Il y a longtemps que je voulais publier cette note pour vous parler de Vie de Môme… pas le site, le livre ! Mais pour cela, je me suis donné le temps de le lire, enfin, plutôt de le savourer.
Je ne sais pas s’il faut être père pour cela – je ne me souviens même plus de l’époque où je n’avais pas encore d’enfant – mais la lecture de ces courtes citations est un vrai bol d’air frais. C’est gai, très drôle et surtout, c’est positif. Les enfants ne naissent pas méchants, ni rancuniers ou vénaux. Les enfants vous livrent directement ce qu’ils ont en tête, sans calcul ni la moindre retenue, faisant de la vérité et de la franchise un mode de vie. C’est en grandissant que cela se gâte…
Ce n’est pas un véritable disclosure, mais pour ceux qui ne le sauraient pas : Cyrille et François, qui sont à l’origine de ce livre, sont des amis et des associés.
En plus, je n’ai même pas payé mon exemplaire ce qui lui donne, à mes yeux, une valeur immense car il est arrivé par la Poste, avec une magnifique dédicace à l’intérieur. Je ne suis donc sans doute pas très objectif… mais je ne suis pas non plus du genre à repeindre une de mes notes de Bullshit pour faire plaisir à qui que ce soit ; si ce livre n’était pas magique, je n’aurais simplement rien écrit dessus…
Enfin, pour être complet, ce n’est pas un hasard si j’ai investi dans Hellotipi, formidable start-up par son offre mais surtout par ses valeurs. Les chiens ne font sans doute pas des chats
Sur ce, je viens de commander quelques exemplaires que je vais offrir à de futures ou jeunes mamans de mon entourage (mais je n’y suis pour rien, hein, pas de blague déplacées !) car je crois que cela les aidera vraiment, ainsi que leur conjoint, à traverser les quelques difficultés – comme se lever 3 fois par nuit – qu’amène parfois la maternité
Si je me retourne sur les 12 derniers mois, je pense avoir reçu plus d’une trentaine de business plans (c’est à dire un peu plus de 2 par mois) portant sur des start-ups Internet en pre-money ou early stage, notamment depuis le lancement de Foolinvest. J’en profite, au passage, pour remercier tous ceux qui m’en ont envoyé… Je prend toujours ça comme un signe positif, car, à leur place, je ne laisserai pas entrer dans mon capital des gens que je n’aime pas
En parallèle, je pense avoir créé des comptes dans une bonne cinquantaine de services Web, la majorité ne passant pas le cap des 10 premières minutes, une grande partie ne tenant pas les 10 premiers jours et une poignée d’élus étant toujours actifs à cette heure-ci.
La crise que l’on traverse en ce moment est très difficile pour tout le monde et j’ai l’impression qu’une lame de fond est en train de traverser le secteur de l’Internet en ce moment même. Je ne parle pas du « show » qui a suivi, il y a quelques mois, le meeting très médiatisé de Sequoia à ses CEO, dans lequel de nombreux autres CEO de start-up se sont engouffrés pour nettoyer leurs comptes sans passer pour des buses, le VC arboricole leur ayant fourni sur un plateau une excuse en béton armé… Non, je parle d’une vraie lame de fond structurelle, celle que vous prenez de plein fouet quand vous n’avez quasiment plus de cash, un service perfectible mais qui fonctionne déjà pas mal, des équipes passionnées mais qui naturellement doutent, des utilisateurs enthousiastes et impatients, des investisseurs qui ne veulent – ou ne peuvent pas – remettre sur un nouveau tour, etc…
Dans une réflexion un peu morbide, l’autre jour, je me demandais quels seraient les heureux élus qui passeraient cette épreuve avec succès, quels étaient les entreprises ou les modèles économiques les mieux armés pour ne pas plier sous le poids d’un tel pessimisme ambiant. J’ai déjà en tête pas mal de noms d’entreprises de la Silicon Valley qui ne passeront pas l’été, dont certaines assez importantes, suite à des discussions avec leurs CEO ou certains de leurs actionnaires. Les plus Peoples d’entre vous vont être déçus car je n’apporte pas de nom, pas de réponse, presque que des questions.
