Et au milieu coule une rivière…

Depuis mon retour des Etats-Unis, pas mal de mes amis – proches ou Facebook – m’ont demandé ce que je faisais en ce moment. Attention, cette note va être longue :-)

Même avec le recul des années et la lucidité que cela amène forcément, je n’ai toujours pas réussi à corriger l’un de mes principaux défauts, à savoir le manque de concentration. Je ne parle pas de celle qui vous empêche de lire un texte sans penser à autre chose, je vous parle de celle qui fait qu’au bout d’un certain temps, vous faites trop de choses et du coup, quelque soit l’énergie que vous y mettez, vous ne faites plus rien correctement.

Internet

Mais, Votre Honneur, je voudrais plaider non coupable. Ce n’est pas de ma faute, c’est ancré dans mes gênes : dès que je vois un projet passionnant, et bien, de fait, il me passionne et il faut que je m’y investisse… Le moteur de tout ça, ce n’est ni la soif de l’argent, encore moins celle de la gloire, c’est une envie folle de faire avancer les choses, de les prendre à bras le corps, de les pousser, de les dynamiser, d’essayer plus ou moins adroitement de les amener plus loin… et bien-sûr, d’avoir l’impression dans mon coin et à ma petite mesure, d’un peu changer mon le monde.

Mon passage aux Etats-Unis m’a donné un certain recul par rapport à « ce problème ». Il ne m’a pas guéri pour autant, mais il m’a au moins amené à réfléchir et à décider ce que je voulais faire des années qui sont devant moi.

Au deuxième trimestre de cette année, j’ai décidé de quitter Stonfield InWorld pour me consacrer à mes propres projets, mais aussi pour libérer un peu de mon temps. J’en ai beaucoup parlé avec David, avec qui j’avais co-fondé cette start-up, ne serait-ce que pour trouver le chemin le plus transparent possible pour l’entreprise. Le temps que tout se mette en place mais aussi que je revienne des Etats-Unis, mon départ n’a vraiment été effectif qu’au mois de Juillet.

Au passage, tant qu’à faire des changements, David en a profité pour redonner à la société le nom juridique qui a toujours été le sien : Immersive Lab. Il l’a fait pour deux raisons principales : ce nom est un meilleur reflet de la stratégie qu’il va à présent déployer, toujours très centrée sur les Univers Virtuels (même si le Web vient forcément s’y immiscer) et par ailleurs, l’usage de la marque commerciale Stonfield InWorld a créé une certaine confusion avec une de mes sociétés historiques, Stonfield, qui fait un métier tout aussi passionnant mais dans un domaine très différent.

Je sais que David fera d’Immersive Lab une belle société. C’est un vrai entrepreneur qui a une vision très éclairée et juste de ce que les Univers Virtuels peuvent apporter à une entreprise. Il dispose d’une équipe de gens biens qui sont vraiment à la hauteur et le champs des possibles comme le potentiel sont immenses.

Je sais qu’il a horreur que je dise cela, mais comme maintenant, je ne suis plus impliqué dans sa société, je dis ce que je veux :-D Au delà de nos affinités et d’un grand nombre de valeurs communes, je me suis associé avec David car je considérais à l’époque qu’il était, de loin, le meilleur expert français en matière d’Univers Virtuels. Maintenant que j’ai eu l’occasion de côtoyer bon nombre d’acteurs qui font pourtant ce marché, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, je crois sincèrement qu’il a mis la barre bien plus haut encore, barre que bien peu « d’experts » pourraient à peine effleurer. J’ai beaucoup appris avec lui, au delà du plaisir d’être de cette partie, et je l’en remercie.

Et maintenant, que vais-je faire, de tout ce temps…

sieste golf

En fait, un de mes objectifs était de libérer un peu de mon temps pour prendre le temps, justement. Cela a duré quelques jours avant de faire long feu. Je crois que je ne suis pas fait pour cela :-)

Voici donc comment je vais sans doute occuper mes journées dans les semaines et les mois qui viennent.

Je vais d’abord me consacrer à Stonfield, une entreprise extraordinaire, dont le métier est de rendre plus performantes des équipes de commerciaux, de dirigeants, de partenaires, de collaborateurs, etc… Cela passe par des solutions déployées et éprouvées depuis plus de 6 ans maintenant, à base de conseil, de formation, de coaching d’équipe, mais aussi d’événements d’entreprise de type Séminaires, Conventions, Voyages de Récompense… Tout ces « outils » sont remixés dans une certaine harmonie et surtout avec beaucoup de cohérence dans un seul objectif : traiter une problématique de motivation, de cohésion d’équipe, de communication interne, de mobilisation vers un objectif commun, etc…

L’approche de Stonfield, qui cible pourtant un métier somme toute assez traditionnel, est extrêmement innovante, car je continu de penser que l’innovation est le meilleur moyen d’avancer pour une entreprise. Votre capacité à innover est l’une des raisons principales pour lesquelles vos clients font appel à vous, quelque soit votre secteur. Je vais donc passer une partie de mon temps à aider Julien, le dirigeant de Stonfield, à inventer les méthodes que nous proposerons demain, à imaginer des processus d’accompagnement sur le long terme de nos clients (car je suis convaincu que c’est dans le temps que nos actions sont les plus efficaces) et de ce fait, porter le marketing de l’entreprise qui est forcément très lié aux futures offres que nous bâtissons. Au passage, je reste également au bureau de Stonfield Team Acting, une association Loi de 1901 présidée par Stéphane, que dont le rôle est de porter la partie citoyenne des projets de team-building ou de récompense ayant un caractère humanitaire, écologique ou sanitaire.

