C’est une sorte de marronnier de l’Internet : Est-on dans une bulle ou pas ?
Depuis que LinkedIn a réussi une IPO a faire tourner la tête de n’importe quel capital risqueur, le sujet est revenu sur le tapis. Une belle infographie de GPlus est venue nous apporter quelques chiffres – enfin, on les connaissait mais ils les ont mis en valeur sur un seul et même graphe – qui donnent le vertige.
Pourtant, cette notion de bulle n’a pas de sens si on ne la met pas en corrélation avec la notion de risque. Si ces sociétés sont sur-évaluées – et je crois qu’elles le sont – c’est tout simplement parce que tout le monde cherche à parier sur The Next Big Thing, non pas en matière de traction mais, cette fois, de revenus.
Lorsque vous investissez 100 000 euros pour prendre 30% du capital d’un projet dont la totalité des assets tient sur 3 slides et un wanabe-entrepreneur enthousiaste, vous êtes largement aussi dingue que lorsque vous mettez 300 Millions de Dollars dans Facebook, y compris sur une valorisation à 75 Milliards…
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Je faisais le tour, il y a quelques temps, du paysage Internet américain. Un fait m’a soudain frappé (ne me demandez pas d’où c’est venu, je n’en ai aucune idée) comme une évidence.
La très grande majorité des entrepreneurs de l’Internet US sont… blancs ?!?
A y regarder de plus près, la plupart des VC stars sont… blanc également ?!?

Bien-sûr, il s’agit là d’une généralité donc on trouvera toujours un contre-exemple, mais regardez de plus près avant de vous lancer dans un contre-argumentaire.
Je n’ai pas de chiffre, ni d’analyse et encore moins d’explication. C’est un simple sentiment… Est-il faussé par une vache-dans-un-couloir que j’aurais raté ?!?
Par ailleurs, je trouve (s’il se confirme) cet état de fait d’autant plus étonnant, d’une part parce que c’est, par définition, sur le marché le plus mondial que l’on puisse imaginer et que d’autre part, les « gens de l’Internet » sont souvent réputés pour porter une partie de l’héritage des Hippies (et notamment la partie la plus ouverte).
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Il y a quelques semaines, j’ai rencontré une partie de l’équipe de Wiseed, jeune fond d’investissement doté d’un business model assez intéressant à mon sens.
Le principe est assez simple : Wiseed collecte des fonds auprès d’investisseurs confirmés ou débutants, à partir de 100 euros puis propose à ces investisseurs un portefeuille de jeunes sociétés à financer parmi les start-ups qu’ils ont sélectionné sur la base de critères assez traditionnels comme l’idée, la stratégie, la qualité de l’équipe dirigeante, le caractère innovant, etc…

L’investissement peut aller à une seule ou plusieurs entreprises, suivant les coups de coeur de chaque investisseur ou sa volonté de réduire son risque en multipliant les projets.
Je trouve l’approche assez intéressante pour au moins 4 raisons :
Un investisseur débutant et sans grosse mise de fond peut rejoindre des personnes bien plus expérimentées pour faire ses premiers pas dans le capital risque. A partir de 100 euros de « mise », on ne devrait pas y perdre sa maison quoi qu’il en soit.
Par ailleurs, ce fond n’est pas ouvert uniquement aux « petits » investisseurs, certains particuliers ayant approché Wiseed pour leur confier des budgets à 6 voir 7 chiffres.
De plus, le modèle est porté par une équipe qui maîtrise parfaitement les aspects fiscaux liés aux investissements en Seed ou Early-Stage et qui vont donc assurer pour vous un ingénierie fiscale optimisée, notamment si vous entrez dans le cadre de la loi Tepa.
Enfin, il y a dans cette équipe des personnes de qualité (je ne parle que pour ceux que je connais mais je n’ai aucune raison de douter des autres
) qui ont vraiment l’habitude d’accompagner de jeunes entrepreneurs (et nous savons tous que la dimension d’accompagnement est largement aussi importante que l’investissement en lui-même) et qui intègrent une forte dimension sociale dans leurs actions.
Si vous êtes un investisseur en herbe ou affirmé, ou tout simplement un business angel qui n’a pas suffisamment de temps pour gérer son portefeuille et ses capitaux, je pense (je ne peux pas l’affirmer sans les avoir « utilisé » moi-même mais j’aime bien à la fois l’équipe et l’approche) que Wiseed peut vraiment être une alternative intéressante. Vous avez bien 100 euros qui traînent pour tester le modèle ?!?