Au-delà des indiscrétions, pour essayer qui peut devenir une entreprise pérenne rentable, j’utilise une méthode qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui me satisfait. C’est un indicateur que j’appelle le « Test des 2 manches de 10« . C’est, en gros, un panel d’utilisateur dans lequel je suis tout seul
On va considérer que les 10 premières minutes vont correspondre à « la première impression », la première manche. Elle sera décisive, un peu comme quand vous croisez un gars que vous ne connaissez pas dans une soirée, qu’il ouvre la bouche pour dire une énormité et que vous pensez dans votre fort intérieur que ce gars-là est vraiment un gros con. Il va lui être difficile, ensuite, de remonter la pente et venir faire des affaires avec vous… Je vous rassure, je garde à l’esprit en écrivant ces lignes, que l’on est toujours le con pour quelqu’un et j’ai une pensée émue pour tous ceux qui ont du penser cela de moi, à un moment ou à un autre
La liste des sites qui n’ont pas passé cette première manche serait – beaucoup – trop longue mais pour moi, c’est le cas de - sans que ce soit exhaustif – petits sites mais aussi de stars comme Stumble Upon ou Google Picasa par exemple. Je n’ai pas accroché du tout… et ils sont aux oubliettes.
Ceci dit, quelques services vont passer la première manche haut la main, vous bluffer par une ergonomie, une valeur particulière, un « état d’esprit »… quelque chose que vous n’avez pas trouvé ailleurs.
S’engage alors une deuxième manche, celle des 10 jours. Celle-ci est terrible, car elle dépouille le service web de tout ce qui relève du cosmétique et du « Woaw Effect » pour se concentrer sur l’essentiel : la valeur qu’il apporte vraiment. Vous n’êtes plus ébloui par la petite icône si pratique ou l’intégration de vos données en toute fluidité : il vous en faut beaucoup plus…
En général, c’est l’hécatombe car les raisons de continuer à l’utiliser sont vraiment objectives et pragmatiques. Toutefois, il y a une particularité importante dans cette deuxième manche, c’est qu’elle n’est pas définitivement éliminatoire, contrairement à la première. Là, vous avez été séduit une première fois, et ça ne s’oublie pas. Le plus souvent, vous allez laisser passer quelques mois et revenir voir, par acquis de conscience. Ce sont d’ailleurs ces sociétés que les investisseurs mettent… dans leur radar à défaut de leur porte-feuille. Dans cette catégorie, je vais ranger Storytlr ou Friendfeed, me concernant.
A l »issue de ces deux manches, une petite poignée de service vous enthousiasme toujours autant jusqu’à devenir indispensables au quotidien. Ici, la liste est très simple à rédiger puisque je les utilise en permanence. Ceux-ci ont gagnés ma petite guerre interne et souvent durablement, pour peu qu’un service directement concurrent, meilleur et compatible n’émerge pas.
Pour n’en citer que quelques uns, on va trouver WordPress, Twitter, Tumblr, Hellotipi, Second Life, Evernote, iTunes, Skype, Flickr…
Lorsqu’on va s’investir sur un service Web quel qu’il soit (je parle d’investir de l’argent mais également d’investir du temps pour paramètrer un compte, créer du contenu, intégrer le service avec ses autres services, etc…), miser sur le bon est primordial et je ne crois pas qu’il existe de recette miracle pour ne jamais se tromper. Les VC et les Business Angels seraient tous richissimes si c’était le cas.
Ma méthode ne vaut peut-être que pour moi, donc si vous voulez l’oublier de suite, vous en inspirer pour mettre au point une qui vous est propre ou tout simplement l’adopter, n’hésitez pas… et n’hésitez pas surtout à partager ce que cela vous inspire ou votre approche avec moi nous.