Dans un même temps, je vais également me consacrer à Labotec, très jeune start-up que j’ai co-fondé à Miami avec Florian Seroussi et dont le Core Business est de développer des applications mobiles (iPhone, BlackBerry, Android…) sur la base d’idées collectées sur un modèle assez innovant de Crowd Sourcing. Nous en sommes à peine aux tous premiers pas de la société qui a été créée il y a 3 ou 4 mois à peine. Depuis, nous avons collecté des centaines d’idées (uniquement sur la France pour l’instant). Une grosse poignée de celles-ci a été sélectionné et est en cours de développement, principalement à destination de la plateforme iPhone mais aussi Blackberry. Les premières devraient être disponibles dans quelques semaines, et devraient arriver sur le marché simultanément au lancement de l’entreprise aux US. Sans vouloir rendre public des informations qui ne peuvent pas l’être encore, mes journées autour de Labotec parlent de financement, de recrutement, de capital, de développement, de partenariats, de légal, de marketing… bref, de tout ce qui fait la vie d’une start-up technologique. Je m’implique et agit aujourd’hui comme le ferait le CEO de Labotec, mais ce n’est que temporaire sur ce mode car un autre, bien plus compétent et expérimenté sur ce marché, devra prendre le relais dès… que nous l’auront trouvé :-)

Autant vous dire qu’il me tarde d’avoir bouclé quelques dossiers importants pour pouvoir vous parler de tout cela et essayer de vous faire vivre de l’intérieur une aventure qui va à 2000 à l’heure !

Dans un même mouvement, je vais rester à l’écoute de beaux projets portés par des entrepreneurs qui veulent faire des choses bien dans lesquels je puisse investir un peu. C’est la raison d’être de Kipost, ma société, et sans doute là que je puise mon énergie. Kipost est au capital de tous les projets dans lesquels je suis impliqué, comme Hellotipi, par exemple, et même si j’y ai des associés de longue date, c’est un peu mon petit chez moi… :-)

Sur le temps qu’il me reste, je vais continuer à intervenir dans les Entreprises, les Ecoles ou les Universités qui voudront bien m’accueillir, sur le large thème « Business & Internet » et de l’impact qu’ont les Digital Enthusiastics sur nos organisations, nos marchés, notre marketing, notre recrutement… Cela se fera au travers de conférences, de séminaires, de conventions ou de tables rondes… et, si je peux, sous une forme quelconque de consulting qui me permettra d’aller plus loin que la simple évangélisation ou sensibilisation. C’est souvent assez frustrant de quitter un client après deux heures de présentation, en se disant qu’on pourrait l’aider plus concrètement à saisir les opportunités que les Médias Sociaux lui apportent. Si mes autres charges le permettent et si quelques dirigeants pensent que je peux leur être utile, j’essayerai de prendre une courte mission deux ou trois fois par an.

Je pense que tout cela devrait m’aider à ne pas m’ennuyer et entretenir la flamme, surtout si on y rajoute une grande place pour ma petite famille et un peu de temps pour jouer au golf ou suivre le Top14 :-)

Telecommutez ! Remotez !

Puisqu’on vous dit que la Grippe A va tous nous terrasser et qu’il faut éviter les réunions de plus de une personne, le bumping dans les couloirs (je ne vous parle même pas des Open Spaces) et les séminaires de cohésion d’équipe !

Une seule solution : Telecommutez ! Remotez !
Vous ne connaissez pas ces termes ? Pas grave… C’est la manière Hype de dire Télétravail :-)
En d’autres termes, renvoyez tous vos collaborateurs chez eux et faites-les travailler à distance. C’est du moins ce que préconise (entre autres) le gouvernement dans un soucis de prudence, sans doute.

telecommute

En fait, quand on y réfléchi, ce n’est pas idiot. J’ai en tête une entreprise française, leader mondial de son marché (je ne suis pas certain que ce soit public donc je préfère ne pas la citer) qui est en train d’installer chez elle plus de 300 personnes, sur des jobs qui pourtant ne s’y prêtaient pas… avant.

Elle va économiser des m2 dans ses bureaux (c’est autant de moins à construire ou à acheter et à entretenir), limiter les déplacements de ses troupes, déplacements qui n’apportent rien de plus que de se rendre à son travail (ceux qui bougent encore et se colle dans les embouteillages matin et soir vous remercient déjà, sans parler de la planète qui se dit qu’elle va peut-être respirer un peu mieux), améliorer leur qualité de vie (pour peu que ce soit organisé et que les collaborateurs soient bien installés) et en plus, ils n’attraperont pas la Grippe A (je déconne, ils l’attraperont comme nous dans leur supermarché ou en allant chercher les enfants à l’école).

La technologie a bien évolué. Pour ma part, je travaille principalement depuis chez moi, mais aussi depuis n’importe quelle connexion sans aucun soucis. C’est ce que des gens pourtant intelligents et avec qui j’ai discuté récemment dans une grande entreprise, ont eu un peu de mal à comprendre… Si vous disposez d’une organisation « numérique » adaptée, il n’y a plus de vraiment de frein lourd. En plus, la bonne nouvelle est que ce dont vous avez vraiment besoin ne coûte pas très cher (voir même rien du tout). Sur un plan très opérationnel, l’un des plus gros problèmes est finalement quand on vous demande d’imprimer et de faxer un truc :-)

Pour le reste, voici une courte liste du Kit du Parfait Telecommuteur :

- Votre email, en IMAP (c’est à dire, pour faire simple, accessible directement sur le server… qui sera sans doute Exchange ou Domino si vous êtes dans un grand groupe). Ainsi, quand vous lisez un email sur votre iPhone, vous allez le retrouver lu quand vous vous connecterez avec votre client Mail habituel. Une seule boite Mail, toujours à jour et accessible.

- Skype : Les premiers à adopter Skype l’ont souvent fait pour de simples raisons d’économie… Aujourd’hui, c’est plus pour la valeur qu’il vous appporte, le fait qu’il soit très répandu, simple d’utilisation, etc… qui en font un Must Have. Vous pouvez globalement tout faire en matière de communication, avec une qualité acceptable et d’un simple clic.

