Je suis certain que vous connaissez Evernote, un formidable outil de gestion de vos notes personnelles. Pour ma part, c’est un service que j’utilise depuis très longtemps, avec plus ou moins d’enthousiasme en fonction de ces périodes où l’on est plus ou moins actifs, plus ou moins la tête dans le guidon.
L’arrivée du client iPhone a tout changé et m’a redonné un goût incroyable pour le service. La raison en est simple : Evernote devient utile à tout, pour tout et en tous lieux puisque dans votre poche, que vous ayez une connexion ou pas (c’est à dire même dans un avion).
Du coup, il devient un lieu de stockage un peu magique dans lequel vous allez, par exemple, mettre vos idées sur un sujet précis puis venir les alimenter un peu comme un Wiki personnel (je sais, ces deux mots cote à cote est assez improbable ). Mais il y a bien d’autres usages… Vous allez pouvoir y stocker les modes d’emplois de tous vos appareils électroniques, des photos de vos biens destinés aux assurances en cas de problème, des photos prises directement depuis votre iPhone des étiquettes de bouteilles de vin accompagnées de vos notes de dégustation, des notes vocales grâce une fonction similaire à celle d’un dictaphone que vous pourrez ensuite enrichir de tout un tas d’informations comme bon vous semble, etc, etc…
Toutes ces notes sont accessibles en 3 lieux : sur votre Mac via le logiciel à télécharger, sur votre iPhone avec une application gratuite ou en ligne sur le Web.
Beaucoup de nouvelles fonctionnalités sont arrivées et pas mal d’autres attendues. Le service évolue de plus en plus vite tout en restant gratuit, pour peu que vous supportiez quelques encarts publicitaires. Sinon, vous pouvez toujours prendre la version payante, similaire mais sans pub et avec quelques trucs non significatifs en plus… Rien de suffisant pour que vous ayez à sortir votre carte bancaire.
C’est d’ailleurs ce qui m’inquiète un peu.
Je serai prêt à payer pour ce service et le fait qu’il soit gratuit me laisse présager le pire quand à sa capacité à gagner de l’argent uniquement par la pub, donc à être rentable donc… à être pérenne. Quand on sait que même Flickr rencontre aujourd’hui des difficultés et que Facebook est à des années lumières de rentrer les fonds nécessaires à son simple hébergement, je pense qu’il est temps de se poser la question des divers business models possibles et de notre revendication permanente du « tout gratuit ». C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis un des fervents défenseurs du business model d’Hellotipi. Oui, c’est un service payant (et pas trop cher !)… mais c’est justement le prix à payer pour que ce service soit là demain, continue d’évoluer avec de nouvelles fonctionnalités et ne soit pas obligé de se vendre au premier venu avec nos données de famille en prime. Je crois bien que le positionnement d’Hellotipi, finalement, c’est d’être un peu l’anti-Facebook (au sens photographique du terme).
Evernote a besoin de gagner de l’argent pour assurer son développement mais aussi la continuité de son service. Je suis prêt à payer pour l’utiliser, tout comme je suis prêt à payer pour utiliser Flickr ou Dropbox, par exemple. C’est d’ailleurs ce que je fais, notament pour Dropbox qui me fait payer assez cher mes plus de 100Go en ligne, et pourtant sans le moindre regret. Je pense que je serai également prêt à payer pour utiliser un Twitter offrant un plus large panel de services…
Sans argent, pas de pérennité ni de sécurité à moins de voir son écran envahi en permanence par la pub, ce qui est impensable quand on parle de ses notes parfois très personnelles, ses fichiers ou sa famille. On dit souvent que ce qui est gratuit n’a pas de valeur ; je crois que cela peut être faux pendant un certain temps, mais que dans la durée, cela se vérifie souvent…
Tiens, on pourrait en profiter pour reparler d’Hadopi, cette loi dont la stupidité avérée se déverse partout sur Internet, le plus souvent à juste titre. Là aussi, finalement, il est question de modèle économique et là non plus, le tout gratuit n’est pas une solution car il n’a aucune pérennité… pas plus que le business model déjà mort consistant à voir perdurer la tonte des consommateurs par quelques « majors » et ce, depuis des années.
Un juste prix cohérent avec une juste valeur… Ce n’est pas ça, le Graal des services sur Internet ?
Je sais, c’est le genre de titre qui te fait exploser le trafic d’un blog le temps de le dire, mais pour une fois, je ne plaisante pas
Playboy vient de décider d’offrir 53 de ses magazines de Janvier 1954 à Mai 2006. Ils sont accessibles via une application Silverlight plutôt bien faite et le tout est… gratuit, comme cette page tirée d’une édition de 1967.
Si j’en parle, c’est tout simplement parce que Playboy a une place à part dans l’Histoire… Hugh Hefner et sa bande ont été des pionniers, des agitateurs, des précurseurs, des leaders d’opinion, des révolutionnaires… alors que le contenu, du moins en comparaison de ce à quoi peuvent accéder les générations montantes aujourd’hui, ne cassait pas trois pattes à un canard.
Même sans parler des photos sexy de jolis femmes, Playboy est une sorte d’institution dont l’entrepreneur que je suis respecte le succès incroyable. Si, si, je suis sérieux (je précise ça parce que je vous vois sourire derrière votre écran ).
Il existe une sorte d’esprit Playboy, le lapin étant devenu mythique et même certains des plus conservateurs mormons américains ont fini par reconnaître que Playboy était le diable mais que ce diable là avait une certaine forme d’utilité.