Je pense que cela peut-être utile à quelques personnes qui passeraient par ici, peut-être pour les aider à se poser les bonnes questions ?!?
Cette note ne semble pas très positive, mais je garde à l’esprit que certains des plus grands succès sur Internet, notamment Européens, sont ceux qui ont justement survécus à l’Hiver Nucléaire de 2001. Je crois donc qu’il y aura beaucoup de morts pendant cette crise, mais que ceux qui survivront seront vraiment très forts.
Je suis certain que vous connaissez Evernote, un formidable outil de gestion de vos notes personnelles. Pour ma part, c’est un service que j’utilise depuis très longtemps, avec plus ou moins d’enthousiasme en fonction de ces périodes où l’on est plus ou moins actifs, plus ou moins la tête dans le guidon.
L’arrivée du client iPhone a tout changé et m’a redonné un goût incroyable pour le service. La raison en est simple : Evernote devient utile à tout, pour tout et en tous lieux puisque dans votre poche, que vous ayez une connexion ou pas (c’est à dire même dans un avion).
Du coup, il devient un lieu de stockage un peu magique dans lequel vous allez, par exemple, mettre vos idées sur un sujet précis puis venir les alimenter un peu comme un Wiki personnel (je sais, ces deux mots cote à cote est assez improbable ). Mais il y a bien d’autres usages… Vous allez pouvoir y stocker les modes d’emplois de tous vos appareils électroniques, des photos de vos biens destinés aux assurances en cas de problème, des photos prises directement depuis votre iPhone des étiquettes de bouteilles de vin accompagnées de vos notes de dégustation, des notes vocales grâce une fonction similaire à celle d’un dictaphone que vous pourrez ensuite enrichir de tout un tas d’informations comme bon vous semble, etc, etc…
Toutes ces notes sont accessibles en 3 lieux : sur votre Mac via le logiciel à télécharger, sur votre iPhone avec une application gratuite ou en ligne sur le Web.
Beaucoup de nouvelles fonctionnalités sont arrivées et pas mal d’autres attendues. Le service évolue de plus en plus vite tout en restant gratuit, pour peu que vous supportiez quelques encarts publicitaires. Sinon, vous pouvez toujours prendre la version payante, similaire mais sans pub et avec quelques trucs non significatifs en plus… Rien de suffisant pour que vous ayez à sortir votre carte bancaire.
C’est d’ailleurs ce qui m’inquiète un peu.
Je serai prêt à payer pour ce service et le fait qu’il soit gratuit me laisse présager le pire quand à sa capacité à gagner de l’argent uniquement par la pub, donc à être rentable donc… à être pérenne. Quand on sait que même Flickr rencontre aujourd’hui des difficultés et que Facebook est à des années lumières de rentrer les fonds nécessaires à son simple hébergement, je pense qu’il est temps de se poser la question des divers business models possibles et de notre revendication permanente du « tout gratuit ». C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis un des fervents défenseurs du business model d’Hellotipi. Oui, c’est un service payant (et pas trop cher !)… mais c’est justement le prix à payer pour que ce service soit là demain, continue d’évoluer avec de nouvelles fonctionnalités et ne soit pas obligé de se vendre au premier venu avec nos données de famille en prime. Je crois bien que le positionnement d’Hellotipi, finalement, c’est d’être un peu l’anti-Facebook (au sens photographique du terme).
