Vous serez heureux d’apprendre que le projet que nous avons tous contribué à financer se fera en Ethiopie ! Il semble d’ailleurs que l’opération soit déjà lancée, si j’en crois la teneur et le ton de l’email de Christy :
« This is it!
In December we sent your funds to Ethiopia.
The construction has started… »
Accessoirement, ils m’ont demandé ce que nous souhaitions voir écrit sur la plaque qui sera posée sur le projet, une fois celui-ci terminé. Je devais répondre dans la journée donc je n’ai pas eu le temps de lancer une consultation auprès de vous (je n’ai d’ailleurs pas bien compris pourquoi c’était si urgent que cela ?!?).
Sur la plaque, il y aura donc marqué « Ce puits a été financé et construit à la main par Pierre-Olivier Carles, le gars le plus sympa de l’Internet Français ! ».
J’imagine que cela conviendra à tout le monde… J’ai essayé d’être le plus juste possible, de demander quelque chose qui montre bien notre engagement collectif et l’esprit de partage qui a mené ce projet.
Malheureusement, cela faisait trop de lettre pour la plaque commémorative (j’en veux d’ailleurs énormément à mes parents qui m’ont doté d’un prénom aussi long sans même anticiper ce projet avec « Charity Water ») donc il y aura marqué sur la plaque : « French Team for Water »
Plus sérieusement cette fois, j’ai abandonné le mot Geek tout simplement parce que beaucoup de dons sont venus de non-geeks et, au-delà de tous ceux qui ont organisé cette collecte avec moi (ils m’écrivent parce que la campagne est à mon nom, mais nous étions une grosse poignée à la base de l’idée), il y a eu des dizaines de notes publiées, de mentions, de RT… Je crois vraiment qu’on peut parler de travail d’équipe !!
Ils m’ont également demandé si nous souhaitions avoir des photos papier de l’inauguration, ce à quoi j’ai répondu que des photos numériques seraient largement suffisantes. J’imagine que c’est rattrapable si on a besoin de photos papier, et je peux leur demander (mais honnêtement, je trouvais un peu con de demander du physique alors que tout a été numérique jusqu’à présent…).
Merci à tous de diffuser ces infos, de la manière que vous jugerez opportune, à tous ceux que vous connaissez et qui ont participé (ou pas, d’ailleurs, ça peut en sensibiliser quelques autres ?!?) à la campagne !
Dès que j’ai d’autres news, je vous en parle
Avec pas mal de retard, je viens de voir le premier épisode du Vinvin Show, produit et réalisé par Les Raconteurs, société de production que Vinvin a co-fondé récemment. C’est drôle, très bien fait… et en plus, ça m’a fait réfléchir 5 minutes (durée maximum de concentration qui soit à ma portée ).
Comme beaucoup de monde à présent, je me sens concerné par l’avenir de notre planète, l’empreinte carbone que nous laissons, le réchauffement et ses conséquences, le manque d’eau… Quand j’en ai l’occasion, j’essaye de m’engager un peu sur une cause ou une autre, en fonction de l’écho qu’elle éveille en moi et des moyens que j’ai à ce moment-là. Je ne vais pas vous faire la liste de mes dernières actions car ce n’est pas le sujet de cette note, mais disons que je reste relativement actif.
Pourtant, je me demande parfois si nos préoccupations en matière de développement durable de virent pas, de temps en temps, au grand n’importe quoi.
J’ai souvent constaté la justesse de la loi de Pareto, sur quasiment tous les domaines où elle est transposable… et le développement durable n’y échappe pas. Il existe de gigantesques gisements d’économie en matière d’émission de CO2, comme l’arrêt de la déforestation, un travail de fond sur le bâtiment, le développement d’énergies alternatives performantes, des systèmes de culture faisant appel à davantage de technologie, des organisation du travail qui réduisent la très grande majorité des déplacements, etc…
Et pourtant, je ne vois que des actions vers ce qui n’est pas de premier impact. D’ailleurs, je me suis surpris à me sentir coupable parce que nous avons installé des décorations de Noël autour de la maison, luminaires qui, forcément, consomment de l’énergie… Je me suis surpris à crier après mes enfants parce qu’ils avaient passé 5 minutes de plus à jouer sous la douche, laissant couler l’eau chaude (alors que nous leur avions déjà demandé d’arrêter les bains)… Je me suis surpris à ne pas remonter mon vieux BJ40 que j’aimais tant, et qui est éparpillé dans un garage depuis 2001 car, avant d’être une vieille voiture terriblement attachante, c’est un 4×4 et, ces derniers temps, les 4×4, c’est le Mal absolu… Je me suis surpris à ne plus arroser mon jardin et ne plus laver ma voiture, qu’il y ait un arrêté l’interdisant ou pas car je veux pas contribuer à l’assèchement de l’Afrique pour que mon herbe soit plus verte… Enfin, j’ai claqué quelques dizaines de milliers d’euros pour isoler, mieux chauffer et verdiser ma maison, comme ça, sans qu’on m’y oblige…
Je ne remet pas en cause tout ce que j’ai changé dans ma façon de vivre, et je crois que certaines décisions étaient vraiment bonnes, comme celle de réduire de plus de 40% mes déplacements en avion (et d’y substituer le train ou les visio-conférences à chaque fois que c’était possible) ou de travailler l’isolation de ma maison. Mais pour le reste, j’ai juste l’impression de m’imposer tout un tas de choses qui ne font qu’effleurer le problème pendant qu’à coté de ça, on reste sur du Business as Usual. Les gouvernements réunis récemment à Copenhague ont fait la démonstration de leur incapacité à se mettre d’accord et brandissent un fabuleux « -20% en 2020″. Mon foyer a du faire un « -50% ces 5 dernières années »… et j’ai le sentiment d’avoir pissé dans un violon. Sarkozy a dit lors du sommet que nous étions la dernière génération à pouvoir encore faire quelque chose… Il ne semble pas si influent que cela, finalement, ou son anglais doit être médiocre car il n’a pas été entendu.
