Je viens de passer quelques semaines loin des affaires, ce qui explique partiellement mon silence et la torpeur de ce blog ces derniers temps. La faute à quelques ennuis de santé qui, à défaut d’être graves, étaient un peu pénibles et qu’il était important d’évacuer. C’est presque fait à présent… et depuis hier matin, je suis – quasiment – de retour dans le bac à sable.

Si je vous parle de cela, c’est pour 2 raisons en particulier.

La première est pour expliquer à tous ceux qui m’ont contacté ces derniers temps la raison pour laquelle, le plus souvent, ils n’ont pas eu de réponse. J’essaye généralement de faire mon maximum pour être disponible et accessible malgré des agendas souvent chargés. Que vous me parliez sur Twitter ou que vous m’envoyiez un email, il est assez rare que vous n’ayez pas de réponse, enfin, du moins, si vous n’êtes pas un troll. Ces dernières semaines, cela ne fut donc pas le cas…

La deuxième est pour vous livrer tout un tas de réflexions, vraiment en vrac et sur tout un tas de sujets très différents, qui me sont venues pendant ces journées semi-comateuses. Cela va partir un peu dans tous les sens et je ne suis pas certain que vous devriez vous lancer dans cette lecture mais ce n’est pas grave, ceux qui le feront pourront trier ce qui leur parle du reste.

Le Projet de Loi de Finances 2013 m’a vraiment fait toucher du doigt à quel point l’avenir de notre pays est sombre, en mettant les Entrepreneurs et les Investisseurs face aux seuls choix qui restaient raisonnables : l’expatriation ou le renoncement. La bonne nouvelle, dans cette histoire, même si cela demande encore à être confirmé, est que le gouvernement a été capable de dire qu’il s’était trompé face notamment aux messages alarmés des #Geonpi et de faire marche arrière sur le sujet, ce que je prend comme une marque d’intelligence et non de faiblesse. Etonnament, beaucoup de rumeurs courent qu’Hollande souhaiterait prendre certaines décisions courageuses et urgentes – notamment en matière d’abaissement des charges qui pèsent sur le travail – qui étaient au programme de Sarkozy mais qu’il ne le fait pas pour cette même raison. Nous n’avons pas besoin d’un gouvernement de gauche ou de droite, nous avons besoin d’un gouvernement pragmatique qui va prendre des décisions non pas parce au’elles sont en ligne avec un dogme quelconque mais plutôt parce ce qu’elles sont intelligentes. Une situation exceptionnelle demande des décisions exceptionnelles. Ceux de droite qui récupèreraient ce choix démontreraient simplement qu’ils n’ont rien compris et qu’ils ne sont plus d’aucune utilité à notre pays. Les entrepreneurs ne sont ni des héros, ni des sauveurs… mais ils créent des emplois et de la richesse pour notre pays à un moment où il en a plus que jamais besoin. A titre personnel, je n’ai pas besoin que mon pays m’aide et mes sociétés n’ont jamais touché la moindre subvention… mais j’ai vraiment besoin qu’il me laisse travailler dans un cadre légal et fiscal stable car on ne peut rien construire qui perdure sans stabilité.

J’ai vu passer les débats sur le Mariage Gay, la légalisation du Cannabis ou la problématique des pains au chocolat (qu’il convient, pour commencer, d’appeler Chocolatines). Ces 3 sujets sont sans doute importants à traiter mais pour être vraiment honnête, je dois vous avouer que là tout de suite, j’en ai un peu rien à foutre. Nous nous enfonçons doucement dans la récession, le chômage n’a jamais été aussi fort, les jeunes générations autant sur le point de baisser les bras et la planète aussi malade… donc je crois vraiment que l’on devrait commencer par concentrer nos énergies sur ce qui est essentiel au lieu d’aborder des sujets qui viennent ajouter encore un peu de testostérone pour mieux nous chamailler là où nous aurions besoin d’union, de force et de solidarité.

Il y a eu un énorme trafic sur Twitter autour du hashtag #UnBonJuif qui, en commençant comme une blague douteuse, est devenu très vite un énorme défouloir antisémite, avec des tweets tout simplement hallucinants. Je parlais de jeunes générations sur le point de baisser les bras, je devrais ajouter également « en perte de repères ». Certains se sont blottis derrière ce pilier de la démocratie qu’est la liberté d’expression pour justifier ce « jeu ». Je n’ai pas de mot pour dire combien les bras m’en sont tombés. Aucun animal, même le plus féroce, n’est capable d’une telle haine gratuite, à part l’Homme, bien évidemment.