Evernote a besoin de gagner de l’argent pour assurer son développement mais aussi la continuité de son service. Je suis prêt à payer pour l’utiliser, tout comme je suis prêt à payer pour utiliser Flickr ou Dropbox, par exemple. C’est d’ailleurs ce que je fais, notament pour Dropbox qui me fait payer assez cher mes plus de 100Go en ligne, et pourtant sans le moindre regret. Je pense que je serai également prêt à payer pour utiliser un Twitter offrant un plus large panel de services…
Sans argent, pas de pérennité ni de sécurité à moins de voir son écran envahi en permanence par la pub, ce qui est impensable quand on parle de ses notes parfois très personnelles, ses fichiers ou sa famille. On dit souvent que ce qui est gratuit n’a pas de valeur ; je crois que cela peut être faux pendant un certain temps, mais que dans la durée, cela se vérifie souvent…
Tiens, on pourrait en profiter pour reparler d’Hadopi, cette loi dont la stupidité avérée se déverse partout sur Internet, le plus souvent à juste titre. Là aussi, finalement, il est question de modèle économique et là non plus, le tout gratuit n’est pas une solution car il n’a aucune pérennité… pas plus que le business model déjà mort consistant à voir perdurer la tonte des consommateurs par quelques « majors » et ce, depuis des années.
Un juste prix cohérent avec une juste valeur… Ce n’est pas ça, le Graal des services sur Internet ?
Après toutes ces années, je suis enfin allé à San Francisco. Quand on gravite autour de l’Internet, la Silicon Valley est une sorte de Mecque. C’est là plus qu’ailleurs que, finalement, notre marché vit, respire, innove, change…
(je sais, des millions de personnes ont fait la même photo )
Pourquoi y étais-je ? J’ai passé pas mal de temps chez Linden Lab (ce qui était l’un des objectifs de ce voyage) rencontrant tous les Lindens avec lesquels nous pouvons être amenés à travailler, essayant de comprendre des choses qui m’échappaient jusque là et posant les bases d’une nouvelle forme de collaboration entre eux et nous qui me semble plus efficace que ce que nous faisions jusqu’à présent. Merci, au passage, à la team francophone (Noëlle, Philippe et Christian) pour cet excellent déjeuner Italien et ce très bon moment.
J’ai bien-sûr pas mal échangé avec Cyrille sur Hellotipi (et sur une idée simple de François qui nous a vraiment bluffé lors d’un call) et avec Paul à qui l’on vient de confier le poste de CEO d’une start-up que nous lançons ici.
Au-delà de ces 3 sujets, j’ai rencontré beaucoup beaucoup beaucoup de monde en 3 jours, des « figures » de l’Internet ou des Wanabes passionnés et passionnants.
Vu de l’extérieur, cela peut ressembler à une énorme perte de temps car beaucoup de ces rencontres ne sont pas forcément « utiles ». Alors pourquoi les faire ? Pourquoi caler un rendez-vous dès que 10 minutes traînent et discuter avec quelqu’un dont vous ne savez rien, juste parce qu’il est disponible aussi ?
Je crois que la rapidité d’exécution dans une entreprise (que l’on soit Entrepreneur ou pas) est devenue plus importante qu’elle ne l’a jamais été et c’est encore plus vrai dans notre industrie. Quand j’étais plus jeune, j’étais un perfectionniste. Je faisais attention au moindre détail sur chacun de mes actes ou de mes décisions, même sur les points futiles. Cela rendait mon travail assez bon je crois, car j’étais très travailleur et appliqué mais je n’allais pas assez vite, vraiment pas assez vite. Aujourd’hui, je reste perfectionniste sur certains sujets, ceux que j’identifie comme très important ou qui impactent directement un client… et j’essaye d’aller très vite sur les autres, quitte à me tromper, parce que les erreurs sont moins graves que l’immobilisme.
On me demande souvent comment je fais pour participer à autant de projets en même temps. La réponse n’est pas très flatteuse : je prend des risques en bâclant tout ce que je ne juge pas très important.