Alors, pour être honnête, je ne sais plus si je dois continuer à me préoccuper de questions qui, de toute façon et de toute évidence, sont hors de ma portée. Et ne venez pas me dire que toutes ces gouttes d’eau que j’ai apporté comme des millions d’autres dans le monde, font des ruisseaux… tant que je verrais des océans entiers sacrifiés sur l’autel de l’immobilisme général de nos dirigeants, de tous bords, de tous pays et de toutes conditions.
Je ne vais pas me mettre à verser de l’huile de vidange dans les ruisseaux pour autant (ni, plus bêtement, me remettre à prendre l’avion toute les 5 minutes ou à ranger mon vélo), mais je vais laisser mes enfants prendre des bains quand ils le souhaitent, allumer le soir mes décorations de Noël (car c’est une période dont la magie compte beaucoup pour ma famille) et envisager de remonter mon vieux BJ40 (ce que je ne ferai sans doute pas, n’en ayant ni le temps ni les compétences, mais il me plait à penser que ce sera possible un jour)…
Si vous suivez un peu les blogs de la bande, vous savez déjà sans doute que la Campagne pour Charity:Water que nous avons animé tous ensembles pour collecter les 5,000$ nécessaires au financement d’un projet est un succès.
A l’heure à laquelle j’écris ces lignes, ce sont près de 5,700$ qui ont été collecté, soit 284 personnes qui vont avoir accès à de l’eau saine pour les 20 prochaines années. Je ne me sens pas de remercier tous ceux qui ont participé, relayé ou donné car nous étions nombreux à animer ce projet et je n’en veux pas la paternité. Je suis simplement heureux de voir qu’en se donnant un peu la peine, une partie de la blogosphère, tellement décriée par ailleurs, est capable de se mobiliser un tant soit peu pour des projets positifs et pleins de sens. Nous avons été plutôt nombreux à faire un geste, chacun en fonction de ses possibilités, de ses envies, de ses moyens… C’est ce qui compte à mes yeux.
Nous faisons tous, chaque jour, des choses sans importance ou n’ayant que des répercutions insignifiantes : je crois que si j’étais l’une des 284 personnes directement concernées, je me dirais que ce que nous avons fait est loin d’être insignifiant, loin d’être inutile. Tout est finalement une question de perspectives…
Maintenant que nous sommes à l’objectif, il est évident qu’il ne va pas être facile de mobiliser à nouveau tout le monde pour taper, par exemple, la barre des 10,000$. Pourtant, c’est un chiffre qui sonne bien, qui ressemble plus à un pallier que 5,000$ (choisi parce que c’était le coût d’un projet dans son ensemble) et surtout, chaque fois que 20$ sont récupérés, c’est une personne qui accède à de l’eau potable… et pour elle, c’est énorme.
Je vous propose de débattre sur 3 possibilités, qui sont celles qui me viennent spontanément à l’esprit :
1/ On arrête simplement la campagne, puisque nous sommes à l’objectif. C’est frustrant, mais d’un autre coté, je comprend que beaucoup d’entre vous en ait assez de se faire spammer régulièrement sur le sujet et se démobilisent.
2/ On continue ainsi, sans trop pousser pour ne pas lasser, en se disant qu’un petit don par-ci, un petit don par-là pourront apporter un peu d’eau au moulin (je sais, je suis très drôle ). Ce n’est pas très ambitieux, mais au moins, cela reste actif.