- Medias Sociaux : Je met en vrac Twitter, Wikipedia, Facebook, Flickr, LinkedIn, Blogs, etc… même si je n’oublie pas que chacun a un rôle bien spécifique. Je sais que beaucoup d’entreprises, surtout de grande taille, se posent la question de l’impact sur le taux de productivité que peuvent avoir ces jouets. Pour ma part, grâce aux médias sociaux, je fais des affaires, m’associe, recrute, trouve l’inspiration, achète… Bref, je travaille.

- Les Univers Virtuels pour donner du corps aux réunions à distance. Il existe toujours des freins techniques énormes et quasiment rédhibitoires à leur utilisation dans les grands groupes, mais souvenez-vous : tout le monde telecommute ! Ils sont donc chez eux, bien équipés et sans Firewall. Je crois que ça se tente…

- Un téléphone mobile (prenez un iPhone, c’est plus fun :-) ) et un MacBook (ou son équivalent PC) : Oui, parce qu’il faut quand même quelques outils pour travailler et que vous êtes mobiles (souvenez-vous, vous pouvez à présent travailler depuis chez vous, de votre chalet dans la montagne ou du Starbuck du coin)!

Et à part ça, je ne vois rien de vraiment indispensable… si ce n’est une très forte envie de travailler et de changer le monde, bien sûr ;-)

On pourrait croire que ce type de fonctionnement n’est adapté qu’aux mercenaires faussement libres comme moi… Mais non, mais non, ce n’est pas vrai. Pour les collaborateurs des grandes entreprises, ce n’est pas beaucoup plus compliqué pour peu qu’on leur rajoute un accès au système d’information interne de votre entreprise… en Web Based si possible.

Mais il reste un point primordial à traiter (et en plus, vous allez voir que je suis souvent dans les bons coups et que c’est un point qui m’arrange bien :-D ) !

Vos collaborateurs doivent travailler en équipe et vous devez renforcer leur sentiment d’appartenance à l’entreprise, vous devez les mobiliser vers un objectif commun, vous devez créer des liens forts entre eux. Il est largement acquis que des individus, d’une part fiers de ce qu’ils font, de ce qu’ils sont et de leur entreprise et qui, d’autre part, vont avoir une réelle envie de travailler en équipe sont capables de bouger des montagnes. Mais comme vous les avez renvoyé chez eux, vous avez diminué le volume de contacts physiques qu’ils peuvent avoir ce qui réduit dans un même temps tout ces petits trucs qui font d’un groupe de collaborateurs en ordre dispersés… une véritable équipe soudée (c’est à dire une entité vivante et capable de vraiment performer).

C’est bien le moment de mettre en place un plan d’action visant à améliorer les performances de vos équipes par des actions de cohésion d’équipe et d’Incentive. Ces séminaires de team-building vont venir compenser la fracture sociale provoquée par l’éloignement physique et surtout, vont vous donner une véritable impulsion, ne serait-ce que par leur caractère inhabituel (les rencontre physique étant moins fréquentes).

Bien-sûr, ils vont sûrement en profiter pour attraper la Grippe A qu’ils n’auront donc pas l’immense privilège de récupérer chez le coiffeur ou au club de foot de leur fils, à moins qu’ils ne préfèrent se redonner cette bonne vieille grippe traditionnelle (qui, de l’avis de tous, n’est ni pire ni meilleure que la Grippe A) voir même notre bonne vieille gastro des familles que nous seront encore quelques millions à avoir aussi cet hiver.

En synthèse, il est temps de voir comment la technologie pourrait rendre la vie des collaborateurs un peu plus agréable en éliminant tout un tas de nuisances inutiles (pour eux comme pour la planète) et surtout, de mettre en oeuvre des plans dans les entreprises qui permettent à chacun de s’épanouir dans ce mode de travail… parce que pour le pratiquer depuis des années, je vous assure que l’on trouve dans le travail en remote une motivation, un plaisir et un équilibre certain entre travail, famille et loisirs que les modèles traditionnels ne peuvent plus vous apporter.

Vous n’êtes pas convaincu ? A votre disposition pour challenger ma position dans les commentaires ou même sur un call ;-)

Vous avez un message !

Dès les années 50, on pouvait trouver, aux Etats-Unis, des services postaux pour envoyer un message audio par courrier. Vous pouviez, tout simplement, graver un disque que vous expédiiez ensuite à votre destinataire, coincé entre deux morceaux de carton pour préserver la délicate galette.

Messages Audio

Les deux que nous avons retrouvé ont été envoyés par le grand-père de ma femme, en 1952. Je ne sais pas si c’est moi mais j’ai l’impression que c’était vraiment très innovant pour l’époque et surtout, pas vraiment Grand Public.

On doit pouvoir trouver, alors que Gartner vient de sortir son Hype Cycle 2009, pas mal de technologies aussi éloignée du succès commercial et pourtant tellement porteuse d’avenir. Je pense bien évidemment aux Univers Virtuels mais aussi à la Réalité Augmentée (qui débarque en force sur iPhone) voir même à l’Humain Augmenté

Je ne suis pas certain que le visionnaire qui a lancé ces disques à graver pour envoyer des messages audio pouvait imaginer que ce genre d’usage deviendrait mainstream… 40 ou 50 ans plus tard. Je ne suis pas certain non plus que Gartner en aurait aujourd’hui la moindre idée :-)

The Next Big Thing

Tous ceux qui gravitent de près ou de loin dans l’Internet s’intéressent à ce que l’on appelle communément « The Next Big Thing« , c’est à dire le futur Media Social, Monde Virtuel ou service Web qui va changer profondément les usages… et peut-être nos vies.

Lorsque j’étais à San Francisco avait lieu le Web2.0 Expo, l’une des conférences les plus importantes et intéressantes de l’e-industrie. Vous trouverez ci-dessous le keynote de Tim O’Reilly (vous savez, le gars qui a imposé inventé le terme Web 2.0). Ce gars a les yeux bien ouvert et j’aime bien ses visions qui, au-delà de leur justesse habituelle, sont souvent suffisamment simples pour que je les comprenne :-)

Il compare l’évolution d’Internet à celle d’un enfant, qui va du stade Web 1.0 (un bébé, capable de ressentir mais incapable de se coordonner) au Web Squared, qui serait une sorte d’Internet de la maturité, bien plus accessible et efficace, une sorte de Web qui travaille vraiment.
L’intervention est bien évidemment en Anglais, mais je vous ai relevé trois points qui me semblent important pour comprendre ou au moins essayer d’imaginer « The Next Big Thing », chacun dans son monde.