Le but du jeu devient alors très simple : réduire au maximum le taux d’erreur lié à une lecture trop rapide des informations et au manque de réflexion. A tout ce qui n’est pas identifié comme stratégique, j’applique une méthode qui vaut ce qu’elle vaut et que je vous donne… Vous en ferez ce que vous voudrez
Je fais une totale confiance à mon intuition et fais ce qu’elle me dicte, de la façon dont elle me le dicte. Nous avons tous une intuition, plus ou moins développée suivant que l’on soit sensible ou non, ouvert ou non, etc… La mienne ne m’a jamais vraiment trahie jusqu’à présent, si ce n’est les fois où inconsciemment, je l’ai forcée à me dicter ce que je voulais et non ce que je sentais.
L’intuition est donc un formidable allié dans les affaires, peut-être le meilleur… Toutefois, se reposer sur son intuition demande une certaine discipline : je passe beaucoup de temps à en prendre soin, la nourrir pour la rendre plus créative, plus sensible et plus pragmatique. Je n’ai rien trouvé de mieux, pour l’instant, que de parler avec les gens, les écouter, échanger, partager des visions ou des idées, essayer de les aider même si cela n’a rien à voir avec ma TodoList ou si ce n’est pas dans les missions que je dois aux entreprises pour lesquelles je travaille. En fait, ce que je cherche en permanence auprès des autres, c’est l’Inspiration.
Votre intuition se nourrie des gens qui vous inspirent, de leaders ou de « magiciens » mais aussi des histoires des gens « normaux » et de choses qui n’ont rien à voir avec le business. Ces rencontres me construisent, me rendent meilleur, m’améliorent… Au final, ce n’est pas mon temps de travail qui me donne de la valeur (quelle qu’elle soit) mais bien ce que je suis et ce que je fais. Voilà ce qui est utile aux entreprises pour lesquelles je travaille et à mon écosystème.
J’ai rencontré une cinquantaine de personnes ces 3 jours. De chacun, j’ai essayé de prendre quelque chose, sans même y penser quand je rencontrais quelqu’un de brillant et en cherchant bien quand c’était un boulet (dont on peut toujours tirer quelque chose !).
Il y a quelque chose d’unique à San Francisco quand vous travaillez dans l’Internet lié sans doute à la proximité de dizaines de milliers de personne qui changent notre vie numérique et de ce fait, changent un peu le monde. Je pense que c’est une forme d’hygiène de l’esprit que d’y venir puiser l’inspiration qui viendra alimenter mon intuition.
Merci à toutes celles et ceux que j’ai rencontré, qui m’ont donné de leur temps et un peu d’eux-même
Il est très rare que je publie des choses très personnelles sur ce blog, notamment parce que je suis très attentif à ce que toutes ces données vont devenir. Préserver ce qui nous est cher et proche est sans doute l’un des éléments qui a motivé – en plus du fait que c’est un projet génial fait par des gens exceptionnels – mon entrée au capital d’Hellotipi. Cette attention permanente a garantir la sécurité des données qui nous sont confiées et le fait que l’usage que nous pouvons en faire soit irréprochable sur le respect des Utipistes (NB : utilisateurs d’Hellotipi).
Comme je produis beaucoup de contenu, je suis vigilant – autant que possible – à ce qui devient public. Je vais toutefois faire une exception à la règle et publier ici une vidéo que nous avons mis sur notre site de famille. C’est d’autant plus simple que ma femme, de son coté, est bien plus publique que moi
J’ai décidé de faire une exception aujourd’hui et de publier ici la vidéo des 8 mois d’Aloïs, un de mes fils, pour deux raisons.
D’une part, je voulais la partager avec tout un tas de personnes proches qui nous manquent et qui nous demandent des nouvelles plus « fraiches », que ce soit des amis, des voisins ou des personnes avec qui je travaille depuis longtemps chez les Stonfield‘s et ailleurs…
D’autre part, ma femme a fait un court film que je trouve, en prenant du recul, très positif dans ses images donc autant partager avec qui le voudra un petit moment de paix et de bonheur.