3/ On continue mais différemment, sur un autre format, en nouant par exemple des partenariats avec des sponsors qui vont abonder en fonction des dons. C’est bien plus séduisant car cela fait du sens, d’une part pour des partenaires éventuels et d’autre part, pour Charity:Water… mais il va falloir y passer pas mal de temps, parce que ça ne se fera pas tout seul et nous sommes peu nombreux à avoir ce genre de temps libre.
J’ai déjà un avis, mais je préfère ne pas le formuler tout de suite pour ne pas influencer et laisser de la spontanéité à ceux qui voudront commenter. Bien évidemment, si vous avez un autre idée, n’hésitez pas à la soumettre… Tout ce qui est constructif est bon à prendre !
Je ne sais pas si vous connaissez déjà Charity Water, une organisation à but non-lucratif dont la mission est simple : Ils veulent fournir de l’eau potable à toutes les personnes qui en manquent dans le pays en voie de développement… et ne s’arrêteront pas tant qu’une seule personne n’y aura pas un plein accès.
Bien-sûr, cela prête à sourire quand on sait à quel point de l’eau saine est devenue rare dans certaines partie du monde et, de ce fait, à quel point la tâche est immense, mais…
Ils ont une approche que je trouve juste simple, pragmatique et efficace, avec des engagements limpides du type : 100% des dons sont directement affectés aux projets (et non aux charges de structure). De plus, je trouve leur passion, leur dynamisme et leur énergie très communicante. Ils vous donnent envie de donner et d’évangéliser, avec ce sentiment que c’est UTILE.
Décidément, on trouve de formidables entrepreneurs partout, sous diverses formes et poursuivant des buts improbables
Dans le monde, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à une eau saine, chiffre qui donne le vertige au point de décourager le plus enthousiaste des donneurs dans un lucide « Finalement, qu’est-ce que ça change ? Au point où on en est… ».
Et bien non, ça change un truc. Avec 20$, vous fournissez de l’eau à une personne pour les 20 prochaines années… et ils ont déjà amené de l’eau propre à plus d’un million de personnes. Alors, ce que ça change, c’est que quand vous faites partis du million de personne en question, vous améliorez votre niveau de vie d’un facteur extraordinaire. Et si vous faites parti du milliard+, ça peut vous redonner un peu d’espoir en vous disant que des gens travaillent dur, bénévolement et sans se décourager pour que ce soit un jour votre tour. C’est un peu candide, mais il faut bien se raccrocher à quelque chose, non ?
C’est en découvrant cette vidéo que j’ai fait le rapprochement le bracelet noir que j’avais acheté chez Sacks, dans un Mall de Floride (vous pouvez en voir un dans le film). Ils vendaient deux bracelets pour 10$… et ça me semblait une contribution sympa, mais j’étais loin d’imaginer une organisation aussi dynamique et déterminée. J’ai ainsi redécouvert Charity Water par cette opération.
Pour finir, je voudrais vous dire un mot sur la campagne « Born In September« , décrite dans la vidéo ci-dessus. En deux mots, l’idée est une façon originale de collecter des fonds. Si vous êtes nés en Septembre, mois d’anniversaire de l’organisation, demandez à vos amis et vos proches de vous offrir une somme d’argent d’un montant égal à votre âge, que vous donnerez à Charity Water. Et d’ailleurs, si votre anniversaire tombe à une autre date, vous pouvez le faire aussi
Si vous ne savez pas quoi faire, commencez déjà par Twitter, linker, relayer cette note ou directement la vidéo le plus largement possible parce que Septembre approche à grands pas. Vous pouvez aussi faire une note sans référence à mon article directement sur votre blog en reprenant tout ou partie de mon texte, tel quel ou en le remodifiant à votre convenance… Peu importe la méthode en fait, tant que l’on diffuse le plus largement possible
Nous sommes globalement tous d’accord pour dire qu’à force d’embêter la Nature, elle risque de se fâcher vraiment et de venir violemment nous botter les fesses. Par raccourci, on dit souvent qu’il faut sauver la planète… mais c’est inexact car la planète, elle, va très bien et s’en sortira. C’est l’Humanité et une très grande partie de ce que porte la planète en question qu’il faudrait plutôt sauver
J’ai pris cette photo à deux pas de la Gare d’Arcachon et du Marché, là où les boulistes viennent passer leurs après-midis, à l’ombre des platanes.
En fait, cet arbre est très abimé… un peu à cause des boulistes qui y plantent des crochets et beaucoup à cause d’un technicien du Service Technique de la Mairie d’Arcachon, probablement à la retraite aujourd’hui.
Mais la Nature, elle, poursuit son oeuvre, un peu comme les fourmis qui se sacrifient en très grande nombre, sachant que le destin du groupe est plus important que chaque destin individuel. Il semble évident que la Nature n’aime pas, naturellement, les interdictions justement contre-Nature que nous mettons sur tout et n’importe quoi… au point de lentement mais sûrement reprendre le dessus.