- Les Dotcoms qui ont survécu à l’Hivers Nucléaire sont celles qui ont considéré l’Internet comme une plate-forme et non comme une fin en soit.
PO> Cela ne va pas forcément vous parler car il faut avoir passé pas mal de temps à regarder le marché des univers virtuels pour s’intéresser à ce genre de détail, mais c’est exactement l’une des principales raisons qui empêche des Univers Virtuels comme Second Life de devenir mainstream. Le débat entre plateformistes et roleplayistes – deux conceptions du Metavers qui s’opposent quasiment – y est décuplé de part la nature même du media, empêchant celui-ci de se déployer vers le grand public, dans l’une ou l’autre des directions.

- Le Web qui viendra après le Web 2.0 ne sera pas un nouveau numéro de version mais plutôt un mélange de Réalité Virtuelle, de Web Sémantique, de Web Social et de Web Mobile.
PO> Je ne suis pas certain que la façon dont on appelle le Web suivant soit si important que cela. Ce qui est important, c’est que le périmètre ou plutôt les frontières de ce Web disparaissent. Vous accédez à votre écosystème où que vous soyez, au moment où vous le souhaitez et depuis n’importe quel device (et notamment votre téléphone, qui tend à devenir le principal terminal). C’est ce que d’autres ont identifié avec 3A : Anytime, Anything, Anywhere… Et plus que cet accès, l’Internet devient multi-forme et s’adapte à vos besoins, parfois même sans que vous ayez à les exprimer.

- Les Applications que nous allons créer ne seront plus pilotées par des Claviers/Souris mais par des capteurs.
PO> Ce point est sans doute l’un des plus importants et passionnants à mon sens. Tim donne quelques exemples assez explicites. Un application iPhone se lance lorsque vous approchez l’iPhone de votre oreille (alors que vous n’êtes pas en conversation) et écoute les mots que vous dites pour rechercher des réponses. Ex : L’application comprend Pizza et elle va vous donner d’une part la définition de Pizza via Wikipédia mais aussi la liste des deux ou trois Pizzerias proches de l’endroit où vous vous trouvez grâce entre autres au GPS.
Nous sommes donc incapables de simplement imaginer les applications qui sortiront dans les 5 prochaines années tellement leur conception est complexe pour un usage qui lui, devient plus simple… parce que l’enjeu est bien évidemment la simplicité. Je ne vais pas apprendre à ma grand-mère à se servir d’un PC pour qu’elle aille acheter quelque chose en ligne, mais je vais rendre l’acte d’achat en ligne aussi simple et assisté que possible. C’est l’une des lignes directrices de RIL Shopping, tous premiers pas (et il en faudra encore des centaines !) vers cette simplicité par la réintroduction de l’humain dans la relation client en ligne.

La synthèse que l’on pourrait faire de cette intervention et qu’il donne vers la fin, tient en peu de points… 2 en fait.

Nous voulons tous créer The Next Big Thing, qui n’est pas forcément pour changer le monde, mais parfois simplement pour offrir à un marché de niche une véritable révolution technologique, donc une révolution d’usage. Pour cela, nous avons besoin de garder à l’esprit 2 axes directeurs :

1/ Build a Simple System – Let it Evolve
Je vous ai pas mal pris la tête avec « KISS », mon nouveau Mantra, c’est à dire Keep It Stupid Simple. Là, c’est la même idée mais un peu plus travaillée :-)
Si tu donnes des choses simples et qui marchent aux gens, ils vont se les approprier et en faire des choses bien plus grandes et ambitieuses que tu n’aurais pu l’imaginer.
Second Life en est un bon exemple (oui, oui, je suis sérieux :-) ). C’est une plate-forme de création extraordinaire sur laquelle des résidents ont conçu des choses fabuleuses que Linden Lab n’avait pas anticipé (Comment auraient-ils pu le faire ?!?). Bien-sûr, la simplicité de Second Life est toute relative pour le grand public, mais réelle pour les résidents que les possibilités offertes ont fasciné au point de passer outre la complexité d’appréhension.
Twitter en est sans doute l’exemple le plus frappant. C’est un service web simplissime qui ne fait, de façon native, qu’une seule chose : Dire en moins de 140 caractères ce que tu fais à des gens qui s’abonnent à ton compte.
Des millions de personnes l’ont adopté mais surtout, des centaines de sociétés se sont créées autour de Twitter, inventant autant d’applications différentes, comme des systèmes de secours, de réservation de restaurant, des alertes prix pour le shopping ou pour les retards d’avion, etc… Je veux bien parier que tout cela n’était pas dans le business plan de Twitter lors de sa création. Ils ont fait quelque chose de simple, ont laissé les gens se l’approprier et la magie de la création de valeur a opéré.

2/ Create More Value than You Capture
C’est la base même des réseaux sociaux. Pour qu’un réseau fonctionne, il faut que chaque membre lui donne plus qu’il ne consomme, ce qui va ainsi créer de la valeur pour tous. Les gens qui appliquent cette recette à leur entourage s’en trouvent en général largement récompensés sans même avoir besoin de demander. Quand on y pense, c’est aussi un puissant moteur très positif qui alimente toute l’industrie Open Source…

Les points que j’ai relevé ici ne sont qu’un tout petit bout de ce que Tim O’Reilly a évoqué, mais ce sont, pour moi, les plus importants. Mes commentaires ne viennent qu’étayer son approche, au point que j’ose à peine me les approprier.

