Recruter grâce aux réseaux sociaux

C’est étonnant comme la notion du politiquement correct est répandue dans l’entreprise, au point d’en perdre parfois toute crédibilité.

J’intervenais sur les Médias Sociaux et leurs usages en entreprise dans le cadre d’un séminaire il y a quelques temps. Bien évidemment, à un moment, nous avons abordé les aspects Staffing et l’usage que l’on pouvait faire du Web et d’autres services Internet dans le cadre du recrutement et du management des Hommes.

En posant la question aux managers présents de savoir lesquels d’entre eux utilisaient Internet pour se renseigner le plus largement possible sur les candidats ou leurs collaborateurs, aucun n’a confirmé le faire… et seulement une poignée ont avoué du bout des lèvres les avoir Googlé (c’est à dire « taper leur nom sur Google pour voir ce qui en ressort).

Mon sentiment ? BULLSHIT ! :-)

3 singes

Les gens que j’avais en face de moi étaient des gens intelligents, responsables (de vrais managers jusqu’à un niveau d’Exec pour certains) et quelques uns étaient même ce que je qualifie de Digital Enthusiastics… et ils voulaient me faire croire qu’ils n’avaient jamais regardé les profils Facebook, le compte Twitter, le compte Flickr ou le blog personnel d’un candidat au recrutement ? Quand on sait à quel point recruter est un art difficile et si risqué pour une entreprise (surtout en France) et que l’on mesure la puissance des Médias Sociaux pour se forger une idée bien plus large d’une personne qui souhaite vous rejoindre, je crois que ce serais au mieux de l’incompétence et au pire une vraie marque de débilité que de ne pas le faire… et ceux que j’avais en face de moi étaient performants et vraiment loin d’être idiots.

Alors pourquoi m’ont-ils répondu cela ? Tout simplement parce qu’il n’est pas politiquement correct de chercher à se renseigner sur la vie privée d’un candidat, y compris au sein même d’une entreprise, entre managers… et pour faire plus court, ce n’est même pas légal.

En définitive, tout le monde le fait mais personne ne le dit :-)

Une étude est sorti il y a quelques jours, à l’initiative de CareerBuilder, sur le comportement des entreprises américaines et leur usages des Medias Sociaux dans le domaine du recrutement. Il apparaît que près de la moitié d’entre elles (45%) les utilisent… soit 2 fois plus qu’il y a 12 mois !!!
Ce ne sont pas tellement les chiffres qui m’intéressent car je les crois sous-estimés, mais plutôt la tendance. Y a-t-il eu un événement majeur ces 12 derniers mois, qui impacte autant ce type d’usage d’Internet ? Non, rien de particulier…

Mais une chose est en train de changer : la mentalité. La notion de vie privée est de plus en plus floue et la frontière entre personnel et professionnel de plus en plus ténue. C’est normal, finalement, une personne est un tout.

Il parait évident qu’utiliser les Medias Sociaux soit la norme dans le cadre d’un recrutement, pas pour publier une simple annonce ou pour juste valoriser une entreprise (ce qui reste également indispensable), mais plutôt pour obtenir le plus de renseignements possibles sur un candidat.

C’est là que l’on va arriver à un point intéressant : La loi continue pour autant à s’appliquer et les notions de vie privée ne doivent pas être prises en compte dans le recrutement. Pourtant, un candidat compétent ayant affiché sur Facebook les photos de sa dernière participation à la Gay Pride aura du mal à se faire prendre par un recruteur Homophobe (ne la relevez pas, je l’ai fait exprès :-) ).

Alors c’est par l’éducation des recruteurs et des managers que passe le salue… parce qu’on sait tous déjà que le CV anonyme est un gadget inutile (Vous pensez qu’un arabe qui entrera dans une entreprise raciste parce que le CV anonyme lui aura permis de passer le process de recrutement – ce dont je doute – aura la moindre chance de s’épanouir dans son poste ? Soyons sérieux…).

