Quelques centaines de milliers de sites sont « éteints » aujourd’hui, en signe de protestation contre les projets de loi PIPA et SOPA, censés venir améliorer la sécurité et lutter contre le piratage.
Pourquoi sommes-nous concernés ?

Parce qu’il s’agit d’une nouvelle initiative dans le monde ayant pour but de censurer encore un peu plus l’Internet, de tuer la neutralité et par voie de conséquences, la créativité et la capacité à innover de petits acteurs comme… le plupart d’entre nous.
Vous me direz qu’il y a des tonnes de pays où l’Internet est censuré, à commencer à la Chine ou les pays du Golfe Persique. Toutefois, j’y vois une réelle différence.
PIPA et SOPA sont des projets de loi qui suivent une démarche législative normale dans un pays démocratique où la liberté d’expression est inaltérable, pour arriver à une situation de censure de l’Internet. Ce n’est pas la même chose qu’un régime qui n’a rien à faire des Droits de l’Homme, de la démocratie ou des libertés individuelles et qui ferme son Internet par réflexe de survie. Le résultat est le même mais le premier suit un chemin qui viendrait légitimer ses actes, contrairement au second que l’on peut condamner « pour l’ensemble de son oeuvre ». Se faisant, le Congrès Américain viendrait créer un précédent dans lesquels d’autres pays, notamment en Europe, seront prompt à s’engouffrer, s’ils n’ont pas déjà essayé de le faire comme la France.
Comprenez bien que cette note n’est pas un simple réflexe de geek à qui l’on viendrait prendre un de ses jouets préférés. Je pense que le respect de la neutralité de l’Internet et la lutte contre la censure sont des causes vraiment importantes dont découlent beaucoup d’autres.
La sécurité des individus sur Internet et la lutte contre le piratage sont des sujets qui doivent être traités, mais je crois qu’il existe d’autres moyens qui abordent le problème par le haut et non pas la contrainte.
Sur le piratage, le simple fait de repenser la consommation de biens « culturels » et leurs business models, de mettre le consommateur au centre de cette réflexion puis de reprendre la chaine de valeur pour répartir les revenus en fonction de l’apport de chaque maillon et non de l’importance de sa position défensive sont des réponses bien mieux adaptées et efficaces à mon sens.
C’est un débat au long cours qui s’est engagé il y a déjà quelques années et qui devrait nous accompagner encore longtemps. Toutefois, même s’il sera assez difficile d’empêcher les gouvernements d’apporter de mauvaises réponses à ces deux problèmes, cela vaut la peine de s’y attacher.
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Je suis certain que vous connaissez Evernote, un formidable outil de gestion de vos notes personnelles. Pour ma part, c’est un service que j’utilise depuis très longtemps, avec plus ou moins d’enthousiasme en fonction de ces périodes où l’on est plus ou moins actifs, plus ou moins la tête dans le guidon.

