Apprendre aux enfants à se nourrir !
Je parle souvent de Gastronomie sur ce blog et il m’arrive, plus que de raison, de partager avec vous ce que je trouve sur ma table, quand cela me semble exceptionnel, que ce soit du vin ou des plats. Pour être franc, je crois ne pas savoir résister à un repas bien préparé… et je le paye très régulièrement par des périodes de régime qui parviennent plus ou moins bien à me ramener à un poids raisonnable.
Jaimie Oliver s’est lancé dans une croisade contre la malbouffe, car celle-ci est la première cause de mortalité dans les pays industrialisés… et c’est sans doute un immense contributeur, pour d’autres raisons, dans les pays pauvres. Bien-sûr, son caractère passionné et le Drama qu’il met dans sa présentation influencent énormément, mais au final, c’est sans doute lui qui a raison et ce combat est juste.
Jetez un oeil, vers le milieu de la présentation (en Anglais, mais cette image se passe de commentaires), à la masse de sucre pur qu’un enfant américain ingurgite, uniquement via le Lait, en 5 ans. C’est stupéfiant… Et ne me dites pas que nous ne sommes pas aux Etats-Unis ; je ne crois pas que la France, le pays de la gastronomie soit tellement à l’abri, loin de là.
J’ai mis un peu de temps à le comprendre… mais il n’y a que peu de plaisir à boire seulement du bon vin à chaque repas, comme il n’y a que peu de plaisir à manger seulement que des plats d’exception. La raison est que pour apprécier pleinement des retrouvailles, il faut être parti d’abord.
De la même manière, j’ai souvent confondu « Manger » et « Me Nourrir » ; ce dernier est un simple besoin vital alors que le premier, chez moi, relève du loisir… et je n’ai aucun plaisir à « manger » dans un fastfood, alors qu’un Hamburger maison, préparé avec des produits de base de qualité, est un petit moment de bonheur. Quitte à ne pas avoir le temps de manger, autant essayer de se nourrir avec des produits sains qui viendront simplement combler le besoin vital sans nous faire de mal, non ?
Depuis quelques temps, j’essaye de trouver une certaine hygiène de vie… et malgré toute ma bonne volonté, je peux vous assurer que ce n’est pas simple. Les raisons de ne pas marcher droit se bousculent dans mon quotidien comme dans le votre, j’imagine : manque de temps, stress, rencontres de business, opportunités de gouter quelque chose d’exceptionnel, vie sociale…
Et d’ailleurs, Jaimie parle de toutes dans sa présentation
Mais il y a une chose que ma femme – infatigable défenseur de la cuisine à base de produits sains – et moi – infatigable consommateur de la cuisine à base de produits sains – essayons de faire : Apprendre à nos enfants à se nourrir.
Cela relève sans doute du « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais »… mais il n’y a rien qui compte plus pour moi que d’essayer de préparer de mon mieux mes enfants à affronter les années qui viennent, surtout à partir du moment où nous ne serons plus là pour les accompagner.
En plus de leur apprendre à cuisiner et se nourrir, je vais donc essayer de devenir, à défaut d’exemplaire, au moins cohérent avec ce que j’essaye de leur inculquer (tout en ayant de gros doutes sur ma capacité à y arriver).
Au passage, pour être sûr d’être bien compris, cette tentative ne passera pas par l’éradication de tous ces excellents plats que nous offre notre culture, et encore moins par la fin de ces dégustations de vin que j’aime tant. L’idée n’est pas d’être au régime puni toute sa vie et de leur faire croire que manger est mal…
C’est bien qu’ils soient capables d’identifier ce qui relève de la malbouffe et ce qui relève de l’exception ou du plaisir. Nous voulons leur montrer que chaque ingrédient, chaque légume, chaque viande a du goût, son propre goût, et que les noyer sous le sel ou le sucre ne fait que nous éloigner de ce goût spécifique, qui pourtant se suffit le plus souvent à lui-même.
Accessoirement, nous avons également renoncé aux menus enfants lorsque nous allons diner au restaurant. Bien-sûr, faire manger les enfants comme des adultes est un peu plus cher, mais si vous prenez la peine de jeter un oeil à la quasi-totalité des menus enfants dans les restaurants, vous devriez comprendre que cela relève plus de la nourriture pour animaux que pour ceux que vous avez de plus cher… Comment les aider à forger leurs gouts si on ne leur donne que des nugets de poulet qui n’ont jamais vu un poulet et des frites de récupération ?
Je sais que cette note est dégoulinante de bonnes intentions et mes 87Kg actuels ne viennent pas apporter beaucoup de crédit à ces propos, mais comme vous me connaissez bien à présent, vous savez que c’est aussi ainsi que je m’aide moi-même à avancer
La théorie de Jaimie, à laquelle j’adhère pleinement est qu’apprendre aux enfants à se nourrir est un devoir, car eux-mêmes devront transmettre ce savoir à leurs enfants et ainsi de suite. Réfléchissez deux minutes : vous nourrissez-vous aussi bien que vos parents à votre âge ? Que leurs parents ? En général, la réponse est Non… et nous allons très vite nous cacher derrière les changements de mode de vie. C’est tellement évident qu’aujourd’hui, c’est plus difficile qu’avant que nous renonçons donc simplement à nous battre, caché derrière cette excuse irréfutable. Vos enfants, moins éduqués que vous sur le sujet, transmettront alors ce qu’ils pourront à leurs propres enfants… qui eux-mêmes transmettront le peu qu’ils sauront aux leurs. Ainsi, il est probable qu’au bout de 2 à 3 générations, toute cette culture vitale (dans le sens premier à savoir « permettre la vie ») sera perdue et vos petits ou arrières-petits-enfants en péril.
Apprenons à nos enfants à se nourrir !
