Une fois de plus, à l’heure où les dirigeants de mon pays préféré se demandent comment ils vont pouvoir contrôler la propriété quitte à la rendre inaccessible, c’est encore Playboy qui montre l’exemple en offrant tout son patrimoine gratuitement. Je pense qu’un peu de lecture pourrait en détendre un peu certain…
Disclosure : Vous devez avoir plus de 18 ans pour lire cette note, ou vous devez éviter de vous faire attraper par vos parents. Ceci dit, si vous avez moins de 18 ans, je me demande bien ce que vous venez faire sur mon blog où cette note est sans doute la première qui doit pouvoir éveiller quelque chose en vous
Oui je viens dans son temple écorner l’Albanel,
Formée aux rimes riches, croisées ou suffisantes,
Fonctionnaire de l’Etat, fruit d’une culture modèle,
Bras misérable et mou d’une bande passante.
L’occasion était belle de prendre de l’avance,
De changer la matrice, d’oublier les rancoeurs,
De dessiner ensemble un chemin pour la France,
Partager la culture, lui trouver une valeur.
Tant d’énergie perdue à se recroqueviller,
Tant de temps gaspillé à prononcer des maux,
Nous assistons, bêlant, au chant du fusillé,
Implorant la clémence d’une bande de veaux.
La France aux yeux du monde, précieuse et ridicule,
S’agrippe à ses lubies dans un dernier soupir,
Pathétique entêtement d’un taureau qu’on accule,
Tandis que la bandrille creuse la plaie qui empire.
D’Italie, d’Angleterre ou de Nouvelle-Zélande,
On entend que les uns ont convaincu les autres.
Serions-nous les derniers dans cette sarabande,
à penser que nos lois sont meilleures que les vôtres ?
Il en faut du courage pour parvenir au but,
Défier les ronds de cuir et les bouffons du Roi,
Oui de la Quadrature je soutiendrai la lutte,
Car les plus beaux combats ne se livrent qu’une fois.
J’exagère un petit peu car parfois, HADOPI me fait rire… Enfin, surtout quand Vinvin en parle dans la toute nouvelle WebTV d’Hellotipi.
Voici l’épisode en question, mes commentaires suivront derrière :
Parce que sinon, en fait, la loi HADOPI ne me fait pas rire du tout, elle… Ce n’est pas vraiment pour ce qu’elle va changer sur le plan des usages ou techniquement : Il doit falloir 20 secondes pour passer par un proxy et devenir invisible… et cette « technique » sera native à l’ensemble des clients P2P de téléchargement quelques jours avant l’adoption de la loi en question, à n’en pas douter.
C’est qu’une fois de plus, elle nous fait passer pour des cons dans le monde entier, comme si nous étions arc-boutés sur ce que d’autres, dans d’autres lieux, nommeraient des acquis sociaux. Les discussions que j’ai pu avoir sur le sujet avec quelques américains – et pas seulement des Power Users de la Silicon Valley, je parle de gens « normaux » – étaient très drôles, car ils me demandaient surtout de confirmer qu’ils avaient bien compris ce que la France était en train de faire, tellement cela leur paraissait irréel.
Si je dois me taper 9 chansons inaudibles de médiocrité pour une seule vaguement acceptable, alors que le « Back Office » de l’artiste en question a déjà largement financé ce disque à coup de SMS sur une chaîne de grande écoute, que cela me coûte 20$ et qu’en plus, je dois le ripper pour le mettre sur mon iPhone (pour peu que je ne le perde pas), je vais retourner à Vuze. Qui accepterait un tel deal ?
Il existe pourtant un moyen simple de réconcilier – presque – tout le monde. Si je peux acheter de la musique de qualité à un prix rationnel, simplement et utiliser la musique que j’ai acheté comme je le souhaite (n’importe quel support, la prêter à qui je veux si je veux, la revendre, la donner…), je ne vais pas pirater.
D’autres continueront sans doute à le faire, n’ayant pas un pouvoir d’achat suffisant pour suivre le rythme et pour d’autres multiples raisons, mais la très grande majorité ne perdra plus son temps à essayer de by-passer un système simple et accessible dans une équation économique acceptable.
Je ne comprend pas grand chose à cette loi, mais comme le souligne Vinvin dans ce Show très drôle, elle est vraiment d’un autre âge.
Chère Nathalie Kosciusko-Morizet,
Je sais qu’HADOPI n’est pas dans votre giron et je sais que votre charge est loin d’avoir la place qu’elle mérite dans la hiérarchie gouvernementale, mais je crois sincèrement qu’il y a ici matière à prendre un peu d’avance sur le reste du monde, en favorisant l’émergence de nouveaux Business Models sur le secteur. Vous avez plutôt un bon accueil et un bon soutient de la « communauté ». C’est, sans aucun doute, bien mieux que l’inverse…
Tous mes voeux de réussite vous accompagnent pour réussir ce que l’on pourrait comparer, dans votre situation, à l’ascension de l’Everest, Face Nord et en Tongs.
Je dirige Kipost, une société d'investissement très impliquée dans des projets qui me passionnent, comme Stonfield, Digidust, Labotec, Hellotipi et même APICube à partir de Sept 2010 ;-)...
Basé à Toulouse et souvent à Miami, je m'enthousiasme pour ceux qui croient en eux et ne doutent de rien, ceux qui ont compris qu'Internet ouvre sur le monde et non enferme, ceux qui jouent ou aiment le rugby et ceux qui considèrent que le vin et la gastronomie sont des piliers majeurs de l'Art de Vivre.