Vous avez entendu parler de Google Glass ces derniers jours, à moins que vous ne viviez loin de toute connexion, en Corée du Nord. L’article le plus complet que j’ai lu jusqu’à présent est celui de The Verge. Comme je sais que vous n’aimez pas lire les textes trop longs, je vous met ci-dessous la vidéo réalisée par The Verge, que je trouve assez pédagogique, même si les plus Gaulois d’entre vous devront quand même se mettre à l’Anglais pour vraiment en profiter.
Je suis fan !
Et pour une fois, ce n’est pas l’acheteur compulsif au cerveau embrumé par la geekitude qui est en moi qui porte cet enthousiasme, mais l’éternel optimiste qui pense que seule la technologie pourra un jour nous sauver.
A ce stade, je les trouve moches et les features annoncées ne me font pas encore vraiment rêver, si ce n’est peut-être la Navigation « tête haute » car j’ai un sens de l’orientation proche de celui d’un lemming. Pourtant, et c’est plutôt bien expliqué par les grosses têtes de chez Google, je pense qu’il s’agit d’un joli premier pas pour nous affranchir de la technologie en l’intégrant mieux dans notre vie quotidienne.
Il ne faut pas se mentir : L’entrée de la technologie dans nos vies ne laisse pas de place à un retour en arrière. Si vous ne le ressentez pas ainsi, allez au bout de votre logique et posez votre téléphone une semaine ; On se reparle juste après.
Toutefois, je pense que les courbes d’apprentissage des innovations réussies sont toujours les mêmes. Au début, on s’accroche un peu avant de commencer à s’enthousiasmer. Très vite, on devient boulimique en utilisant, par exemple, son téléphone pour envoyer un message au gars assis à coté de soi… puis vient la maturité, cette période où l’outil, le service, l’innovation vient trouver sa vraie place dans notre vie et donne la plénitude de sa valeur.
Pouvoir envoyer un message peut se faire, assis devant son ordinateur… mais c’est mieux de le faire grace à une technologie mobile comme votre smartphone, au moment précis où l’on a quelque chose à dire. Là où cela devient vraiment ultime, c’est quand votre smartphone lui-même disparait, pour ne laisser la place qu’à l’option, à l’acte, à la valeur… presque sans y penser, toujours sans la contrainte.
Les Google Glass sont une étape de plus vers cet idéal d’une technologie asservie, performante, invisible et utile. Ne vous y trompez pas : Google parle d’ordinateur, pas d’accessoire ou d’extension de votre portable. On est bien sur un milestone, après la tablette ou le téléphone. Ils envisagent même une distribution physique sur le modèle des Apple Stores, notamment pour convaincre le monde que ce produit vient changer la donne.
Je ne pense pas casser ma tirelire pour cette première version – même si je ne suis pas vraiment immunisé contre ce genre de coup de tête – mais j’attend avec impatience la suite, l’évolution qui rendra l’expérience utilisateur encore plus fluide et performante. Toutefois, je sais déjà que je ne pourrais pas résister très longtemps, car ce genre d’innovation vient rajouter encore un peu plus d’optimisme et d’enthousiasme dans ma conviction que la technologie nous sauvera.
Et comme dit la dame à la fin : « It’s just baby steps… »
Je ne sais pas comment cela m’a pris, mais je voulais témoigner sur ce blog mon admiration pour les petits e-commerçants.
