Je parle souvent de startups, d’entrepreneur, de projets. A E1 ce week-end, beaucoup de wanabe-entrepreneurs sont venus me demander comment lever des fonds, préparer sa sortie, faire quelques millions pour faire… en gros la même chose qu’aujourd’hui mais sur un nouveau projet pas finalement si différent.
IBM va avoir 100 ans. Un siècle. Un SIECLE PUTAIN !!
Je ne crois pas que Georges Fairchild s’est demandé, le 15 Juin 1911, si la fusion qu’il était en train de réaliser pour donner naissance à IBM allait lui permettre de prendre un gros chèque 3 ans plus tard.
Manifestement, Georges Fairchild était un entrepreneur. Il a bati un groupe qui a changé le monde, pour le meilleur et parfois, lors des épisodes les plus sombres de notre Histoire, pour le pire. Il a créé des centaines de milliers d’emplois directs, peut-être des millions si on compte tous ceux qui ont, un jour ou l’autre, travaillé pour cette entreprise. Il a généré des milliards de dollars plus que n’importe qu’elle autre compagnie de cette industrie et surtout, il a donné naissance à une société qui est aujourd’hui le plus gros fournisseur de brevets de la planète.
J’ai beaucoup d’amis chez IBM, certains que j’admire non pas pour le parcours de leur entreprise mais pour ce qu’ils font au sein de cette entreprise. Je profite donc de cette note pour leur souhaiter un excellent 100ème anniversaire !
Je ne suis toujours pas riche car je crois n’avoir jamais vraiment créé une société dans le strict objectif de la revendre. Lorsque j’en ai revendu, c’était toujours dans le sens de l’Histoire, pas comme une fin en soi.
« Il n’y a pas de chemin qui mène au bonheur, le bonheur est le chemin » Budha.
Quand je vois la détermination d’Hommes comme Steve Jobs, Guy Noves, Marie Curie, Gandhi ou Henri Bergson à aller au bout de ce qu’ils croient être juste quel qu’en soit le prix, chacun dans son domaine, je me dis que l’Homme est décidément plein de ressources et que ce qui importe vraiment, c’est sur quel chemin chacun d’entre nous va décider d’investir cette énergie et ces ressources, aussi démesurée ou modeste que soit notre ambition…
Je ne connais personne ayant vraiment changé de vie. Je connais plein de personnes qui font des aménagements, des déménagements ou des arrangements… mais personne qui ait vraiment tout changé.
Pourtant, ils sont nombreux à ne pas pleinement aimer leur vie. Enfin, quand je dis « ils sont », je n’en sais rien en fait, c’est juste ce que j’imagine. Où que se porte votre regard ou vos oreilles, des gens râlent. S’ils n’aiment pas leur vie, pourquoi ne la changent-ils pas, tout simplement ?!?
Je sais, c’est difficile et peut-être pas à la porté de tout le monde. Pourtant, il me semble que si, c’est à la porté de tous… pour peu que l’on soit prêt à en accepter les sacrifices inhérents, le premier étant de secouer son environnement. Si tellement de personnes se complaisent dans une vie qu’ils jugent médiocre, c’est souvent par peur du changement, par peur de faire ce qui est différent de la norme, de leur norme ou de celle de leur entourage.
J’ai fait plusieurs StartUp Week-End, en tant que Coach ou Jury, et j’y ai toujours trouvé une énergie folle, beaucoup de créativité et des gens talentueux. Qu’on gagne ou perde, cela n’a en fait aucune importance car le principal intérêt est dans l’exercice de style.
J’encourage vraiment tous les porteurs de projets, les passionnés de marketing, de Droit des Affaires, les designers, les développeurs et… les autres, à s’inscrire, rejoindre une équipe et donner le meilleur d’eux-mêmes pendant 54h, ne serait-ce que pour le même plaisir que l’on peut avoir à se dépasser en sport et pour tout ce que l’on va y apprendre.
Du 20 au 22 Mai aura lieu un StartUp Week-end à Bordeaux. On ne sait qu’à la fin si de beaux projets émergent finalement ou pas, mais celui-ci, dès son teaser, s’annonce déjà comme un Grand Cru. Regardez plutôt cette vidéo qui reprend parfaitement l’ADN même de ces week-ends de folie !