Accessoirement, pour un entrepreneur qui souhaite lever, c’est là aussi un approche qui n’est pas traditionnelle, mais qui peut représenter un canal vraiment intéressant, entre les banques et les VC. A suivre…
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Si je me retourne sur les 12 derniers mois, je pense avoir reçu plus d’une trentaine de business plans (c’est à dire un peu plus de 2 par mois) portant sur des start-ups Internet en pre-money ou early stage, notamment depuis le lancement de Foolinvest. J’en profite, au passage, pour remercier tous ceux qui m’en ont envoyé… Je prend toujours ça comme un signe positif, car, à leur place, je ne laisserai pas entrer dans mon capital des gens que je n’aime pas
En parallèle, je pense avoir créé des comptes dans une bonne cinquantaine de services Web, la majorité ne passant pas le cap des 10 premières minutes, une grande partie ne tenant pas les 10 premiers jours et une poignée d’élus étant toujours actifs à cette heure-ci.

La crise que l’on traverse en ce moment est très difficile pour tout le monde et j’ai l’impression qu’une lame de fond est en train de traverser le secteur de l’Internet en ce moment même. Je ne parle pas du « show » qui a suivi, il y a quelques mois, le meeting très médiatisé de Sequoia à ses CEO, dans lequel de nombreux autres CEO de start-up se sont engouffrés pour nettoyer leurs comptes sans passer pour des buses, le VC arboricole leur ayant fourni sur un plateau une excuse en béton armé… Non, je parle d’une vraie lame de fond structurelle, celle que vous prenez de plein fouet quand vous n’avez quasiment plus de cash, un service perfectible mais qui fonctionne déjà pas mal, des équipes passionnées mais qui naturellement doutent, des utilisateurs enthousiastes et impatients, des investisseurs qui ne veulent – ou ne peuvent pas – remettre sur un nouveau tour, etc…
Dans une réflexion un peu morbide, l’autre jour, je me demandais quels seraient les heureux élus qui passeraient cette épreuve avec succès, quels étaient les entreprises ou les modèles économiques les mieux armés pour ne pas plier sous le poids d’un tel pessimisme ambiant. J’ai déjà en tête pas mal de noms d’entreprises de la Silicon Valley qui ne passeront pas l’été, dont certaines assez importantes, suite à des discussions avec leurs CEO ou certains de leurs actionnaires. Les plus Peoples d’entre vous vont être déçus car je n’apporte pas de nom, pas de réponse, presque que des questions.
Au-delà des indiscrétions, pour essayer qui peut devenir une entreprise pérenne rentable, j’utilise une méthode qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui me satisfait. C’est un indicateur que j’appelle le « Test des 2 manches de 10« . C’est, en gros, un panel d’utilisateur dans lequel je suis tout seul
On va considérer que les 10 premières minutes vont correspondre à « la première impression », la première manche. Elle sera décisive, un peu comme quand vous croisez un gars que vous ne connaissez pas dans une soirée, qu’il ouvre la bouche pour dire une énormité et que vous pensez dans votre fort intérieur que ce gars-là est vraiment un gros con. Il va lui être difficile, ensuite, de remonter la pente et venir faire des affaires avec vous… Je vous rassure, je garde à l’esprit en écrivant ces lignes, que l’on est toujours le con pour quelqu’un et j’ai une pensée émue pour tous ceux qui ont du penser cela de moi, à un moment ou à un autre
La liste des sites qui n’ont pas passé cette première manche serait – beaucoup – trop longue mais pour moi, c’est le cas de - sans que ce soit exhaustif – petits sites mais aussi de stars comme Stumble Upon ou Google Picasa par exemple. Je n’ai pas accroché du tout… et ils sont aux oubliettes.
Ceci dit, quelques services vont passer la première manche haut la main, vous bluffer par une ergonomie, une valeur particulière, un « état d’esprit »… quelque chose que vous n’avez pas trouvé ailleurs.
