Le Web Social prend le pouvoir !

Autant vous dire que, dans les milieux autorisés – merci de vous reporter à Coluchepedia pour savoir où c’est – il n’est plus de bon ton de parler de Medias Sociaux (et encore moins de Web 2.0, tellement début de siècle !).

Comme je n’ai pas trouvé de terme mieux adapté, je vais rester sur Web Social ou Réseaux Sociaux, éloignant par mon manque de connaissance et par la même occasion, tous les experts de la dite discipline et des dits milieux autorisés, pour vous parler de quelques données qui nous viennent de chez PostRank et que Flowtown a mis en forme sur le graphe suivant.

Je ne vais pas faire long – enfin, on verra à la fin ! – et simplement souligner 2 éléments qui vont vous sauter au yeux.

D’une part, l’engagement des personnes augmente très très rapidement – et c’est un euphémisme – avec une croissance supérieure à 30% YTY. Je pense que cet élément est important car il montre qu’on est bien sur des chiffres mainstreams (près de 600 Millions en 2009) mais surtout, on parle d’une population qui tend à s’exprimer davantage, au fur et à mesure des années. C’est cette éducation qui représente à mes yeux le point le plus impactant, surtout si vous vous intéressez un peu aux notions de Brand Content et Brand Monitoring. La majorité silencieuse qui n’avait pas de porte-voix vient de comprendre – massivement s’entend, Internet n’est pas né en 2009 – que le Web Social est une fantastique tribune… et elle aime ça !

En d’autres termes, la gestion de sa marque ou de ses produits sur le Web est un enjeu marketing qui explose, obligeant les entreprises lucides à s’adapter rapidement. Les équipes de Community Management prennent alors toute leur importance au sein de la politique marketing… ce qui me fait dire que ce métier va devoir rapidement évoluer pour « prendre de l’épaisseur », c’est à dire ne pas être confié à des stagiaires (ou à des agences de communication qui vont elles-mêmes le confier à des stagiaires) mais à des professionnels du marketing et/ou de la relation client (au sens large, les clients ici étant la « communauté ») de haute volée.

Pour illustrer ce propos, je vous invite à jeter un oeil à la note incendiaire que j’avais écrite sur SAAB il y a plus de deux ans. C’était la première fois que j’utilisais mon blog pour passer ma colère – et me libérer d’un sentiment d’injustice – sur une marque ou une entreprise. Je ne l’ai d’ailleurs jamais fait à nouveau depuis. Essayez de taper « client SAAB » sur Google et vous verrez dans quelle position cette note arrive.

Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraitre, depuis tout ce temps, personne de chez SAAB n’est revenu vers moi pour, en fonction de leur appréciation de l’épaisseur de mon dossier et de ma personnalité 1/ essayer de m’intimider en se mettant très en colère à coups de lettres d’avocats et de menaces de procès 2/ me proposer un chèque d’un montant qui ne se refuse pas en échange d’une disparition de la dite note, comprenant à quel point cette opération leur a déjà fait perdre de l’argent 3/ Me dire gentiment un simple « Oups, pardon, c’est vrai qu’on a un peu déconné à l’époque et on est désolé. SAAB était dans une mauvaise passe et la tutelle de General Motors ne nous permettait pas de vous apporter d’autre réponse, mais tout ça est en train de changer ».

Aucune de ces trois décisions de réponse ne peut venir d’un stagiaire ou d’un profil qui ne disposera pas d’un périmètre d’action suffisamment large pour s’adapter à chaque cas forcément spécifique. Bien-sûr, je n’oublie pas que le Web, même en temps réel, reste asynchrone et que chaque publication n’appelle pas une réponse instantanée comme c’est le cas du téléphone ou de la rencontre physique… mais quand même !

Je crois qu’il est temps de se pencher sur le sujet, parce que monitorer sa marque sur plus de 750 millions de personnes faisant preuve d’engagement envers les marques, les produits ou les entreprises en 2010 (dans l’hypothèse basse où cette croissance serait stable alors qu’elle accélère) ne va pas être un simple détail et l’impact d’une décision consistant à laisser ce territoire en jachère ne devrait pas être neutre.

D’autre part, pour revenir aux chiffres qui m’ont marqué sur ce graphe, une bascule est en train de s’opérer entre ceux qui produisent du contenu et ceux qui le propagent. Là encore, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’il est plus simple de faire un RT ou de publier un lien, une photo ou une vidéo que de produire ces éléments soi-même. Pour venir compléter le tableau, les réseaux sociaux font le maximum pour faciliter cette tâche, car leur matière première est le traffic donc tout ce qui peut venir le soutenir est le bienvenue.

Les gens ont besoin de s’exprimer, mais le clivage entre deux typologies est de plus en plus marqué : Ceux qui n’ont donc pas le courage, l’arrogance ou l’envie de se lancer dans la tenue d’un blog – par exemple – peuvent relayer le contenu de ceux qui eux, ont un besoin viscéral de produire. Les premiers vont donc abandonner aux second la création, pour laquelle ils n’avaient pas forcément beaucoup d’attirance mais qui était le seul moyen de s’exprimer, ces derniers gagnant eux en visibilité par les relais des premiers. Sur un plan plus global, la qualité moyenne qui devrait mécaniquement être tirée vers le haut, rendant donc le besoin de « contrôler » sa réputation encore plus pressant. Vous admettrez qu’une note bien écrite, expliquant pourquoi « le Rugby porte dans l’esprit des gens des valeurs plus positives que le Football » de façon factuelle et sur la base d’arguments construits aura plus d’impact qu’un lapidaire : « P’tin, le foot, cé pour les gonzesses, lol ».

Pas plus d’ambition pour moi que de partager avec vous ces quelques éléments que je trouve passionnants à étudier et observer… et de le faire forcément en donnant mon avis parce que je suis sur mon blog donc au moins, je suis sûr que ma femme ne va pas me couper la parole :-)