Cela fait longtemps que je ne vous avais pas parlé de Labotec, vous savez, cette joli start-up basée à Miami dont je suis l’un des investisseurs.
Toujours en « Beta » – ce qui, pour une entreprise, signifie qu’on travaille notre chaine de valeur avant d’ouvrir les vannes – nous avons reçu des centaines d’idées, principalement issues de pays francophones, seule zone sur laquelle nous avions un peu communiqué.
Quelques unes ont été retenues et mises en développement. C’est le cas de iSOS, l’application que nous avons par ailleurs engagée aux AppStar Awards et qui en est l’un des finalistes. Voici une courte vidéo de présentation de ce que fait cette application.
Vous l’avez compris, il s’agit de vous aider dans une situation de détresse, à alerter en une seule action des secours fiables, comme le 911 aux US (ou le 112 en Europe), mais aussi informer, si vous vous le souhaitez, votre écosystème via Twitter, Facebook, SMS ou Message Vocal, de votre situation et votre localisation.
Nous avons retenu cette idée car elle vise à aider les gens, le plus simplement, efficacement et rapidement possible. Pas d’effet, de paillettes ou autre réalité augmentée… juste beaucoup d’efforts pour développer une application fiable et dont nous espérons qu’elle servira le moins possible. C’est un beau paradoxe, non ?
Si vous aimez cette idée, vous pouvez la soutenir en laissant un petit commentaire ou en votant pour elle (le petit pouce, vers le haut, en bas à droite de la vidéo). Il ne fait pas de doute que cela nous aidera à progresser dans le classement des AppStars Awards mais surtout, cela nous fera très plaisir ainsi qu’à l’Inspirer qui nous a soumis cette idée, après avoir vécu lui-même, un accident de la vie et avoir regretté que cette application ne soit pas sur son téléphone…
Enfin, une première Application pour une entreprise aussi décalée que Labotec, c’est forcément une grande émotion pour toute l’équipe. C’est d’autant plus vrai que nous croyons très fort à la viabilité de ce modèle économique, quand certains « analystes » nous prédisent une impasse financière devant les montants trop importants que nous réservons aux Inspirers. L’éventuel succès des premières applications aura forcément une grande influence sur l’appréciation que l’on peut porter à un business model aussi social que celui de Labotec et sera un encouragement à décupler nos capacités pour sortir biens plus d’applications. Vous pouvez d’ailleurs soumettre vos idées d’application ici, en essayant de convaincre le Comité d’Investissement que vous avez une idée-qui-tue (à défaut d’avoir une idée qui sauve ).
One more thing (désolé, je n’ai pas pu résister ) : iSOS sortira sur iPhone dès qu’Apple la validera… mais nous avons aussi pensé que tous ceux qui ont un BlackBerry ou un Smartphone sous Android pourraient, un jour, avoir besoin d’aide. C’est la raison pour laquelle iSOS sera aussi disponible sur ces deux plateformes dans les semaines qui viennent.
Ce n’est pas moi qui le dit mais Gartner dans une étude qu’ils viennent de rendre publique. Ceci étant, je serai prêt à le parier aussi. La dernière release d’Android est vraiment exceptionnelle et les constructeurs (comme d’ailleurs les opérateurs qui ne sont pas sous contrat avec Apple) se battent pour investir l’OS de Google.
Le grand perdant – entre 2009 et 2012 – serait RIM et son BlackBerry… mais tous verraient leurs parts de marché s’effriter devant la croissance de l’iPhone (71MU vendues en 2012 soit 13,7% du marché) et l’explosion d’Android (14,5% du marché alors qu’il n’a que 2% aujourd’hui, avec 76MU). Symbian resterait leader mais verrait sa part de marché s’effondrer de plus de 50% aujourd’hui à 39% environ en 2012.
Il est évident, à l’analyse de ces chiffres, que les cartes sont en train d’être redistribuées et qu’il existe des plateformes offensives et d’autres qui sauvent les meubles ; 2012, à cette échelle de marché, c’est demain matin.
Pour ne regarder qu’iPhone et Android, qui sont à mon sens, les deux plus gros potentiels de ce marché, il est assez intéressant de noter que les approches comme les stratégies sont différentes, que ce soit sur le plan marketing que technologique.
Apple a choisi l’exclusivité, favorisant ainsi un opérateur par pays (sauf en France où nous ne faisons jamais rien comme les autres ) et se privant de ce fait de tous les autres. La société de Steve Jobs est également son propre constructeur. Cette position est à la fois très forte et très rentable, mais elle a également le défaut d’agréger le reste du marché contre Apple. Les autres constructeurs comme les autres opérateurs ne restent bien évidemment pas les bras ballants et c’est une offre très large, à la fois en matière de devices et de distribution par les opérateurs qui explique pour partie la formidable croissance attendue d’Android.