Dans l’étude que je citais, on apprend par exemple que les Médias Sociaux ont entraîné 35% de rejets de candidature, sur des critères plus ou moins légitimes (photos « inappropriées », consommation affichée d’alcools ou de drogues, critiques envers l’ancien employeur, etc…). Bien-sûr, certains éléments sont très importants dans le choix d’un profil (et la critique ouverte et gratuite de l’ancien employeur ne démontre pas vraiment un caractère attractif) mais il va falloir expliquer aux DRH que s’ils ne recrutent plus de diplômés qui ont pris des cuites le jeudi soir et ont posté les photos sur Facebook, ils vont devoir se passer de la quasi-totalité des diplômés d’Ecoles de Commerce et d’Ecoles d’Ingénieur, et ce, sur un territoire couvrant l’ensemble du Monde occidental. D’une part, cela ne va pas aider les entreprises à supporter leur croissance et à rajeunir leur encadrement au moins au rythme des départs à la retraite et d’autre part, cela prouverait que les DRH aurait des problèmes de mémoire puisque la très grande majorité sortent de ces mêmes écoles :-)

Bref, l’intervention que j’ai fait ce jour-là était très sympa parce que finalement, je leur ai dit plein de choses, mais sur la masse, ils se sont aperçu qu’il y avait pas mal de trucs qu’ils pensaient (voir faisaient) déjà dans leur coin, parfois même le week-end depuis chez eux (Imaginez 5 minutes la paranoïa ambiante !) comme une pratique « honteuse » d’adolescent à peine pubère :-D
Et ne vous moquez pas ! L’audience que j’avais dans cette intervention était peuplée de managers normaux, intelligents, performants… c’est à dire issus d’une grande entreprise internationale normale, comme l’est sans doute la votre si vous êtes dans une grand groupe. :-)

Je crois qu’il est temps de faire 3 choses :
- Eduquer les enfants dès le plus jeune âge et leur expliquer à quoi sert Internet, pour eux et pour les autres, leur donner des notions d’identité numérique et de réputation. Il ne s’agit pas de les empêcher de publier des photos en short et en tongs, mais simplement de leur faire comprendre comment cela peut être interprété.
- Eduquer les Managers (et encore plus les recruteurs) en leur donnant des clés pour bien comprendre les Medias Sociaux et leurs usages en entreprise (c’est ce que j’ai fait dans ce cas). Ils disposent à présent des outils les plus puissants qu’on ne leur ait jamais offert : ils doivent apprendre à s’en servir pleinement.
- Changer ces lois stupides et d’un autre temps qui laissent penser à un monde parfait par la contrainte d’un cadre légal et/ou répressif. Je crois que la Loi doit s’adapter au monde et pas l’inverse… et le monde a changé au-delà du pouvoir de régulation d’une simple nation.

Connectons-nous !

C’est l’été, période un peu plus calme idéale pour le grand ménage. Je viens d’abandonner un certain nombre de services Web très 2.0 pour me concentrer sur l’essentiel, ceux qui me sont vraiment utiles.

Pour ceux qui veulent que l’on se connecte mieux, si ce n’est déjà fait, ou simplement faire un peu de ménage dans leur liens avec moi, voici la liste de mes comptes sociaux vraiment utilisés. Me concernant, vous pouvez abandonner tous ceux qui ne sont pas ci-dessous :-)

connection

Twitter : Nous pouvons nous connecter ici http://twitter.com/pocarles.
Je l’utilise beaucoup et, à moins que vous soyez un bot ou un guru du Web 2.0, je devrais sans doute vous suivre en retour. C’est le seul moyen objectif que j’ai trouvé pour découvrir de nouvelles personnes.

Facebook : Nous pouvons nous connecter ici http://www.facebook.com/pcarles
Pour mémoire, je n’utilise pas beaucoup Facebook que je trouve trop time consuming et qui surtout, ne m’apporte pas grand chose. Ceci étant, si nous ne sommes pas encore connectés, c’est le moment où jamais :-)

Flickr : Nous pouvons nous connecter ici http://www.flickr.com/photos/pocarles
J’adore ce service ! J’y découvre de véritables talents très régulièrement et je ne vois pas de meilleur moyen pour les photographes amateurs de percer à moindre frais. On peut se connecter ici.

