Roquefort Carles

Ma première start-up aurait pu être dans un autre domaine que la technologie, tant cet autre domaine me passionne : notre gastronomie.

J’ai profité d’un rapide passage dans l’Aveyron, hier, avec mon père, pour faire une halte shopping à Roquefort et visiter la maison Carles. Celle-ci fait l’un des meilleurs Roqueforts artisanaux qui soit. Elle est malheureusement fermée le week-end donc je me suis rabattu sur une autre marque, sans aucun doute moins bonne puisque moins artisanale et portant un nom différent (non, la mauvaise foi ne m’étouffe pas !) :-)

Affiche devant le point de vente du Roquefort Carles, dans lAveyron

Affiche devant le point de vente du Roquefort Carles, dans l'Aveyron

Cela m’a simplement donné l’occasion de réfléchir, une nouvelle fois, à l’idée de destin et de choix qui changent des vies. Que serait ma vie si j’avais choisi ce chemin là, aidant à la conception et l’affinage d’un des fleurons de notre terroir, à sa commercialisation même aux Etats-Unis (je n’ai peur de rien ! :-) ), etc…

Le temps me manque, mais j’aurais même aimé leur donner un coup de main sur leur communication en ligne, juste pour le plaisir de m’impliquer dans ce secteur d’activité passionnant. Je ne veux pas faire offense à ma famille éloignée, mais leur utilisation d’Internet est relativement… classique, alors que je suis certain qu’il y aurait des tonnes de choses à dire, à montrer, à raconter pour porter bien haut la renommée du Roquefort Carles dans le monde entier… Mais bon, en même temps, je préfère qu’il fasse l’un des tous meilleurs Roquefort plutôt que d’avoir une super présence survendue dans les médias sociaux :-)

Karma… Kuçala

Attention : Cette note relève de la philosophie à 2 euros et n’est peut-être valable que pour moi. Je vous invite donc à ne pas perdre 5 minutes sur un sujet qui ne va pas vous passionner si ce genre de thème vous énerve. :-)

Samedi soir, au Stade de France, les Catalans de l’USAP sont devenus Champions de France de Rugby… Je ne suis pas assez compétent pour vous faire une analyse plus poussée que celle que vous aurez au comptoir de votre bistrot préféré, mais j’en ai tiré une leçon très personnelle.

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En début de saison, l’USAP attendait l’arrivée dans ses rangs du meilleur joueur du monde, tous postes confondus (et peut-être même, tous temps confondus) : Daniel Carter. L’équipe avait l’ambition folle de venir tutoyer les deux gros stades, et pourquoi pas, de ramener enfin ce bouclier de Brennus qui leur échappait depuis plus de 50 ans.

Tout était fait pour cela, avec un effectif vraiment bien équilibré, d’excellents joueurs concentrés et motivés, le tout emmené par un capitaine – que j’aime beaucoup – courage : Nicolas Mas. Au passage, Bernard Goutta, autre capitaine d’exception, était également dans l’ombre, pour aider tout ce beau monde à s’attaquer à la plus haute marche, tout ça, sous la houlette d’un Jacques Brunel plus déterminé que jamais.

Mais voilà, dans la vie, tout ne va pas toujours comme on l’a prévu. Après quelques sorties sous le maillot Sang et Or, Dan Carter s’est gravement blessé, mettant fin prématurément à sa saison dans la Sud de la France et laissant ses coéquipiers… sans numéro 10 de métier.

Imaginez deux secondes : Vous partez avec le meilleur joueur du monde à l’ouverture et vous vous retrouvez à faire glisser des 9 ou des centres en 10 d’un jour en fonction des besoins, des disponibilités ou des adversaires. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne vous met pas vraiment sur des rails pour venir chercher la première place. Non seulement votre équipe n’est plus aussi équilibrée et performante sur le plan collectif, mais en plus votre charnière (qui porte bien son nom) ne peut plus fonctionner comme les « plans » du coach le prévoyaient. Je ne vous parle même pas du coup au moral que certains joueurs doivent prendre forcément, la venue d’un Dan Carter étant un élément non négligeable pour ses coéquipiers.

Et pourtant, contre toute attente, cette équipe se mobilise, fait ce qu’elle croit être le mieux en fonction des circonstances, s’accroche aux décisions de son coach hors du terrain et de son capitaine sur le terrain et réalise ce qu’aucun autre effectif Sang et Or n’a su faire avant elle, ces 50 dernières années.

Bon, tout ça est très bien, mais vous devez vous demander ce que j’ai bien pu en tirer comme leçon ?!? C’est très simple. La vie est faite d’événements, parfois imprévisibles voir improbables, qui peuvent apparaître bons ou mauvais au premier abord (c’est à dire quand nous les vivons ou les apprenons). Toutefois, ils n’ont finalement que peu d’influence sur ce qu’il conviendrait sûrement d’appeler le Karma ou la Destinée, venant conforter l’idée que rien n’est finalement écrit définitivement.

A chaque fois, il existe des dizaines de chemins différents qui mènent au même endroit (ici, sur la plus haute marche du Top14). C’est vrai pour le Championnat de France de Rugby, mais également, vous vous en doutez, dans nos vies à tous comme celles de nos entreprises.

Une société, la plupart du temps, rencontre des problèmes ou des opportunités conjoncturelles, qu’il faut, je crois, savoir respectivement traiter ou saisir, mais les uns comme les autres ne préfigurent en rien de l’avenir de l’entreprise. C’est pour cela que l’on passe souvent des heures à débattre d’une stratégie ou d’une autre, sans pouvoir savoir au préalable si les deux ne seraient pas couronnées de succès (où ne mèneraient pas directement dans le mur).

Cette anecdote autour de l’USAP et de la perte de Dan Carter m’a conforté dans deux idées :
- Il n’est jamais trop tard pour changer les choses en bien et poursuivre le but ultime que l’on s’est fixé,
- Il n’y a que sur ses propres valeurs (en espérant qu’elles soient bonnes et positives) que l’on peut se reposer tellement l’avenir est imprévisible. Elles seules peuvent vous dicter ce qu’il y a de mieux à faire pour aller vers le but en question, dans votre vie personnelle comme professionnelle.

Ces deux idées ne sont peut-être vraies que pour moi et relèvent bien de la philosophie de comptoir, mais c’est déjà suffisant pour que je partage ces lignes avec vous ;-)