L’organisation est pour beaucoup dans la mise en oeuvre des projets qui y incubent. Là où un participant contribue au succès d’une seule idées, la qualité de l’organisation va, elle, contribuer au succès de l’ensemble de ces idées. Ceux que j’ai fait étaient vraiment très bien, mais si j’avais une idée à défendre, je la confierai bien à l’équipe de Bordeaux, qui vient de démontrer avec ce teaser, toute sa détermination à faire une belle manifestation.
Je suis venu à Montpellier avec ma petite famille pour passer un peu de temps au soleil, mais aussi pour venir essayer d’aider un peu au StartUp Week-End et me nourrir de toute cette énergie.
Plusieurs équipes, pendant le temps que j’ai passé ici, sont venues me voir pour me demander un avis ou un conseil avec une réelle détresse presque palpable. Ils étaient à deux doigts de, tout simplement, abandonner parce qu’ils doutaient de la viabilité de leur projet, du business model à mettre en oeuvre, de l’appréhension qu’aura le Jury de leur démarche, etc…
Pour résumer, je leur ai principalement dit 2 choses.
D’une part, quand on a autant travaillé et que l’on est à quelques heures du Jury, il n’est pas acceptable de baisser les bras. Vous imaginez une équipe de rugby qui prépare la finale de HCup et qui, à 2 heures du coup d’envoi, se dit que finalement, ça risque d’être trop dur et qu’il vaut mieux ne pas y aller ? Non, c’est impensable. Je leur ai donc conseillé de faire le plus simple possible, de rester ultra-concentré sur l’essence même de leur idée et d’éliminer toutes les idées périphériques. Je les ai également invité à bien préparer le pitch, le répéter et être déterminé à faire une vente.
Ce n’est pas tous les jours que l’on intègre toute une StartUp
Julien Gautier, l’un des co-fondateurs d’ISeeU vient d’annoncer que lui et son équipe rejoignaient Digidust, l’agence digitale que j’ai co-fondé avec Stéphane Ménoret. Je ne vais pas vous redire les raisons – elles sont évidentes – ni la nature du rapprochement – c’est indiqué sur le blog de Digidust – mais je voudrais vous raconter l’histoire de ce mariage vu de l’intérieur.
Beaucoup des entrepreneurs que je croise se demandent comment on fait pour vendre, acheter ou merger sa société. Je me suis dit qu’en partageant avec vous cette aventure, cela leur donnerait non pas une règle ou une recette de cuisine, j’en suis incapable, mais peut-être un exemple plus concret, tiré de la « vraie vie ».
Digidust travaille avec ISeeU depuis plus d’un an à présent. Nous faisions généralement appel à eux pour le développement d’Applications iPhone ou iPad, leur expertise la plus notable et reconnue par le marché. A force de collaboration, nous avons appris à nous connaitre, nous faire confiance et prendre du plaisir à mener à bout les dossiers ensemble. C’est passé notamment par quelques grands moments comme un certain vendredi soir où nous sommes restés, sur Skype, une partie de l’après-midi et de la soirée ensemble pour fixer un vrai bon vieux gros bugs comme on en croise parfois en ratant par la même occasion un match de rugby auquel nous avions prévu d’assister. Rien qu’une anecdote… mais c’est dans ce genre d’aventure que se forgent les amitiés.
Un matin, pourtant d’humeur égale, je me suis pris à critiquer tout un tas de nouvelles sociétés qui étaient annoncées à grands renforts de déclarations parfois arrogantes, souvent ridicules.
J’ai passé en revue avec la même sévérité une grosse poignée d’initiatives que je crois malheureusement vouées à l’échec. Ce faisant, une pensée m’a traversé l’esprit : « Tu es vraiment en train de devenir un gros con ! »
J’étais là, à critiquer gratuitement le travail de gens que je ne connais pas, ayant une démarche sans doute sincère sur des initiatives qui ne m’impactaient pas… Un vrai con, je vous dis. Et forcément, ça m’a énervé
J’ai donc commencé à porter un regard aussi critique sur ce que je faisais. C’est drôle mais cela faisait des mois que je n’avais pas pris le temps de faire cette démarche avec sincérité. Et ce que j’ai vu ne m’a pas forcément plu car la première chose qui vous saute aux yeux, c’est ce que vous ratez.
