Le dernier endroit où l’on cause

Je me demandais bien où pouvait être ce fameux « dernier endroit où l’on cause » quand un blog décide de fermer ses commentaires. L’idée était de comprendre comment allait se déporter la conversation, pour peu qu’elle se déporte quelque part.

En fait, j’en viens immédiatement à la conclusion : cette expérience ne mène à rien de concret car elle était faussé dès le départ (mais je ne m’en suis aperçu qu’après, forcément).

Quand j’ai fermé les commentaires, la semaine dernière, c’est immédiatement vers Twitter que c’est déporté l’échange. C’est assez normal. J’y ai une communauté très active avec des gens qui se sentent proche de moi et dont je me sens proche. On y « discute » quotidiennement, de sujets sérieux comme futiles, dans une sorte de conversation protéiforme et continue.

J’ai également reçu une dizaine d’emails et de DM de gens qui me connaissent bien, plus pour essayer de comprendre mes motivations réelles qu’autre chose.

A coté de cela, quelques Likes sur Facebook mais rien de significatif. C’est assez normal quand on y pense, j’ai très peu d’amis Facebook… Aaaaattchouuum ! Désolé, c’est le fait de parler d’ami en pensant à des gens avec qui tu es connecté sur Facebook :-)

Juste après, j’ai volontairement posté une note un peu plus polémique – mais dans le soft, hein, on n’est pas chez Morandini ici – sur la campagne de motivation de Lilly. Une personne que je connais bien s’est sentie très touchée, étant un ancien collaborateur de Lilly et n’a donc pas pu laisser passer ça sans venir défendre un peu le drapeau. Mais sans les commentaires, difficile de le faire… donc la conversation s’est déportée, cette fois, sur Facebook. J’imagine que Twitter ne laisse pas assez de place pour argumenter un point de vue en seulement 140 caractères. Facebook a eu le mérite de construire et permettre le dialogue. A nouveau, j’ai également reçu deux emails d’autres personnes venant défendre le laboratoire mais aucun pour simplement venir acquiescer ou en remettre une couche. Rien n’allant dans mon sens non plus sur Facebook.

Les notes qui ont suivi ont été bien relayé, comme celle de l’interview où j’évoque le rôle des super-angels et le bootstrapping mais sans gros engagement. J’ai publié une note sur l’information, que j’aimais beaucoup et qui est du genre générant souvent de belles discussions mais celle-ci est tombé dans l’indifférence, pas assez polémique pour se déporter ailleurs et n’offrant pas d’outil pour lancer une discussion. Enfin, une dernière note très rugby – avant que je réouvre les commentaires – n’a pas pas trouvé d’engagement en dehors de Twitter.

J’imagine qu’il faut finalement être très motivé pour trouver des moyens de dialogue alternatifs et que se sentir touché ou voir une injustice donne plus d’énergie qu’une simple envie de dire qu’on est d’accord. La fameuse majorité silencieuse doit donc être, globalement, plutôt d’accord ou, au moins, pas en profond désaccord.

Enfin, j’ai regardé un peu le traffic du blog et il est resté globalement identique. Je pense qu’il aurait fallu garder fermé les commentaires quelques mois pour savoir si la frustration de ne pas pouvoir s’exprimer faisaient perdre de l’audience et qu’on ressente une vraie tendance de fond.

Comme je l’ai dit en début de note, difficile de trouver des résultats vraiment exploitables dans cette expérience, étant très actif sur Twitter et peu sur Facebook, mon email étant disponible dans la sidebar et le coté polémique de mes notes étant généralement pas très appuyé (je ne sais pas dire du mal gratuitement en fait :-) ).

Ce que j’en retiendrais surtout, c’est que nos discussions m’ont manqué. Cela faisait bizarre de publier une note et d’avoir peu de réactions, en mode dialogue, je veux dire. Les commentaires sont à présent réouverts (ils le sont en fait depuis quelques jours).

Avec cette expérience peu probante, je ne sais finalement toujours pas où est le dernier endroit où l’on cause :-D