Ne le cherchez pas dans les livres de médecine, il n’existe pas. En fait, je viens de l’inventer (Oui, je sais, c’est la classe ) ou du moins, je viens de donner un nom à ce que je ressentais, bafouant par la même occasion le travail de tout un tas de scientifiques et de psychiatres qui devaient déjà l’avoir largement identifié, exploré, disséqué… et donc, nommé !
Le Syndrome du Crabe Bleu, c’est une sorte de mélange de sentiments comme être bien quelque part et vouloir être ailleurs sans partir de là où on est, être heureux de ce que l’on fait et rester focus tout en se disant qu’il y aurait pourtant tellement d’autres chantiers utiles à mener…
Il n’est que 11:00 du matin, je n’ai pas bu ni pris de substance pour faire du vélo plus vite.
Depuis notre retour et mon recentrage sur des projets plus personnels, tout va pour le mieux. Bien-sûr, certains projets se développent très bien et le business est difficile sur certains autres mais les bonnes idées comme les emmerdements que je traite sont les miens, me sont directement imputables et c’est mon job de mettre tout ça sous contrôle. Par ailleurs, je suis en train de mettre les dernières touches à quelques autres projets pour Kipost, qui verront le jour début 2010 ce qui me donne le sentiment d’avancer plutôt pas mal. A coté de cela, la vie est plutôt douce dans le Sud de la France, proche de sa famille, de ses proches et d’un art de vivre d’une qualité que je trouve exceptionnelle.
Pourtant, de temps en temps, la Floride me manque aussi… pas en mode vacances, en mode vie courante. J’y ai toujours un « pied à terre » avec Labotec, qui est basé à Miami, beaucoup d’amis « laissés » sur place… et même un superbe bureau qui m’attend, avec de grandes baies vitrées et une vue magnifique sur Miami, ce que Florian ne manque jamais de me rappeler à chacun de nos calls La vie aux Etats-Unis est différente, moins sociale mais plus facile.
Bref, le lieu de vie idéal n’existe pas et, comme ce crabe bleu, typique de Floride, j’ai le sentiment d’avancer sereinement, bien armé et plutôt déterminé… mais en marchant de travers par rapport à une norme établie, cette façon de marcher droit qui ne semble décidément pas me convenir.
Cette semaine se tient la conférence LeWeb, organisée à Paris par Loic et Géraldine Le Meur. Il est peu probable que vous n’en ayez pas entendu parler si vous vous intéressez au business Internet, car, du coté de l’Europe, il y a des tonnes de conférences sur le sujet… et il y a LeWeb.
Près de 2000 personnes du monde entier, principalement US et Europe viennent se retrouver, échanger, travailler leur réseau, chasser les opportunités d’investissement ou les investisseurs, prendre le pouls du marché, retrouver les amis… Cette année, le thème est : le Web Temps Réel.
Je vous en parle bien évidemment parce que je serai moi aussi à la Messe, pendant les deux jours et un peu plus encore. Si vous voulez qu’on s’y croise, ce sera avec plaisir… Nespresso est l’un des sponsors donc nous n’aurons pas d’excuse
En plus, on ne sait jamais, iSOS qui est la première application rendue publique par Labotec pourrait faire un beau parcours aux AppStar Awards, puisqu’elle fait déjà partie des finalistes et qu’elle a la chance d’être plutôt bien soutenue par plein d’amis (et merci, d’ailleurs ).
Le plus simple sera de me contacter via Twitter ou de venir me voir directement pour ceux qui connaissent ma tête (c’est le beau gosse en photo juste au-dessus, dans le header de ce blog, mais qui a pris un peu de poids depuis ). Sinon, vous pouvez m’envoyer un email, laisser un commentaire, me passer un coup de fil… Bref, utiliser ce que vous voulez, le tout est qu’on y arrive
Si vous n’avez pas décidé de venir – ce qui est sans doute un tort, mais le prix de l’entrée est largement à la hauteur de l’intérêt de la conférence… donc de ce fait, pas forcément à la portée de toutes les bourses – je vais également aller à quelques soirées, et notamment à Life is Better On et à la soirée DrinkTank, organisée par la team BizSpark de Microsoft.
Voilà, vous savez tout. D’un autre coté, si vous ne voulez pas qu’on se voit, fondez-vous dans la foule ou ayez l’air super occupé avec votre iPhone en me croisant. C’est ce que font la majorité des investisseurs qui ne veulent pas se faire pitcher au moment d’aller au buffet
J’imagine que vous vous souvenez de la campagne de Charity Water, que nous avions été nombreux à initier et à soutenir. Je reviens dessus car elle vient de se terminer il y a quelques jours et je voulais faire un point dessus.
D’abord, la bonne nouvelle est que les 5000$ ont été largement atteints, puisque la campagne se termine à 6220$. Il y a eu 154 donateurs en tout (soit un peu plus de 40$ par don, en moyenne) et surtout, cela représente 311 personnes qui vont avoir accès à de l’eau potable pendant 20 ans.
Je l’ai déjà dit plusieurs fois : ce n’est pas grand chose face au milliard de personnes qui manquent d’eau… sauf si vous êtes l’une de ces 311 personnes pour qui c’est énorme.
Etant l’un des porteurs de ce projet, je voudrais donc remercier tous ceux qui y ont contribué que ce soit par leurs dons, les notes qu’ils ont publié sur leur blog, les tweets et les RT, le buzz sur Facebook, la patience devant un système de paiement parfois récalcitrant… Bref, tout ce qui a pu contribuer à collecter ces quelques milliers de dollars.
Si j’en crois ce que l’on trouve à présent sur la page de la campagne, nous devons donc attendre 12 à 18 mois pour recevoir les coordonnées GPS et quelques photos du projet qui aura été financé (ou co-financé) par nos dons.
D’ici là, on verra si l’envie de remettre une tournée reprend aux quelques furieux qui ont contribué à l’animation de cette campagne, dont moi… auquel cas, je devrais recommencer à vous prendre la tête avec mes envies d’eau potable
Si vous suivez un peu les blogs de la bande, vous savez déjà sans doute que la Campagne pour Charity:Water que nous avons animé tous ensembles pour collecter les 5,000$ nécessaires au financement d’un projet est un succès.