J’en connais quelques poignées et tous ont des histoires différentes ; toutefois, leur trait commun est une certaine forme de courage et de détermination à faire avancer leur petite entreprise contre vents et marées, installations de 3D Secure et pertes de référencement, défiance de grossistes et clients mécontents qui ne font pas de différence entre eux et Amazon…
Tous ceux qui se lancent à leur compte sont des entrepreneurs, que ce soit pour faire un peu de service à coté de leur job principal ou pour jeter les bases d’une futur multinationale, mais certains emprunte des chemins vraiment plus difficiles et ingrats que d’autres. Les métiers de l’Internet sont souvent réputés pour être plutôt sympa, très « propres » et loin du prolétariat tel qu’on en a l’image dans les usines. Pourtant, beaucoup des e-commerçants que je connais sont presque assimilables à ce type de statut. Ils continuent de travailler 70 heures par semaine depuis 3 ou 4 ans pour sortir un salaire de misère, parfois loin du minimum. Ces derniers jours, une des boutiques que j’aimais bien vient de fermer, sa propriétaire ayant jeté l’éponge après quelques années pas toujours simples… (UPDATE : Mais il semble que, depuis, elle soit à nouveau ouverte, ce qui est sans doute une bonne nouvelle !). Une autre se pose des questions sur son avenir, à la fois trop grosse et trop petite, son propriétaire étant fatigué de ne pas trouver de chemin pour avancer encore… Et au milieu de tout ça, des dizaines de bien jolies boutiques se créent chaque jour grâce à des entrepreneurs très motivés par l’idée répandue (et colportée !) que vendre sur le Web, c’est facile. Heureusement, certains se débrouillent plutôt bien… et d’autres réussissent pleinement leur formidable pari !
Toutefois, la réalité de beaucoup, c’est que les journées passent entre doutes et questions de SEO et d’acquisition de trafic, ruptures de stocks qu’on ne peut pas sécuriser et emballage des colis avant 15h pour que la livraison soit aussi rapide que possible, doutes et choix des évolutions technologiques pour soutenir un site déjà dépassé, lutte contre les fraudes à la CB, doutes et négociation avec les fournisseurs pour rester compétitifs surtout les premières années, recrutement de stagiaires qui feront le boulot d’un employé que l’on ne pourrait de toute façon pas se payer, doutes et décisions sur les orientations à donner à son commerce ou à son marketing, recherche de nouveaux produits, doutes et question sur la conquête ou la fidélisation de sa petite communauté, doutes, doutes, doutes…
Au milieu de tout cela, que leur boutique marche bien ou pas se posent les questions des étapes critiques : je suis seul et débordé mais encore trop juste financièrement pour recruter mon premier salarié, ma plateforme e-commerce est dépassée et je dois changer de technologie… mais pour aller vers quoi, etc ?!?
Je suis réputé pour être une sorte de spécialiste de l’Internet, expertise qui m’est au moins apportée par mes premiers cheveux blancs si ce n’est par mes compétences. Toutefois, je ne connais finalement pas grand chose à cette discipline à part entière car l’Internet est un secteur très très vaste, dans lequel le e-commerce occupe une place énorme… Mais une place à part, réservée à d’autres types de spécialistes, des e-commerçants qui donnent à la fois toute leur importance au « e- » et au « commerçant ». Je ne doute pas que j’en sache beaucoup plus que les « gens normaux » dont je parlais dans une note récente sur l’iPad, mais ce vernis ne ferait pas de moi un bon e-commerçant pour autant.
Voilà, c’était un simple message d’encouragement à tous ces petits e-commerçants qui n’ont de petit que le nom et qui bataillent chaque jour pour tirer leur épingle du jeu… une manière de leur dire tout le respect et l’admiration que j’avais pour eux, juste comme ça, parce que ça m’a pris d’un coup
Je ne souligne pas très souvent ce genre d’opérations mais celle-ci est particulière à mes yeux.
Tout d’abord, c’est @YannickNyanga qui est concerné. C’est devenu un ami avec le temps mais même sans cela, c’est surtout un garçon disposant de valeurs humaines extraordinaires. S’asseoir avec lui et parler de tout – et souvent peu de rugby – est toujours un réel plaisir et un partage d’idées ou de points de vue, de ceux qui te font encore réfléchir plusieurs semaines après…
Après, je trouve cette opération d’EA, pour le lancement du 3ème volet de Crysis, très réussie. Il y a une bonne idée, un ton, une ambiance… et le résultat dépasse largement ce que j’avais pu imaginer avant de le voir, lorsque j’en avais entendu parler.
Jugez par vous-mêmes… en HD et plein écran de préférence !
Pas de doute, Yannick Nyanga est Prophet jusqu’au bout des ongles… et dans la perspective du match que va jouer l’équipe de France contre nos meilleurs ennemis à Twickenham dans quelques jours, je viens de décider d’y voir un heureux présage, là, tout seul, comme ça
Au passage, c’est vrai que Crysis 3 a l’air très réussi mais je vais attendre de l’avoir en main car il est probable que le trailer vienne de fortement m’influencer, ce qui était le but, j’imagine.