Il n’y a pas de quoi dramatiser ; les sociétés dans lesquelles je m’implique vont globalement bien et tournent presque toutes à plein régime. Mais je me dis que nous pourrions surement faire mieux, pas forcément plus mais, sans aucun doute, mieux. On peut toujours faire mieux…
Je crois que j’ai perdu une partie de mon esprit critique par un excès de confort. A une époque, je passais mon temps à pousser fort sur tous les sujets, sans jamais rien lacher tant que ce n’était pas vraiment « bien ». On se plantait de temps en temps, forcément, mais jamais par manque d’énergie et de détermination. Comme j’étais moi-même tout le temps à fond, je me sentais pleinement légitime pour demander une meilleure qualité à chaque étape et plus d’efforts à tous.
Je viens de m’en souvenir en écrivant cette note ; il fut un temps où chaque personne avec qui je travaillais, quelque soit son job, devait se poser une question simple à chaque tâche ou décision : « Ce que je suis en train de faire est-il la meilleure option pour nos clients ? »
Depuis quelques mois, je m’implique toujours autant en volume mais j’ai le sentiment de finalement me contenter d’une forme de médiocrité positive, d’une presque-réussite à 90%. Pourtant, je sais que c’est dans les derniers 10% que se fait la différence entre « pas mal » et « bien ». Dans un même temps, mes divers associés et nos équipes bossent vraiment bien et font de leur mieux sans moi, ou plus précisément sans cette partie de moi toujours insatisfaite… mais je crois à une sorte d’émulation positive où tu tires les gens vers haut pour qu’eux-mêmes te fassent ensuite progresser à leur tour.
Aujourd’hui, personne n’étant en danger, cette forme de statu quo qualité peut perdurer indéfiniment… C’est pour son manque de confort que j’aime le bootstrapping ; ce modèle te pousse à te concentrer sur l’essentiel et essayer d’être toujours meilleur et plus efficace. Il te rend bien plus créatif, car la créativité est le meilleur palliatif à un manque de budget, même si, forcément, cela demande plus d’efforts de créer que de payer.
Je pars en vacances dans quelques jours et je crois que j’ai vraiment besoin de décrocher un peu… mais à mon retour, on va revenir aux fondamentaux : On ne lache rien !
Je vais recommencer à m’arcbouter sur la créativité, sur notre capacité à innover et sur la qualité de ce que nous produisons. Je vais redevenir pénible, en premier lieu avec moi-même, mais aussi en transmettant cette exigence à tous ceux avec lesquels je travaille pour qu’eux mêmes me la rende. Ils me connaissent bien et comprendront pourquoi je fais cela.
« Nous choisissons d’aller sur la lune, non pas parce que c’est facile mais justement parce que c’est difficile » JF Kennedy – 12 Septembre 1962.
Nous, nous n’avons pas la chance de conquérir la lune, d’oeuvrer à la paix dans le monde ou de trouver un remède contre le Cancer, mais ce n’est pas une raison pour ne pas donner le meilleur de nous-même… Et on ne va pas le faire parce que c’est facile mais justement parce que c’est difficile.
Il est toujours difficile de dire Non à un client. Le principe même de faire de la marge est la raison d’être d’une entreprise privée car le cash est son oxygène. Dire Non veut dire ne pas accepter une nouvelle bouteille d’oxygène.
Pourtant, même en période difficile, quand l’oxygène se fait rare, il y a des affaires qu’il ne faut pas faire. Avec un peu d’expérience, on commence à le sentir très tôt dans le cycle de vie du deal. On en perçoit les signaux forts.
Nous avons reçu il y a quelques temps – sans trop savoir d’où cela venait – un cahier des charges complètement aberrant. Il était évident que ce qu’ils demandaient n’allait pas du tout dans le sens des objectifs qu’ils avaient exprimés. De plus, leur budget était bien trop faible pour faire correctement ce qu’ils voulaient alors qu’ils avaient bien assez d’argent pour obtenir de bons résultats en ligne avec leurs objectifs en abordant la question différemment.
Nous avions décidé, à sa simple lecture, de ne pas répondre. Nous ne connaissions pas le client et le formalisme des appels d’offres n’incite pas à être créatif et performant, la simple rédaction d’une réponse « qualitative » demandant énormément de travail et d’investissement. Cela n’a rien de snob, c’est simplement que nous ne nous sentions pas capables de délivrer ce qu’ils demandaient dans les conditions exprimées donc n’avions pas réellement envie de nous battre sur ce dossier que nous allions perdre.