Nous avons tout juste commencé la mutation qu’Internet provoque partout et que nous trouvons pourtant si importants, dans nos vies comme dans nos jobs. Ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend. Ceux qui en tireront le meilleur parti sont ceux qui s’y intéresseront le plus et décideront d’agir plutôt que de subir. J’espère que ces quelques éléments retranscrits de l’intervention de Tim vous auront donné des pistes de réflexions…

J’y ai pour ma part trouvé pas mal d’inspiration :-)

Inspiration et Intuition sont dans un bateau… le même !

Après toutes ces années, je suis enfin allé à San Francisco. Quand on gravite autour de l’Internet, la Silicon Valley est une sorte de Mecque. C’est là plus qu’ailleurs que, finalement, notre marché vit, respire, innove, change…

Golden Gate Bridge


(je sais, des millions de personnes ont fait la même photo :-) )

Pourquoi y étais-je ? J’ai passé pas mal de temps chez Linden Lab (ce qui était l’un des objectifs de ce voyage) rencontrant tous les Lindens avec lesquels nous pouvons être amenés à travailler, essayant de comprendre des choses qui m’échappaient jusque là et posant les bases d’une nouvelle forme de collaboration entre eux et nous qui me semble plus efficace que ce que nous faisions jusqu’à présent. Merci, au passage, à la team francophone (Noëlle, Philippe et Christian) pour cet excellent déjeuner Italien et ce très bon moment.

J’ai bien-sûr pas mal échangé avec Cyrille sur Hellotipi (et sur une idée simple de François qui nous a vraiment bluffé lors d’un call) et avec Paul à qui l’on vient de confier le poste de CEO d’une start-up que nous lançons ici.

Au-delà de ces 3 sujets, j’ai rencontré beaucoup beaucoup beaucoup de monde en 3 jours, des « figures » de l’Internet ou des Wanabes passionnés et passionnants.

Vu de l’extérieur, cela peut ressembler à une énorme perte de temps car beaucoup de ces rencontres ne sont pas forcément « utiles ». Alors pourquoi les faire ? Pourquoi caler un rendez-vous dès que 10 minutes traînent et discuter avec quelqu’un dont vous ne savez rien, juste parce qu’il est disponible aussi ?

Je crois que la rapidité d’exécution dans une entreprise (que l’on soit Entrepreneur ou pas) est devenue plus importante qu’elle ne l’a jamais été et c’est encore plus vrai dans notre industrie. Quand j’étais plus jeune, j’étais un perfectionniste. Je faisais attention au moindre détail sur chacun de mes actes ou de mes décisions, même sur les points futiles. Cela rendait mon travail assez bon je crois, car j’étais très travailleur et appliqué mais je n’allais pas assez vite, vraiment pas assez vite. Aujourd’hui, je reste perfectionniste sur certains sujets, ceux que j’identifie comme très important ou qui impactent directement un client… et j’essaye d’aller très vite sur les autres, quitte à me tromper, parce que les erreurs sont moins graves que l’immobilisme.

On me demande souvent comment je fais pour participer à autant de projets en même temps. La réponse n’est pas très flatteuse : je prend des risques en bâclant tout ce que je ne juge pas très important.

Le but du jeu devient alors très simple : réduire au maximum le taux d’erreur lié à une lecture trop rapide des informations et au manque de réflexion. A tout ce qui n’est pas identifié comme stratégique, j’applique une méthode qui vaut ce qu’elle vaut et que je vous donne… Vous en ferez ce que vous voudrez :-)

Je fais une totale confiance à mon intuition et fais ce qu’elle me dicte, de la façon dont elle me le dicte. Nous avons tous une intuition, plus ou moins développée suivant que l’on soit sensible ou non, ouvert ou non, etc… La mienne ne m’a jamais vraiment trahie jusqu’à présent, si ce n’est les fois où inconsciemment, je l’ai forcée à me dicter ce que je voulais et non ce que je sentais.

L’intuition est donc un formidable allié dans les affaires, peut-être le meilleur… Toutefois, se reposer sur son intuition demande une certaine discipline : je passe beaucoup de temps à en prendre soin, la nourrir pour la rendre plus créative, plus sensible et plus pragmatique. Je n’ai rien trouvé de mieux, pour l’instant, que de parler avec les gens, les écouter, échanger, partager des visions ou des idées, essayer de les aider même si cela n’a rien à voir avec ma TodoList ou si ce n’est pas dans les missions que je dois aux entreprises pour lesquelles je travaille. En fait, ce que je cherche en permanence auprès des autres, c’est l’Inspiration.

Votre intuition se nourrie des gens qui vous inspirent, de leaders ou de « magiciens » mais aussi des histoires des gens « normaux » et de choses qui n’ont rien à voir avec le business. Ces rencontres me construisent, me rendent meilleur, m’améliorent… Au final, ce n’est pas mon temps de travail qui me donne de la valeur (quelle qu’elle soit) mais bien ce que je suis et ce que je fais. Voilà ce qui est utile aux entreprises pour lesquelles je travaille et à mon écosystème.

J’ai rencontré une cinquantaine de personnes ces 3 jours. De chacun, j’ai essayé de prendre quelque chose, sans même y penser quand je rencontrais quelqu’un de brillant et en cherchant bien quand c’était un boulet (dont on peut toujours tirer quelque chose !).

Il y a quelque chose d’unique à San Francisco quand vous travaillez dans l’Internet lié sans doute à la proximité de dizaines de milliers de personne qui changent notre vie numérique et de ce fait, changent un peu le monde. Je pense que c’est une forme d’hygiène de l’esprit que d’y venir puiser l’inspiration qui viendra alimenter mon intuition.

Merci à toutes celles et ceux que j’ai rencontré, qui m’ont donné de leur temps et un peu d’eux-même ;-)

Quelques éclairages sur BFM : e-Commerce et Second Life

A la suite de mon léger énervement d’entendre une nouvelle fois des inepties sur Second Life, j’avais posté une note un peu agacée.

microStéphane Soumier, journaliste et animateur de Good Morning Business sur BFM m’a alors contacté pour me proposer gentiment une sorte de session de rattrapage. L’interview a été réalisée en fin de semaine dernière et diffusée ce matin, sur BFM. On y parle principalement de e-Commerce, bien-sûr, car c’était le thème d’origine, mais nous aurions tous les deux aborder d’autres usages des Mondes Virtuels en entreprise, et notamment les aspects e-Learning et meeting virtuels. La prochaine fois… ;-)

Vous la trouverez reprise sur 01Net ici.