A l’heure à laquelle j’écris ces lignes, ce sont près de 5,700$ qui ont été collecté, soit 284 personnes qui vont avoir accès à de l’eau saine pour les 20 prochaines années. Je ne me sens pas de remercier tous ceux qui ont participé, relayé ou donné car nous étions nombreux à animer ce projet et je n’en veux pas la paternité. Je suis simplement heureux de voir qu’en se donnant un peu la peine, une partie de la blogosphère, tellement décriée par ailleurs, est capable de se mobiliser un tant soit peu pour des projets positifs et pleins de sens. Nous avons été plutôt nombreux à faire un geste, chacun en fonction de ses possibilités, de ses envies, de ses moyens… C’est ce qui compte à mes yeux.
Nous faisons tous, chaque jour, des choses sans importance ou n’ayant que des répercutions insignifiantes : je crois que si j’étais l’une des 284 personnes directement concernées, je me dirais que ce que nous avons fait est loin d’être insignifiant, loin d’être inutile. Tout est finalement une question de perspectives…
Maintenant que nous sommes à l’objectif, il est évident qu’il ne va pas être facile de mobiliser à nouveau tout le monde pour taper, par exemple, la barre des 10,000$. Pourtant, c’est un chiffre qui sonne bien, qui ressemble plus à un pallier que 5,000$ (choisi parce que c’était le coût d’un projet dans son ensemble) et surtout, chaque fois que 20$ sont récupérés, c’est une personne qui accède à de l’eau potable… et pour elle, c’est énorme.
Je vous propose de débattre sur 3 possibilités, qui sont celles qui me viennent spontanément à l’esprit :
1/ On arrête simplement la campagne, puisque nous sommes à l’objectif. C’est frustrant, mais d’un autre coté, je comprend que beaucoup d’entre vous en ait assez de se faire spammer régulièrement sur le sujet et se démobilisent.
2/ On continue ainsi, sans trop pousser pour ne pas lasser, en se disant qu’un petit don par-ci, un petit don par-là pourront apporter un peu d’eau au moulin (je sais, je suis très drôle ). Ce n’est pas très ambitieux, mais au moins, cela reste actif.
3/ On continue mais différemment, sur un autre format, en nouant par exemple des partenariats avec des sponsors qui vont abonder en fonction des dons. C’est bien plus séduisant car cela fait du sens, d’une part pour des partenaires éventuels et d’autre part, pour Charity:Water… mais il va falloir y passer pas mal de temps, parce que ça ne se fera pas tout seul et nous sommes peu nombreux à avoir ce genre de temps libre.
J’ai déjà un avis, mais je préfère ne pas le formuler tout de suite pour ne pas influencer et laisser de la spontanéité à ceux qui voudront commenter. Bien évidemment, si vous avez un autre idée, n’hésitez pas à la soumettre… Tout ce qui est constructif est bon à prendre !
Je parle beaucoup de gastronomie, au point de parfois exagérer un peu, c’est vrai, sur le coté « On mange bien en France ». En fait, ce n’est pas ce que je pense pourtant. Parmi toutes les cuisines du monde, il y en a beaucoup d’autres que j’aime passionnément et notamment, la gastronomie Italienne.
Je ne suis pas un spécialiste, mais cette cuisine me parle. J’imagine que c’est mon coté Latin qui trouve ici un écho. Les Italiens font une cuisine gaie, une cuisine qui fleure bon les repas du dimanche, les rires et le partage. On y sent l’influence de la Méditerranée, de l’huile d’olive, de la terre rocailleuse… Les goûts sont riches, complexes même si faits de choses simples.
On a toujours l’impression qu’il ne faut que quelques minutes à un cuisinier Italien pour faire un miracle avec 3 tomates, un peu d’huile d’olive, du basilic et du sel. Cela ressemble à un tour de magie…
Sans vouloir en faire des tonnes, ils ont aussi un vin qui sait se défendre. Je suis incapable de donner des exemples ici, mais j’ai simplement le souvenir d’avoir goûté de très bons rouges avec des noms bizarres. Ils en ont aussi de très mauvais, mais j’ai peur que nous en soyons tous là.
A lire ces quelques lignes, je m’aperçois que j’ai un vision assez romantique de cette cuisine, pleine d’images et de sensations pas seulement gustatives… mais finalement, c’est bien ce que raconte la cuisine qui me fait rêver. On ne boit pas un grand crus dans un verre en plastique, pas parce que ça change le vin mais parce que ça change le moment, l’expérience. Penser à la Toscane quand on mange un carpaccio ou un plat de pennes à l’ail rend ce moment encore plus vrai, encore plus fort et prenant.
Une cuisine extraordinaire, du bon vin, de grandes tables et un peu de soleil… Ces Italiens n’ont pas grand chose à nous envier finalement. Il ne manquerait plus qu’ils deviennent bons au rugby
Ma première start-up aurait pu être dans un autre domaine que la technologie, tant cet autre domaine me passionne : notre gastronomie.
J’ai profité d’un rapide passage dans l’Aveyron, hier, avec mon père, pour faire une halte shopping à Roquefort et visiter la maison Carles. Celle-ci fait l’un des meilleurs Roqueforts artisanaux qui soit. Elle est malheureusement fermée le week-end donc je me suis rabattu sur une autre marque, sans aucun doute moins bonne puisque moins artisanale et portant un nom différent (non, la mauvaise foi ne m’étouffe pas !)
Affiche devant le point de vente du Roquefort Carles, dans l'Aveyron
Cela m’a simplement donné l’occasion de réfléchir, une nouvelle fois, à l’idée de destin et de choix qui changent des vies. Que serait ma vie si j’avais choisi ce chemin là, aidant à la conception et l’affinage d’un des fleurons de notre terroir, à sa commercialisation même aux Etats-Unis (je n’ai peur de rien ! ), etc…
Le temps me manque, mais j’aurais même aimé leur donner un coup de main sur leur communication en ligne, juste pour le plaisir de m’impliquer dans ce secteur d’activité passionnant. Je ne veux pas faire offense à ma famille éloignée, mais leur utilisation d’Internet est relativement… classique, alors que je suis certain qu’il y aurait des tonnes de choses à dire, à montrer, à raconter pour porter bien haut la renommée du Roquefort Carles dans le monde entier… Mais bon, en même temps, je préfère qu’il fasse l’un des tous meilleurs Roquefort plutôt que d’avoir une super présence survendue dans les médias sociaux
Non, je ne vais pas vous parler d’Hellotipi et des formidables choses que Cyrille et François sont en train de préparer…
Dans 5 jours, à la même heure, je serai dans le vol qui me ramènera, ainsi que ma famille de la belle ville Bling Bling vers la belle Ville Rose (en passant par la non moins belle Ville des Lumières).