Quelques jours plus tard, je reçois un message super gentil de ce client me disant que c’est parce qu’il me connait et aime bien ce que nous faisons (chez Digidust, je veux dire) qu’on a été consulté. Il me dit également, toujours très gentiment, qu’il attend notre réponse avec impatience. Sans pour autant trahir la procédure – il ne nous dit rien de plus que les autres et ne nous offre pas de faveur particulière – il me met pourtant sans s’en apercevoir une certaine pression. Vous comprendrez, après une telle gentillesse, qu’il n’est pas simple de lui dire que nous avons décidé de ne pas répondre vu que son projet nous semble voué à l’échec.
Nous décidons alors de répondre… mais pas à leur demande, à leurs objectifs. Puisque nous savons que ce qu’ils veulent faire n’est pas à notre portée, que ce n’est pas de notre vision (mais nous pouvons bien-sûr nous tromper) de ce qu’il faudrait faire et que nous avons l’idée d’un autre dispositif qui nous semble plus astucieux, nous décidons de le leur proposer, sachant déjà que nous avons 9 chances sur 10 de perdre le dossier.
C’est donc ce que nous avons fait… et nous avons perdu le dossier. Ce n’est bien évidemment pas grave en soit car l’exercice était intéressant et nous savions d’avance que nous n’avions presque aucune chance.
Toutefois, il existait une alternative. Nous aurions pu faire la réponse qu’ils demandaient. La technologie a mettre en oeuvre est largement à la porté d’APICube (qui gère à présent une très grande partie des développements de Digidust) et après tout, on pouvait toujours prendre ce budget, réduire nos marges, réduire la qualité délivrée, terminer en retard en alignant moins de moyens, etc… Bien sûr, le client aurait râlé mais une fois qu’il est engagé, il n’a pas vraiment le choix finalement et doit faire avec.
Mais cela aurait été une mauvaise idée, tout simplement parce que ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour le client… donc à terme pour nous. Même si la qualité de service est dans notre ADN, mon point, sur cette note, n’est même pas une question éthique, c’est une question économique.
Digidust est une petite entreprise qui fait du conseil et du pilotage de projets. Ces deux disciplines demandent beaucoup de temps, de concentration, de réflexion, de recherche d’information et d’implication personnelle, ne serait-ce que pour bien comprendre le client et son écosystème, et être en mesure lui apporter la bonne solution. Etre une petite entreprise ne nous empêche pas de faire de beaux dossiers pour des clients de tout premier ordre, mais cela nous empêche de porter simultanément un trop grand nombre de projets et d’y perdre notre bien le plus précieux : le temps.
Quand on voit un dossier que l’on croit voué à l’échec, dont le contenu en devient inintéressant puisque pas aligné sur l’objectif rendant ce dernier peu atteignable, dont la rentabilité trop faible nous empêche d’aligner les moyens qui nous sembleraient requis et qui finira fatalement par un client dans un état d’esprit tel que l’on ne se parlera plus que par courrier recommandé, je pense que c’est économiquement intelligent de le laisser filer le projet
Il y a d’autres signes d’affaires à ne pas faire. Nous avons une politique sur les modalités de paiement qui est assez sévère et rigoureuse. En général, Digidust demande un acompte important à la commande. Il y a plusieurs raisons à cela.
D’une part, pour bien faire ce métier, on a besoin d’une implication forte du client. Nous nous sommes aperçu que, souvent, quand il fait un Cash Out d’une grande partie de la somme globale, il est à la fois très accessible, motivé et réactif ce qui nous aide, nous, à être meilleurs.
D’autre part, nous ne traitons pas assez de dossiers chaque année (seulement 22 dossiers traités en 2010) et certain portent sur de trop gros montants pour que nous prenions le risque d’un impayé qui viendrait – de ce fait – faire très mal à notre profitabilité (vous vous souvenez, l’oxygène ).
Enfin, notre travail demande un fort investissement préalable en Temps/Homme. Dans la chaine de valeur de notre cycle de production, une grande partie de nos coûts est engagée dès les premières phases.
Bien évidemment, ce genre de condition n’est pas toujours facile à tenir, mais là encore, il faut savoir dire Non.