C’est vraiment la question que je me pose en ce moment… et elle ne date malheureusement pas d’aujourd’hui.
Il est très facile, quand on est expatrié, de relever tout ce qui va mal dans son pays d’origine et tout ce qui est mieux « ici ». C’est facile parce que cela saute aux yeux… Au début, on se dit que c’est principalement lié à la nouveauté. Pourtant, après quelques mois, il reste des différences que l’on ne s’explique pas tout en se remémorant ce que notre pays d’origine peut avoir de meilleur.
Quand je suis parti de France, on ne pouvait pas ouvrir un journal sans voir que le pouvoir d’achat était en recul net, sur l’ensemble des classes de la population, y compris les plus riches (si, si, je vous assure!). Bien-sûr, plus on descendait le long de l’échelle sociale et plus cela devenait perturbant au quotidien, jusqu’à devenir insupportable pour les classes les moins aisées de la population. Quand on y regarde de plus près, c’est vrai… et quand on y regarde d’encore plus près, c’est même à se demander comment font les Français ayant les revenus les plus bas pour les besoins de base comme se loger, se nourrir, éduquer les enfants… simplement, vivre en fait.
Comme on dit souvent au comptoir : « Tout coûte cher aujourd’hui ! »
Depuis que nous sommes aux Etats-Unis, je dois avouer que je suis parfois un peu perdu. Ici, vous devez payer pour tout, tout le temps… mais ce n’est pas si difficile qu’il n’y parait.
Vous mettez vos enfants à l’école ? Pas de soucis, une école privée coûte dans les 100$ par semaine et par enfant, pour peu que vous n’en preniez pas une trop haut-de-gamme. En plus, ils se débrouillent pour vous taper 20$ par ci et 30$ par là, pour tout un tas de petits trucs non compris dans le prix de base. C’est énorme, mais il existe des écoles publiques si c’est vraiment nécessaire, moins bien que les privées mais vos enfants auront accès à l’éducation aussi pour quasiment rien et les enseignants y font bien leur métier et y mettent autant de coeur.
Vous voulez nourrir votre famille ? Avec quelques dollars, vous trouvez un plat pour tout le monde. bien-sûr, le boeuf est aux hormones de croissance et les légumes, même non organic, coûtent plus cher que les frites… mais vous mangez, chaque jour et à votre faim.
Il vous faut une voiture ? Oui, ici, il vous faut une voiture à moins d’habiter New-York ou Chicago… mais une voiture coûte beaucoup moins cher qu’en France ou en Europe (entre 20 et 40% moins cher suivant les modèles et les marques). C’est vrai à l’achat, mais c’est aussi vrai à l’entretien, et notamment l’essence (sans commune mesure !). Le prix de l’assurance est globalement comparable.
Il manque un élément important : Vous loger. Vous avez 50 000 $ (soit environ 35000 euros) devant vous ? C’est suffisant pour acheter une petite maisonnette dans un quartier pas très chic. Cette maisonnette tient plus du grand Mobil Home que de l’hôtel particulier, mais vous êtes chez vous, avec un toit et une adresse. Si vous avez 200 000$ de coté (ou que vous vous faites financer… dans des conditions normales), vous avez carrément une maison avec 3 chambres et 3 salles de bain, au milieu d’un petit jardin.
Je vais arrêter là car la liste serait trop longue, mais non sans avoir évoqué la santé. Il est possible de se soigner à peu près normalement, même aux Etats-Unis. Cela demande une très bonne connaissance du système et quelques précautions en matière d’assurances. C’est, sur ce point, clairement plus cher que chez nous et je dois avouer que nous disposons d’un système de santé qui est vraiment bien en comparaison, malgré toutes les difficultés qu’il rencontre aujourd’hui. Mais en travaillant un peu le sujet, on peut arriver à un dispositif satisfaisant aux Etats-Unis, y compris avec des revenus de bas de l’échelle.
Arrivé à ce point, je me pose une question qui est pour l’instant, sans réponse : Comment un bas salaire peut-il s’en sortir ici sur les besoins de base alors que « nos pauvres », eux, n’ont aucune chance de joindre les deux bouts ?