S’engage alors une deuxième manche, celle des 10 jours. Celle-ci est terrible, car elle dépouille le service web de tout ce qui relève du cosmétique et du « Woaw Effect » pour se concentrer sur l’essentiel : la valeur qu’il apporte vraiment. Vous n’êtes plus ébloui par la petite icône si pratique ou l’intégration de vos données en toute fluidité : il vous en faut beaucoup plus…
En général, c’est l’hécatombe car les raisons de continuer à l’utiliser sont vraiment objectives et pragmatiques. Toutefois, il y a une particularité importante dans cette deuxième manche, c’est qu’elle n’est pas définitivement éliminatoire, contrairement à la première. Là, vous avez été séduit une première fois, et ça ne s’oublie pas. Le plus souvent, vous allez laisser passer quelques mois et revenir voir, par acquis de conscience. Ce sont d’ailleurs ces sociétés que les investisseurs mettent… dans leur radar à défaut de leur porte-feuille. Dans cette catégorie, je vais ranger Storytlr ou Friendfeed, me concernant.
A l »issue de ces deux manches, une petite poignée de service vous enthousiasme toujours autant jusqu’à devenir indispensables au quotidien. Ici, la liste est très simple à rédiger puisque je les utilise en permanence. Ceux-ci ont gagnés ma petite guerre interne et souvent durablement, pour peu qu’un service directement concurrent, meilleur et compatible n’émerge pas.
Pour n’en citer que quelques uns, on va trouver WordPress, Twitter, Tumblr, Hellotipi, Second Life, Evernote, iTunes, Skype, Flickr…
Lorsqu’on va s’investir sur un service Web quel qu’il soit (je parle d’investir de l’argent mais également d’investir du temps pour paramètrer un compte, créer du contenu, intégrer le service avec ses autres services, etc…), miser sur le bon est primordial et je ne crois pas qu’il existe de recette miracle pour ne jamais se tromper. Les VC et les Business Angels seraient tous richissimes si c’était le cas.
Ma méthode ne vaut peut-être que pour moi, donc si vous voulez l’oublier de suite, vous en inspirer pour mettre au point une qui vous est propre ou tout simplement l’adopter, n’hésitez pas… et n’hésitez pas surtout à partager ce que cela vous inspire ou votre approche avec moi nous.
Je pense que cela peut-être utile à quelques personnes qui passeraient par ici, peut-être pour les aider à se poser les bonnes questions ?!?
Cette note ne semble pas très positive, mais je garde à l’esprit que certains des plus grands succès sur Internet, notamment Européens, sont ceux qui ont justement survécus à l’Hiver Nucléaire de 2001. Je crois donc qu’il y aura beaucoup de morts pendant cette crise, mais que ceux qui survivront seront vraiment très forts.
A nous d’être de ceux-là
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Je suis certain que vous connaissez Evernote, un formidable outil de gestion de vos notes personnelles. Pour ma part, c’est un service que j’utilise depuis très longtemps, avec plus ou moins d’enthousiasme en fonction de ces périodes où l’on est plus ou moins actifs, plus ou moins la tête dans le guidon.

L’arrivée du client iPhone a tout changé et m’a redonné un goût incroyable pour le service. La raison en est simple : Evernote devient utile à tout, pour tout et en tous lieux puisque dans votre poche, que vous ayez une connexion ou pas (c’est à dire même dans un avion).
Du coup, il devient un lieu de stockage un peu magique dans lequel vous allez, par exemple, mettre vos idées sur un sujet précis puis venir les alimenter un peu comme un Wiki personnel (je sais, ces deux mots cote à cote est assez improbable
). Mais il y a bien d’autres usages… Vous allez pouvoir y stocker les modes d’emplois de tous vos appareils électroniques, des photos de vos biens destinés aux assurances en cas de problème, des photos prises directement depuis votre iPhone des étiquettes de bouteilles de vin accompagnées de vos notes de dégustation, des notes vocales grâce une fonction similaire à celle d’un dictaphone que vous pourrez ensuite enrichir de tout un tas d’informations comme bon vous semble, etc, etc…
Toutes ces notes sont accessibles en 3 lieux : sur votre Mac via le logiciel à télécharger, sur votre iPhone avec une application gratuite ou en ligne sur le Web.
Beaucoup de nouvelles fonctionnalités sont arrivées et pas mal d’autres attendues. Le service évolue de plus en plus vite tout en restant gratuit, pour peu que vous supportiez quelques encarts publicitaires. Sinon, vous pouvez toujours prendre la version payante, similaire mais sans pub et avec quelques trucs non significatifs en plus… Rien de suffisant pour que vous ayez à sortir votre carte bancaire.
C’est d’ailleurs ce qui m’inquiète un peu.