Un client vient de nous faire savoir que nos conditions d’acompte sont trop élevées et qu’il ne peut les accepter. Il ne nous donne pas de raison valable ou structurelle si ce n’est qu’il ne peut veut pas. Il ne le sait pas encore – sauf s’il lit ce blog remarque – mais nous allons lui dire que les conditions ne sont pas réunies pour que nous prenions le dossier. Servir nos clients est le réel métier de l’entreprise et nous donnons le meilleur de nous mêmes pour que cela se fasse dans les meilleures conditions. Toutefois, assurer la rentabilité et la pérennité de cette entreprise est un but qui surpasse tous les autres, ne serait-ce que pour que cette qualité de service dure.
J’ai fait plusieurs fois des affaires que je n’aurais pas du faire, surement par faiblesse, manque de discernement ou fort besoin de respirer, comme en 2009 quand la crise rendait l’oxygène plus rare, et je l’ai, à chaque fois, amèrement regretté. Avec le recul, même si je ne le savais pas toujours quand je signais, je perdais bien plus à chaque fois que je ne gagnais. Or, les petites entreprises comme les notres peuvent souvent se permettre de ne pas prendre un projet de plus, car nos cash burning rates sont très bas donc il faut peu, finalement, pour assurer la viabilité et la croissance.
Cette note ne se veut surtout pas arrogante ; c’est juste le constat que j’ai fait après quelques années passées à vendre des services aux entreprises. Choisir les dossiers que l’on traite n’a rien à voir avec une forme de snobisme ni même de luxe. C’est une simple hygiène de gestion visant à garantir la viabilité de votre entreprise, la qualité de vos services et dont vos clients sont d’ailleurs les premiers à retirer les bénéfices.
Regardez un peu les affaires que vous avez fait et qui sont parties dans un mur (si, si, ne vous cachez pas derrière votre petit doigt, nous en avons tous faits ) : Je suis sûr que, maintenant, l’esprit au calme et avec le recul, il y avait bien cette petite voix, en vous, qui vous disait que c’étaient des affaires à ne pas faire
Il y a ceux qui disent que la chance n’existe pas et ceux qui croient que des rituels ou des grisgris les aideront à l’attirer… Je n’ai pas creusé ce concept mais une chose est certaine : Un entrepreneur a besoin d’un peu de chance pour réussir !
On peut mettre ce que l’on veut derrière « la chance » et cela commence même à simplement ne pas « avoir de malchance ». Je ne crois pas vraiment en la chance, mais en une sorte de Karma-Like qui ferait que lorsque tu es travailleur, ouvert d’esprit comme aux rencontres, juste, audacieux, honnête, optimiste, créatif… Tu finis par attirer un « truc » qui doit ressembler à de la chance.
J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs très successful qui me disaient toujours : « Et là, j’ai eu la chance de rencontrer untel… ». C’est étonnant comme les gens talentueux attirent la chance. Pourtant, lorsqu’ils jouent au loto, ils sont aussi mal lotis que n’importe qui.
Je crois que pour réussir dans une entreprise, quelqu’en soit le projet, il faut aussi un peu de chance (ou quoi que ce soit d’équivalent à ce concept). Celle-ci peut être parfois subie mais que le plus souvent, elle se courtise à défaut de se provoquer vraiment. Quelle qu’en soit la cause, il en faut au moins suffisamment pour venir balancer les « manques de chance » qui ne sont finalement que l’effet contraire et qui se présentent donc de la même manière, à la différence près qu’on n’est pas censé les courtiser
J’ai toujours en tête le cas d’Asia, une agence de voyage spécialisée, comme son nom l’indique, sur la zone Asie – Pacifique. Il y a quelques années, ils ont subit une énorme baisse de leur business à cause de la grippe aviaire, dont la source, à l’époque, était identifiée en Asie. Quelques temps plus tard, ils ont vu leur business à nouveau s’effondrer avec le tsunami qui a frappé très durement l’Asie, provoquant forcément un certain désintérêt pour leurs destinations phares. Ils sont toujours vivant aujourd’hui, mais j’imagine sans peine la période difficile qu’ils ont du traverser. Pourtant, mis à part le fait d’être des spécialistes – ce qui est un risque lorsque la spécialité est soudainement out of market – je n’ai pas l’impression que leurs dirigeants aient particulièrement fauté ?!? Ils n’ont simplement « pas eu de chance »… et dans des proportions exceptionnelles.
