Je rentre ce matin de LeWeb et je ferai surement une note de synthèse un peu plus tard. En attendant, juste pour le plaisir, vous trouverez ci-après l’intervention de Karl Lagerfeld.
Chaque année, @loic invite 2 ou 3 aliens et pour 2011, c’est le célèbre styliste qui a pris le job.
Vous n’y apprendrez rien sur l’Internet – où alors il faut s’inquiéter – mais vous allez y découvrir un monsieur évidemment très show off mais finalement extrêmement attachant. C’est toujours passionnant d’avoir le point de vue de talents exceptionnels et de caractères hors normes.
Je vous laisse le découvrir en train de ramer très fort – avec un Loïc en pleine forme pour le coup – mais nous donner quand même quelques leçons
Vous n’allez pas à LeWeb cette année ? C’est vrai que s’y faire inviter n’est pas forcément très simple et que le prix du billet en prenant en compte les « à-cotés » comme un logement ou le déplacement n’est pas à la porté de toutes les bourses (même si je le répète, je pense qu’aller à LeWeb est un excellent investissement).
Toutefois, force est de constater que vous ne serez pas à cette grande messe de l’Internet mondial… mais ce n’est pas grave et je vais vous expliquer pourquoi en 10 points.
On peut réussir sa startup sans aller à LeWeb. Je sais qu’en ce moment, c’est difficile à croire mais je vous assure que c’est vrai. J’ai en tête de nombreux exemples. Par ailleurs, vous noterez que si vous créez un grand succès européen, il est probable que vous soyez invités et sans doute même sur scène lors des prochaines éditions. Concentrez-vous plutôt sur cet objectif
On y croise une grande partie de ceux qui font l’Internet… mais vous n’avez pas forcément besoin d’eux au stade où en est votre startup. Le networking est un devoir pour tout entrepreneur, mais ce n’est pas le seul et être focus sur votre projet passe en priorité.
Vous n’y êtes pas donc vous ne faites pas partie des gens qui comptent… Celui-ci est tellement idiot que je ne vais même pas le commenter. Les gens qui comptent sont les gens qui font, pas ceux qui glandent en pensant que c’est une façon efficace de travailler. Vous pouvez « faire » n’importe où
Un ami via Twitter : « Hey, on ne t’a pas vu à la conférence ***** ? »
Moi : « Euh… non, je n’y étais pas« .
L’Ami : « Ah… Mais bon, on te voit à la soirée de lancement de ***** quand même, hein ? »
Moi : « Non plus… et je ne savais même pas qu’il y avait une soirée d’ailleurs »
L’Ami : « C’est bête, il y aura tout le monde. »
Moi : « C’est qui « Tout le monde » ? »
L’Ami : « Ben, tout le monde, tu sais bien ! Tu les connais tous ?!? »
Moi : « Non, cette fin d’année, je vais seulement à LeWeb… »
L’Ami : « LeWeb ? Ah non, c’est vraiment trop cher. Je n’y vais pas. »
Même si j’ai parfois mis un peu d’argent dans quelques projets en tant qu’investisseur, je suis avant tout un entrepreneur. Pour exercer correctement mon métier, j’ai besoin d’être très concentré sur plusieurs choses dont notamment : Mes équipes, ma value proposition, mes clients, le cash.
Chacune impacte directement mon projet.
Je vois beaucoup d’entrepreneurs passer leur temps dans les Apéros Twitter, les conférences qui traitent d’un peu tout et n’importe quoi, les lancements de produits, les anniversaires de tel ou tel service, etc… et à chaque fois, je me pose la même question : Qu’est-ce qu’ils foutent là ?
Quand un entrepreneur développe un projet, la longueur de la Todolist est proche de l’infini pour une raison simple : si on arrive à faire tout ce que l’on devait faire dans une journée, on va immédiatement mettre du charbon dans la chaudière et embrayer sur d’autres sujets car l’immobilisme ne peut exister… donc on rallonge instantanément la Todolist en question.
Bien-sûr, certaines conférences sont importantes et les rencontres comme le réseau sont la base même du business. Toutefois, faire du networking n’a de sens que si les gens que l’on rencontre peuvent apporter quelque chose à votre projet, comme devenir des clients, des collaborateurs, des associés ou des partenaires.
Rencontrer des gens qui n’ont absolument aucun intérêt pour votre entreprise est une perte de temps.
Comprenez bien ce que je veux dire : On peut retirer quelque chose de toute rencontre et cela sera d’autant plus riche que la personne que l’on rencontrera sera éloignée de ce que nous sommes. J’adore qu’on vienne me présenter de nouvelles idées, m’aborder à la volée pour me parler avec passion d’un service ou de tout un tas d’autres sujets. C’est très sympa et les rencontres font partie de la vie… mais ne vous racontez pas d’histoires, vous ne servez pas forcément votre projet en faisant cela, vous vous faites simplement plaisir en mode « Café du Commerce ». Accessoirement, quand vous retrouvez votre Mac, vous retrouvez également tout le Business As Usual que vous avez forcément laissé de coté pendant que vous étiez à cet événement.
Bien-sûr, c’est souvent sympa de se rendre à une soirée, juste pour le plaisir… mais j’ai fait le choix de consacrer le peu de temps libre qu’il me reste à ma famille et mes amis proches.
Généralement, j’évite d’aller à plus d’un événement par trimestre (sans compter ceux où je parle, évidemment), en les choisissant très minutieusement.