Je serai prêt à payer pour ce service et le fait qu’il soit gratuit me laisse présager le pire quand à sa capacité à gagner de l’argent uniquement par la pub, donc à être rentable donc… à être pérenne. Quand on sait que même Flickr rencontre aujourd’hui des difficultés et que Facebook est à des années lumières de rentrer les fonds nécessaires à son simple hébergement, je pense qu’il est temps de se poser la question des divers business models possibles et de notre revendication permanente du « tout gratuit ». C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis un des fervents défenseurs du business model d’Hellotipi. Oui, c’est un service payant (et pas trop cher !)… mais c’est justement le prix à payer pour que ce service soit là demain, continue d’évoluer avec de nouvelles fonctionnalités et ne soit pas obligé de se vendre au premier venu avec nos données de famille en prime. Je crois bien que le positionnement d’Hellotipi, finalement, c’est d’être un peu l’anti-Facebook (au sens photographique du terme).
Evernote a besoin de gagner de l’argent pour assurer son développement mais aussi la continuité de son service. Je suis prêt à payer pour l’utiliser, tout comme je suis prêt à payer pour utiliser Flickr ou Dropbox, par exemple. C’est d’ailleurs ce que je fais, notament pour Dropbox qui me fait payer assez cher mes plus de 100Go en ligne, et pourtant sans le moindre regret. Je pense que je serai également prêt à payer pour utiliser un Twitter offrant un plus large panel de services…
Sans argent, pas de pérennité ni de sécurité à moins de voir son écran envahi en permanence par la pub, ce qui est impensable quand on parle de ses notes parfois très personnelles, ses fichiers ou sa famille. On dit souvent que ce qui est gratuit n’a pas de valeur ; je crois que cela peut être faux pendant un certain temps, mais que dans la durée, cela se vérifie souvent…
Tiens, on pourrait en profiter pour reparler d’Hadopi, cette loi dont la stupidité avérée se déverse partout sur Internet, le plus souvent à juste titre. Là aussi, finalement, il est question de modèle économique et là non plus, le tout gratuit n’est pas une solution car il n’a aucune pérennité… pas plus que le business model déjà mort consistant à voir perdurer la tonte des consommateurs par quelques « majors » et ce, depuis des années.
Un juste prix cohérent avec une juste valeur… Ce n’est pas ça, le Graal des services sur Internet ?
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Je vous parle d’un temps que les web-entrepreneurs de moins de 5 ans ne peuvent pas connaitre. Ce que l’on nomme l’Hiver Nuclaire est globalement la période 2001 – 2003 qui fut sans doute la plus noire de la jeune histoire de l’Internet.
Nous avons traversé une sorte de crise lourde, vu partir dans le mur 9 start-ups sur 10, vu retourner vers les grandes entreprises la très grande majorité des cadres transfuges qui nous avaient rejoint lors de la première bulle, vu le désespoir s’installer durablement sur notre marché nous faisant ainsi aller bien plus vite vers la maturité…
L’Hiver Nucléaire, c’est une image très forte, à la hauteur de ce que le monde de l’Internet a traversé pendant 3 ou 4 ans… et c’est bien une période similaire qui semble s’annoncer aujourd’hui.

Je ne vais pas revenir sur la position de Sequoia (un peu opportuniste mais logique et déjà largement commentée) ni sur l’annonce de Loïc supprimant 7 jobs chez Seesmic (qui me semble pleine de bon sens… ce n’est pas parce que tu lèves que tu ne dois pas gérer rigoureusement ta société). Par contre, je vais m’attarder sur les 4 entrepreneurs que j’ai eu au téléphone en fin de semaine dernière et ce week-end, pour évoquer le sujet.
Au delà du fait que j’ai été flatté qu’ils me « consultent » sur le sujet (en même temps, je suis actionnaire de deux d’entre eux !
), j’y vois dans cet intérêt à s’approprier et à apprendre de nos échecs, une preuve de maturité et d’intelligence.
Les 4 sont très jeunes, du moins trop pour avoir traversé le premier Hiver Nucléaire en ayant conscience de la difficulté de cette période. Pourtant, ils ont tout de suite posé leur todolist et levé la tête du guidon pour prendre du recul. Ils ont essayé de comprendre comment cela pouvait les impacter et quelles décisions prendre immédiatement, sans attendre d’être confronté à une crise potentielle. Ils ont donc perdu une forme d’insouciance que nous avions sans doute à l’époque, réagissant ainsi comme leurs aînés plus expérimentés (Loïc en tête !) le font aujourd’hui. C’est sans doute cela, la meilleure nouvelle du week-end pour moi.