Quand l’Union Européenne s’est vue décerner le Prix Nobel de la Paix, je vais être honnête, ma première pensée a été de trouver cela ridicule. Tant qu’à faire, j’aimerai plutôt qu’elle se voit décerner celui d’Economie mais nous en sommes loin. Toutefois, à la réflexion, je suis rapidement revenu sur ce jugement aussi hâtif qu’idiot. En bâtissant l’Europe, nous avons bâti un espace de paix là où régnaient depuis des siècles conflits et rivalités. Je parlais de #UnBonJuif ci-dessus ; les pires mentions que j’ai vu passer faisaient évidemment référence à la Shoah. Pour mémoire, c’est en Europe que la majorité des juifs ont été massacrés… et pas par des Islamistes, à cette époque. Attribuer ce prix Nobel à l’Europe, c’est aussi envoyer un signal fort pour saluer tout ce qui a été accompli et nous encourager à aller encore plus loin et plus vite. Je me suis sentis alors un peu plus proche des citoyens des autres nations qui composent cette Union.

Il y a 8 jours, une amie s’est défenestrée, laissant 3 jeunes enfants derrière elle. Nous la savions fragile mais évidemment pas à ce point. Cela fut d’autant plus soudain que sa situation semblait s’arranger après de long mois difficiles. Au-delà d’un coup de folie, je ne sais pas ce qui peut pousser quelqu’un a cesser de lutter au point de faire ce qu’elle a fait. Je ne sais pas qu’elle pudeur est assez forte pour empêcher de lever la main pour dire que cela ne va pas. Evidemment, comme tous les proches, nous nous sommes demandés si nous avions été assez attentifs, si nous aurions pu y changer quelque chose… C’était une gentille et jolie jeune femme… tout comme le sont ses 3 petites filles.

Felix Baumgartner est le 1er homme à passer le mur du son par lui-même. Ce genre d’aventure me conforte dans l’idée que nous, les Hommes, valons mieux que ce cela. Mon mantra est : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». C’est à cela que j’ai pensé – bon, juste après avoir réfréné mon vertige même devant la TV – quand j’ai vu cet Européen, assis sur le rebord de sa capsule, sur le point de s’élancer de 39km d’altitude. Ce qui m’a peut-être encore plus fait plaisir, c’est que Félix n’est pas stupide ou inconscient mais justement tout le contraire. Il savait exactement ce qu’il faisait, avait préparé cette aventure minutieusement et n’avait – autant que faire se peut – rien laissé au hasard. N’importe quel idiot peut tomber de 39km mais de là à pouvoir venir le raconter après…

J’ai pris pas mal de décisions difficiles ces derniers jours, dont certaines sont déjà en application et d’autres sur le point de l’être. Le point déclencheur a été un email envoyé par un ami. Il n’était pas câlin, bien au contraire, plutôt très dur au point de tomber parfois dans l’exagération. Toutefois, le fond était juste. Ces 24 derniers mois, emporté par les – trop nombreux – projets dans lesquels je m’implique, j’ai dévié doucement de ma ligne de conduite, mettant de l’importance sur des sujets qui n’en avaient pas, délaissant ceux qui auraient dû me crever les yeux d’évidence et dégageant de l’agressivité quand cela ne servait à rien. Ce changement est très insidieux car il vient lentement, de façon imperceptible, un peu comme quand on prend 10 kg en 10 ans sans s’en apercevoir et cet email m’a fait le même effet que lorsque, tout à coup, on vous met une photo de vous plus jeune et bien plus mince devant les yeux. On ne peut apprécier un homme que pour ce qu’il est vraiment et les valeurs qui le guident ; quand vous les perdez de vue, c’est l’essence même de ce que vous êtes que vous perdez. Alors, j’ai fait quelque chose de simple : Je suis redevenu celui que j’étais (Bon, OK, mes cheveux ne semblent pas pour autant vouloir repousser…). Pour m’y aider – parce que si le choix est simple, la mise en musique l’est moins – il a fallut 2 choses. D’une part, j’ai pris toutes les décisions de recentrage que j’aurais du prendre depuis longtemps, qu’elles soient douloureuses ou pas. D’autre part, j’ai listé les 6 valeurs auxquelles je crois et qui dirigent ma vie d’homme, je les ai écrit sur une feuille et j’ai affiché la feuille devant moi, pour l’avoir devant les yeux chaque fois que j’aurais besoin de savoir si je suis toujours en ligne – donc en paix – avec moi-même. Cet email très dur était un cadeau et je vous invite à toujours dire ce que vous pensez aux gens que vous aimez, sans agressivité ni cynisme, simplement pour les aider.