L’arrivée du client iPhone a tout changé et m’a redonné un goût incroyable pour le service. La raison en est simple : Evernote devient utile à tout, pour tout et en tous lieux puisque dans votre poche, que vous ayez une connexion ou pas (c’est à dire même dans un avion).
Du coup, il devient un lieu de stockage un peu magique dans lequel vous allez, par exemple, mettre vos idées sur un sujet précis puis venir les alimenter un peu comme un Wiki personnel (je sais, ces deux mots cote à cote est assez improbable
). Mais il y a bien d’autres usages… Vous allez pouvoir y stocker les modes d’emplois de tous vos appareils électroniques, des photos de vos biens destinés aux assurances en cas de problème, des photos prises directement depuis votre iPhone des étiquettes de bouteilles de vin accompagnées de vos notes de dégustation, des notes vocales grâce une fonction similaire à celle d’un dictaphone que vous pourrez ensuite enrichir de tout un tas d’informations comme bon vous semble, etc, etc…
Toutes ces notes sont accessibles en 3 lieux : sur votre Mac via le logiciel à télécharger, sur votre iPhone avec une application gratuite ou en ligne sur le Web.
Beaucoup de nouvelles fonctionnalités sont arrivées et pas mal d’autres attendues. Le service évolue de plus en plus vite tout en restant gratuit, pour peu que vous supportiez quelques encarts publicitaires. Sinon, vous pouvez toujours prendre la version payante, similaire mais sans pub et avec quelques trucs non significatifs en plus… Rien de suffisant pour que vous ayez à sortir votre carte bancaire.
C’est d’ailleurs ce qui m’inquiète un peu.
Je serai prêt à payer pour ce service et le fait qu’il soit gratuit me laisse présager le pire quand à sa capacité à gagner de l’argent uniquement par la pub, donc à être rentable donc… à être pérenne. Quand on sait que même Flickr rencontre aujourd’hui des difficultés et que Facebook est à des années lumières de rentrer les fonds nécessaires à son simple hébergement, je pense qu’il est temps de se poser la question des divers business models possibles et de notre revendication permanente du « tout gratuit ». C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis un des fervents défenseurs du business model d’Hellotipi. Oui, c’est un service payant (et pas trop cher !)… mais c’est justement le prix à payer pour que ce service soit là demain, continue d’évoluer avec de nouvelles fonctionnalités et ne soit pas obligé de se vendre au premier venu avec nos données de famille en prime. Je crois bien que le positionnement d’Hellotipi, finalement, c’est d’être un peu l’anti-Facebook (au sens photographique du terme).
Evernote a besoin de gagner de l’argent pour assurer son développement mais aussi la continuité de son service. Je suis prêt à payer pour l’utiliser, tout comme je suis prêt à payer pour utiliser Flickr ou Dropbox, par exemple. C’est d’ailleurs ce que je fais, notament pour Dropbox qui me fait payer assez cher mes plus de 100Go en ligne, et pourtant sans le moindre regret. Je pense que je serai également prêt à payer pour utiliser un Twitter offrant un plus large panel de services…
Sans argent, pas de pérennité ni de sécurité à moins de voir son écran envahi en permanence par la pub, ce qui est impensable quand on parle de ses notes parfois très personnelles, ses fichiers ou sa famille. On dit souvent que ce qui est gratuit n’a pas de valeur ; je crois que cela peut être faux pendant un certain temps, mais que dans la durée, cela se vérifie souvent…
Tiens, on pourrait en profiter pour reparler d’Hadopi, cette loi dont la stupidité avérée se déverse partout sur Internet, le plus souvent à juste titre. Là aussi, finalement, il est question de modèle économique et là non plus, le tout gratuit n’est pas une solution car il n’a aucune pérennité… pas plus que le business model déjà mort consistant à voir perdurer la tonte des consommateurs par quelques « majors » et ce, depuis des années.
Un juste prix cohérent avec une juste valeur… Ce n’est pas ça, le Graal des services sur Internet ?
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Je sais, c’est le genre de titre qui te fait exploser le trafic d’un blog le temps de le dire, mais pour une fois, je ne plaisante pas
Playboy vient de décider d’offrir 53 de ses magazines de Janvier 1954 à Mai 2006. Ils sont accessibles via une application Silverlight plutôt bien faite et le tout est… gratuit, comme cette page tirée d’une édition de 1967.

Si j’en parle, c’est tout simplement parce que Playboy a une place à part dans l’Histoire… Hugh Hefner et sa bande ont été des pionniers, des agitateurs, des précurseurs, des leaders d’opinion, des révolutionnaires… alors que le contenu, du moins en comparaison de ce à quoi peuvent accéder les générations montantes aujourd’hui, ne cassait pas trois pattes à un canard.
Même sans parler des photos sexy de jolis femmes, Playboy est une sorte d’institution dont l’entrepreneur que je suis respecte le succès incroyable. Si, si, je suis sérieux (je précise ça parce que je vous vois sourire derrière votre écran
).
Il existe une sorte d’esprit Playboy, le lapin étant devenu mythique et même certains des plus conservateurs mormons américains ont fini par reconnaître que Playboy était le diable mais que ce diable là avait une certaine forme d’utilité.
Une fois de plus, à l’heure où les dirigeants de mon pays préféré se demandent comment ils vont pouvoir contrôler la propriété quitte à la rendre inaccessible, c’est encore Playboy qui montre l’exemple en offrant tout son patrimoine gratuitement. Je pense qu’un peu de lecture pourrait en détendre un peu certain…
Disclosure : Vous devez avoir plus de 18 ans pour lire cette note, ou vous devez éviter de vous faire attraper par vos parents. Ceci dit, si vous avez moins de 18 ans, je me demande bien ce que vous venez faire sur mon blog où cette note est sans doute la première qui doit pouvoir éveiller quelque chose en vous
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