Par exemple, François a revu entièrement la roadmap d’Hellotipi et va partager (si ce n’est déjà fait) tout cela avec son équipe, qui sera redéployée en conséquence. Pourtant, Hellotipi va plutôt bien, est plebiscité pour son intérêt par les utilisateurs, fait de la croissance conformément au business plan, améliore à marche forcée la qualité de son service en écoutant attentivement ses utilisateurs, est pleinement soutenu par ses investisseurs (j’en sais quelque chose
)… Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter outre mesure, mais François a décidé de préparer le pire, le meilleur sera toujours plus facile à gérer. Il a entièrement raison !
Cette crise est sans doute la plus grave que nous ayons jamais rencontré (je parle pour la majorité des actifs aujourd’hui qui doivent la gérer à leur niveau, dont très peu travaillaient déjà en 29) et peu d’entre nous ont l’expérience de ce genre de période. Si le marché Internet est le premier à réagir (après le marché financier, forcément !), c’est sans doute par qu’il en sort à peine et que c’est donc celui pour lequel la blessure n’est pas encore totalement refermée.
Pour ma part, que ce soit lors de mes discussions avec David ou avec Julien (pour le parler que des deux projets les plus proches), nous n’allons pas changer grand chose à notre façon de gérer les affaires, puisque nous étions déjà très rigoureux, en mode low cost et pragmatiques. Nos perspectives de croissance restent inchangées (et certaines opportunités innatendues se présentent même) à ce jour donc nous ne modifions pas particulièrement nos road-maps. Même nos coûts de déplacement avaient déjà été réduits fortement, mais pour des raisons plus liées à la réduction de notre empreinte carbone que financières. Les deux se rejoignent donc à présent !
Concernant Foolinvest, j’avais déjà réduit la voilure principalement par manque de temps. J’ai bien un ou deux projets à l’étude actuellement, mais je vais sans doute être encore plus sélectif et exigeant… En même temps, je crois que c’est ce qu’il conviendrait de faire tout le temps, même si les entrepreneurs comme les investisseurs doivent bien prendre une part de risque.
En synthèse, malgré l’optimisme exagéré d’une de mes précédentes notes, je crois qu’il est temps de se préparer à une période très dure, pour les Hommes comme les entreprises. Dans une certaine mesure, c’est une forme de Darwinisme économique qui également assainir notre gestion, doper notre créativité et notre efficacité tout en améliorant encore la valeur des produits ou des services que nous proposons au marché, sous peine de ne pas voir arriver le printemps qui suivra forcément ce nouvel Hiver Nucléaire…
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A près de 36 ans, je devrais commencer à me connaitre… et pourtant, je continue à faire des erreurs de gamin, sans me souvenir que je dois en permanence me méfier de mes humeurs et de mon état d’esprit.
Nous venons de conclure il y a quelques jours, juste avant mes vacances juste après le début de mes vacances, un accord visant à développer un projet qui est sans doute l’un des plus enthousiasmants auquel il m’ait été donné de participer.
Ce n’est pas par son domaine (l’Internet, les mondes virtuels, le marketing, etc…) qui m’est déjà très familier, ce n’est pas par sa surface financière (j’ai déjà géré des projets biens plus gros, du moins, pour l’instant), c’est plutôt par une alchimie de facteurs qui me laisse penser que nous ouvrons aujourd’hui un chemin qui peut nous mener à quelque chose de grand. Les acteurs de ce projet, dont je fais partie, sont très différents et complémentaires, mais partagent pourtant une vision similaire, chacun l’exprimant avec ses mots à lui. Il y a dans nos rapports une forme d’écoute que j’aime beaucoup et je crois que si nous travaillons dur et mettons le meilleur de nous-même dans ce projet, sans arrière pensée, nous allons vivre quelques années extraordinaires.
Et pourtant…
Pourtant, j’ai failli, à moi tout seul, faire revenir ce projet à la case départ et l’enterrer.
Pour quelles raisons ? Le manque de recul..
Je me suis tout simplement trompé de débat, et ce faisant, j’ai oublié les valeurs qui me guident au quotidien. Aborder les Hommes et les projets avec humilité, me souvenir que mes actes ont des conséquences qui peuvent impliquer d’autres personnes, savoir qu’une idée ne vaut rien sans capacité à l’exécuter, etc… Ma vision de ce projet, pendant un temps, n’a pas dépassé le bout de mon nez.