J’écris cette note sans donner de leçon car je n’ai pas la moindre idée de ce qui peut provoquer de telles différences. Nous sommes devant deux pays développés ayant une culture finalement assez proche (même si l’état d’esprit est très différente). Sommes-nous plus idiots ou moins créatifs que nos amis Américains ? Je ne crois pas, non. Sommes-nous moins travailleurs ou moins entrepreneurs (dans l’esprit) ? C’est possible, mais sûrement pas autant qu’on ne le pense ou que tout le monde le dit…
Bien-sûr, leur flexibilité est un atout extraordinaire. Ils peuvent virer quelqu’un du jour au lendemain, mais c’est l’une des raisons pour lesquelles ils embauchent aussi facilement (j’ai fait exprès de le dire comme ça, pas la peine de me le faire remarquer ) et il n’est pas rare de rencontrer des jeunes qui ont deux voir parfois 3 jobs en parallèle. J’ai du mal à le mettre en perspective avec nos jeunes que nous n’arrivons pas à faire travailler, ne serait-ce que sur un seul job ?!?
Bien-sûr, les charges sociales qui pèsent sur l’entreprise sont très basses mais cela n’empêche pas le pays d’avoir une puissance financière phénoménale (même si depuis 18 mois, ce n’est plus aussi simple, comme partout) et surtout, cela amène les entreprises à proposer des salaires « décents »… simplement parce que cela devient possible.
Bien-sûr, si vous êtes à la rue, vous n’avez rien d’autre que la solidarité de vos compatriotes… mais celle-ci est réelle, individuelle ou au travers d’associations très actives, de ce que j’ai pu en voir.
Alors au final, j’en viens à ne plus savoir que penser vraiment. Le pays idéal n’existe pas ou du moins, je ne l’ai pas encore trouvé. Je me suis pris à rêver que la France prenne le meilleur des Etats-Unis (et laisse le reste) tout en conservant sa culture, sa créativité et cette forme de diversité plus ou moins intégrée… mais ce n’était qu’un rêve car il y a dans cette idée même une forme d’incompatibilité profonde. Je vois de temps en temps mon pays empêtré dans des problèmes qu’il se fabrique tout seul, dans des combats d’un autre temps (sans même parler d’Hadopi !) et dans des luttes de clochers stupides et stériles qui sont loin d’avoir le charme des derbys d’ovalie.
Plus grave, surtout, de ce que je peux en voir à distance, il n’y a plus aucune unité nationale, plus aucune envie d’avancer ensemble mais simplement une sorte de lutte entre les riches et les pauvres, les fonctionnaires et les salariés, les banquiers et les entrepreneurs, ceux qui travaillent et ce qui ne travaillent plus ou pas encore, les cons de droite et les cons de gauche, les jeunes et les vieux… et tous oublient qu’ils sont potentiellement des anciens ou des futurs de la classe d’en face.
N’en jetez plus, la coupe est pleine.
Je crois qu’il y a une chose que nous pourrions essayer de prendre aux Américains, juste une seule, c’est cette capacité lorsque les choses vont mal pour tous, comme le niveau de pouvoir d’achat par exemple, à oublier un temps leurs querelles, à travailler ensembles et mettre leur énergie au service du pays (qui pour nous, peut être la France mais aussi l’Europe), solidaires et mobilisés vers un objectif commun jusqu’à ce que le problème soit réglé.
Nous avons souvent tendance à dire en souriant, que nous sommes des Gaulois, ce qui donne un air de romantisme au fait que nous nous tapions dessus en permanence et que nous soyons incapables de nous mettre d’accord, mais je dois avouer que l’image d’Astérix commence un peu à me gonfler quand je vois à quel point notre pays s’enfonce chaque jour un peu plus.
Je comprend qu’une personne qui ne travaille pas rencontre des difficultés et que nous ayons besoin de trouver des solutions à ces situations… mais je ne peux pas accepter que le pouvoir d’achat de gens qui travaillent dur chaque jour ne soit même plus suffisant pour loger et nourrir leur famille. En fait, ce n’est pas que je ne peux pas l’accepter, c’est juste que cela n’a pas le moindre sens… ni au présent, ni dans la durée.
La France est-elle à la dérive ?
Je n’ai rien changé en écrivant tout cela et pas apporté la moindre solution car j’en suis incapable. J’ai juste râlé un peu, prouvant si besoin était que je suis toujours foncièrement Français et ce, jusqu’au dernier chromosome de mon ADN. Je vous invite à prendre cette note comme le simple rapport d’étonnement d’un observateur qui a un pied de chaque coté de l’Océan…
J’ai passé la journée d’hier au Kennedy Space Center, à coté de Cap Canaveral. Je pense que je ferai plus tard une note sur ce que j’y ai vu, appris et compris.
En attendant, je ne peux pas m’empêcher de partager avec vous cette pensée qui m’a traversé l’esprit toute la journée. La très grande majorité d’entre nous passons nos vies à nous battre pour des choses qui n’ont finalement que peu d’importance, pendant que d’autres changent l’Histoire et le monde. Je me demande à quel moment et comment se fait la sélection de ceux d’entre nous qui sont de la deuxième catégorie…
L’histoire d’Apollo 13 est extraordinaire, tout comme l’est celle du programme spatial américain visant à envoyer l’Homme sur la lune. J’aime penser que tout cela a commencé par un discours incroyablement inspirant de Kennedy, décidant qu’un américain marcherait sur la lune avant 10 ans et reviendrait. Il a ajouté que les Etats-Unis devaient faire cela, non pas parce que c’était facile, mais justement parce que c’était difficile.
