Le temps d’un éclair

Cela m’a pris d’un coup. Je travaillais en écoutant de la musique et, soudainement, cette chanson… J’ai eu envie de partir, loin, tout de suite. Certaines musiques déclenchent des connexions et guident les émotions au point de vous éloigner de tout ce qui vous entoure à cet instant précis.

J’ai eu une grosse envie de prendre ma tribu et de filer à l’aéroport. Je savais déjà où j’allais. J’étais prêt sans préparation. C’est là que j’allais, tout de suite…

Mais non, je suis encore là et las. Je vais y retourner, très bientôt j’espère, rien que pour revivre cette fabuleuse soirée comme l’été dernier. Mais ça, ce sera quand j’aurais terminé tout ce que j’ai à faire, que les enfants ne seront plus à l’école mais en vacances, que je serai prêt, vraiment prêt, peut-être moins vieux et plus insouciant…

La musique s’est arrêté, le téléphone a sonné, business as usual, et j’ai finalement oublié où je voulais aller, pourquoi je voulais y aller et jusqu’à l’idée même d’aller quelque part. La musique s’est arrêté. J’ai repris mes esprit et ce que j’étais en train de faire.

Finalement, on ne devrait jamais arrêter la musique.

Une bien belle soirée…

Cette note est très personnelle et ne vous apprendra rien si vous n’êtes pas un de mes proches. Vous êtes prévenus donc ne venez pas râler si vous avez perdu votre temps :-)

Le bonheur est un truc qui ne s’achète pas et je ne suis pas sûr non plus que le simple fait de le mériter soit suffisant. L’Histoire est jonchée de morts et de souffrance pour des gens qui pourtant, méritaient le bonheur. Par ailleurs, on peut lire tous les livres que l’on veut sur le sujet, prendre des milliers de décisions en mode résolution du 1er de l’An ou dépenser sans compter pour satisfaire le moindre de ses caprices : cela ne rend pas vraiment heureux.

Je suis même en train de me demander si le fait d’être heureux est un état, s’il y a une permanence quelconque que l’on peut entretenir. Je pense que l’on peut être globalement satisfait de son mode de vie, le trouver plus ou moins conforme à ce que notre imaginaire entend par « vie idéale » mais de là à se considérer en permanence béatement heureux comme un Télétubbie, je crois finalement qu’il y a un monde.

Time Square

La vie est faite de hauts et de bas, qu’on le veuille ou pas. Hier, j’ai passé 1h dans un embouteillage au coeur de Manhattan. Je n’étais pas malheureux et j’ai pris cela avec beaucoup de philosophie, spectateur fasciné par la vie trépidante des New-Yorkais mais je ne peux pas dire que j’étais pleinement heureux à cet instant précis.

Et au milieu de tout cela, il y a des « moments suspendus »…

Coucher de Soleil sur Manhattan

Nous en avons tous connus, d’une manière ou d’une autre, en les reconnaissant comme tels ou pas. Il y a ceux qui sont largement prévisibles, comme la naissance d’un petit Homme que l’on découvre pour la toute première fois dans les bras d’une maman épuisée et heureuse de la bataille qu’elle vient de livrer ou le jour où l’on soulève le Bouclier de Brennus avec une 20aine d’autres guerriers prêts à donner jusqu’à leur intégrité physique pour ce bout de bois (du moins, c’est comme cela que je me l’imagine, je n’ai jamais eu ce bonheur-là…)… et il y a les autres, ceux que l’on n’avait pas vu venir et qui nous cueillent par surprise.

C’est ce qui m’est arrivé il y a 3 jours. J’étais avec ma petite famille, de retour en bateau d’une visite du sud de Manhattan, après avoir joué au parfait touriste à Ellis Island et Liberty Island. La journée, même si un peu fatigante, s’était bien passée et nous devions terminer par un diner avec Jim et Danielle, des amis très proches, dans un restaurant de Jersey City, à Liberty Harbour. La météo n’était pas très bonne, quelques gouttes de pluies tombant même de nuages gris clairs assez abondants.

Arrivés les premiers et les enfants en ayant assez d’attendre, nous les avons envoyé jouer à l’extérieur, dans une sorte de jardin avec vue sur Manhattan, de l’autre coté de l’Hudson. Pour éviter qu’ils fassent trop de bêtises, @stephaniecarles est sortie les surveiller, me laissant seul à table. Nos amis sont alors arrivés, et Jim et moi avons commencé à discuter en commandant un Manhattan (pas la chaine de building, le cocktail :-) ) pendant que Danielle rejoignait Stéphanie à l’extérieur.

Je ne vais pas vous faire tout le détail de la soirée mais, en résumé, nous sommes sortis également, avons fini par diner dehors, sur la terrasse, en face de New-York. Le service était simple mais souriant et parfait. Le repas comme le vin étaient sans ambitions mais excellents. Les nuages se sont éloignés, laissant la place à un magnifique coucher de soleil qui se reflétait sur les buildings de Manhattan, qui, doucement, ont commencé à s’illuminer au fur et à mesure que la nuit avançait. Nos discussions étaient agréables, intéressantes et enjouées. Les enfants couraient partout, jouaient sur un jeu d’échec géant ou à cache-cache dans le jardin… Bref, rien ne venait entacher un tant soit peu la soirée.

Ce diner était simplement parfait et d’une qualité totalement inattendue. J’ai alors pensé à ma famille et mes proches, du moins ceux qui n’étaient pas avec nous en me disant que j’aurais bien aimé le partager avec eux, leur faire vivre aussi. Je me sens tellement chanceux d’avoir été là et très détendu en me disant que ce genre de moments existent et peuvent se reproduire sans que je ne m’y attende.

Cette soirée, par son rythme, son contenu, ses improbables événements, sa montée en puissance, son cadre était un réel moment de bonheur, un instant furtif et suspendu pendant lequel je me suis senti pleinement vivant et heureux. Rien de tout cela ne se serait passé si nos amis n’avaient pas été en retard. Nous aurions sans doute commencé à manger immédiatement, sur la table qui nous était réservée à l’intérieur, ne sortant donc pas sur la terrasse. Les autres composants de ce moment de bonheur ne seraient pas venus s’enchainer dans la foulée et au final, il n’y aurait pas eu la même alchimie et la magie n’aurait sans doute pas opéré.

Je ne crois pas avoir encore trouvé le vrai bonheur dans la vie mais je suis béni de pouvoir parfois le toucher du doigt, comme ce fut le cas ce soir-là.

J’aime ma famille qui me le rend bien, j’aime ce que je fais pour gagner ma vie, y compris quand je suis durement frappé par la crise comme ce fut le cas l’année dernière car, après tout, ce n’est que « du business », j’ai des amis fidèles et fantastiques et j’ai encore l’énergie pour continuer à avancer sans – trop – faiblir vers l’endroit où nous irons, pour peu qu’on le sache un jour où il se trouve.

Pendant ces quelques semaines, Stéphanie et moi avons pris une décision personnelle importante et je vais maintenant concentrer mes efforts pour aller au bout de ce projet. Les soirées comme celle que je viens de vous décrire sont sans doute le meilleur carburant que l’on puisse imaginer pour nous donner la force d’être à la hauteur du challenge que l’on va devoir relever ensemble… et pourquoi pas, de trouver une certaine forme de bonheur ?!? ;-)