Il y a de la sorcellerie dans l’Air

Je n’ai pas tenu longtemps, quelques jours à peine après sa sortie. Tous ceux qui me connaissent le savaient et me chambraient déjà ; il n’y avait que moi pour penser que ça allait repartir comme c’était venu. Finalement, il ne manquait que la sueur et les tremblements pour mieux signifier l’addiction et la dépendance… Le coeur, lui, battait déjà plus fort.

J’ai acheté un MacBookAir :-)

Et, comme une thérapie ou un exorcisme, j’ai décidé de vous en faire part ici, pas pour une revue technique – il y en a déjà beaucoup d’excellentes – mais comme un Power User qui passe des milliers d’heures sur chacune de ses machines et ne saurait pas travailler vivre sans.

J’ai gardé mon MacBookPro assez longtemps, près de 3 ans je crois. A l’époque, il était vraiment sous stéroïdes. J’avais pris le plus puissant des 15″ auquel j’avais mis le plus de disque, de vitesse et de mémoire possible. Ainsi, je pensais que nous pourrions rester ensemble de nombreuses années. Il était très beau et nous avons connu de magnifiques aventures tous les deux, avec des hauts et des bas bien-sûr, mais sans jamais se trahir. Les nouveaux MBP qui sortirent ensuite étaient beaux mais le mien me convenait tout à fait, y compris avec son look à l’ancienne. L’idée de changer ne m’avait pas traversé l’esprit ne serait-ce qu’un instant.

Puis est sorti ce MacBookAir et tout à basculé. Tout cela est très personnel mais il était bien plus beau que mon MacBookPro, bien plus mince, incroyablement léger, sobre comme un chameau et rapide comme un léopard des neiges. Bien-sûr, son clavier ne s’éclairait pas et il n’avait pas de lecteur de DVD mais il y a bien longtemps que je n’utilise plus ni l’un ni l’autre. Il me faisait envie, depuis le premier regard et malgré le souvenir médiocre que m’avait laissé son ainé, appelé MacBookAir aussi, mais pathétiquement faible et lent… Le nouveau aurait du prendre un autre nom tellement il est en droit de renier cette filiation.

Alors, je me suis dit que je me comportais vraiment un gamin trop gâté et qu’il n’était pas question que je l’achète juste parce qu’il était le plus sexy des ordinateurs que j’ai vu. Mais j’ai quand même parcouru quelques Reviews, comme celle de MG Siegler, un autre MacJunky notoire… et fort heureusement elle était trop passionnée, trop irraisonnée pour être crédible. J’y suis pourtant retourné plusieurs fois, j’ai même lu une partie des – très nombreux – commentaires pour trouver des arguments qui m’aideraient à ne pas basculer, et inconsciemment en chercher qui rendraient l’achat légitime. Lui, comme moi, avait abandonné un MacBookPro pour un Air et en avait fait sa machine principale. C’était mon plan.

Par hasard – mais le hasard n’existe pas beaucoup plus que la chance – Par chance, disais-je donc, un ami avec lequel je travaille au quotidien avait des problèmes avec son propre Mac, en fin de vie celui-ci. Il allait sans doute craquer pour une nouvelle machine mais pour de multiples raisons, n’envisageait pas de le faire avant quelques mois. Je la tenais enfin, c’était une évidence et ce n’était même plus lié à moi et encore moins une histoire d’achat impulsif, ce n’était plus de ma faute mais presque un devoir : j’allais lui donner mon MacBookPro pour qu’il puisse continuer à travailler dans de bonnes conditions. J’avais donc, de ce fait, une putain d’excellente raison de m’acheter ce MacBookAir ! J’avais rendu un fier service à un ami mais je devais bien rester en situation de continuer à travailler. Pas de doute, j’étais un authentique super-héros…

Le coeur battant à 100 à l’heure, je suis donc parti l’acheter dans la foulée, le commander aurait été bien trop long, la sueur et les tremblements du manque pouvant me prendre à tout moment.

Depuis que j’ai ouvert l’écran et appuyé sur le bouton, je ne l’ai plus éteint. Il est comme je l’avais rêvé, magnifique, léger, rapide, efficace, ergonomique. Son autonomie est à tomber par terre, le rendu de son écran est superbe… Les mots me manquent, ou plutôt, je les ai bien en tête ; ce sont ceux que Steve Jobs utilise à l’excès lors de ses surventes Keynotes : Awesome, Gorgeous, Outstanding, Magical…

Je ne suis pas un Gamer donc ce MacBookAir est devenu sans problème ma machine principale et pour l’instant, je n’ai rencontré aucune perte de productivité, bien au contraire. Je prend énormément de plaisir à travailler dessus. Il sera peut-être fatigué dans 1 ou 2 ans mais qu’importe, je serai toujours à temps de gérer ce problème à ce moment-là s’il survient… Pour l’instant, je reste aveugle.

Commercialement, je ne sais pas comment Apple va gérer sa gamme : Ce MacBookAir vient de tuer mon envie d’acheter un MacBookPro et vient également de reléguer mon iPad au second rang, ce dernier trainant à présent sur la table du salon, à la disposition de toute la famille. Il y a un phénomène de cannibalisation assez intéressant, d’autant plus que son prix est assez loin de celui d’un MacBookPro.

Voilà, la belle histoire d’amour que j’ai vécu avec mon MacBookPro s’est bien terminée car il n’est pas mort et à présent continue son parcours entre de bonnes mains. Mon idylle naissante avec le MBA se présente plutôt bien, mais comme souvent, c’est dans le temps que l’on saura si cette histoire peut durer… au moins tant que mon regard ce croisera pas celui d’une nouvelle machine, qui sera encore plus belle et puissante au point qu’elle m’obsède jusqu’à ce que je la possède.

Ce MacBookAir n’a rien de magique, juste un tas de plastique, de verre et d’aluminium sans phéromone, mais il a pourtant le pouvoir de vous ensorceler…

Disclaimer pour ceux qui viendraient ici pour la première fois : Je ne suis pas un dangereux maniaque qui ne serait plus capable de faire la différence entre un être et une machine. J’avais simplement envie de l’écrire ainsi. Inutile donc de m’envoyer les hommes en blanc quand vous lirez ces lignes :-D