Merci à Stéphane Soumier (et l’équipe de Good Morning Business) pour sa réactivité et l’occasion qu’il m’a donné de porter un peu le drapeau. Encore désolé pour la mauvaise qualité de la liaison téléphonique… Nos amis américains ont d’autres qualités :-)

Merci également à tous ceux qui ont relayé d’une manière ou d’une autre ce coup de gueule, et notamment Xavier Coiffard, Robert Vinet, Jean-Marie Louche et Jean-Rémy Deleage… et j’en oublie sans doute certains qui m’auront échappé (je m’en excuse, n’hésitez pas à me le dire en commentaire si c’est le cas !).

Web 2.0 Expo à San Francisco

Juste un saut, en passant, à Web 2.0 qui se tient en ce moment à San Francisco…

Aller à San Francisco…

Dans ce titre tient tout un tas d’impressions me concernant… car San Francisco semble être, vu de ma fenêtre, la ville la plus fascinante des Etats-Unis, la plus riche, la plus ouverte, la plus diverse. S’il n’y avait pas eu une contrainte de fuseaux horaires, c’est bien là-bas que ma petite famille et moi aurions posé nos valises (même si nos valises ne sont pas si mal là où elles sont !).

Je n’y fais qu’un saut, le temps de voir tout un tas de gens et d’échanger un peu, des amis, des copains ou des partenaires, dont certains que je connais bien mais que je n’ai jamais vu physiquement. :-)

Ce sera l’occasion de rencontrer le CEO d’une société lancée depuis pas mal de temps et dont je suis aussi l’un des premiers fans actionnaires, déjeuner avec un des entrepreneurs français les plus dynamiques de la région, petit-déjeuner avec le brillant tout nouveau CEO d’une société qui sera lancée dans quelques semaines et dont je suis aussi l’un des actionnaires, rencontrer l’un des principaux partenaires de Stonfield InWorld pour faire aboutir des discussions commencées il y a bien longtemps (et repartir en courant avec le CD du Code Source Server si l’occasion se présente :-D ), rencontrer l’un des anciens VP du même partenaire car c’est quelqu’un qui a une incroyable vision et une vraie honnêteté intellectuelle pour partager deux ou trois idées, voir et revoir pleins de gens que je connais physiquement ou de façon digitale (il va falloir se greffer tous à la même soirée Web2.0 ou fabriquer la notre pour que le temps s’allonge un peu :-) ), rencontrer un ou deux blogueurs influents pour de vrai, rencontrer – peut-être, ce n’est pas sûr que ça le fasse – une légende (enfin, à mes yeux) de la Silicon Valley à qui je poserais bien deux ou trois questions… et autour de tout ça, découvrir cette ville magique en Ford Mustang Fion tout en faisant pleins d’efforts pour continuer à perdre du poids :-)

san-francisco

Si j’arrive à faire rentrer tout ça en deux jours, je peux passer mon doctorat de gestion d’agenda !
Allez, je vous raconte à mon retour ;-)

Constructeur de Monde

Jetez un oeil à cette vidéo, ce n’est pas du Second Life ni quoi que ce soit qui existe pour l’instant. Cela ne parle pas même pas vraiment de Mondes Virtuels mais plutôt, d’amour.

Et c’est surtout beau, très beau…

Club Penguin en Français… mais change de ton ! :-)

C’est une bonne nouvelle : Club Penguin, le monde virtuel pour les enfants racheté à grands frais (750 M$ quand même) par Disney vient de passer en Français.

Nos chères têtes blondes vont pouvoir parler à d’autres pingouins de leur aventures. Le seul problème, c’est que les Conditions Générales les obligent à s’insulter pour pouvoir rester dans le jeu.

club-penguin-creer-un-compte-gratuit-1

C’est la joie des doubles négations dans les traductions. Comme d’habitude, je vais ressortir mon Mantra : Keep It Stupid Simple ;-)

PS : Ce post est une simple boutade qui me permet de saluer au passage l’arrivée en français du plus grand troupeau de pingouins au monde. Je ne connais aucune entreprise qui puisse être à l’abri de ce genre de légère erreur. Il est évident que Club Penguin n’oblige pas ses charmants bambins à s’insulter… D’une part, ce serait déplacé et d’autre part, il y a déjà la politique pour cela ;-)

OpenSim et Second Life sur iPhone

C’est encore un peu tôt pour avoir ces Univers Numériques en 3D sur votre iPhone, mais certaines fonction de communication viennent d’y être portées par les Japonais de Genkii (oui, oui, il y a bien deux i à la fin :-) ) qui ont lancé hier l’application iPhone Sparkle IM.

Pour l’instant, on ne peut utiliser que le Chat et l’IM, mais aussi les demandes ou propositions de Téléportation (ce qui rend le Chat plus facile, forcément) ou d’amitié. Le plus étonnant est que cela fonctionne déjà en natif pour Second life ET OpenSim.

Je l’ai testé uniquement dans Second Life mais c’est vraiment pas mal, très fluide (j’étais en 3G) et simple d’utilisation. Merci à Paula de m’avoir rejoint sur RIL Shopping et d’avoir discuté avec moi pour ce test et de m’avoir envoyé ce ScreenShot (je suis l’espère de nuage à coté de Mallory Destiny) ;-)

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Cette application, vendue 5 dollars dans l’AppStore, préfigure l’arrivée de Sparkle, un Univers Virtuel pour iPhone qui serait en 3D et reprendrait tout ce qu’un Monde Numérique peut offrir à savoir la possibilité de générer du contenu, des fonctions sociales avancées, une devise interne (donc une économie…), etc… Ce tour de magie serait possible parce que Genkii aurait développé cet univers uniquement sur et pour iPhone. Vous noterez que j’ai mis énormément de conditionnel dans ce dernier paragraphe, ayant déjà vu des tonnes d’annonces pas forcément suivies des effets escomptés.