Je n’ai pas une once de nostalgie ni d’amertume car la France me manque… enfin, une certaine France. J’espère simplement que ce n’est pas celle que j’ai sans doute un peu trop idéalisée pendant mon absence. En même temps, je n’ai pas beaucoup d’enthousiasme à partir car je sais déjà que les Etats-Unis vont me manquer… enfin, certains aspects des Etats-Unis.
Etrange sentiment de flotter entre deux états d’esprit… Ce n’est pas positif ni négatif, c’est simplement là et diffus.
Ma famille et moi avons passé 6 mois incroyables et riches. Nous avons découvert, expérimenté, aimé, détesté, adopté, compris, appris, changé de point vue… Je crois que les séjours à l’étranger devraient être obligatoires pour tout le monde, quel que soit le pays où l’on souhaite aller passer un peu de temps.
Sur le plan professionnel, ces 6 mois vont se solder par un bilan mitigé que je vais devoir rapidement améliorer en rentrant, au prix de quelques concessions et d’une débauche d’énergie certaine. Je pense toujours sincèrement que l’on peut travailler à distance grâce à ce que la technologie nous apporte, et je crois toujours que cela peut être quasiment transparent pour votre écosystème.
Mais il y a plus que de la distance entre 2 continents : il y a une différence de fuseaux horaires et énormément de temps de voyage lorsque l’on veut rentrer pour les tâches qui nécessitent une rencontre (sans même parler du coût). On travaille donc beaucoup plus pour une efficacité au mieux égale et souvent plus faible.
A mon arrivée, je me suis donné comme jamais de ma vie je ne l’avais fait, pas même pendant la « première guerre de l’Internet » et les années paillettes. J’étais debout chaque jour avant 5h du matin pour me mettre derrière mon Mac jusqu’à 19 ou 20h environ, déjeunant généralement en 10 minutes derrière le clavier… Au paroxysme de cette période et juste pour l’anecdote, je me suis aperçu que je venais d’enchaîner près de 9h de conf call sur la même journée et qu’il n’était pourtant que 16:15 ?!? De quoi faire frémir un exec d’IBM
Cela n’a duré qu’un temps, un peu plus de 3 mois, avant que la fatigue ne me rende agressif et que j’en perde ma lucidité comme mon intuition, finalement obsédé par le besoin utopique de démontrer que « ça ne changeait rien ». Début Avril, après un court passage en France et quelques « alertes », j’ai vraiment eu besoin de lever le pied sans même que ce soit une décision à prendre ; Cela s’imposait de soi-même… Impossible de continuer ainsi. Je suis retombé autour des 8h par jour (ce qui m’a permis de me reposer et de prendre pas mal de recul). Cela peut paraître normal voir beaucoup mais je vous assure que c’est peu lorsqu’on a l’habitude d’être sur pleins de sujets à la fois. J’avais l’impression d’être presque en vacances
De ce fait, la fatigue s’estompant, l’envie et l’enthousiasme sont lentement revenus, me remettant dans un état d’esprit qui m’avait quitté quelques mois plus tôt. Tout cela n’est pas fondamentalement positif mais j’ai récolté ce que j’ai semé… et j’en parle car cela peut être utile à certains workaholics que je connais
Bien-sûr, au milieu de tout cela, il y a eu le lancement de Labotec, qui reste une très grande satisfaction sur le plan professionnel, mais le fait que je sois ici n’a eu qu’un rôle mineur dans ce projet et j’aurais très bien pu prendre part à cette start-up depuis mon bureau toulousain. Le rôle d’un associé est très différent de celui d’un manager, et les aspects « spatio-temporels » sont bien moins impactants.
J’avais fait la promesse à ma femme de réaliser un de ses rêves que j’avais déjà repoussé par deux ans de suite parce que ce « n’était pas le moment »… parce qu’il faut savoir qu’en fait, ce n’est jamais le moment
La crise commençant à poindre le bout de son nez lorsque nous avons tout mis en route, j’aurais sans doute du être plus raisonnable, plus responsable et repousser une nouvelle fois, juste d’un an, mais je crois que ce n’était pas possible, pas audible, pas acceptable. De plus, je dois avouer que je n’aurais jamais pensé qu’elle soit aussi violente, aussi profonde et qu’elle pourrait toucher autant notre économie et nos entreprises, même insidieusement.
Vivre avec un entrepreneur (et parfois travailler avec lui) n’est pas si simple (et je parle de l’état d’esprit d’entrepreneur, pas du statut). Pour la famille, cela représente souvent beaucoup de sacrifices, sur le temps libre que l’on peut passer avec les siens, sur le manque de loisirs, sur les vacances annulées mais aussi sur le plan financier. Sur ce dernier point, il faut comprendre que le simple fait de créer une entreprise ne vous rend pas riche. En général, vous commencez même par y mettre votre propre argent et ne pas vous payer le plus longtemps possible. Votre famille, de son coté, attend patiemment que cela commence à marcher ou que vous reveniez sur des chemins plus stables après un échec qu’elle espère le moins douloureux possible. Je crois donc que de temps en temps, nous devons renvoyer l’ascenseur, même si c’est « un peu cher » à divers niveaux.
Sur le plan humain, c’est étonnant de voir à quel point cette expérience m’a apporté beaucoup… Je ne crois pas avoir trop changé – à part deux ou trois kilos de plus, bien sûr – mais j’ai l’impression d’avoir « grandi » un peu (je n’ose pas dire « gagné en maturité » parce que ça donne l’impression de vieillir…) sur le plan personnel et professionnel. J’ai découvert deux ou trois aspects de ma propre personnalité que j’ignorais. Je crois, avec le recul, que j’avais besoin de cette « aventure », peut-être plus que ma famille finalement.