« First, I believe that this nation should commit itself to achieving the goal, before this decade is out, of landing a man on the moon and returning him safely to the earth.«
Cela m’a amené à deux questions à des niveaux très différents :
- Ce que je fais est-il à ce point insignifiant pour que ce type de pensée me vienne aussi facilement à l’esprit ?
Bien-sûr, nous ne pouvons pas tous marcher sur la Lune et je crois aux héros du quotidien, ceux qui changent l’Histoire d’au moins une personne, le plus souvent dans l’indifférence générale… Mais je n’ai pas marché sur la lune et je ne suis pas un héros du quotidien. Si je détermine que ce que je fais est devenu tellement inutile et insignifiant, je crois qu’il faudra que je me pose la question d’en changer.
- On ne réussi de grandes choses qu’avec de grandes ambitions. Ma citation préférée est et reste : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».
Est-ce une grande ambition que de vouloir réduire les émissions de CO2 de 15 ou 20% d’ici à 20 ou 30 ans, comme le proposent la très grande majorité des gouvernements qui, au moins, proposent quelque chose ?
Je crois que c’est une ambition ridicule à l’échelle de ce que nous pourrions accomplir.
Le travail acharné et la conviction de quelques milliers d’Hommes ont, en moins de 10 ans, envoyé et ramené le premier homme sur la lune… et 11 autres ont suivi dans la foulée.
Je ne parle pas de sauver la planète, car elle nous survivra. Sommes-nous devenu si désespéré qu’une cause aussi importante que de sauver l’Humanité n’arrive même plus à nous mobiliser ?
Kennedy a surtout donné l’inspiration aux Hommes qui ont été de cette formidable aventure… et c’est déjà énorme. Qui ou qu’est-ce qui va nous inspirer pour l’enjeu majeur qui s’offre à nous maintenant ?
“Etre humaniste, ce n’est pas être confiant aveuglément en ce que font les hommes. Etre humaniste, c’est à la fois être émerveillé par le potentiel de chaque humain et lucide sur les risques qu’il court, que ce soit du fait de la nature ou du fait de l’homme lui-même.”
C’est Albert Jacquard qui a dit cela, dans une interview à Paris Match (que j’ai trouvée relayée sur le site des Humains Associés). Non seulement, je trouve cette phrase magnifique (Bon, Jacquard n’est pas vraiment un perdreau de l’année ) mais – en toute humilité, je ne m’approprie rien – je me retrouve assez dedans.
On a tout ce qu’il faut pour réussir des trucs incroyables et c’est souvent, une sorte de catalyseur qui nous manque. Sans vouloir faire preuve d’un optimisme candide, je crois sincèrement en notre capacité à traverser cette crise (et quelques légers signes avant-coureurs apparaissent de ci de là) pour peu qu’on resserre les rangs et qu’on garde confiance. C’est vrai au niveau de nos familles et de nos proches, de nos entreprises, de notre économie et même de notre planète.
Aux Etats-Unis, les attentats du 11 Septembre ont été un vrai catalyseur. L’usage qui en a été fait est sans doute très discutable, mais la mobilisation vers une ligne commune a entraîné la création d’une énergie incroyable. On retrouve dans ce passage de l’Histoire, tout ce qu’Albert Jacquard a défini plus haut.
Sur ces bonnes paroles (je parle de celles de Jacquard !!), je vous laisse, je dois partir à la recherche d’un certain nombre de petits catalyseurs, qui, à défaut de sauver la planète, feront peut-être avancer deux ou trois sujets
Je viens de découvrir que Tom Raftery de Redmonk a publié la vidéo de ma présentation en fin d’année dernière, à la conférence IT@Cork.
Je crois que, si vous avez 18 minutes à perdre, vous devriez y jeter un œil pour deux raisons :
- Les Univers Virtuels présentent un potentiel extraordinaire en matière de réduction de l’empreinte carbone des entreprises et j’ai essayé de donner quelques exemples concrets. Cela fera toujours une pierre de plus à l’édifice.
- Je parle un anglais qui frôle la perfection, un peu celui d’oxford auquel on aurait apporté un pointe de l’anglais de Cambridge et surtout une bonne marmite de l’anglais de Tarbes. Cela signifie que même si vous ne parlez pas un mot d’anglais, vous pouvez globalement tout comprendre
J’ai pris beaucoup de plaisir à faire cette conférence car l’accueil y était exceptionnel (et j’adore l’Irlande, même depuis qu’ils nous battent en ouverture du Tournoi !) et les speakers (je parle des autres, pas de moi !) étaient vraiment passionnants et souvent passionnés.