En termes d’OS, celui de l’iPhone est clairement très fermé et contrôlé, tout comme la distribution d’applications iPhone. D’ailleurs, le marketing est à présent totalement orienté vers les usages et les Applications avec le slogan devenu fameux : « Il y a une App pour ça ». Android, de son coté, mise sur l’ouverture – du code – mais aussi sur les qualités des devices (c’est à dire de la partie Hardware). Du coup, les smartphones sous Android offrent de belles perspectives en matière d’applications, mais restent aussi des téléphones et des outils de communication, là où l’iphone devient principalement, petit à petit, un ordinateur embarqué.
Je ne sais pas si Gartner aura raison ou tort, ni si ces chiffres vont se réaliser, mais une chose est sûr, la guerre des OS Mobiles qui s’est ouverte il y a quelques mois et l’aspect disruptif de ces technologies ouvrent de fantastiques perspectives pour les consommateurs que nous sommes tout comme pour nos entreprises.
Cette affirmation n’a rien de factuel, et je ne peux l’étayer de rien d’autre que mon intuition. Je crois sincèrement qu’une Application iPhone peut sauver un Produit.
Je suis arrivé à cette conclusion en tirant quelques enseignements de deux expériences récentes, dans le périmètre des services Web mais très simples à étendre au-delà. Je vais vous les relater en me dégageant du contexte pour mieux me faire comprendre.
Prenez un site web assez anonyme comme Facebook, par exemple. Ce service a énormément de détracteurs pour de multiples raisons, avec en vrac, le manque de respect de la vie privée, cette incroyable capacité à vous faire perdre un temps fou pour brasser de l’air, cette faculté à vous mettre dans des situations embarrassantes sans même que vous puissiez y faire quoi que ce soit, etc…
L’Application Facebook 3.0 qui est sortie dans l’AppStore il y a quelques heures est tellement bien réalisée, ergonomique et presque stable… qu’elle en rendrait presque Facebook utile aux yeux du dernier de ses détracteurs (non, je vous assure, je me suis sorti du contexte ). Les défauts majeurs de Facebook, tels que je les ai exprimés ci-dessus, restent dans l’absolu, mais au moins, à l’usage, on gagne en productivité et en confort.
Prenez un des meilleurs produits qui soit – au moins dans le monde Apple – pour tout archiver, retraiter, noter, trier, j’ai nommé Evernote. J’ai déjà fait une note ici sur le sujet que je vous invite à relire à l’occasion. Ce service est génial, mais c’est son application iPhone qui le rend vraiment extraordinaire. Avant, vous pouviez faire avec Evernote, tout ce que je viens de mentionner, mais en étant devant une machine : la votre ou une machine publique. Là, vous emportez des milliers d’informations personnelles dans votre poche. De plus, avec l’aide de l’appareil photo, vous pouvez archiver à la volée tout un tas de trucs comme la photo d’une étiquette de bouteille de vin que vous avez apprécié dans un restaurant ou celle d’un tableau qui vous a particulièrement ému, avec quelques notes et tags à étoffer plus tard. Bien-sûr, le tout se synchronise OverTheAir sans que vous n’ayez à faire quoi que ce soit.
Evernote était bien avant l’iPhone, mais avec l’aide de cette application, cela devient tout simplement magique.
En fait, ce qui a changé tient surtout en 2 facteurs clés, à mon sens.
Ces deux applications en exemple sont très simples à utiliser. Leur ergonomie est soignée et surtout, il ne vous faut que 2 minutes pour les maîtriser. C’est une sorte de Woaw Effect immédiat. Ainsi, les défauts éventuels de l’interface Web du service d’origine se trouvent corrigés par une nouvelle interface bien plus soignée et surtout bien plus simple. Pourquoi a-t-on attendu l’iPhone et ses applications pour cela ? Je pense que l’iPhone a été le premier à proposer un écran très efficace, mais sa petite taille a obligé les designer à se concentrer sur l’essentiel et sur la valeur du service : Keep It Stupid Simple !
Le deuxième facteur clé est bien évidemment la mobilité. La technologie n’est pas là pour nous asservir mais pour nous servir. Avec l’iPhone, mais aussi quelques autres Smartphones sous BlackBerry ou Android, on arrive à un niveau de confort inédit pour un terminal vraiment portable (c’est à dire que vous ne quittez plus sans que ce soit un calvaire). De cet état né un statut de connexion permanente qui vous ouvre de nouvelles portes : celles de l’Internet Temps Réel… Votre vie numérique vous suit partout, tout comme vos divers réseaux d’amis plus ou moins proches en fonction des cas, avec qui vous pouvez échanger en toutes circonstances sur tous les sujets, professionnels ou plus privés… Je vous rassure, le bouton Off a été conservé sur chacune de ces machines
La conséquence est que certains services, pourtant déjà bien pensés et utiles trouvent un réel second souffle dans ces conditions. J’aurais pu vous parler d’autres applications iPhone, comme celle de Wikipedia (qui va vous donner accès à quasiment toute la connaissance disponible depuis n’importe quel coin de monde) ou Tumblr (qui va vous permettre de mettre en ligne n’importe quoi n’importe quand depuis n’importe en quelques clics)… Mais c’est aussi vrai pour d’autres marché moins Internet voir pas Internet du tout. The Weather Channel propose l’une des applications les plus pertinentes, au moins aux USA, en matière de prévisions météo sur des micros-zones comme un village, et ce, heure par heure. Les agences immobilières commencent à développer des App qui connectent leurs bases de données de produits disponibles avec des systèmes de géolocalisation, le tout accessible par une interface mélangeant l’image qui se trouve devant vous filmée par la caméra de l’iPhone et des incrustations sur des principes de réalité augmentée pour vous donner des informations sur les biens. Vous ne trouvez pas ces exemples très significatifs ? Mettez en perspective avec le fait que nous parlons d’un marché qui n’existe vraiment que depuis 18 mois !