A mon retour, c’est à dire dès la semaine prochaine, pas mal de nouveautés devraient prendre forme (je parle de business, ma femme et mes enfants, normalement, restent avec moi ), de projets et d’énergie… Entre autres, Stonfield InWorld devrait bientôt annoncer un truc sympa mais bon, on reparlera de tout ça un peu plus tard, rien ne presse
A lire ces lignes, vous devez penser que tout va mal et que mon passage aux Etats-Unis est catastrophique sur le plan professionel, mais ce n’est heureusement pas le cas. Relisez bien, je n’ai pas de regret et je parle d’assumer mes décisions (car je les crois justes) et leurs conséquences (parce c’est juste). Aucune des entreprises dans laquelle je suis investi ne manque de perspectives… et celles-ci sont parfois vraiment excitantes. J’ai simplement écrit cette note pour partager, le plus sincèrement possible, le premier bilan de MON aventure avec tous ceux qui m’ont suivi ici et sur Twitter, qui rêvent de se lancer, avec tous les entrepreneurs qui me lisent parfois… mais aussi avec tous les autres genres d’entrepreneurs (salariés de grands groupes, fonctionnaires, bénévoles, etc..), ceux qui en font voir de toutes les couleurs à leur famille à cause de leurs choix professionnels.
Aimer son métier et le faire avec enthousiasme est sans le moindre doute un magnifique choix de vie qui laisse toute sa place à la passion mais… c’est une décision d’égoïste. C’est la raison pour laquelle vous devez, même si cela vous coûte cher, penser aussi qu’il y a des gens qui ne peuvent pas attendre votre retraite pour commencer à vivre, qui vous aiment et qui méritent mieux de votre part qu’un simple grognement impatient quand vous rentrez trop tard le soir…
J’ai eu quelques échanges récemment avec des amis, sur mon aventure américaine. L’un d’entre eux m’a vraiment marqué, car il remettait pleinement en question le fait que je sois toujours un entrepreneur. Je vous passe les détails parce qu’ils impliquent plein de choses qui ne peuvent pas être rendues publiques, mais finalement, il avait sans doute un peu raison quelque part.
Cet échange et quelques autres m’ont fait réfléchir sur ce que j’étais vraiment devenu, ce que j’avais envie de faire et comment j’allais orienter ces prochains mois, surtout après mon retour en France.
Il est vrai qu’en Novembre dernier, j’avais perdu beaucoup d’énergie en étant sur plein de fronts en même temps et que j’avais besoin de respirer un peu, comme un coureur vraiment à bout de souffle. L’arrivée aux Etats-Unis n’a finalement rien arrangé, car j’ai été contraint d’accélérer le rythme pour compenser la distance avec la France et l’écart de fuseaux horaires. Je crois que cela m’a achevé
Depuis un mois environ, j’ai pris un peu de recul, j’ai beaucoup lu et je me suis reposé. Il était temps, je crois, car j’étais en train de faire le vide autour de moi, sur le plan privé comme professionnel, par mon rendement devenu médiocre et mon caractère vraiment pas facile.
Je suis tombé récemment sur cette excellente vidéo « Entrepreneurs can change the world » que je vous invite à regarder pour deux raisons : Elle nous renvoie à une image un peu romantique de l’entrepreneur que je suis étais… et elle est la synthèse de cette période de repos et de réflexion.
Je n’étais peut-être plus un entrepreneur il y a quelques mois, mais je crois que je le suis redevenu, au sens le plus simple du terme.
La fatigue évanouie et l’envie à nouveau là, j’ai des idées plein la tête et l’impression que c’est une sorte de feu qui coule à nouveau dans mes veines, au point qu’il me tarde de rentrer en France pour me replonger dans un rythme plus palpitant que celui que j’ai maintenant ici.
Plus largement, j’aimerai que cette vidéo puisse inspirer beaucoup d’entre vous, puisse réveiller l’entrepreneur qui dort en vous et le faire se lancer enfin… parce que la France et l’Europe me semblent avoir plus que jamais besoin d’entrepreneurs, malgré leur mauvaise image et les difficultés actuelles. Contrairement à ce qu’en pense un très grand nombre de personnes, faisant souvent l’amalgame entre divers types de patrons, les entrepreneurs créent des emplois, de la valeur, de l’innovation, de la croissance et de la richesse pour eux, mais aussi pour leurs équipes, pour leur pays donc pour nous tous.
Cette vidéo est une pub pour une entreprise américaine donc elle puise forcément son énergie de l’histoire des premiers émigrants. Je crois toutefois que l’on peut sans problème la transposer sur notre vieille France. Nos ancêtres n’ont sans doute pas fait la conquète de l’Ouest, ont plein de sang sur les mains et des tonnes d’erreurs à leur palmarès… mais ils ont également installé une Démocratie sur les cendres de la Monarchie Absolue, fait faire des progrès incroyables à l’Art comme à la Science ou la médecine, ont jeté les bases des Droits de l’Homme, ont aboli l’Esclavage et inventé le French Flair au rugby
Tout cela n’aurait sans doute pas été possible si nous n’avions pas cette force en nous. Il n’y a pas de complexe à avoir, devant qui que ce soit (et ne mettez pas ça sur le compte de mon arrogance, je suis parfaitement lucide !). Le monde change plus vite que jamais, sous l’impulsion d’une véritable révolution industrielle portée par la technologie et cela nous offre plus d’opportunités qu’il n’y en a jamais eu, plus d’opportunités que de dangers si nous savons nous y engouffrer. Nous avons des idées, nous avons des compétences et une culture solide… il ne nous manque plus que l’envie de rentrer dans l’arène et de nous battre pour nos projets.
Me concernant, je crois avoir retrouvé tout cela.
Je vous laisse là dessus, face à vos propres envies et vos réflexions
C’est vraiment la question que je me pose en ce moment… et elle ne date malheureusement pas d’aujourd’hui.
Il est très facile, quand on est expatrié, de relever tout ce qui va mal dans son pays d’origine et tout ce qui est mieux « ici ». C’est facile parce que cela saute aux yeux… Au début, on se dit que c’est principalement lié à la nouveauté. Pourtant, après quelques mois, il reste des différences que l’on ne s’explique pas tout en se remémorant ce que notre pays d’origine peut avoir de meilleur.