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Ceci étant, pourquoi pas ? La réalisation de cette application iPhone est remarquable et tient largement les promesses affichées. Nous verrons ;-)

Je ne crois pas avoir mauvais caractère…

… c’est juste qu’il y a vraiment des coups de pieds aux fesses qui se perdent !

Inutile de reprendre ici des arguments que j’ai déjà développé ailleurs sur le thème : Quand les « Experts en Tout » me fatiguent… »

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Ce qui m’a énervé ? L’intervention sur un media de masse d’une consultante dont la vision était d’un banalité qui n’avait d’égal que sa non-connaissance du sujet, sur les usages de Second Life en matière de e-Commerce. Le fait qu’elle parle de trucs qui visiblement la dépassent ne me gène pas. Ce qui me gène, c’est qu’elle le fasse avec une étiquette d’experte, sur BFM, dans le cadre de Good Morning Business de Stéphane Soumier, excellente émission économique (donc ultra-crédible sur le sujet).

Maintenant, je ne vais pas m’acharner sur elle, ni sur l’entreprise qu’elle représente (et qui, à ce jour, n’est d’ailleurs pas particulièrement réputée pour ce qu’elle a fait dans Second Life ou d’autres Univers Virtuels), car elle n’est qu’une consultante anonyme parmi des milliers d’autres auto-proclamés experts, seniors, gurus, ninjas, rock stars… sur tout un tas de sujets 2.0.

Ils seraient peut-être temps que ceux qui parlent laissent la place à ceux qui font :-(

Cette intervention aura eu simplement le mérite d’avoir fait déborder le vase – au moins le notre – et de nous avoir décidé à ne plus laisser dire n’importe quoi sans réagir.

Digital Enthusiastics

Vous avez tous entendu parler des Digital Natives, de la Génération X, puis Y et maintenant Z. Ce sont des notions sur lesquelles je travaille beaucoup car elles vont avoir un impact phénoménal sur nos entreprises…

Toutefois, je n’aime pas trop un des aspects sur lesquelles ces notions reposent, à savoir la classe d’âge. Je ne peux pas affirmer que la Génération Y est complètement à l’aise avec les nouvelles technologies, dans le sens où je connais pas mal de « jeunes » absolument incapables de poster une photo sur Flickr ?!?

Dans un même temps, je connais pas mal de mes aînés qui peuvent me donner des leçons sur l’usage de Twitter ou le meilleur moyen de développer son Personal Branding.

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C’est ce constat qui me fait arriver au point suivant : l’enjeu majeur de la très grande majorité des dirigeants d’entreprise est de préparer leur organisation à la déferlante numérique (qui est déjà à la porte, je ne fais pas de la prospective !) et d’en tirer partie plutôt que de la subir. Pour cela, lorsqu’on les interroge, il sont tous d’accord pour dire que c’est stratégique mais ils sont 75% à compter sur les « jeunes » dans l’entreprise pour mettre tout cela en œuvre, sur la base de ce qu’on leur a expliqué sur les Digital Natives.

Je savais déjà que c’était critiquable, mais, avec le recul, je pense même que c’est une erreur fondamentale. Tous les grands projets touchant à l’organisation d’une entreprise doivent d’une part obtenir l’adhésion et la participation active du management et d’autre part, s’appuyer sur un groupe de « convaincus » qui vont essuyer les plâtres puis jouer le rôle d’évangélistes auprès des autres. C’est bien plus efficace si ce groupe est disséminé à divers niveaux, que ce soit verticaux ou horizontaux.

Si cette hypothèse se tient, je crois que la révolution numérique que nous abordons à travers la notion de Digital Natives n’est que partielle (et donc pour partie fausse), car la tranche d’âge montante est proportionnellement plus à l’aise que ses ainés mais on ne peut pas en faire de généralité.

Je pense qu’une notion que j’ai appelé Digital Enthusiastics serait bien plus juste.

Ce groupe va concerner tous ceux qui ont compris pourquoi la technologie et l’innovation étaient deux éléments primordiaux de l’avenir de l’entreprise, mais qui disposent aussi d’un certain goût du risque et d’un état d’esprit très ouvert, près à remettre en question ce qu’ils ont appris quelques années plus tôt tout simplement parce qu’ils savent que la donne a changé. Bien-sûr, la moyenne d’âge y est plus basse que la moyenne d’âge standard en entreprise, mais je ne suis pas persuadé que l’écart soit aussi large qu’on le croit.

Pour citer un exemple, mon ami Jean-Michel Billaut arpente depuis des années tout ce que la technologie peut offrir de plus avancé en termes d’usages et d’innovation, et n’a de cesse que d’essayer de convaincre son écosystème du bien fondé d’une adoption massive. Je ne veux surtout pas lui faire offense (j’ai pour lui à la fois du respect et de l’admiration) mais il aborde un âge où la majorité de nos concitoyens préfèrent généralement se concentrer sur le potager. Pourtant, je crois que ses travaux sont un atout dont nous bénéficions tous. S’il ne peut prétendre au titre de Digital Native, il peut largement prendre celui de Digital Enthusiastic !

Cette note est dédiée à toutes les personnes qui comptent sur les jeunes pour mener à bien les réformes nécessaires dans leur entreprise : Vous avez entièrement raison de vous reposer sur eux, mais cette jeunesse est une jeunesse d’esprit, passionnée, ouverte et enthousiaste. Il est important que vous fassiez, je crois, la différence entre Digital Natives et Digital Enthusiastics !

Je ne sais pas si Georges Brassens, cet expert reconnu de l’Internet et des Médias Sociaux, n’avait pas déjà raison quand il disait qu’il y avait de jeunes vieux et de vieux jeunes :-)

Crise du crédit, crise économique et mon allumette

Jonathan Jarvis vient de me donner un coup de main.