Tumblr : Nous pouvons nous connecter ici http://eng.pocarles.com
Il me sert de fourre-tout et j’y poste souvent des photos que j’aime bien ou des citations. Avec les changements que je vais essayer d’apporter à mon blog, il devrait perdre doucement de son utilité, à mon grand regret.

FriendFeed : Nous pouvons nous connecter ici http://friendfeed.com/pcarles
C’est mon LifeStream de base. Je l’utilise peu mais il consolide l’essentiel (ce qui est sa fonction première, non ? :-) ).

LinkedIn : Nous pouvons nous connecter ici http://www.linkedin.com/in/pierreolivier
C’est le réseau social le plus professionnel que j’ai trouvé. Si l’on s’est déjà rencontré ou si nous avons suffisamment échangé via Internet, je vous invite à m’envoyer une demande de connexion à laquelle je répondrais avec grand plaisir.

Voilà, me concernant, vous pouvez quasiment oublier les autres services ou comptes. Je ne veux pas dire par là que je ne les aime pas, mais simplement que je ne les utilise pas parce qu’ils ne m’apportent pas assez de valeur, qu’ils sont redondants avec d’autres (comme l’excellent Storytlr) ou qu’ils sont privés (comme l’excellent Hellotipi).

Evolution des Médias Sociaux… par Vinvin

Je ne vais pas me lancer dans une longue note insipide dont j’ai le secret pour vous donner mon point de vue. Non, pas cette fois… parce que Vinvin vient de le faire bien mieux que je n’aurais pu le caricaturer.

Je vous renvoi donc à sa note, que vous trouverez ici, qui est un « Must Read » si le sujet vous intéresse.

ecrivain

Pour ma part, j’en suis resté, depuis quelques temps, à l’étape 6, sans avoir la prétention d’élever le niveau mais en allant au plus brut, au plus sincère, vers une authenticité qui est vraiment moi. Après tout, pourquoi essayer d’arrondir les angles : ceux qui m’aiment le font pour ce que je suis, tout comme ceux qui me détestent. :-)

En fait, ce qui me motive finalement, c’est bien écrire… et ce n’est peut-être pas une forme d’égo qui serait trop développé et que j’habillerais pour moi-même en envie de partager, qui me pousse à rendre publiques ces notes ?!? C’est plutôt le fait que de se savoir lu impose une certaine application, un besoin de structurer ses pensées et de soigner sa prose… dont je suis le premier à retirer les bénéfices.

« Ou alors tu dois changer plus profondément, élever le niveau. Arrêter de chercher à plaire, limiter les recettes faciles, et simplement dire ce que tu penses. Retrouver, après tous ces voyages, l’essence de ton être, re-comprendre ce qui t’a poussé là.
Le temps est rare et il faut choisir ton loisir. Ecrire ou parler. Offrir ou partager. »

Merci pour cette note Cyrille ;-)

Délit de sale gueule

Sur le conseil de bons amis, j’ai lu pas mal d’ouvrages ces derniers temps, qui traitent de la conscience et de l’inconscience, de la maîtrise de notre temps (Passé, Présent et Futur) et de son effet sur notre mental tout comme sur notre physique. Il en ressort clairement, entre autres, que nous pouvons contrôler beaucoup de choses et que finalement, nous méritons les vies que nous avons, quelles qu’elles soient. Ce n’est pas forcément vrai sur le plan matériel, mais c’est toujours vrai sur le plan spirituel. C’est une bonne nouvelle car cela signifie qu’une forme de bonheur est à la portée de tout le monde, sans considération matérielle.

Il est clairement démontré que notre état mental influence notre physique, pouvant aller jusqu’à nous vieillir prématurément, mais également déclencher des états de fatigue, de stress ou de maladie vraiment graves, comme un Cancer, par exemple. Les conséquences en deviennent alors visibles.