PS : Tant que j’en suis à parler d’Hellotipi, je ne peux m’empêcher de glisser que dans 40 minutes débutera une Conf Call qui sera décisive pour l’avenir de cette magnifique aventure. Je vous rassure, il ne peut rien arriver de grave, mais il peut arriver un truc extraordinaire
Normalement, vous n’avez pas du perdre passer beaucoup de temps sur mon blog ces derniers temps. Je n’ai publié qu’une seule note en presque 3 semaines, et encore, elle était tellement fouillée que le titre « Joyeux Noël » devait suffire à en comprendre l’essence
J’ai même reçu quelques messages d’amis qui me demandaient si je n’allais pas bien, si je déprimais, si j’étais moi aussi déçu par la blogosphère, etc…
Rien de tout cela ! J’étais juste dans une période de relâchement ressemblant fort à des vacances, pas très loin de mon iPhone et donc de mon compte Twitter mais assez de mon Mac pour ne pas être tenté de bloguer ou de traiter les quelques tonnes d’emails qui m’attendent.
Pourtant, j’aurais pu vous parler de beaucoup de choses…
J’ai passé presque une semaine à DisneyWorld près d’Orlando, pour que les enfants aient un Noël extraordinaire. C’est une machine de guerre incroyable, où j’ai pris quelques leçons d’organisation et de qualité de service. Les enfants se sont éclatés mais pour ma part, j’en suis revenu presque lobotomisé et « gentil », à presque aimer les chauffeurs de taxi de notre belle capitale.
Sur un plan plus logistique, nous avons continué notre installation ici, avec notamment un passage éclair mais productif chez IKEA à coté de Fort Lauderdale. C’est fou comme un simple magasin peut vous ramener « chez vous » le temps d’une visite. Ma femme, qui est ceinture noire d’Ikea, m’a guidé au pas de course, tellement les différences avec les notres sont minimes.
Sur le plan social, je me suis lié d’amitié avec Eric, un restaurateur français d’origine marseillaise, installé près de Palm Beach depuis plus de 10 ans. Nous sommes très différents mais nous nous entendons bien. C’est un très gros bosseur, pragmatique et parti de pas grand chose. J’aime bien ce genre de personne, qui ne s’est pas posé 10 000 questions existentielles et s’est juste mis à travailler, sans relache et avec détermination. Je vais essayer de lui donner un petit coup de main amical, autour d’une idée que nous avons eu le 1er Janvier, au matin, en buvant le café. On a eu une discussion très intéressante autour d’un de mes thèmes de prédilection : la nourriture. Une expérience va être lancée dans quelques jours, histoire de voir ce que cette idée peut donner.
Sinon, je n’ai pas beaucoup travaillé, pour profiter au maximum de l’arrivée de ma famille ici, du soleil, de la plage et de la découverte d’un autre style de vie. Toutefois, j’en ai profité pour réfléchir aux divers projets dans lesquels je suis impliqué. Cela fera surement l’objet de multiples notes dans le semaines qui viennent donc je ne vais pas vous prendre la tête avec ça aujourd’hui. Une chos est sure : la rentrée va être chaude et nous nous préparons à un trimestre de folie. Je vais d’ailleurs surement faire un saut en France fin janvier ou début février, pour passer quelques jours à Paris.
Voilà juste quelques nouvelles pour rassurer les amis (ma famille pouvant, elle, profiter de nos aventures sur notre site Hellotipi)…
Je vous parle d’un temps que les web-entrepreneurs de moins de 5 ans ne peuvent pas connaitre. Ce que l’on nomme l’Hiver Nuclaire est globalement la période 2001 – 2003 qui fut sans doute la plus noire de la jeune histoire de l’Internet.