Quand je suis parti de France, on ne pouvait pas ouvrir un journal sans voir que le pouvoir d’achat était en recul net, sur l’ensemble des classes de la population, y compris les plus riches (si, si, je vous assure!). Bien-sûr, plus on descendait le long de l’échelle sociale et plus cela devenait perturbant au quotidien, jusqu’à devenir insupportable pour les classes les moins aisées de la population. Quand on y regarde de plus près, c’est vrai… et quand on y regarde d’encore plus près, c’est même à se demander comment font les Français ayant les revenus les plus bas pour les besoins de base comme se loger, se nourrir, éduquer les enfants… simplement, vivre en fait.
Comme on dit souvent au comptoir : « Tout coûte cher aujourd’hui ! »
Depuis que nous sommes aux Etats-Unis, je dois avouer que je suis parfois un peu perdu. Ici, vous devez payer pour tout, tout le temps… mais ce n’est pas si difficile qu’il n’y parait.
Vous mettez vos enfants à l’école ? Pas de soucis, une école privée coûte dans les 100$ par semaine et par enfant, pour peu que vous n’en preniez pas une trop haut-de-gamme. En plus, ils se débrouillent pour vous taper 20$ par ci et 30$ par là, pour tout un tas de petits trucs non compris dans le prix de base. C’est énorme, mais il existe des écoles publiques si c’est vraiment nécessaire, moins bien que les privées mais vos enfants auront accès à l’éducation aussi pour quasiment rien et les enseignants y font bien leur métier et y mettent autant de coeur.
Vous voulez nourrir votre famille ? Avec quelques dollars, vous trouvez un plat pour tout le monde. bien-sûr, le boeuf est aux hormones de croissance et les légumes, même non organic, coûtent plus cher que les frites… mais vous mangez, chaque jour et à votre faim.
Il vous faut une voiture ? Oui, ici, il vous faut une voiture à moins d’habiter New-York ou Chicago… mais une voiture coûte beaucoup moins cher qu’en France ou en Europe (entre 20 et 40% moins cher suivant les modèles et les marques). C’est vrai à l’achat, mais c’est aussi vrai à l’entretien, et notamment l’essence (sans commune mesure !). Le prix de l’assurance est globalement comparable.
Il manque un élément important : Vous loger. Vous avez 50 000 $ (soit environ 35000 euros) devant vous ? C’est suffisant pour acheter une petite maisonnette dans un quartier pas très chic. Cette maisonnette tient plus du grand Mobil Home que de l’hôtel particulier, mais vous êtes chez vous, avec un toit et une adresse. Si vous avez 200 000$ de coté (ou que vous vous faites financer… dans des conditions normales), vous avez carrément une maison avec 3 chambres et 3 salles de bain, au milieu d’un petit jardin.
Je vais arrêter là car la liste serait trop longue, mais non sans avoir évoqué la santé. Il est possible de se soigner à peu près normalement, même aux Etats-Unis. Cela demande une très bonne connaissance du système et quelques précautions en matière d’assurances. C’est, sur ce point, clairement plus cher que chez nous et je dois avouer que nous disposons d’un système de santé qui est vraiment bien en comparaison, malgré toutes les difficultés qu’il rencontre aujourd’hui. Mais en travaillant un peu le sujet, on peut arriver à un dispositif satisfaisant aux Etats-Unis, y compris avec des revenus de bas de l’échelle.
Arrivé à ce point, je me pose une question qui est pour l’instant, sans réponse : Comment un bas salaire peut-il s’en sortir ici sur les besoins de base alors que « nos pauvres », eux, n’ont aucune chance de joindre les deux bouts ?
J’écris cette note sans donner de leçon car je n’ai pas la moindre idée de ce qui peut provoquer de telles différences. Nous sommes devant deux pays développés ayant une culture finalement assez proche (même si l’état d’esprit est très différente). Sommes-nous plus idiots ou moins créatifs que nos amis Américains ? Je ne crois pas, non. Sommes-nous moins travailleurs ou moins entrepreneurs (dans l’esprit) ? C’est possible, mais sûrement pas autant qu’on ne le pense ou que tout le monde le dit…
Bien-sûr, leur flexibilité est un atout extraordinaire. Ils peuvent virer quelqu’un du jour au lendemain, mais c’est l’une des raisons pour lesquelles ils embauchent aussi facilement (j’ai fait exprès de le dire comme ça, pas la peine de me le faire remarquer ) et il n’est pas rare de rencontrer des jeunes qui ont deux voir parfois 3 jobs en parallèle. J’ai du mal à le mettre en perspective avec nos jeunes que nous n’arrivons pas à faire travailler, ne serait-ce que sur un seul job ?!?
Bien-sûr, les charges sociales qui pèsent sur l’entreprise sont très basses mais cela n’empêche pas le pays d’avoir une puissance financière phénoménale (même si depuis 18 mois, ce n’est plus aussi simple, comme partout) et surtout, cela amène les entreprises à proposer des salaires « décents »… simplement parce que cela devient possible.
Bien-sûr, si vous êtes à la rue, vous n’avez rien d’autre que la solidarité de vos compatriotes… mais celle-ci est réelle, individuelle ou au travers d’associations très actives, de ce que j’ai pu en voir.
Alors au final, j’en viens à ne plus savoir que penser vraiment. Le pays idéal n’existe pas ou du moins, je ne l’ai pas encore trouvé. Je me suis pris à rêver que la France prenne le meilleur des Etats-Unis (et laisse le reste) tout en conservant sa culture, sa créativité et cette forme de diversité plus ou moins intégrée… mais ce n’était qu’un rêve car il y a dans cette idée même une forme d’incompatibilité profonde. Je vois de temps en temps mon pays empêtré dans des problèmes qu’il se fabrique tout seul, dans des combats d’un autre temps (sans même parler d’Hadopi !) et dans des luttes de clochers stupides et stériles qui sont loin d’avoir le charme des derbys d’ovalie.
Plus grave, surtout, de ce que je peux en voir à distance, il n’y a plus aucune unité nationale, plus aucune envie d’avancer ensemble mais simplement une sorte de lutte entre les riches et les pauvres, les fonctionnaires et les salariés, les banquiers et les entrepreneurs, ceux qui travaillent et ce qui ne travaillent plus ou pas encore, les cons de droite et les cons de gauche, les jeunes et les vieux… et tous oublient qu’ils sont potentiellement des anciens ou des futurs de la classe d’en face.
N’en jetez plus, la coupe est pleine.