Comme il n’est pas évident de comprendre quand on était pas sur place, je suis le premier speaker à passer en proposant des solutions, les autres qui m’ont précédé ayant fait un état de lieux dramatique. C’est pour cela qu’au démarrage, je me fais confirmer par le modérateur que je dois être positif, histoire de ne pas retrouver la moitié de l’audience pendue au premier arbre qui passe
Ce qui a été évoqué avant mon passage était incroyablement dramatique, entre bêtise globale de l’Humanité et immobilisme mortel des gouvernements de tous bords et de tous pays. Quand on voit la réaction énergique (pas assez mais quand même…) de tous pour contrer la crise économique mondiale et l’injection de milliers de milliards de dollars dans la machine, on se prend à rêver que la moitié de ces montants soient investis dans le GreenIT, parce qu’en fait, tout ça n’est qu’une question de lecture. Si on fait une parabole médicale, on vient de soigner vigoureusement une douleur très vive car nous la ressentions tous et nous avions peur qu’elle dure et se transforme en inflamation… sans nous préoccuper de la tumeur maligne qui nous ronge, car, finalement, on ne la voit pas bien et qu’elle n’est pas encore si douloureuse que cela. Le problème est qu’un cancer de cette gravité doit être traité très tôt et avec détermination sinon il devient incurable et… mortel.
C’est à croire que nous attendons une catastrophe écologique majeure pour donner enfin à cette tumeur l’importance qu’elle mérite. Je ne sais plus qui a dit que les révolutions réussies ont besoin de sang pour se nourrir. Il avait peut-être raison.
En attendant, les technologies sont une des solutions les plus prometteuses. Autant commencer par là…
Je suis très heureux d’être aux États-Unis un jour comme aujourd’hui. Le pays tout entier, Républicains comme Démocrates, vient de faire corps derrière son nouveau président, dégageant une énergie presque palpable tellement elle est puissante et omni-présente. Très vite, l’opposition devrait retrouver son rôle, mais pour aujourd’hui, nous pouvons saluer un bel exemple de démocratie… Un gars est élu avec 54% des voix et tous se regroupent derrière lui : ainsi soit-il !
Mais cet évènement qualifié – je crois avec raison – d’historique, je n’y ai pas vraiment assisté… En fait, je n’y ai pas été et je l’ai vécu, j’y ai même participé. Ce tour de magie a été rendu possible par ce qu’Internet nous apporte. Je l’ai suivi sur CNN, tout en échangeant via Facebook et Twitter avec mes amis, mon réseau et de parfaits étrangers, disséminés dans le monde entier. Très clairement, j’aurais préféré que CNN monte cette opération directement avec Twitter (et que ce dernier ne s’écroule pas sous la charge !), peu utilisé en France mais en pleine explosion ici, qui aurait été encore mieux adapté à la situation.
Pour cet évènement, je vous livre quelques chiffres qui donnent le vertige : Plus de 13,9 millions de personnes ont suivi le stream live de CNN, déposant plus de 600 000 commentaires, soit 4000 chaque minutes. Au moment le plus fort de cette journée, c’est à dire au début du discours de Barack Obama, ce sont 8500 commentaires qui ont été postés en 1 minute !!!
En fait, ces millions de personnes regardaient le direct tout en commentant les images dans la même fenêtre, partageant des idées ou des émotions, échangeant leurs impressions, affichant leurs opinions…
Ce dispositif est sans doute le plus aboutit que j’ai pu voir jusqu’ici, faisant la liaison naturelle avec la TV et l’Internet.
Pourquoi je parle de liaison naturelle ? Parce que 75% des adolescents américains regardent la TV en communicant sur le web en même temps, un laptop sur les genoux ou avec leur mobile. CNN et Facebook ont simplement synthétisé ce phénomène dans une seule et même fenêtre, redoutable d’efficacité et tellement dans l’air du temps.
Plus près de moi, beaucoup de nos entreprises se demandent s’il est vraiment stratégique de s’intéresser à toutes ces technologies, qu’elles voient comme des pertes de temps, de concentration ou de productivité. J’étais convaincu, avant d’habiter vers Miami, qu’elles avaient tort. Depuis que je suis ici, que je vois des personnes – très – âgées chercher le Wifi pour checker leurs emails ou faire un call en visio sur Skype, je suis vraiment inquiet pour l’avenir de notre économie. Je me dis que les « évangélistes » dont je fais parfois partie ne font pas bien leur travail, que nos entreprises ne comprennent décidément pas la détresse dans laquelle elles sont en train de se mettre, obnubilée par leur vision court-termiste.