J’imagine que le travail, le talent et la prise de décisions difficiles les ont sauvés. A l’occasion, j’aimerai bien en parler avec le patron de l’époque – qui est peut-être toujours le même – pour qu’il me dise comment il s’en est sorti. Il doit y avoir des leçons importantes à en retirer.
A titre personnel, j’ai toujours pensé que j’avais cette fameuse bonne étoile, à moins que ce ne soit un capital que j’aurais dilapidé plus vite que d’autres et qui, un jour, va me faire défaut tout à coup ?!? Je m’en suis toujours plus ou moins bien sorti, dans la vie ou les affaires, y compris sur des dossiers pourtant mal engagés. J’ai payé certaines erreurs assez cher, mais finalement jamais vraiment au prix fort, celui qui fait que vous ne vous relevez pas. Je ne sais toujours pas si la chance existe ou pas, mais ce qu’il convient de nommer ainsi à défaut de mieux est mon amie.
La chance ne fera jamais tout, si ce n’est dans les mêmes proportions hasardeuses que celles qui font que l’on peut gagner au Loto, mais elle facilitera l’envol depuis la survie vers la vie, puis le succès de votre entreprise. On ne peut pas contrôler totalement « la chance » mais je crois que c’est un réel atout qu’un entrepreneur doit avoir dans sa panoplie que de savoir l’attirer et ainsi, de rendre le parcours un peu moins compliqué…
La semaine dernière, j’ai eu la chance de passer une grosse heure avec Didier Quillot. Je suis prêt à parier que beaucoup d’entre vous ne le connaissent pas et c’est pourtant l’un des grands patrons français les plus successfuls. Il dirige aujourd’hui Lagardère Active (entre autres Europe 1, Doctissimo, Paris Match ou Gulli, pour ne citer que celles-ci…) après avoir veillé à la destinée de la branche Mobile chez France Télécom (Vous vous souvenez d’Itinéris, devenu ensuite Orange ? ).
Je ne vais pas vous faire sa bio, les contributeurs de Wikipedia font cela bien mieux que moi. Je voudrais simplement partager avec vous quelques points sur l’homme et le parcours, pour que vous puissiez bénéficier de ce que j’ai appris ou noté.
Didier m’a reçu dans son bureau – de passage – à Europe 1. Il est originaire du Sud-Ouest et tient à ses racines. Il était destiné à être Médecin ou Journaliste, pour sauver des vies ou des démocraties… comme quoi, rien n’est écrit . Nous partageons également une passion très ancrée pour le rugby et ce n’est sans doute pas par hasard qu’Orange est l’un des très gros sponsors historiques du Top14.
Dès les premières secondes, je me suis senti très à l’aise. Je ne suis pas particulièrement timide et il a su installer un climat ouvert et détendu, naturellement, presque comme une habitude professionnelle.
J’aime beaucoup échanger avec des capitaines d’industrie car c’est incroyablement enrichissant. On y apprend beaucoup, on y confirme certaines de ses propres pensées, on se met à douter sur d’autres que l’on pensait pourtant acquises… et on mesure le chemin qui reste à parcourir pour marquer une industrie de son empreinte, pour peu que ce soit une fin en soit.
C’est marrant mais plusieurs fois, Didier a évoqué la chance d’avoir croisé sur sa route de grands messieurs, comme Thierry Breton, André Rousselet, Michel Bon ou, bien-sûr, Arnaud Lagardère. Chacune de ces rencontres l’a impressionné et, dans un certain sens, à changé sa vie. Chacun a également laissé une marque assez forte pour que l’expression de son visage ou le ton de sa voix changent lorsqu’il les évoque, toujours avec respect et admiration. Je ne crois pas véritablement que ce soit de la chance ; je connais des milliers d’entrepreneurs qui n’ont pas eu la « chance » de rencontrer un seul de ceux qu’il a cité. Vous pouvez ne pas avoir de chance quoi que vous fassiez mais elle vient généralement à vous quand vous savez la provoquer et lui signaler votre présence. En creusant un peu, ce qu’il a considéré comme de la chance était plus une question de rythme : il les a croisé au moment le plus opportun pour que l’alchimie puisse prendre et le potentiel se révéler.
« Timing is everything » a-t-il d’ailleurs ajouté.