Je suis un entrepreneur, pas un salarié. Ce n’est pas, dans mon esprit péjoratif ni pour l’un, ni pour l’autre, c’est simplement une manière différente d’aborder le business. Pendant un temps, je crois avoir oublié ce qui me motivait tous les jours, ce qui me faisait me lever si tôt, me coucher si tard et souvent m’empêche de dormir, et tout cela, sans jamais considérer mes activités comme un travail, cette forme de vie qui me demande autant mais me rend si heureux.
Je vais mettre cela sur le compte de la fatigue, de la pression liée à un autre sujet plus personnel (et qui n’a rien à voir avec le business) et de mon besoin de vacances… Toutefois, même si c’est assez conjoncturel, je vais surtout essayer de me souvenir que c’est de ses échecs que l’on apprend le plus et éviter de reproduire les mêmes erreurs.
Dans un peu plus d’une semaine, je vais rentrer de vacances et m’atteler à ce projet avec l’enthousiasme et la détermination qui me caractérisent d’habitude. Nous allons vers quelque chose de grand et surtout, quelque chose de différent d’unique.
Si vous passez par là et portez un projet de création d’entreprise, essayer de retenir cette note comme un exemple d’erreur à ne pas suivre… Créer des entreprises, cela passe par oublier un peu son individualité au profit du projet, par élever au lieu de chasser.
Il est bon de se le redire, de temps en temps
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Je ne parle pas souvent de mes rencontres, car elles relèvent la plupart du temps, du domaine professionnel (donc soit elles sont confidentielles, soit elles ne présentent pas beaucoup d’intérêt si ce n’est pour Stonfield
).
Ceci étant, j’ai passé un petit moment avec Priscilla Rozé-Pages la semaine dernière, à évoquer le lancement de son entreprise Débit-Crédit.fr. En synthèse, il s’agit d’un outil en ASP, très bien fait, permettant à des particuliers comme à des professionnels de gérer leur trésorerie dans les meilleures conditions.
J’ai été assez touché par l’approche de Priscilla, qui est très ouverte et attentive à son écosystème.
Elle rencontre, comme tous les entrepreneurs, un certain nombre de points qui peuvent devenir des problèmes ou des enjeux majeurs pour son entreprise… et sur lesquels elle se pose des questions. Ce qui est plus rare, c’est qu’elle n’hésite pas à confier ces questions aux personnes, plus ou moins proches qui l’entourent. Beaucoup de patrons de start-up se montrent paranoïaques et considèrent que partager leurs problèmes est un aveu de faiblesse. Je pense qu’au contraire, c’est une marque d’intelligence, que d’essayer de capitaliser sur l’expérience ou le savoir-faire des gens qui nous entourent, sans craindre le jugement.
C’est notamment l’une des raisons pour lesquelles, lors de la création de Stonfield, je me suis entouré de personnes de confiance, tous des amis et businessmen expérimentés, qui sont entrés au capital de la société (pour les impliquer plus qu’autre chose, ils n’ont vraiment pas besoin de cela pour vivre !) et que je peux consulter en fonction de leurs spécialités chaque fois que je dois prendre une décision importante. Je fais toujours quelques bétises, mais bien moins que si j’étais seul à toujours devoir avoir raison, sur des sujets allant de la stratégie à long terme de l’entreprise au choix du nombre de feuille du papier toilette dans nos bureaux.
C’est également ce qui se passe, lorsque l’on prépare une nouvelle entreprise. Doit-on partager l’idée avec le plus grand nombre, ou la garder jalousement pour ne pas se la faire voler ? Il fut un temps où je passais pas mal de temps à regarder de jeunes sociétés, avec un regard de manager ou d’investisseur, suivant les cas. Très souvent, après avoir signé un NDA de 10 pages en anglais, d’une solidité juridique plus que discutable, je recevais un business plan dans lequel l’idée géniale était de vendre des trucs par Internet ou de créer un comparateur de prix en ligne (comme les autres, mais mieux, of course !). En général, je supportais mal le choc psychologique que l’on peut subir devant une idée aussi innovante et je passais à autre chose.
Une chose est sure, c’est que le teasing que représente la paranoïa autour d’un projet monte encore un peu plus la barre en termes d’attentes de l’investisseur
Au passage, si j’étais (toujours) un investisseur en recherche de « petits » dossiers prometteurs, je regarderai celui de Priscilla avec attention. Je le dis avec beaucoup d’objectivité, dans le sens où je n’ai aucun intérêt dans sa société (j’ai pris l’engagement de ne me concentrer que sur Stonfield mais que cela n’empêche pas, de temps en temps, d’avoir la main qui tremble
).