Je crois qu’il y a une chose que nous pourrions essayer de prendre aux Américains, juste une seule, c’est cette capacité lorsque les choses vont mal pour tous, comme le niveau de pouvoir d’achat par exemple, à oublier un temps leurs querelles, à travailler ensembles et mettre leur énergie au service du pays (qui pour nous, peut être la France mais aussi l’Europe), solidaires et mobilisés vers un objectif commun jusqu’à ce que le problème soit réglé.
Nous avons souvent tendance à dire en souriant, que nous sommes des Gaulois, ce qui donne un air de romantisme au fait que nous nous tapions dessus en permanence et que nous soyons incapables de nous mettre d’accord, mais je dois avouer que l’image d’Astérix commence un peu à me gonfler quand je vois à quel point notre pays s’enfonce chaque jour un peu plus.
Je comprend qu’une personne qui ne travaille pas rencontre des difficultés et que nous ayons besoin de trouver des solutions à ces situations… mais je ne peux pas accepter que le pouvoir d’achat de gens qui travaillent dur chaque jour ne soit même plus suffisant pour loger et nourrir leur famille. En fait, ce n’est pas que je ne peux pas l’accepter, c’est juste que cela n’a pas le moindre sens… ni au présent, ni dans la durée.
La France est-elle à la dérive ?
Je n’ai rien changé en écrivant tout cela et pas apporté la moindre solution car j’en suis incapable. J’ai juste râlé un peu, prouvant si besoin était que je suis toujours foncièrement Français et ce, jusqu’au dernier chromosome de mon ADN. Je vous invite à prendre cette note comme le simple rapport d’étonnement d’un observateur qui a un pied de chaque coté de l’Océan…
J’exagère un petit peu car parfois, HADOPI me fait rire… Enfin, surtout quand Vinvin en parle dans la toute nouvelle WebTV d’Hellotipi.
Voici l’épisode en question, mes commentaires suivront derrière :
Parce que sinon, en fait, la loi HADOPI ne me fait pas rire du tout, elle… Ce n’est pas vraiment pour ce qu’elle va changer sur le plan des usages ou techniquement : Il doit falloir 20 secondes pour passer par un proxy et devenir invisible… et cette « technique » sera native à l’ensemble des clients P2P de téléchargement quelques jours avant l’adoption de la loi en question, à n’en pas douter.
C’est qu’une fois de plus, elle nous fait passer pour des cons dans le monde entier, comme si nous étions arc-boutés sur ce que d’autres, dans d’autres lieux, nommeraient des acquis sociaux. Les discussions que j’ai pu avoir sur le sujet avec quelques américains – et pas seulement des Power Users de la Silicon Valley, je parle de gens « normaux » – étaient très drôles, car ils me demandaient surtout de confirmer qu’ils avaient bien compris ce que la France était en train de faire, tellement cela leur paraissait irréel.
Si je dois me taper 9 chansons inaudibles de médiocrité pour une seule vaguement acceptable, alors que le « Back Office » de l’artiste en question a déjà largement financé ce disque à coup de SMS sur une chaîne de grande écoute, que cela me coûte 20$ et qu’en plus, je dois le ripper pour le mettre sur mon iPhone (pour peu que je ne le perde pas), je vais retourner à Vuze. Qui accepterait un tel deal ?
Il existe pourtant un moyen simple de réconcilier – presque – tout le monde. Si je peux acheter de la musique de qualité à un prix rationnel, simplement et utiliser la musique que j’ai acheté comme je le souhaite (n’importe quel support, la prêter à qui je veux si je veux, la revendre, la donner…), je ne vais pas pirater.
D’autres continueront sans doute à le faire, n’ayant pas un pouvoir d’achat suffisant pour suivre le rythme et pour d’autres multiples raisons, mais la très grande majorité ne perdra plus son temps à essayer de by-passer un système simple et accessible dans une équation économique acceptable.
Je ne comprend pas grand chose à cette loi, mais comme le souligne Vinvin dans ce Show très drôle, elle est vraiment d’un autre âge.
Chère Nathalie Kosciusko-Morizet,
Je sais qu’HADOPI n’est pas dans votre giron et je sais que votre charge est loin d’avoir la place qu’elle mérite dans la hiérarchie gouvernementale, mais je crois sincèrement qu’il y a ici matière à prendre un peu d’avance sur le reste du monde, en favorisant l’émergence de nouveaux Business Models sur le secteur. Vous avez plutôt un bon accueil et un bon soutient de la « communauté ». C’est, sans aucun doute, bien mieux que l’inverse…
Tous mes voeux de réussite vous accompagnent pour réussir ce que l’on pourrait comparer, dans votre situation, à l’ascension de l’Everest, Face Nord et en Tongs.
C’est une bonne nouvelle : Club Penguin, le monde virtuel pour les enfants racheté à grands frais (750 M$ quand même) par Disney vient de passer en Français.
Nos chères têtes blondes vont pouvoir parler à d’autres pingouins de leur aventures. Le seul problème, c’est que les Conditions Générales les obligent à s’insulter pour pouvoir rester dans le jeu.
C’est la joie des doubles négations dans les traductions. Comme d’habitude, je vais ressortir mon Mantra : Keep It Stupid Simple
PS : Ce post est une simple boutade qui me permet de saluer au passage l’arrivée en français du plus grand troupeau de pingouins au monde. Je ne connais aucune entreprise qui puisse être à l’abri de ce genre de légère erreur. Il est évident que Club Penguin n’oblige pas ses charmants bambins à s’insulter… D’une part, ce serait déplacé et d’autre part, il y a déjà la politique pour cela
De retour depuis Vendredi, je passe mon temps à redécouvrir des tonnes de trucs que auxquels je ne faisais vraiment plus attention et c’est assez génial. Cela se traduit par une somme de petits riens, comme un match de rugby en direct (et en plus, un match exceptionnel ! ), les copains des enfants qui squattent la maison depuis notre retour, la nourriture (je ne parle pas des grandes tables du Dimanche, mais juste de celle de tous les jours, qui est finalement si simple et gouteuse ici), et bien-sûr, le vin.
