituelle, sont souvent suffisamment simples pour que je les comprenne
Il compare l’évolution d’Internet à celle d’un enfant, qui va du stade Web 1.0 (un bébé, capable de ressentir mais incapable de se coordonner) au Web Squared, qui serait une sorte d’Internet de la maturité, bien plus accessible et efficace, une sorte de Web qui travaille vraiment.
L’intervention est bien évidemment en Anglais, mais je vous ai relevé trois points qui me semblent important pour comprendre ou au moins essayer d’imaginer « The Next Big Thing », chacun dans son monde.
- Les Dotcoms qui ont survécu à l’Hivers Nucléaire sont celles qui ont considéré l’Internet comme une plate-forme et non comme une fin en soit.
PO> Cela ne va pas forcément vous parler car il faut avoir passé pas mal de temps à regarder le marché des univers virtuels pour s’intéresser à ce genre de détail, mais c’est exactement l’une des principales raisons qui empêche des Univers Virtuels comme Second Life de devenir mainstream. Le débat entre plateformistes et roleplayistes – deux conceptions du Metavers qui s’opposent quasiment – y est décuplé de part la nature même du media, empêchant celui-ci de se déployer vers le grand public, dans l’une ou l’autre des directions.
- Le Web qui viendra après le Web 2.0 ne sera pas un nouveau numéro de version mais plutôt un mélange de Réalité Virtuelle, de Web Sémantique, de Web Social et de Web Mobile.
PO> Je ne suis pas certain que la façon dont on appelle le Web suivant soit si important que cela. Ce qui est important, c’est que le périmètre ou plutôt les frontières de ce Web disparaissent. Vous accédez à votre écosystème où que vous soyez, au moment où vous le souhaitez et depuis n’importe quel device (et notamment votre téléphone, qui tend à devenir le principal terminal). C’est ce que d’autres ont identifié avec 3A : Anytime, Anything, Anywhere… Et plus que cet accès, l’Internet devient multi-forme et s’adapte à vos besoins, parfois même sans que vous ayez à les exprimer.
- Les Applications que nous allons créer ne seront plus pilotées par des Claviers/Souris mais par des capteurs.
PO> Ce point est sans doute l’un des plus importants et passionnants à mon sens. Tim donne quelques exemples assez explicites. Un application iPhone se lance lorsque vous approchez l’iPhone de votre oreille (alors que vous n’êtes pas en conversation) et écoute les mots que vous dites pour rechercher des réponses. Ex : L’application comprend Pizza et elle va vous donner d’une part la définition de Pizza via Wikipédia mais aussi la liste des deux ou trois Pizzerias proches de l’endroit où vous vous trouvez grâce entre autres au GPS.
Nous sommes donc incapables de simplement imaginer les applications qui sortiront dans les 5 prochaines années tellement leur conception est complexe pour un usage qui lui, devient plus simple… parce que l’enjeu est bien évidemment la simplicité. Je ne vais pas apprendre à ma grand-mère à se servir d’un PC pour qu’elle aille acheter quelque chose en ligne, mais je vais rendre l’acte d’achat en ligne aussi simple et assisté que possible. C’est l’une des lignes directrices de RIL Shopping, tous premiers pas (et il en faudra encore des centaines !) vers cette simplicité par la réintroduction de l’humain dans la relation client en ligne.
La synthèse que l’on pourrait faire de cette intervention et qu’il donne vers la fin, tient en peu de points… 2 en fait.
Nous voulons tous créer The Next Big Thing, qui n’est pas forcément pour changer le monde, mais parfois simplement pour offrir à un marché de niche une véritable révolution technologique, donc une révolution d’usage. Pour cela, nous avons besoin de garder à l’esprit 2 axes directeurs :
1/ Build a Simple System – Let it Evolve
Je vous ai pas mal pris la tête avec « KISS », mon nouveau Mantra, c’est à dire Keep It Stupid Simple. Là, c’est la même idée mais un peu plus travaillée ![]()
Si tu donnes des choses simples et qui marchent aux gens, ils vont se les approprier et en faire des choses bien plus grandes et ambitieuses que tu n’aurais pu l’imaginer.
Second Life en est un bon exemple (oui, oui, je suis sérieux
). C’est une plate-forme de création extraordinaire sur laquelle des résidents ont conçu des choses fabuleuses que Linden Lab n’avait pas anticipé (Comment auraient-ils pu le faire ?!?). Bien-sûr, la simplicité de Second Life est toute relative pour le grand public, mais réelle pour les résidents que les possibilités offertes ont fasciné au point de passer outre la complexité d’appréhension.
Twitter en est sans doute l’exemple le plus frappant. C’est un service web simplissime qui ne fait, de façon native, qu’une seule chose : Dire en moins de 140 caractères ce que tu fais à des gens qui s’abonnent à ton compte.
Des millions de personnes l’ont adopté mais surtout, des centaines de sociétés se sont créées autour de Twitter, inventant autant d’applications différentes, comme des systèmes de secours, de réservation de restaurant, des alertes prix pour le shopping ou pour les retards d’avion, etc… Je veux bien parier que tout cela n’était pas dans le business plan de Twitter lors de sa création. Ils ont fait quelque chose de simple, ont laissé les gens se l’approprier et la magie de la création de valeur a opéré.
2/ Create More Value than You Capture
C’est la base même des réseaux sociaux. Pour qu’un réseau fonctionne, il faut que chaque membre lui donne plus qu’il ne consomme, ce qui va ainsi créer de la valeur pour tous. Les gens qui appliquent cette recette à leur entourage s’en trouvent en général largement récompensés sans même avoir besoin de demander. Quand on y pense, c’est aussi un puissant moteur très positif qui alimente toute l’industrie Open Source…
Les points que j’ai relevé ici ne sont qu’un tout petit bout de ce que Tim O’Reilly a évoqué, mais ce sont, pour moi, les plus importants. Mes commentaires ne viennent qu’étayer son approche, au point que j’ose à peine me les approprier.
Nous avons tout juste commencé la mutation qu’Internet provoque partout et que nous trouvons pourtant si importants, dans nos vies comme dans nos jobs. Ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend. Ceux qui en tireront le meilleur parti sont ceux qui s’y intéresseront le plus et décideront d’agir plutôt que de subir. J’espère que ces quelques éléments retranscrits de l’intervention de Tim vous auront donné des pistes de réflexions…
J’y ai pour ma part trouvé pas mal d’inspiration















