Qu’on me donne l’envie !
Mon leitmotiv, mon mantra, la citation qui me fait me lever le matin : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».
Au quotidien, ce que je fais n’a rien d’impossible. C’est parfois très difficile – et donc il m’arrive évidemment de me rater – mais « Impossible », c’est autre chose. Toutefois, comme tout le monde, j’ai besoin d’un truc pour me pousser à avancer. Comme le Magret de Canard a tendance à te ralentir plutôt que de te faire accélérer et que la Coke, ce n’est pas bien, je me dope à l’enthousiasme et à l’émotion. Cela sécrète en moi une forme d’endorphine qui me rend insensible à tout ce qui t’empêche généralement d’aller un peu plus loin.
Cet obstacle est infranchissable ? Passons à coté. Il n’y a pas de chemin à coté ? Fermons les yeux et passons à travers. Cela n’a jamais été fait ? Cool, je serai enfin le premier quelque part
Quand je perd cette envie et cet enthousiasme, en général, je m’effondre et cherche le réconfort auprès de ma femme ou de mes amis proches. Si cela peut durer quelques heures, ce n’est jamais très long. C’est parfois très violent à l’intérieur, avec une tentation de choisir la facilité, de basculer du coté obscur. Et un truc – parfois invisible – arrête soudain la descente aux enfers, rallume le feu et un trait d’adrénaline se déverse d’un coup dans vos veines. You’re back in business !
Evidemment, se doper à la passion n’a rien de pragmatique, d’intelligent ni même de recommandable car c’est totalement irrationnel, autant que l’Amour peut l’être. Ça ne rend pas non plus invulnérable ni insensible au stress ou à la douleur, mais cela permet aux esprits simples comme le mien d’avancer presque tout le temps, par tous les temps.
Le rugby est un terrain idéal pour laisser se développer ces émotions et ainsi en retirer une forme de motivation, notamment en entreprise. Quand une équipe recule depuis une heure, mettre 2 ou 3 placages dévastateurs peut relancer tout le monde, tout comme quelques mots bien choisis de l’entraineur ou du capitaine peuvent le faire.
Une phrase, une intonation de voix, un appel à vos souvenirs que l’on exhume, que vous croyez votre mais qui sont souvent ceux de tout le monde, une émotion… Votre coeur accélère enfin tout comme monte votre envie d’en découdre. Vous avez peur de vous-même, de cette force terrifiante qui vous emplie et pourrait vous mener trop loin en vous aveuglant, en muselant votre humilité. Vous n’avez plus peur du problème, vous voulez l’affronter, vous voulez devenir le problème, vous sublimer pour le terrasser et montrer ce faisant à ceux qui vous pensaient trop faible, trop naïf ou trop fatigué qu’ils viennent de vous trouver sur Armaggedon.
Juste pour illustrer, si vous parlez Anglais, cette publicité adaptée du discours d’Al Pacino « Inch by Inch » devrait vous aider à comprendre ce que je veux dire. C’est de la fiction, du pur marketing sans autre racine que celles volées au plus beau sport du monde, mais quelque part, cela touche quand même un truc en toi qui peut déclencher une tempête. Certains entraineurs ou certains capitaines trouvent ces mots, déclenchent ces tempêtes.
Comprenez bien que l’envie ne vient pas forcément d’un tirade belliqueuse ou d’images de violence. Un enfant peut éveiller cela en vous, parce que vous avez soudain envie de le protéger d’un monde pour lequel il n’est pas prêt, sachant que vous n’êtes pas, finalement, beaucoup mieux armé que lui, mais que de le lui faire croire est déjà résoudre une partie du problème. Vouloir faire des miracles pour pouvoir offrir à ce même enfant quelque chose qui était vraiment hors de votre porté est également une bonne source d’inspiration et d’envie. L’impuissance devant la misère peut aussi déclencher ça en vous, parce que cela vous est tellement insupportable que vous ne pouvez même pas détourner votre regard et que vous préférez essayer de l’arrêter, peut-être même par égoisme, pour ne plus avoir à en être le témoin.
L’envie de faire ou de ne pas faire les choses change tout. Si vous n’avez pas envie, vous allez échouer. Et pourtant, je le répète, même si ce que nous faisons chaque jour, pour la majorité d’entre nous, n’a rien d’impossible, nous avons besoin d’aller puiser en permanence au fond de nous ou chez les autres, cette envie de faire. J’ai oublié le nom de l’auteur mais pas sa phrase « il est plus facile d’être héros qu’un honnête Homme. Héros nous pouvons l’être une fois par hasard ; honnête Homme il faut l’être toujours. » 7 milliards de héros du quotidien, cela en fait de l’envie à partager.
Accomplir de grandes choses, ce n’est pas guérir le Cancer chaque matin ou marcher sur la lune, c’est faire ce qui est difficile justement parce que c’est difficile et cette difficulté se mesure sur la base de ce que l’on est, pas de ce que sont des Steve Jobs ou des Guy Noves.
Je vous souhaite une belle journée et de trouver autour de vous, celui, celle ou ce qui vous donnera l’envie !