Priscilla,
Bon courage pour la suite.
On pourra renouveler ce type de rencontre si elle se montrent utiles.
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Adapté d’une note de Guy Kawasaki : The Top Ten Lies of Venture Capitalists
Les Venture Capitalists (VC) sont des gens simples : soit nous avons décidé d’investir et nous nous convainquons nous-mêmes que notre instinct a raison (donc « Due Diligence »), soit il n’y a absolument aucune chance. Même si nous devrions aborder les choses simplement, nous n’exprimons pas forcément ce que nous pensons, donc si vous pensez qu’il est très difficile d’arracher un « Oui » à un VC, vous devriez peut-être tenter un « Non » définitif.
Un VC n’a aucun intérêt à communiquer une décision négative. Les entrepreneurs nous haïraient immédiatement – alors que le but du jeu est de faire durer la relation avec les entrepreneurs pour le cas où quelque chose de miraculeux arriverait, les rendant soudainement plus attractifs (Un exemple de miracle serait Boeing approuvant un bon de commande de 5 millions de $).
Hélas, les entrepreneurs sont également des gens simples : s’ils n’entendent pas un « Non » définitif, ils supposent que la réponse est « Oui ». C’est un exemple du genre de décalage de communication entre les VC et les entrepreneurs, qui génère tellement de souffrance et de frustration chez les entrepreneurs.
Pour améliorer la compréhension entre les deux groupes, voici un exposé des 10 plus grands mensonges d’investisseurs.
1- « J’aime votre société, mais mes associés ne l’aiment pas ». En d’autres termes, « Non ». Ce que le sponsor essaye de faire croire à l’entrepreneur, c’est qu’il est le bon, le gentil, celui qui comprend ; les « autres » non, donc ne lui en veuillez pas. C’est un « tuyau percé » ; C’est moins les autres associés qui n’aimaient pas le deal, que lui qui n’y croit pas vraiment. Quelqu’un qui y croit vraiment réussi à mener le deal à son terme.
2- « Si vous trouvez un investisseur de référence, nous suivrons ». En d’autres termes, « Non ». Comme disent les vieux japonais « Si ta tante en avait, ce serait ton oncle ». Eh bien, elle n’en a pas, donc ce n’est pas le cas. Le VC dit « Nous n’y croyons pas vraiment, mais si vous pouvez avoir Sequoia en leader, nous monterons à bord ». En d’autres termes… Lorsque l’entrepreneur n’aura plus besoin d’argent, le VC sera très heureux de lui en donner un peu plus – c’est comme dire « Une fois que vous aurez immobilisé au sol David Douillet, nous vous aiderons à l’attraper ». Ce que les entrepreneurs veulent entendre, c’est « Si vous ne trouvez pas de VC leader, nous le serons celui-là ».
3- « Montrez nous une progression et nous investirons ». En d’autres termes, « Non ». Ce mensonge peut se traduire part « Je ne crois pas à votre histoire, mais si vous pouvez avoir des résultats significatifs, alors je serai convaincu. Quoi qu’il en soit, je ne veux pas vous dire « Non » parce que je peux me tromper, et alors vous pourriez faire un deal avec une très grande entreprise et alors, je passerais pour un con ».
4- « Nous aimerions vraiment co-investir avec d’autres VC ». Comme le soleil se lève et les canadiens jouent au hockey, vous pouvez être dépendant de l’avarice des VC. L’avarice, dans les affaires, peut se traduire par « Si c’est un bon deal, je veux tout prendre ». Ce que les entrepreneurs souhaitent entendre, c’est « Nous voulons tout prendre. Nous ne voulons pas d’autres investisseurs ». C’est alors le job des entrepreneur de les convaincre que d’autres investisseurs vont rendre le gâteau encore plus gros et non en réduire la taille des parts.
5- « Nous investissons sur votre équipe ». C’est, en fait, incomplet. Même s’il est vrai qu’ils investissent sur une équipe, ce que les entrepreneurs entendent, c’est « On ne vous virera pas – Pourquoi virerions-nous quelqu’un qui nous a amené à investir ? » Ce n’est pas du tout ce que disent les VC. Ce qu’ils disent, c’est « Nous investissons sur votre équipe tant que les choses vont bien, mais le jour où elles vont mal, nous dégagerons votre cul de là parce que personne n’est indispensable ».