Je ne sais plus exactement comment cela a commencé, mais je me suis rapproché du monde du rugby, après l’avoir délaissé quelques années, trop occupé par mes affaires pour pouvoir y consacrer plus qu’un match par semaine, à la TV. J’ai toujours été passionné par ce sport. J’y ai joué en étant plus que médiocre mais peu importe, la simple évocation du ballon ovale me fait vibrer. A fréquenter beaucoup de joueurs que je connais plutôt bien à présent, j’ai découvert un univers finalement très différent et fascinant. Certains ont de magnifiques âmes, d’autres sont cons comme des valises sans poignées… mais tous sont des compétiteurs et cela se ressent dans chacun de leurs actes. Il y a ceux qui sont nés doués, ceux dont l’ADN est le principal capital et ceux qui comprennent plus vite que les autres. Ils ont toutefois un point commun : Tous travaillent dur car à partir d’un certain niveau, être doué ou costaud ne suffit plus et il n’y a pas de hasard. No pain, no gain. J’ai également découvert que tous n’ont pas la même résistance au stress et la tension qui entoure un rugbyman de haut-niveau en 2012 est très forte. L’augmentation des salaires donne à certain le sentiment d’être redevable au club quoi au’il advienne et un joueur qui se blesse peut avoir le sentiment d’abandonner ses co-équipiers et son staff, de les laisser tomber pour ne pas dire de les trahir. C’est d’autant plus fort qu’au rugby, l’esprit d’équipe est une base. Le simple fait d’être titulaire dans son équipe ou d’être pris en équipe de France sont des objectifs incontournables que se fixent presque tous les joueurs. Ce matin sera annoncé le groupe France qui recevra les tournées d’Automne. Je peux vous assurer que beaucoup vont très mal vivre cette journée… et seuls les plus forts en retireront encore plus de force pour se surpasser, les autres peuvent sombrer pour peu qu’ils soient fragiles à ce moment-là. Quand j’étais malade, pour m’encourager et m’aider à traverser ce sale moment, un ami qui joue au Stade Toulousain m’a dit « Ce que la tête veut, le corps le peut ». Il a raison (je me suis répété cette phrase des centaines de fois depuis, comme on s’accroche à une bouée)… et il faut donc que la tête avant tout aille bien. Je ne sais pas si je supporterai le stress qu’ils vivent au quotidien et je pense que beaucoup devraient être accompagnés, notamment par des agents qui pourraient devraient jouer ce rôle. Je le fais parfois, de façon informelle et par amitié, pour une poignée de joueurs, mais je le fais au cours de discussions informelles, comme un copain qui veut aider. Je pense que l’accompagnement des joueurs sur le plan mental mériterait d’être généralisé et professionnalisé, et traité en dehors des clubs car l’intérêt de ceux-ci à l’instant T, n’est pas forcément celui du sportif.

Depuis le 1er Octobre, je travaille avec mon meilleur ami et nous sommes en train de bâtir, avec un 3ème associé, l’un des sociétés les plus excitantes sur laquelle je ne me sois jamais penché. Nous sommes tous les 3 complémentaires et expérimentés, disposons d’une technologie aussi unique que performante et adressons un marché au potentiel incroyable. Je viens de passer ces dernières semaines entre excitation de lancer cette startup et frustration que ma convalescence m’empêche d’avancer. Je vous en parlerai très bientôt dans le cadre d’un post dédié… parce que ce projet le vaut bien.

Voilà, je vous avais prévenu que cela allait venir en vrac et je doute que vous soyez encore nombreux à lire ces lignes mais j’avais envie besoin d’écrire tout cela. Les prochaines notes devraient retrouver un peu de normalité.

#BackInBusiness !