Au delà des rencontres, je me suis penché sur son processus de décision, pour le comparer au mien et essayer d’améliorer ce dernier. J’accorde une très grande confiance à mon intuition, car chaque fois que je ne l’ai pas écouté, j’ai commis une erreur. En lui demandant ce qui primait dans son processus de décision, entre son intuition ou son tableur, il n’a pas su trancher, plaçant les 2 sur un même niveau. Il peut avoir une formidable intuition et ne pas la suivre parce que les chiffres ne semblent pas lui donner raison. L’inverse est vrai également. Cette approche ne le rend sans doute pas plus heureux que moi, mais cela l’aide à être un bien meilleur businessman que je ne le serai jamais.
Travailler avec Didier sur un projet doit être une vraie aventure. Pas grand chose ne semble lui résister quand il est déterminé et je crois que c’est là une école formidable. Collaborer avec des gens brillant est l’un des rares moyens qu’ont les entrepreneurs de se former et de progresser rapidement, avec l’expérience des échecs, autre méthode tout aussi efficace mais tellement plus douloureuse.
Dans la même veine, j’ai également essayé de savoir s’il se considérait plutôt comme un dirigeant ou un entrepreneur. Il a immédiatement et spontanément penché pour le Dirigeant car c’est ce qui correspond de loin le mieux à sa carte de visite, avant de tempérer un peu son positionnement, réfléchissant tout en parlant. A mes yeux, c’est bien un entrepreneur que j’avais devant moi, un qui s’ignore ou fait semblant de s’ignorer mais qui pourrait sans soucis vivre sa propre aventure. Le fait qu’il soit entièrement dédié à Lagardère Active ne le met clairement pas dans de bonnes conditions pour réfléchir à ce type de question, et je l’ai un peu cueilli à froid en l’amenant sur ce terrain. Quand je lui ai demandé sur quelle idée il pourrait un jour, lancer sa propre société, le projet qu’il a évoqué était le moins créatif que vous puissiez imaginer
L’un des événements les plus importants de sa vie fut lorsqu’il fut fait Chevalier de l’Ordre Nationale du Mérite. Venant d’un milieu modeste en province, je crois que cela raisonnait à ses oreilles comme une forme de revanche sociale mais aussi comme un moyen de s’attacher définitivement la fierté de ses parents sur un symbole ayant un réel écho dans leur échelle de valeur. Ses racines sont importantes pour lui et il revient régulièrement dans le Tarn et Garonne, dont il est originaire ou à Toulouse où il a fait ses études.
Je lui ai demandé comment il gérait son environnement numérique et quel consommateur d’Internet il était. Son dispositif est globalement centré sur son BlackBerry, même s’il l’accompagne toujours d’un Nokia – marque à laquelle il reste très attaché – qui ne lui sert qu’à téléphoner. Son iPad a quasiment remplacé son Laptop. Chaque soir, il consacre une trentaine de minutes à suivre le monde à la TV, sur une chaine d’informations et une heure – que l’on pourrait qualifier de veille – sur Internet.
Enfin, je l’ai amené sur un terrain très glissant en lui demandant de partager avec moi sa position concernant la Neutralité du Web. Il a été l’un des principaux vendeurs de tuyaux pendant des années et est maintenant l’un des plus gros producteurs de contenus sur le Web (Lagardère Active doit représenter plus de 50MVU mensuels, tous projets cumulés). Passer « d’un camp » à l’autre ne pouvait pas le laisser indifférent sur le sujet. Toutefois, nous avons abordé ce sujet en off et, de ce fait, ce ne serait pas très fair play de ma part de publier un point de vue sur lequel il ne voulait pas forcément s’exprimer publiquement. Je ne suis pas journaliste et il rencontrait un entrepreneur donc il y a sans aucun doute une part de nos échanges qui n’était destinée qu’à mes oreilles. Tout ce que je peux vous dire, c’est que sa réponse était en ligne avec ce que j’imaginais qu’il me dirait ; A vous de laisser parler votre capacité d’analyse
Je ne sais pas quand j’aurais l’occasion de croiser à nouveau Didier mais j’espère que cela pourra se faire très bientôt, lors d’un déjeuner ou autour d’un café… et non forcément dans un bureau. Nous n’avons presque pas évoqué le Mobile alors que ce secteur me passionne et qu’il est de ceux qui ont largement contribué à sa révolution en France. Il faut que je répare ça
Pour finir, impossible de vous redonner ici tout ce qu’il m’a offert ou ce que j’ai pu lui voler lors de cette discussion car ce serait bien trop long. Nous sommes ensuite partis ensemble à la soirée de remise des Oscars du Midi Olympique, au Pavillon Gabriel. J’y avais rendez-vous avec @francetvdirect et lui, devait y remettre un des oscars. Je crois que de nous rendre ensemble au même endroit était le meilleur moyen de terminer notre discussion ce jour-là. Après l’environnement feutré de son bureau ou de sa voiture, nous nous sommes séparés en retrouvant le bruit et l’animation d’une soirée très people, mettant fin instantanément aux confidences pour laisser bien naturellement toute la place à la « représentation ».