Nous avons traversé une sorte de crise lourde, vu partir dans le mur 9 start-ups sur 10, vu retourner vers les grandes entreprises la très grande majorité des cadres transfuges qui nous avaient rejoint lors de la première bulle, vu le désespoir s’installer durablement sur notre marché nous faisant ainsi aller bien plus vite vers la maturité…
L’Hiver Nucléaire, c’est une image très forte, à la hauteur de ce que le monde de l’Internet a traversé pendant 3 ou 4 ans… et c’est bien une période similaire qui semble s’annoncer aujourd’hui.
Je ne vais pas revenir sur la position de Sequoia (un peu opportuniste mais logique et déjà largement commentée) ni sur l’annonce de Loïc supprimant 7 jobs chez Seesmic (qui me semble pleine de bon sens… ce n’est pas parce que tu lèves que tu ne dois pas gérer rigoureusement ta société). Par contre, je vais m’attarder sur les 4 entrepreneurs que j’ai eu au téléphone en fin de semaine dernière et ce week-end, pour évoquer le sujet.
Au delà du fait que j’ai été flatté qu’ils me « consultent » sur le sujet (en même temps, je suis actionnaire de deux d’entre eux ! ), j’y vois dans cet intérêt à s’approprier et à apprendre de nos échecs, une preuve de maturité et d’intelligence.
Les 4 sont très jeunes, du moins trop pour avoir traversé le premier Hiver Nucléaire en ayant conscience de la difficulté de cette période. Pourtant, ils ont tout de suite posé leur todolist et levé la tête du guidon pour prendre du recul. Ils ont essayé de comprendre comment cela pouvait les impacter et quelles décisions prendre immédiatement, sans attendre d’être confronté à une crise potentielle. Ils ont donc perdu une forme d’insouciance que nous avions sans doute à l’époque, réagissant ainsi comme leurs aînés plus expérimentés (Loïc en tête !) le font aujourd’hui. C’est sans doute cela, la meilleure nouvelle du week-end pour moi.
Par exemple, François a revu entièrement la roadmap d’Hellotipi et va partager (si ce n’est déjà fait) tout cela avec son équipe, qui sera redéployée en conséquence. Pourtant, Hellotipi va plutôt bien, est plebiscité pour son intérêt par les utilisateurs, fait de la croissance conformément au business plan, améliore à marche forcée la qualité de son service en écoutant attentivement ses utilisateurs, est pleinement soutenu par ses investisseurs (j’en sais quelque chose )… Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter outre mesure, mais François a décidé de préparer le pire, le meilleur sera toujours plus facile à gérer. Il a entièrement raison !
Cette crise est sans doute la plus grave que nous ayons jamais rencontré (je parle pour la majorité des actifs aujourd’hui qui doivent la gérer à leur niveau, dont très peu travaillaient déjà en 29) et peu d’entre nous ont l’expérience de ce genre de période. Si le marché Internet est le premier à réagir (après le marché financier, forcément !), c’est sans doute par qu’il en sort à peine et que c’est donc celui pour lequel la blessure n’est pas encore totalement refermée.
Pour ma part, que ce soit lors de mes discussions avec David ou avec Julien (pour le parler que des deux projets les plus proches), nous n’allons pas changer grand chose à notre façon de gérer les affaires, puisque nous étions déjà très rigoureux, en mode low cost et pragmatiques. Nos perspectives de croissance restent inchangées (et certaines opportunités innatendues se présentent même) à ce jour donc nous ne modifions pas particulièrement nos road-maps. Même nos coûts de déplacement avaient déjà été réduits fortement, mais pour des raisons plus liées à la réduction de notre empreinte carbone que financières. Les deux se rejoignent donc à présent !
Concernant Foolinvest, j’avais déjà réduit la voilure principalement par manque de temps. J’ai bien un ou deux projets à l’étude actuellement, mais je vais sans doute être encore plus sélectif et exigeant… En même temps, je crois que c’est ce qu’il conviendrait de faire tout le temps, même si les entrepreneurs comme les investisseurs doivent bien prendre une part de risque.