Quand je vais à un événement, je m’assure d’abord que le thème m’intéresse ou que j’y ai des lacunes importantes qu’il faudrait combler. Puis, je regarde si ceux que j’y verrai peuvent être dans l’une des 4 catégories que j’ai évoqué un peu plus haut dans cette note. Une fois sur place, je fais de mon mieux, également, pour me rendre disponible pour les personnes qui vont venir m’aborder tout comme je vais aussi essayer d’en aborder le maximum. Si le networking est l’ADN du business développement, il ne supporte pas bien la timidité ou l’apathie
Dans ces choix, il y a un critère dont je ne tiens jamais compte : « Mes potes y seront-ils ? »
Je les connais déjà. Si je veux leur parler, il me suffit de décrocher mon téléphone. Rencontrer ses potes, ce n’est pas faire du Networking, c’est, au mieux, se faire plaisir et, au pire, une manière honorable de glander.
J’aime vraiment IBM… sérieusement. Je leur vend des trucs depuis plus de 15 ans, leur en achète parfois, y ai des tonnes d’amis dont mon meilleur, ai monté avec eux pas mal d’opérations et de partenariats qui ont été le plus souvent sympas et où nous nous sommes éclatés ensemble (comme notamment une campagne e-Culture que j’adorais)… donc ma présence à leurs cotés me semble vraiment naturelle.
Mais si j’avais du payer mon billet, je n’aurais pas hésité une seconde pour une raison simple : ON Y FAIT DU BUSINESS et pas du tricot !!
J’aime l’expression américaine : « Deal Maker ». A LeWeb, tu rencontres des personnes avec lesquelles tu peux faire des deals, là, au coin du stand Nespresso. En y mettant un peu de coeur, les 2000 euros de l’entrée (et les 1500 euros de frais que tu vas avoir quand tu ne vis pas à Paris) seront largement rentabilisés dès la première journée car c’est dans un concentré de ce que la planète Internet porte de mieux comme businessmen que tu vas évoluer.
J’y ai trouvé des clients, j’y ai rencontré des associés et des investisseurs, j’y ai recruté des collaborateurs et j’y ai partagé des idées qui se sont terminées en partenariats avec d’autres entrepreneurs ou des exécutifs. Cerise sur le gateau : j’y ai souvent bénéficié d’un peu de visibilité en échangeant avec les journalistes et blogueurs présents.
Je ne détiens évidemment pas la vérité mais je crois vraiment qu’il est important de rester très très concentré sur ce dont nos entreprises ont besoin pour avancer et ce dont elles ont notamment le plus besoin venant de nous est notre capacité à rentabiliser notre temps, sans doute la ressource la plus rare chez les Entrepreneurs.
Chaque semaine se tiennent des tas d’événements en tout genre, qui sont de plus ou moins bonne qualité, et je crois que beaucoup ne méritent pas que vous y passiez ne serait-ce que 3 heures.
Me concernant, le mot d’ordre est : Focus Focus Focus !
Désolé, j’avais envie de faire une note avec le mot Sexe dans le titre pour voir si ça explose mes statistiques et ramène ici des tonnes d’adolescents que la puberté rendrait hystériques
C’est sans doute pour cela que je travaille autant… et je n’ai d’ailleurs pas l’impression de travailler. Je fais juste ce qui me plait, avec enthousiasme, détermination, passion, passion, passion,…
Alors comme je ne suis pas assez influent, célèbre ou successful pour que vous me croyiez sur parole, je vais faire appel à deux experts du sujet. Je suis désolé, c’est en anglais, mais je suis sûr que n’importe qui peut comprendre tellement c’est vivant.
LeWeb est très critiqué pour la qualité de ses speakers cette année, mais il y en a un qui a moins chargé que les autres. C’est un vrai symbole de passion (bon, et d’hystérie post-pubère également ) : Gary Vaynerchuk.
Certains d’entre vous risquent de le trouver un peu Too-Much, alors ce soir, c’est Happy Hour : je vous en propose deux pour le prix d’un !
Dans la série des très grands passionnés et enthousiastes, voici Benjamin Zander ! Il n’était pas à LeWeb mais à TED qui est, pour moi, la référence ; la conférence ultime à laquelle je rêve d’aller. Si vous ne devez voir qu’une seule de ces deux interventions, regardez la sienne. Vous verrez, il va vous parler de musique classique mais, même si vous n’y connaissez rien, vous allez peut-être en avoir les larmes aux yeux tellement c’est fort, beau et profond.
Le bonheur ne se trouve pas, il se décide. Nous sommes en 2008 et il est possible de prendre son destin en main, de choisir ce qui est bien pour soit et de s’éclater dans ce que l’on fait. J’espère que ces deux-là vous auront inspirés autant qu’ils m’inspirent
Plus Entrepreneur qu'Investisseur, tout ce qui fait l'écosystème des startups et des sociétés de l'Internet m'intéresse. Je suis directement impliqué dans Digidust, Stonfield, Labotec, APICube et Hellotipi.
Basé à Toulouse et pas assez souvent à Miami, je m'enthousiasme pour ceux qui croient en eux et ne doutent de rien, ceux qui ont compris qu'Internet ouvre sur le monde et non enferme, ceux qui jouent ou aiment le rugby et ceux qui considèrent que le vin et la gastronomie sont des arts majeurs.