Le plus souvent, un dirigeant vous répond qu’il va surement changer les choses, qu’il y pense très fort, qu’il va même mettre en place un groupe de travail sur le sujet, mais qu’il faut du temps et que pour l’instant, avec la crise actuelle, il est difficile de se consacrer à ce genre de sujets
BULLSHIT* !
La crise est une excuse comme une autre, une de plus bien pratique, pour ne pas investir, ne pas entamer de réforme pour continuer à faire l’autruche… et la majorité des grands dirigeants de 55+ ans ont raison, a quelques exceptions près, d’agir ainsi ; ce sont leur successeurs qui devront trouver des solutions et gérer une crise bien plus importante que celle que leurs ainés traversent aujourd’hui, pendant qu’ils profiteront d’une retraite sans doute bien méritée tout en parlant entre eux, autour d’un terrain de pétanque, du bon vieux temps où les dirigeants avaient un peu plus de contenance, d’envergure et de sérieux.
Pourtant, quand j’étais à l’école, on m’avait expliqué que le dirigeant de l’entreprise devait avoir une vision à long terme, l’exécutif se chargeant, comme son nom l’indique, de traduire la vision stratégique en politiques de court terme. A cette époque, le long terme était 10 à 15 ans. Aujourd’hui, il s’est réduit à quelques mois ou années, pour peu que le cours de la bourse ne varie pas trop vite sous les coups de boutoirs de quelques spéculateurs amoraux et apatrides, auquel cas, la notion de long terme vient se caler sur l’année scolaire.
Pour ceux qui feraient la confusion, le développement durable ne concerne pas nos entreprises que pour les aspects relatifs a l’écologie ou la préservation de la planète ! Avoir des entreprises fortes, saines et portées par des équipes enthousiastes et formées entre dans cette notion.
La cérémonie d’inauguration de la présidence de Barack Obama m’a émue.
Pourtant, cet homme va faire du mal à mon pays. Juste une précision pour tous ceux qui l’auraient oublié, Obama est le Président des États-Unis, et c’est bien pour son pays qu’il travaille, pas pour le notre. Contrairement à ce que me disent gentiment mes amis quand ils veulent me chambrer un peu, je suis Français, assez fier de mon pays, de mes racines, de ma culture… et même si je devais un jour, m’installer définitivement ici, obtenir la nationalité et je ne sais quoi d’autre, je ne serai jamais Américain avant d’être Français.
Ce qui m’a ému, c’est que l’espace d’un instant, à la force de cet évènement de retentissement mondial, le monde est devenu plat… La technologie s’est fondue dans la vie courante, apportant de la valeur et exacerbant la capacité individuelle de chacun à communiquer avec quasiment n’importe qui.
Internet tout entier, c’est à dire les blogs, Facebook, Twitter, Second Life, MySpace, Flickr, YouTube… a respiré au rythme de cet événement, effaçant les frontières pour laisser la place à un immense espace de collaboration.
Chers ami(e)s entrepreneurs, il n’y a jamais eu, au moins dans l’Internet, autant d’opportunités de créer des entreprises qui peuvent changer le monde, d’inventer de nouveaux métiers, de nouveaux services… et contrairement à ce que veut la rumeur, il y a encore de l’argent chez les investisseurs, même si vous n’avez pas forcément besoin d’eux pour vous lancer.
Chers amis dirigeant de petites ou grandes entreprises, il est temps, à présent, de regarder un peu ce qui se passe autour de vous, sur des sujets qui ne vous passionnent pas d’habitude mais qui vont venir bientôt vous botter les fesses très sérieusement, d’en comprendre la portée, de vous projeter dans les 3 ou 5 prochaines années, quand nous n’aurons plus besoin de grands évènements pour faire la démonstration qu’Internet est bien une nouvelle révolution industrielle et d’en tirer les conclusions pour votre entreprise.
Si vous n’êtes pas convaincu, c’est que vous n’êtes pas attentifs. Il suffisait de regarder, cet après-midi, partout sur Internet ; Il y avait, ensembles, Barack Obama, eux, vous et moi…
* Mot très imagé qui vient à souligner le fait que je ne crois pas une seconde à ce genre d’excuse…
Plus Entrepreneur qu'Investisseur, tout ce qui fait l'écosystème des startups et des sociétés de l'Internet m'intéresse. Je suis directement impliqué dans Digidust, Stonfield, Labotec, APICube et Hellotipi.
Basé à Toulouse et pas assez souvent à Miami, je m'enthousiasme pour ceux qui croient en eux et ne doutent de rien, ceux qui ont compris qu'Internet ouvre sur le monde et non enferme, ceux qui jouent ou aiment le rugby et ceux qui considèrent que le vin et la gastronomie sont des arts majeurs.