Sur un aspect un peu plus business, je trouve qu’une opération de ce genre, lorsqu’elle colle parfaitement avec le sportif ou la personnalité qui va incarner la marque ou le produit, est vraiment très positive et rentable. Les similitudes entre Yannick Nyanga et l’idée que l’on peut se faire de Prophet sont nombreuses, à commencer par la détermination, l’intégrité et la combativité…
Evidemment, c’est aussi un coup à se fâcher avec ses potes en rendant difficile la comparaison avec les mecs normaux comme nous aux yeux de la gente féminine – sans même parler de la probabilité de devenir une icône Gay – mais je crois que cela valait vraiment le coup de passer 6h à se faire maquiller !
Il y a quelques mois, à Buenos Aires, un guide touristique rencontre Diego, l’un des développeurs d’Apicube et lui explique son idée.
Lorsqu’il est dans un bus, il aimerait pouvoir enrichir ses explications en hébergeant des contenus riches sur son téléphone Android qu’il transformerait se faisant en Hot-Spot Wifi autonome et server Web. Ainsi, les touristes pourraient se connecter sur son téléphone via le Wifi – sans contrainte liée aux plans data en roaming s’ils sont étrangers et même sur des zones non couvertes par le réseau – et profiter de vidéos HD et autres informations utiles, chargées sur le téléphone pour l’occasion.
De cette idée est né Zenkeri, un side-project d’Apicube développé sur le temps que nous demandons à l’équipe de consacrer à autre chose qu’au « Business as Usual », comme un illustre moteur de recherche en a démontré l’intérêt bien avant nous.
Aujourd’hui, Zenkeri rend facilement accessible et gratuit d’accès un contenu à valeur ajoutée personnalisé et géolocalisé sans aucune installation préalable sur le smartphone client. Après quelques mois de développement, cette idée est devenu une solution qui va bien au-delà de l’idée de base. Elle s’est enrichie d’un back-office qui permet de gérer les devices, ainsi que la diffusion des contenus sur un ou une flotte de téléphones devenus hot-spots.
Au-delà de transformer le téléphone Android de Monsieur Toutlemonde en Hot-Spot/Site Web diffusant à haut-débit du contenu aux personnes autour de lui, on peut également imaginer une infrastructure de diffusion couvrant une ville, un stade, un haut lieu touristique, du mobilier urbain ou tout autre emplacement à très forte densité, y compris si ce lieu est mobile, comme une flotte de bus ou de taxis, par exemple… et le tout à un coût sans commune mesure avec les solutions existantes, surtout en étant un peu innovant coté Business Models.
En poussant un peu cette idée, on peut optimiser Android pour en concentrer le fonctionnement sur cet usage, obtenant ainsi une excellente autonomie et une fiabilité sans faille. En prenant des devices basiques donc peu chers, enfermés dans des boitiers étanches, dotés d’un capteur solaire pour la recharge et d’un minimum de Edge pour la mise à jour des contenus, on obtient alors de véritables bornes autonomes capables d’enrichir sans limite l’expérience des touristes visitant un vieil Aven perdu au fin fond du Larzac. Et oui, vous avez raison, au-delà du tourisme, le champs des possibles pour les applications professionnelles est si immense que je ne vais même pas l’aborder ici.
Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’Apicube vient d’être récompensé pour Zenkeri lors de la célèbre IT Night du CMIT, en obtenant le Prix « Environnement de Travail et Mobilité ». Evidemment, nous sommes tous très fiers de cette jolie récompense qui vient saluer la qualité de notre équipe à Buenos Aires et en particulier, la détermination et le talent de Diego, porteur de l’idée, et de François, le CTO d’Apicube.
Nous allons réfléchir à présent à l’avenir que nous pouvons donner à Zenkeri. Cette technologie est plutôt sympa, utile et pleine de promesses… mais il s’agit d’un Side Project sans lien direct avec le Core Business d’Apicube, dont le coeur de métier est d’apporter aux Directeurs Marketing une meilleure connaissance de leur marché et de la perception de leurs produits par l’analyse d’énormes volumes de données d’où notre Baseline : Connecting Science and Marketing.