Cela m’a amené à m’interroger sur « le délit de sale gueule » que l’on pourrait résumer par cette capacité que nous avons – presque – tous à fabriquer une histoire et un environnement sur le seul aspect d’une personne que l’on va rencontrer. C’est un mauvais réflexe et nous savons tous que l’habit ne fait pas le moine tout comme la cravate ne fait pas l’investisseur. Mais nous sommes ainsi…

Je vous ai trouvé trois visages magnifiques, plein d’expressions et d’histoires. C’est vrai sans doute, parce que je les juge à leur apparence mais aussi parce que le photographe a délibérément voulu exprimer cela… mais serais-je capable de ne pas les juger ainsi si je devais les croiser dans un autre contexte comme lors d’un meeting, par exemple ? Accepterais-je une relation business avec l’un de ces Hommes ? Si l’un d’eux venait me pitcher une start-up qu’il veut lancer et me proposait d’entrer dans son capital, pourrais aller au-delà de ce que je vois et l’écouter pleinement, sans préjugé ?

Je ne suis pas certain… En fait, je suis même sûr du contraire. Pourtant, je suis moi-même plus souvent en Jeans/Basket/Polo qu’en costume (disons 95% – 5% :-) ). Est-ce que cela fait de moi un meilleur ou pire professionnel ? Non, je ne crois pas… mais je ne suis pas toujours capable d’appliquer à d’autres ce que je pense pour moi-même. Ceci dit, si vous êtes honnêtes, je suis prêt à parier que c’est également le cas pour la très grande majorité d’entre vous ;-)

Difficile de faire abstraction de l’apparence, surtout quand, comme moi, on accorde une grande confiance à son intuition… mais je crois que cela vaut le coup d’essayer.

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Une des choses magnifiques que nous a apporté la « révolution digitale » est de ne pas forcément pouvoir se fier au physique, au visage, à l’apparence. Très régulièrement, j’ai l’occasion de rencontrer pour la première fois des gens que je lis depuis longtemps sur leur blog, sur Twitter, etc… Je ne m’arrête plus sur ce que je vois car je les connais déjà tellement bien que la première impression n’a plus d’importance. Le physique devient tout à fait négligeable au profit de l’esprit et des valeurs de la personne.

Vous ne croyez pas que cette abstraction de la forme pour le fond, cette négation du délit de sale gueule est un magnifique cadeau que nous font les médias sociaux ? :-)

PS : En cliquant sur les photos, vous arriverez sur les autres – excellents – travaux des photographes en question à savoir, respectivement Rust, Sasson Haviv et Robert Hutinski.

Les Digital Enthusiastics de Skittles.com

Je viens de découvrir le site des bonbons Skittles.

Nous y sommes ! Ils ont poussé la logique du défunt Web 2.0 jusqu’au bout et c’est tout simplement génial. Il n’y a plus de site, si ce n’est une page d’accueil et une page Contact. Toute le reste, c’est du Youtube, Flickr, Twitter, Wikipedia, Facebook

J’avais déjà vu des idées comme celle-ci sur des concepts de Personal Marketing, mais jamais en Corporate… qui plus est sur une filiale d’une petite entreprise comme Mars.

skittlescom

Je me souviens avoir proposé à un client un concept un peu similaire mais plus axé sur l’interne, basé sur l’utilisation de services de réseau sociaux, twitter, seesmic et wordpress. La réponse que l’on m’avait faite est que j’étais gonflé malin de vendre ce qui était gratuit. Ce que nous vendions, en fait, n’était pas le software, mais le concept, sa mise au service de l’entreprise (et pas du marketing paillettes), son intégration et la formation des équipes.

Il semble qu’il y ait plus de Digital Enthusiastics chez Mars qu’ailleurs :-)

PS : Comment on doit appeler le Web 2.0 au fait, depuis que les gurus d’Internet et autres blogueurs super influents nous ont dit que c’était « Has Been » ?