6- « J’ai beaucoup de « bande passante » (comprendre « de disponibilité ») à consacrer à votre société ». Peut-être que le VC parle de la ligne T3 de son bureau, mais il ne parle surement pas de son agenda, car il fait déjà partie de 10 Conseils d’Administration. En incluant le temps de présence lors des Conseils, un entrepreneur devrait intégrer qu’un VC passera entre 5 et 10 heures par mois sur une société. C’est comme ça. Il faut faire avec. Donc faites des Conseil d’Administration courts !
7- « C’est une Lettre d’Intention « à la Vanille » (c’est à dire plutôt classique, tranquille et favorable à l’entrepreneur) ». Il n’existe pas de lettre d’intention à la vanille. Croyez vous que les avocats spécialisés dans le financement d’entreprise sont payés 400$ de l’heure pour sortir des Lettres d’intention à la Vanille ? Si les entrepreneurs veulent vraiment utiliser un parfum pour définir les Lettres d’Intention, le seul parfum valable est Rocky Road (parfum populaire aux US, qui fait référence à des chocolats assez durs). C’est pour cela qu’ils ont également besoin de leurs propres avocats à 400$ de l’heure – et non l’avocat qui a fait le divorce de l’Oncle Joe.
8- « Nous pouvons vous ouvrir des portes chez nos clients ». C’est un mensonge à deux coups. Tout d’abord, un VC ne peut pas toujours ouvrir des portes chez ses clients. Franchement, il est possible qu’il soit détesté par ses clients. La chose la pire au monde qui puisse vous arriver est d’être recommandé par lui. Deuxièmement, même si le VC peut ouvrir la porte, les entrepreneurs ne peuvent pas vraiment compter sur l’achat du produit par le client – qui pour l’instant, n’est rien d’autre qu’une courte présentation PowerPoint (voir la Règle PowerPoint des 10/20/30).
9- « Nous aimons investir en phase d’amorçage » Les VC fantasment sur le fait de mettre 1 ou 2 millions de $ de pre-money (avant l’investissement en capital) et posséder à la fin 33% du prochain Google. C’est ça, l’investissement d’amorçage. Savez-vous pourquoi nous en savons tous autant sur le fabuleux retour sur investissement de Google ? Pour les mêmes raisons que nous connaissons Michael Jordan : Google et Michael Jordan sont d’incroyables exceptions. S’ils étaient banals, personne n’écrirait sur eux. Si vous enlevez un peu la couche de cosmétique, les investisseurs veulent investir sur des équipes reconnues (par exemple, les fondateurs de Cisco) avec une technologie éprouvée (par exemple, un produit éligible au Prix Nobel) sur un marché avéré (par exemple, l’e-commerce). Nous sommes incroyablement allergiques au risque, surtout si on considère que ce n’est même pas notre argent.
10- « Je suis dans un Starbuck Café, en train d’écrire cette note pour mon blog ». J’y suis depuis 90 minutes. Je n’ai pas mon alimentation avec moi. Mon PowerBook n’a plus de carburant. Vous allez devoir vous contenter de ce Top 9 des mensonges de VC, jusqu’à ce qu’une preuve de l’existence de Dieu m’amène un PowerBook Vaio.
Note de Pierre-Olivier :
Cette note est surement l’une de mes préférées, d’autant plus que je suis dans la bande des entrepreneurs plus que dans celle des investisseurs. Je prépare son équivalent (le Top 10 des mensonges d’entrepreneurs) que je devrais poster dans les jours qui viennent, histoire de ne pas me fâcher avec tous les investisseurs que je connais, et en particulier, ceux-ci
En synthèse, on n’est que sur un deal, tout ce qu’il y a de plus normal. L’entrepreneur vend un peu de son entreprise, en préservant au maximum son capital, son enthousiasme, sa liberté, etc… L’investisseur veut acheter au meilleur prix, tout en limitant au maximum son niveau de risque. Les deux se côtoient ensuite, parfois des années, en fantasmant en secret sur la valorisation de sortie.
Sans les entrepreneurs, les VC n’auraient pas de raison d’être. Ils pourraient donc être un peu plus reconnaissants envers les entrepreneurs ! Sans les VC, beaucoup moins d’entreprises arriveraient à survivre et bien peu seraient d’extraordinaires réussites. Les entrepreneurs pourraient également être un peu plus reconnaissants envers les VC !
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