Ne commencez pas à me traiter de tous les noms, je bois des vins du monde entier, sans – trop – d’à priori, qu’ils viennent d’Australie, Afrique du Sud, Chili, Argentine, Italie, Espagne, Islande, USA… mais ce qui est bien avec le vin, c’est l’Histoire, le terroir et la culture qu’il amène avec la première gorgée. Ainsi, dès que j’ai ouvert une bouteille de Bordeaux, le soir même de mon arrivée, je me suis senti… à la maison. C’est un peu con de placer ce genre de sentiment dans du vin, mais c’est le cas. Pourtant, ce n’était pas un très grand vin (ma femme ne boit pas de vin rouge, donc je n’allais pas sacrifier une excellente bouteille sans la partager) mais suffisamment pour que l’effet escompté (je ne parle pas d’ivresse ) se fasse.
Et hier soir, lors d’un diner, on est passé directement sur ce qui se fait de mieux (à mon goût bien-sûr) avec un Saint-Emilion de 1984, du Domaine de La Gaffelière. Je n’y connais pas grand chose, donc je vais être incapable de vous faire rêver avec de formidables notes de dégustation, mais je peux juste vous dire quel plaisir extraordinaire j’ai pris de boire un vin aussi complexe après 3 mois de vin mono-cépage aux Etats-Unis.
Je suis béni de pouvoir avoir un entourage qui dispose de si belles caves, me donnant ainsi la possibilité de gouter des vins incroyables auxquels je n’aurais que peu de chances d’accéder sinon, un peu pour une question de cout, mais surtout parce que je ne m’y connais pas assez pour faire les bons choix.
Je vous met également une photo d’un autre vin, que j’ai également découvert hier soir : Petit Mouton de Mouton Rotschild. L’étiquette est bizarre, faisant plutôt penser à du gros rouge, mais il était vraiment très bon… Bien-sûr, arrivant après le La Gaffelière, il a eu un peu de mal à nous faire tomber par terre, mais il s’est vraiment bien défendu avec ses atouts.
D’ailleurs, ça me fait penser qu’il doit y avoir des milliers de vins à découvrir, qui n’ont pas beaucoup de visibilité mais sont faits avec talent et passion, puis mis sur le marché à des prix raisonnables. Si vous avez une ou deux bouteille à recommander, dans ce genre, n’hésitez pas à m’envoyer un petit message ou à directement le mettre en commentaire.
Allez, je vous laisse, ce soir, j’ai de nouveau un diner (et ma ligne est en train d’en prendre un coup) au cours duquel on devrait vérifier qu’un peu de vin, c’est souvent un petit bout de France
Voilà, je débarque en France ce matin et c’est déjà le bordel n’importe quoi. Lors d’un call avec David, il commence à me chambrer pour me demander si je suis rentré exprès pour le match de ce soir.
Comme je sais qu’il n’y a pas de Top14 ce week-end, je me dis qu’il va encore me prendre la tête avec le FCO (équipe de rugby légendaire d’Oloron Sainte Marie où le grand Bézier n’a jamais gagné… peut-être parce qu’il n’y ont jamais joué d’ailleurs ) qui lutte vaillamment pour son maintien en Fédérale 1 (et à qui j’adresse d’ailleurs tous mes voeux de réussite dans cette difficile entreprise, de 5 matchs à jouer et 5 victoires à ramener !).
Non, il parlait de France – Pays de Galles, le match le plus important de ce tournoi… et il était sérieux ; France – Pays de Galle va se jouer un vendredi soir, à 21:00 !!!
Il semblerait que la raison soit, tout simplement, que France Télévision a des impératifs d’audience auquel il convient de se plier. Euh… Je peux donner le fond de ma pensée ?
Je n’en ai vraiment rien à foutre de leurs problèmes d’audience !
Le Tournoi des 5 6 Nations est une compétition unique et mythique. Pour vous donner une idée, je préfèrerai qu’on abandonne la Coupe du Monde et que l’on conserve le Tournoi, si un choix était nécessaire.
A chaque match, des milliers de supporters font le déplacement, passant un week-end dans une ambiance fraternelle absolument géniale. J’ai des souvenirs de week-ends à Edimburg ou Dublin exceptionnels, à rencontrer des gens vraiment sympa, se chambrer, boire des coups avec eux, faire des rencontres folklos le Samedi matin, etc… Bien-sûr, c’était rarement intelligent comme week-end, souvent alcoolisé mais toujours bon enfant et positif. C’était aussi une occasion de se retrouver, une fois par an, entre vrais amis (même si la vie nous éloigne le reste du temps) et de « se détendre ».
Avec cette idée stupide qui vient briser une tradition vieille comme le tournoi, j’ai failli rater le match, persuadé qu’il ne pouvait être que Samedi après-midi (voir au pire, Dimanche, ce qui était le premier faux pas franchi il y a déjà quelques années, toujours pour satisfaire France Télévision), donc merci David.
Mais je pense surtout à tous ces déplacements qui ne se feront plus, cette vie aux abords des stades et dans les pubs. Si vous aviez vu Edimburg, un week-end de tournoi, la ville entière est au rythme du rugby… Magique.
Des centaines de Gallois ont du annuler leur venue et renvoyer les places qu’ils avaient acheté des semaines voir des mois à l’avance en découvrant qu’ils devraient arriver ce vendredi, dans l’après-midi, ce qui est également le cas de pas mal de Français de province (et notamment du Sud-Ouest, bien-sûr).
Le rugby est un sport de traditions. Ces dernières sont déjà largement mises à mal par les exigences du rugby moderne, je ne crois pas qu’il soit utile d’en rajouter avec des questions d’audience télévisée.
Bilan, juste sur quelques points qui me viennent à l’esprit :
- des supporters qui annulent le déplacement et sont déçus,
- des joueurs qui étaient en Top14 ce week-end et qui perdent un jour de récupération supplémentaire,
- un esprit du tournoi, qui s’amenuise années après années,
- des joueurs qui vont passer 5 heures de plus à se mettre sous pression aujourd’hui, alors qu’ils ne doivent avoir qu’une envie : Commencer le match,
- des tas de gens qui n’auront pas la chance d’être prévenu comme je l’ai été, qui ne seront pas encore rentré du bureau, de vacances, ou d’un endroit où l’on est un jour ouvré et pas un samedi,
- un stade qui ne sera peut-être pas plein, ou plein d’invités « au rabais » (lisez-moi bien : pas de passionnés près à casser la tirelire et à faire des centaines de kilomètres pour ce match mais de gens surement sympa qui auront arbitré entre ça et une soirée ciné).
- un Pierre-Olivier qui est furieux et va se venger pendant le match sur une bouteille de Bordeaux qui ne lui aura rien fait… Si ça, ce n’est pas une injustice !