Ce sont toutes ces raisons qui me laissent penser que les responsables de chaque entreprise, chaque marque, chaque service, chaque produit doivent vraiment se poser cette question fondamentale : Comment une application iPhone va m’aider dans mon business ? Parce que là où certains trouvent un second souffle, d’autres peuvent y trouver une fantastique opportunité d’innovation et donc, de marché.
Globalement, de ce que l’on en a vu jusqu’à présent, pour bien réussir une application iPhone, il va maintenant falloir 3 choses :
Une bonne idée ou un bon concept : C’est la base même de l’application iPhone. Sans bonne base, pas de succès. Certaines idées peuvent être très simples (et je ne vais pas vous reparler d’iFart) et d’autres adresser un marché de niche mais plein de valeur.
Une bonne équipe de développeurs : Il est évident qu’il va falloir transformer cette idée en application et que c’est un truc de professionnels. Bien sûr, les blogs fourmillent d’histoire de gars qui ont acheté un livre pour apprendre à développer des applications iPhone sans avoir jamais écrit une ligne de code auparavant… mais le développement est une affaire sérieuse qui nécessite des compétences pointues. Mis à part quelques rares contre-exemples, ces histoires de développeurs-amateurs ne font pas souvent de grands succès et ce sera d’ailleurs de moins en moins le cas.
Un Marketing puissant : Là aussi, on a tous en tête des histoires de gars qui, par le bouche à oreille, on réussi à imposer leur application et en vendre quelques centaines de milliers… mais force est de constater qu’ils sont rares et que l’abondance d’application va rendre ce type d’approche de plus en plus aléatoire.
Ce n’était pas forcément le cas jusqu’à présent, mais depuis quelques temps, force est de constater que si un seul de ces 3 éléments manque, vous aurez du mal à faire de votre application un succès planétaire et vivre le restant de vos jours sur une plage de Floride (au hasard ).
Ces dernières semaines, les poids lourds ont débarqué (ou sont sur le point de le faire) dans l’AppStore. On peut citer Skype, bien-sûr, mais je pense surtout aux Jeux Vidéos qui sont en train de lancer leurs plus gros titres, comme Need for Speed ou Terminator Salvation, par exemple. Jetez un coup d’oeil à ce Trailer :
Bien-sûr, ces 3 exemples seront des succès, et ils l’étaient avant même d’être sur le marché.
L’idée de base est excellente (et surtout, éprouvée par le marché sur d’autres plates-formes). Ce sont de grosses équipes de développement qui ont travaillé sur les projets, pour des budgets qui prennent de l’embonpoint de façon exponentielle et le marketing qui arrive derrière (et qui, le plus souvent, précède la sortie) peut-être qualifié de grosse artillerie.
Reste-t-il de la place pour les aventures qui ont marqué les débuts de l’AppStore, il y a un peu moins d’un an ? Je crois que Oui, c’est sans doute encore possible de partir de rien pour lancer une belle application… mais de là à lui faire connaître un grand succès, la marge de manoeuvre est de plus en plus faible. Comme tous les marchés en création, les débuts sont l’oeuvre des pionniers bootstrappeurs jusqu’à que le marché devienne suffisamment attractif pour attirer les capitaux et les acteurs majeurs des marchés connexes. Comme le marché des applications mobiles a explosé en seulement quelques mois et que le reste du secteur technologique a connu des jours meilleurs, les capitaux et les opérateurs arrivent bien plus rapidement encore que ce fut le cas dans d’autres domaines.
Après, est-ce une bonne chose ou pas ? Honnêtement, je n’en sais rien… Le marché des logiciels pour Mac ou PC est saturé d’éditeurs et des petits continuent d’y faire leur place, à force de travail et de détermination. Pourquoi en serait-il différent pour le marché des applications pour iPhone, Android ou Blackberry ?!? Disons que la très grande majorité du marché sera probablement trustée par des acteurs de grande taille, qui iront racheter des petits au fur et à mesure de leur éclosion (ce qui fera d’ailleurs de belles portes de sortie pour les plus talentueux !) pour compense leur incapacité à innover vraiment (déportant ainsi les risques sur d’autres).
A moins qu’un ou deux business models intermédiaires et un peu originaux puissent démontrer leur efficacité ?!?
On verra ça dans quelques temps