Avoir envie d'avancer…

J’ai passé pas mal de temps à l’étranger ces derniers mois, en Floride, à Barcelone, à Londres ou à Dubai… A postériori, lorsque je prend un peu de recul (et ceux qui ont lu la note précédente savent que je viens de prendre 10 ans de recul :-) ), je ressens une sorte de malaise.

Comme beaucoup de Français qui voyagent, j’aime profondément la France. Nous avons un pays magnifique, épargné par la majorité des catastrophes naturelles que l’on peut voir ailleurs, disposant d’un niveau de vie élevé, plein de diversité, fort d’une culture et d’une histoire riches, d’une gastronomie magique, etc… Difficile d’être exhaustif sur le sujet, il est trop vaste.

Mais dans les derniers pays que j’ai traversé, une réalité saute aux yeux : le business est booming et tout le monde avance avec confiance, détermination et enthousiasme. L’envie d’entreprendre est omniprésente, que ce soit sur d’énormes projets ou simplement des micro-entreprises. Les gens se prennent tout simplement en main, sans attendre la moindre assistance de qui que ce soit. On en ressort tout simplement… impressionné.

Une blague court beaucoup à l’étranger, et que l’on m’a sortit "gentiment" 3 ou 4 fois :
Dieu a créé le monde. Un jour, il créa la France et se dit "Mais quel pays magnifique je viens de réaliser ! C’est sans aucun doute le plus beau du monde !" Il réfléchit alors un peu et se dit "Je ne peux pas laisser ce pays aussi beau ainsi, ce ne serait pas juste pour les autres pays du monde." Alors… il créa les Français :-(

Bien-sûr, j’ai envie de défendre mon pays car je n’aime pas que l’on dise du mal de la France, comme je n’aime pas que l’on dise du mal de Stonfield (ce qui pour l’instant reste assez rare ;-) ) ou que je n’aimais pas, à l’époque, que l’on dise du mal de mon équipe (de rugby). Mais pour être honnête, je manque un peu d’arguments pour défendre ce que nous sommes devenus…

Je ne fais pas de politique sur ce blog et je souhaite m’y tenir. Ce n’est d’ailleurs pas mon propos ici. Simplement, force est de constater qu’il y a deux ou trois trucs qui ne vont pas bien chez nous. Les Français ont majoritairement voté pour un candidat qui proposait de réaliser un certain nombre de réformes curatives d’un modèle économique et social mourant. Dont acte… Je suis incapable de dire si sa méthode est la meilleure (et je trouve très arrogants ceux qui s’y hasardent et voient l’avenir à 5 ou 10 ans) mais je suis un républicain. Sans entrer dans une analyse politique pour laquelle je ne suis pas compétent, j’espère simplement que tous les sceptiques réaliseront ce qui se passe ailleurs (c’est la mondialisation du dynamisme et de l’esprit d’entreprise qui va nous enterrer, pas celle des délocalisations ou de la main d’oeuvre à bas coût) et prendront enfin leur destin en main. De toute façon, le modèle français survit sur ses propres ruines donc nous n’avons plus qu’un choix : avancer ou disparaître.

Pour ma part, je vais continuer à essayer de faire vivre ma société et de la développer, à travailler sur les filiales que nous sommes en train de monter avec des amis, à aider (avec beaucoup d’humilité même si cela flatte mon égo) les entrepreneurs qui viennent parfois me voir pour que leur donne mon avis ou partage mon expérience sur les sujets qui les préoccupent, à payer mes impôts en France car c’est ici que je vis et travaille (et que j’aime savoir que mes enfants peuvent aller à l’école avec un bon niveau d’enseignement, par une route en bon état, dans une relative sécurité, etc…). Cela ne me rend pas meilleur que les autres habitants de ce pays, mais cela me permet de ne pas me cacher derrière mon petit doigt et ça, c’est une vraie satisfaction.