Bon, je vais arrêter là parce que ça m’énerve vraiment, et la fatigue du Jetlag n’est pas là pour arranger quoi que ce soit. Je suis un libéral (même en ces temps de crise où un certain Libéralisme porte une grande part de responsabilité dans ce qui nous arrive) mais là, on est sur du business à la petite semaine, du calcul de court terme… Quand le Tournoi aura perdu de sa magie, il y perdra son audience, et ce sera d’ailleurs tout bénéfice pour le FCO que l’on pourra alors aller encourager dans son combat pour le maintient au lieu de regarder des matchs de rugby devenu football même pas américain.
Je ne suis pas très influent dans le milieu du rugby, mais si vous avez moyen de faire suivre ce coup de gueule à nos amis qui veillent à l’avenir de ce sport (ou à des gens qui connaissent des gens qui les connaissent et vont leur dire qu’ils déconnent), n’hésitez pas !
Ceci étant dit et pour revenir à des pensées plus positives, même avec cette équipe sans ouvreur, sans buteur et avec un gros noob au centre, j’espère que le XV de France sera à la hauteur de son adversaire, nous fera plaisir et pourquoi pas, donnera raison à ses 3 sélectionneurs
A l’heure où cette note sera publiée, je serai dans l’avion qui me ramène des Etats-Unis vers la France, pour un premier break de quelques semaines. Cela fait presque 3 mois que je ne suis pas rentré, une éternité…
Je n’arrive même pas à réaliser à quel point cette expérience est enrichissante.
C’est d’abord le cas pour ma famille. Ma femme, finalement, en parle mieux que moi sur son blog, sans fard. Elle poste ce qu’elle pense, ne filtre rien et se livre bien au-delà de ce dont je serai capable. Sa dernière note pourrait lui valoir quelques commentaires de trolls (ils auraient tort… elle est vraiment sincère dans sa démarche), car elle y aborde des thèmes comme le nationalisme, non pas sur son aspect politique mais culturel.
C’est marrant mais je suis sans le moindre doute un pro-Européen, convaincu que le monde est plat, mais cela ne m’empêche pas d’être attaché à mon pays, et dans ce pays, à mon Sud-Ouest, mes racines. Et toutes ces notions cohabitent ensemble dans ma tête, sans jamais s’entrechoquer. Pourtant, j’ai souvent l’impression que les Français ne sont pas fiers de leur pays, n’aiment pas leur hymne au point de le siffler dans les stades et ne sortent pas leur drapeau (ce qui serait considéré non pas comme un signe d’amour de son pays mais de fascisme ?!?)… Aimer son pays ne signifie pas ne pas aimer les autres pays, ni les gens qui n’y sont pas nés… On peut avoir assez d’amour pour tous, non ?
J’aimerai tellement retrouver cette unité nationale que j’ai senti ici, pas seulement les soirs où l’on gagne une Coupe du Monde de Football mais de façon plus régulière.
Pour revenir à cette première mi-temps qui se termine, tout est finalement allé très vite. J’ai essayé de m’accrocher coté boulot, mais je dois avouer que cela n’a pas été simple (ni pour moi, ni pour ceux avec qui je travaille… et à qui je suis très profondément reconnaissant). La distance n’est pas réellement un problème mais le décalage horaire a rendu les périodes de travail commun avec la France plus courtes que d’habitude. Cela s’est traduit par des sessions de conf call ou de meetings en ligne s’enchainant de 6:00 du matin à 15:00, non stop, le reste se rattrapant en fin de journée. Au moins, je suis la preuve vivante que la notion d’entreprise étendue grâce aux nouvelles technologies est une réalité
Je vais retrouver tout le monde avec plaisir. Sur le plan personnel, une grosse poignée de repas type Sud-Ouest sont déjà planifiés, ce qui devrait mettre à mal mon régime. J’en profite pour adresser un message à tous ceux avec qui je vais partager quelques plats un peu chargés : Je ne suis pas en hypoglycémie, donc ce n’est pas la peine de me faire un repas comme si je sortais d’un trek de 3 mois au Sahel !
Je vais aussi retrouver le Tournoi des 6 Nations et un peu de Top 14, le tout en direct. Un ami, membre éminent de la Sud-Ouest Connection, s’est mobilisé pour ne pas me laisser sans images et pour refaire le match ensuite via twitter (et là aussi, je suis vraiment reconnaissant de cette solidarité très ovale). Toutefois, les matches en direct font quand même vibrer plus fort, surtout quand on en partage les émotions.
Sur le plan professionnel, j’ai déjà prévu d’aller passer quelques jours du coté d’Oloron Sainte Marie la semaine prochaine, puis sur Paris également dans la foulée. J’ai pas mal de monde à voir, pour finaliser des bricoles, faire avancer des dossiers ou simplement échanger d’un peu plus près. J’ai déjà prévu pas mal de rencontres, mais si vous souhaitez qu’on prenne un café, c’est le moment où jamais de lever la main le tweet.
Enfin, la semaine prochaine devrait d’une part arriver une annonce que j’attend avec impatience (je n’en peux plus de me taire, habitué que je suis à partager autant de choses !) et la finalisation d’un projet ici, aux Etats-Unis, qui me tient à coeur car vraiment très positif et excitant (je pense que vous devriez en entendre aussi parler, au moins par moi, mais pas seulement…).
Cette première mi-temps se termine donc dans d’excellentes conditions, largement au-delà de mes espérances, et j’espère simplement que la deuxième sera dans la continuité, tout simplement.
Suite à ma note précédente sur la crise économique, j’ai décidé d’aller un peu plus loin. C’est vendredi soir, je suis un peu fatigué et tout seul à la maison, donc je me suis lancé dans un long monologue, en comparant un peu ce qui se passe ici et ce que je perçois ou connait de la France.
C’est globalement inintéressant à moins que vous soyez un de mes copains ou que, comme moi ici, vous aimiez parler pour ne rien dire, juste histoire de partager quelques pensées. En plus, cela dure près de 10 minutes.
Voilà, je vous aurais prévenu. N’hésitez pas à vous joindre à la conversation si le coeur vous en dit, soit via Seesmic, soit directement dans les commentaires.
PS : C’est moi ou la qualité de la vidéo sur Seesmic a pris un coup de vieux ?!?