En synthèse, malgré l’optimisme exagéré d’une de mes précédentes notes, je crois qu’il est temps de se préparer à une période très dure, pour les Hommes comme les entreprises. Dans une certaine mesure, c’est une forme de Darwinisme économique qui également assainir notre gestion, doper notre créativité et notre efficacité tout en améliorant encore la valeur des produits ou des services que nous proposons au marché, sous peine de ne pas voir arriver le printemps qui suivra forcément ce nouvel Hiver Nucléaire…
Quand j’étais gamin, je trouvais qu’avoir 20 ans, c’était le summum de la maturité ! On était enfin vraiment adulte et cool. Quand j’ai eu 20 ans, j’étais un jeune con plein d’assurance (merci de ne pas poster que je n’ai pas changé ! ) mais je ne faisais pas grand chose de mes 10 doigts. Par contre, je trouvais qu’avoir un jour 30 ans, ce serait vraiment passer le cap et basculer du coté obscur de la Force et de la vitalité.
Pourtant, à 30 ans, j’étais en pleine forme… Une énergie incroyable que je mettais dans la construction d’une famille, le business et, et, et… pas grand chose d’autre finalement.
J’avais d’ailleurs décidé que je prendrais ma retraite, sans doute vers 35 ans, post IPO et avant d’être un vieux de 40 ans. Ainsi, je serai l’un des plus jeunes parmi les vieux quadras, quincas et autres sexas++ !
Mais arrivé à 35 ans, âge où on bascule dans les chiffres de l’INSEE sur la tranche supérieure, je me suis dis que la retraite n’était surement pas pour moi, qu’il y avait encore tellement de truc à inventer, de boite à monter, de projets à porter que je n’allais pas tous vous les laisser. Je crois d’ailleurs que je ne prendrais jamais ma retraite… Il y en a bien qui veulent mourir sur scène, non ?
Ce matin, j’ai 38 ans.
J’admire les générations montantes car elles ont une richesse et une créativité incroyable que je n’avais pas à leur âge et je respecte plus que jamais mes ainés pour toute la sagesse et l’expérience qu’ils m’apportent (enfin, peut-être pas tous, mais bon, la majorité ), en espérant être à leur niveau plus tard. C’est peut-être ça, la maturité, en fait… une histoire d’équilibre.
A 38 ans, je suis sans doute toujours un jeune con pour tous ceux qui en ont plus de 39 et surement déjà un vieux con pour tous ceux qui en ont moins de 37.
Mais je suis heureux.
Ma famille s’est encore agrandie, on a un projet perso super enthousiasmant à vivre tous ensembles (dont je parlerai bientôt sur ce blog, d’ailleurs, histoire de vous en faire profiter), mes amis sont géniaux, les projets professionnels dans lesquels je suis impliqués sont vraiment passionnants et vont globalement bien (quelques emmerdements naturels, mais je suis payé pour ça, non ?!?), les gens avec qui je travaille, dans Stonfield, Stonfield Team Acting, Foolinvest ou Hellotipi sont extraordinaires (et je le pense vraiment, sinon, je n’aurais juste pas abordé le sujet), je me suis mis au golf et ça m’éclate vraiment, le Stade Toulousain sera sans doute Champion de France à nouveau… Bref, ça roule !
Mais je ne sais toujours pas, si, en définitive, je suis toujours jeune ou déjà vieux… A votre avis, on est vieux à partir de quel âge ?
Plus Entrepreneur qu'Investisseur, tout ce qui fait l'écosystème des startups et des sociétés de l'Internet m'intéresse. Je suis directement impliqué dans Digidust, Stonfield, Labotec, APICube et Hellotipi.
Basé à Toulouse et pas assez souvent à Miami, je m'enthousiasme pour ceux qui croient en eux et ne doutent de rien, ceux qui ont compris qu'Internet ouvre sur le monde et non enferme, ceux qui jouent ou aiment le rugby et ceux qui considèrent que le vin et la gastronomie sont des arts majeurs.