J’avais évidemment l’intention de souhaiter une bonne année 2012 mais je me suis dit que vous me saviez peu influent et que cela ne suffirait pas à vous convaincre. Alors, j’ai décidé de vous donner quelques bonnes raisons de croire en vous en 2012, quelques bonnes raisons qui prouvent de façon irréfutable que 2012 sera VOTRE année !
Nous sommes en crise depuis fin 2008. Le choc a été très violent et de nombreuses sociétés ont disparu dans les mois qui ont suivi, notamment des PME et TPE victimes du gel subit des dépenses des grandes entreprises et de l’assèchement des crédits. La majorité ont fort heureusement survécu, plus ou moins douloureusement. Et en 2012, la crise est toujours là – et nous entrons même en dépression – mais un élément fondamental a changé : nous nous sommes tous adaptés.
Dans un grand élan Darwiniste, les grandes entreprises ont revu leur modes opératoires et leurs investissements à la baisse mais ils ne sont plus gelés. Les TPE et PME ont ajusté leur masse salariale avec les dégâts que l’on connait sur l’emploi, mais elles se sont ainsi remises en situation de reprendre leur chemin, de survivre et produire à nouveau. De notre coté, nous sommes tous sortis de notre zone de confort et sommes redevenus, de gré ou de force, pragmatiques.
Nous savons déjà que rien de tout cela ne s’arrangera de façon spectaculaire dans les 3 ou 4 prochaines années. La crise est donc officiellement terminée. Notre environnement s’est réajusté et ce qui était une crise est devenu une donnée structurelle de marché.

Pourquoi alors avez-vous des raisons d’espérer une belle année 2012 ?
Je vais vous donner 7 preuves que nous sommes sur la bonne voie.
Read the rest of this entry »
Lien permanent | Commentaires (18)
Je me bats tout le temps pour éviter les déplacements. Rencontrer ses amis, ses associés, ses clients, ses partenaires et tout l’écosystème est très sympa et utile, ce n’est pas la question. C’est le « avant » et le « après » la rencontre que je déteste.
C’est une perte de temps comme de productivité immense, c’est polluant autant que pénible et ça me tient loin de ma famille. En plus, votre entourage passe son temps à vous dire que vous avez de la chance de visiter tous ces endroits cools alors que dans la vraie vie, vous visitez l’aéroport, l’avion, l’autre aéroport, le taxi, l’hôtel, un restaurant quelconque et… c’est à peu près tout.
Mais, ceci étant dit, de temps en temps, je pars en tournée !

Ce sera le cas demain matin, avec un vol de bonne heure et de bonne humeur pour Nice. C’est R3, organisateur du Barcamp Sophia qui a eu la gentillesse de m’inviter à animer 2 ateliers, portant bien évidemment sur l’entrepreneuriat et le financement des start-ups. Il me tarde d’y être pour de nombreuses raisons. Je vais y croiser quelques potes, comme Pierre Chappaz avec qui j’anime un des ateliers ou toute la bande des startupers du Sud – qui se reconnaitront – que je « suis » depuis quelques années à présent. Je vais aussi y rencontrer de nouvelles têtes, avec qui j’interagis mais que je ne connais pas. Je vais essayer d’y croiser un entrepreneur un peu embarrassé en ce moment pour de mauvaises raisons et à qui je donnerai bien un coup de main – mais il ne le sait pas
– histoire de le sortir de l’impasse. Enfin, l’équipe qui organise a l’air très sympa… et comme c’est eux qui font l’event, il devrait être sympa.
Read the rest of this entry »
Lien permanent | Commentaires (8)
Demain matin, trop très tôt, je vais prendre un vol pour Madrid puis Buenos Aires. Je vais y retrouver un très bon ami, associé et complice que vous connaissez peut-être.

Le but de mon voyage ? Créer sur place avec François la société APICube.
Je ne vais pas vous dire tout de suite ce que fera exactement cette startup mais cela viendra en son temps, très bientôt. Toutefois, ne vous attendez pas à une idée géniale, un truc super disruptif ou qui devrait changer la face de l’Internet ; vous risqueriez d’être déçus. APICube est basée sur une bonne idée bien éprouvée et vieille comme le monde que nous allons simplement nous attacher à executer du mieux que nous le pourrons.
Pour l’instant, si ce projet vous intéresse, vous pouvez déjà suivre le compte Twitter @apicube qui sera sans doute le premier à communiquer sur le sujet.
Ce n’est pas la première société que je lance, qui plus est dans un secteur que je connais un peu mais cette fois encore, l’excitation est intacte. Pourtant, ce n’est vraiment pas gagné d’avance et c’est bien de la notion de risque dont je voudrais vous parler.
La majorité des entrepreneurs qui se lancent sont entourés de corbeaux, notion très personnelle regroupant tous ceux qui vont vous expliquer pourquoi vous ne devriez pas vous lancer, pourquoi vous allez vous planter, pourquoi ce n’est ni le lieu, ni l’heure, etc… Vous en avez tous rencontré, certains d’entre vous en ont peut-être même été pour d’autres. Il faut comprendre qu’entreprendre, c’est toujours prendre un risque parce que changer l’ordre établi est déjà prendre un risque. Le mot « risque » inspire déjà le pire, juste parce qu’on le prononce à haute voix, comme – dans une moindre mesure et sur un autre terrain – « fascisme » ou « cancer ». Il a même tendance à en décourager beaucoup. Pourtant, je crois que la notion de risque couvre plusieurs degrés, plusieurs niveaux de menace, un peu comme le débat entre l’addiction aux drogues douces et aux drogues dures. Le chocolat est sans doute moins nocif que la cocaïne mais il parait qu’il existe une addiction au chocolat et ce simple mot commence déjà à faire peur.