Il m’a fallut plus d’une semaine pour écrire cette note, d’une part parce que je n’avais pas vraiment le temps de bloguer… mais aussi parce que je voulais laisser le temps au temps d’effacer ce qui était accessoire à mes yeux pour ne vous rendre que l’essence même de cette rencontre. Ce qui reste normalement est ce qui est le plus significatif
Je ne crois pas qu’il soit encore nécessaire de présenter le principe des StartUp Week-Ends tellement leur succès est avéré. Ceci dit, si besoin était, la vidéo ci-dessous vous expliquera tout.
Comme vous venez de le voir, le concept des StartUps Week-Ends débarque – enfin – à Toulouse. Si j’étais porteur d’un projet de création d’entreprise, pur player ou juste très impacté par Internet, c’est clairement l’endroit où j’irai frotter mon projet à la réalité. Si mon idée est bonne et que ma future entreprise a de l’avenir, elle va plus progresser en 3 jours que ces 6 derniers mois car tout un tas de gens vont la regarder, la challenger, la critiquer, apporter de nouvelles idées, des fonds, des opportunités et peut-être même en devenir les premiers investisseurs, associés, collaborateurs, partenaires, clients…
J’interviens chaque année à l’ESC Toulouse sur un module qui parle de création d’entreprise et d’Internet. Je leur ai donné 20 minutes pour constituer des équipes de 3 associés et trouver une idée de boite à créer (c’est un exercice donc la qualité de l’idée importe peu). Ils ont à présent 2 mois pour finaliser un projet viable et fouillé, qu’ils nous présenteront en mode pitch début décembre. S’ils étaient malins, ils participeraient tous au StartUp Week-End car ce serait le meilleur moyen pour eux de bénéficier d’un encadrement exceptionnel et de rendre un business plan très aboutit et pragmatique.
Je vais participer au Jury de cette édition et j’espère y trouver de belles idées et de supers équipes. Je passerai également pendant le week-end voir si je peux aider un projet ou un autre et prendre le temps de discuter avec tous ceux que j’ai rarement l’occasion de rencontrer. Il y a généralement une très bonne ambiance dans ce genre d’événement, très Silicon Valley Starbuck Coffee Style pour ceux à qui ça parle. Pour vous dire à quel point je trouve le principe de ce Week-End sympa, j’ai même refusé une invitation VIP pour aller voir France – Australie au Stade de France, pour être à Toulouse ce week-end là
Peu importe que vous soyez seuls ou que votre équipe soit déjà constituée, vous pouvez en savoir plus et vous inscrire ici. Cela vous permettra de profiter de ce tremplin qui a déjà lancé avec succès pas mal de StartUps. Pour tous les autres constituants de l’écosystème d’une startup et à l’écoute de belles opportunités sur Toulouse (consultants, investisseurs, banquiers, expert-comptables, avocats, l’inscription se passe au même endroit… Si vous connaissez des porteurs de projets, wanabe-entrepreneur ou autres acteur de la scène start-up, n’hésitez pas à leur relayer l’information. Il n’y a que 100 places (un peu moins en fait car il y a déjà beaucoup d’inscrits) ce qui est peu, mais il y a au moins 100 places, ce qui n’est déjà pas si mal
Plus Entrepreneur qu'Investisseur, tout ce qui fait l'écosystème des startups et des sociétés de l'Internet m'intéresse. Je suis directement impliqué dans Digidust, Stonfield, Labotec, APICube et Hellotipi.
Basé à Toulouse et pas assez souvent à Miami, je m'enthousiasme pour ceux qui croient en eux et ne doutent de rien, ceux qui ont compris qu'Internet ouvre sur le monde et non enferme, ceux qui jouent ou aiment le rugby et ceux qui considèrent que le vin et la gastronomie sont des arts majeurs.