Quand les gens savent que vous côtoyez des banquiers de près et qu’en plus vous vivez aux Etats-Unis, ils viennent à vous et vous demandent un truc du genre :

« Dis donc, toi qui t’y connais, j’aimerai bien que tu m’expliques pourquoi on doit payer les banques françaises avec l’argent de nos impôts à cause de ces américains qui ont fait n’importe quoi en prêtant de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser ».

Hummm…

D’abord, un chose importante : Le fait que je vive temporairement aux Etats-Unis ne fait pas de moi un expert reconnu de la culture américaine, pas plus que le fait que j’ai des banquiers dans mon entourage – et certains d’entre eux, mais pas tous, au demeurant brillants – ne fait pas, non plus, de moi un expert du système financier mondial. Je suis très touché de dégager cette image pour certain mais c’est vraiment sur vendu :-)

C’est là qu’intervient Jonathan, qui vient de publier une formidable vidéo, pour que n’importe qui puisse comprendre, non pas comment c’est arrivé jusqu’à ce charmant village de la banlieue Toulousaine qu’est Quint-Fonsegrives (c’est là que je vis quand je suis en France), mais au moins d’où c’est vraiment parti et pourquoi c’est devenu mondial.

C’est bien-sûr en anglais mais très simple à comprendre.

Vous avez peut-être déjà vu cette vidéo car elle est en train de faire le tour du monde, en seulement deux jours d’existence (pour ceux qui douteraient encore de la puissance d’Internet en matière de communication), mais j’ai souhaité la publier ici pour qu’on en parle un peu ensemble d’une part et pour la garder pas loin de moi en cas d’urgence, d’autre part.

J’ai toujours aimé l’Histoire à l’école, alors que la majorité de mes petits copains considéraient que ce n’était qu’une longue série chiante de dates et de guerres… J’y voyais surtout ce que de grands Hommes avaient essayé de faire ou comment ils avaient géré des périodes fastes comme des périodes noires. Pourtant, tous n’étaient pas responsable de la situation dont ils héritaient où, plus simplement, de l’époque qu’ils étaient en train de traverser.

Je crois que l’on peut apprendre tous de cette crise et que cela peut inspirer, au quotidien, une façon de voir les choses. Je ne suis pas communiste (et je sais que vous n’avez pas l’ombre d’un doute là-dessus :-) ) mais cela n’empêche pas de croire que le profit à tout prix et sans limite est un leurre, que tout, comme souvent, est question d’équilibre.

Nous allons – tous ensemble – rétablir cet équilibre, avec sans doute un peu de sang et beaucoup de sueur, comme à chaque grande étape.

Quand j’étais petit, mes parents m’avaient expliqué qu’il ne fallait pas jouer avec les allumettes, car c’était sans doute très drôle et excitant, mais que plus on jouait, plus on avait de chances de se brûler. Tout comme l’économie mondiale, je n’ai pas bien écouté mes parents et je me suis brûlé. Cela n’a pas été la dernière fois, mais les fois suivantes étaient toujours de vrais accidents.

Voilà, c’était mon quart d’heure de philosophie humaniste à deux dollars…
Passez un bon week-end quand même et souvenez-vous : Keep It Stupid Simple ;-)

Mon intervention à IT@Cork sur les Univers Virtuels et le GreenIT

Je viens de découvrir que Tom Raftery de Redmonk a publié la vidéo de ma présentation en fin d’année dernière, à la conférence IT@Cork.

Je crois que, si vous avez 18 minutes à perdre, vous devriez y jeter un œil pour deux raisons :
- Les Univers Virtuels présentent un potentiel extraordinaire en matière de réduction de l’empreinte carbone des entreprises et j’ai essayé de donner quelques exemples concrets. Cela fera toujours une pierre de plus à l’édifice.
- Je parle un anglais qui frôle la perfection, un peu celui d’oxford auquel on aurait apporté un pointe de l’anglais de Cambridge et surtout une bonne marmite de l’anglais de Tarbes. Cela signifie que même si vous ne parlez pas un mot d’anglais, vous pouvez globalement tout comprendre :-)

J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cette conférence car l’accueil y était exceptionnel (et j’adore l’Irlande, même depuis qu’ils nous battent en ouverture du Tournoi !) et les speakers (je parle des autres, pas de moi !) étaient vraiment passionnants et souvent passionnés.

Comme il n’est pas évident de comprendre quand on était pas sur place, je suis le premier speaker à passer en proposant des solutions, les autres qui m’ont précédé ayant fait un état de lieux dramatique. C’est pour cela qu’au démarrage, je me fais confirmer par le modérateur que je dois être positif, histoire de ne pas retrouver la moitié de l’audience pendue au premier arbre qui passe :-)

Ce qui a été évoqué avant mon passage était incroyablement dramatique, entre bêtise globale de l’Humanité et immobilisme mortel des gouvernements de tous bords et de tous pays. Quand on voit la réaction énergique (pas assez mais quand même…) de tous pour contrer la crise économique mondiale et l’injection de milliers de milliards de dollars dans la machine, on se prend à rêver que la moitié de ces montants soient investis dans le GreenIT, parce qu’en fait, tout ça n’est qu’une question de lecture. Si on fait une parabole médicale, on vient de soigner vigoureusement une douleur très vive car nous la ressentions tous et nous avions peur qu’elle dure et se transforme en inflamation… sans nous préoccuper de la tumeur maligne qui nous ronge, car, finalement, on ne la voit pas bien et qu’elle n’est pas encore si douloureuse que cela. Le problème est qu’un cancer de cette gravité doit être traité très tôt et avec détermination sinon il devient incurable et… mortel.

C’est à croire que nous attendons une catastrophe écologique majeure pour donner enfin à cette tumeur l’importance qu’elle mérite. Je ne sais plus qui a dit que les révolutions réussies ont besoin de sang pour se nourrir. Il avait peut-être raison.

En attendant, les technologies sont une des solutions les plus prometteuses. Autant commencer par là…