Sur le papier, ma démarche est irresponsable car je m’apprête à investir dans une société que je vais co-fonder dans un pays où je n’ai encore jamais mis les pieds et dont je parle très mal la langue majeure. Ce pays est réputé pour « l’élasticité » de sa rigueur économique tout comme de sa gestion sociale. Enfin, nous ne partons pas avec quelques millions d’euros de capital mais plutôt en bootstrapping (même si les fonds que je vais y consacrer pourraient paraitre déjà significatifs pour beaucoup d’entrepreneurs).
Pourquoi suis-je donc aussi excité et détendu à la fois ? Tout simplement parce que les risques que nous prenons pour monter cette aventure sont très mesurés.
Je connais vraiment bien François en qui j’ai une totale confiance. Il est intelligent, a les pieds sur terre et pense au but de l’entreprise avant de penser à ce qu’elle peut rapporter. De plus, nous partageons des valeurs similaires, autour d’une certaine vision de la vie et de la famille. Il ne connait pas grand chose au rugby – et l’Argentine et ses Pumas est bien une terre d’ovalie – mais il compensera par une formidable capacité à trouver les meilleurs « restaurants à cote de boeuf » de la ville, talent dont je devrais avoir la démonstration dès mon arrivée 
Cela me convient parfaitement et je me sens très bien accompagné.
Je dispose de l’argent que je vais y investir et je n’irai pas au-delà de mes capacités. Ainsi, la seule chose que je risque vraiment est de perdre ce que j’y met. C’est un risque acceptable et un luxe incroyable que je mesure pleinement. Par ailleurs, nous allons bootstrapper car c’est le mode de gestion dans lequel nous nous sentons les plus à l’aise et créatifs. C’est aussi le mode de gestion qui garde généralement le cash burning rate donc le risque financier dans les limites du raisonnable. Le Bootstrapping est souvent perçu comme une contrainte. Nous avons la chance de pouvoir le faire par choix. J’ai déjà vu plusieurs investisseurs à qui j’ai parlé de ce projet pour me challenger un peu et certains étaient très intéressés à participer à un éventuel tour de table pour nous financer. C’est très encourageant mais nous avons gentiment décliné parce qu’à ce stade, cela ne nous semblait pas nécessaire ni même souhaitable.
Par ailleurs, travailler dans l’Internet permet d’atténuer la distance et les frontières car nous savons déjà que le monde est plat. Nous serions bien incapables de faire la même chose dans le secteur automobile ou de la santé, par exemple. C’est d’ailleurs quelque chose qui fait relativiser la qualité de tout entrepreneur et te donne un regain d’humilité si, parfois, tu commences à en manquer.
Enfin, notre vision est claire. Nous savons exactement ce que nous voulons faire d’APICube et sommes déjà prêt à changer notre itinéraire en cours de route pour peu qu’à la fin, nous soyons là où nous avions décidé d’aller. Tous les chemins mènent à Rome et la vraie décision d’un entrepreneur est de choisir d’aller à Rome plutôt qu’ailleurs.
Ne croyez pas que je prenne cette aventure à la légère ou qu’il y ait une quelconque désinvolture dans ma démarche ; je suis très concentré et APICube m’empêche déjà de dormir lorsque je travaille sur un point particulier… Mais je considère cette aventure comme beaucoup moins risquée que si j’avais décidé d’ouvrir une boulangerie dans mon village, ce dont je me sens bien incapable. Comme tous ceux qui se lancent, je suis également déjà préparé à essuyer un échec si nous ne sommes pas à la hauteur et vous ne me retrouverez pas pendu à un arbre pour autant car au final, ce n’est que du business. Je suis très confiant dans nos chances de succès mais le risque existe toujours et le nier n’aide pas à l’éliminer.
Je file préparer mes bagages et passer quelques heures avec ma famille, et notamment Aurélia, ma petite princesse dont ce sera l’anniversaire dans quelques jours et qui passera 8 ans. Nous l’avons déjà fêté et devrions recommencer dès mon retour, mais la serrer dans mes bras a quelque chose que Skype ne remplace pas
Lien permanent | Commentaires (28)