Nous envisageons donc plusieurs options : la céder, en poursuivre le développement avec un partenaire, la commercialiser directement, en faire un spinoff avec une équipe Biz Dev qui serait associée ou, enfin, de la rendre Open Source pour l’offrir à la communauté.
Quoi qu’il en soit, je vous tiendrai au courant et pour finir avec un peu d’auto-promo, je voudrais citer Joël Rubino, le nouveau CEO d’Apicube, qui disait en plaisantant : « Quand on voit ce que notre équipe technique peut faire de 10% de son temps, je vous laisse imaginer leur potentiel avec les 90% restant ! »
Vous avez tous entendu parler des Digital Natives, de la Génération X, puis Y et maintenant Z. Ce sont des notions sur lesquelles je travaille beaucoup car je sais qu’elles ont un impact phénoménal sur nos entreprises…
Toutefois, je n’aime pas trop un des aspects sur lesquelles ces notions reposent, à savoir la classe d’âge. On ne peut pas affirmer que la Génération Y est complètement à l’aise avec les nouvelles technologies, dans le sens où je connais pas mal de « jeunes » absolument incapables de poster une photo sur Instagram ?!? Dans un même temps, je connais pas mal de mes aînés qui peuvent me donner des leçons sur l’usage de Twitter ou le meilleur moyen de développer son image et son e-réputation.
C’est ce constat qui me fait arriver à l’idée suivante : l’enjeu majeur de la très grande majorité des dirigeants d’entreprise est de préparer leur organisation à la déferlante numérique – qui est déjà en cours, je ne fais pas de la prospective ! – et d’en tirer parti plutôt que de la subir. Pour cela, lorsqu’on les interroge, il sont tous d’accord pour dire que c’est stratégique mais ils étaient encore – il y a 4 ans – 75% à compter sur les « jeunes » dans l’entreprise pour mettre tout cela en œuvre, sur la base de ce qu’on leur a expliqué sur les Digital Natives. Je savais déjà à l’époque que c’était critiquable, mais, avec le recul, je pense même que c’est une erreur fondamentale et formidable. Tous les grands projets touchant à l’organisation d’une entreprise doivent d’une part obtenir l’adhésion et la participation active du management et d’autre part, s’appuyer sur un groupe de « convaincus » qui vont essuyer les plâtres puis jouer le rôle d’évangélistes auprès des autres, soit par leur force de conviction, soit en démontrant la valeur que cela procure. C’est bien plus efficace si ce groupe est disséminé à divers niveaux, que ce soit verticaux ou horizontaux.
Si cette hypothèse se tient, je crois que la révolution numérique que nous abordons à travers la notion de Digital Natives n’est que partielle (et donc pour partie fausse), car la tranche d’âge montante est proportionnellement plus à l’aise que ses ainés mais on ne peut pas en faire de généralité. Je pense qu’une notion que j’ai appelé à l’époque Digital Enthusiastics serait bien plus juste. Ce groupe va concerner tous ceux qui ont compris pourquoi la technologie et l’innovation étaient deux principaux moteurs garants de l’avenir de l’entreprise, mais qui disposent aussi d’un certain goût du risque et d’un état d’esprit très ouvert, près à remettre en question ce qu’ils ont appris quelques années plus tôt tout simplement parce qu’ils savent que la donne a changé. Bien-sûr, la moyenne d’âge y est plus basse que la moyenne d’âge standard en entreprise, mais je ne suis pas persuadé que l’écart soit aussi large qu’on le croit. Pour citer un exemple, mon ami Jean-Michel Billaut arpente depuis des années tout ce que la technologie peut offrir de plus avancé en termes d’usages et d’innovation, et n’a de cesse que d’essayer de convaincre son écosystème du bien fondé d’une adoption massive. Je ne veux surtout pas lui faire offense – j’ai pour lui à la fois du respect et de l’admiration – mais il aborde un âge où la majorité de nos concitoyens préfèrent généralement se concentrer sur le potager. Pourtant, je crois que ses travaux sont un atout dont nous bénéficions tous. S’il ne peut prétendre au titre de Digital Native, il peut largement prendre celui de Digital Enthusiastic !
Cette note est dédiée à toutes les personnes qui comptent sur les plus-jeunes-qu’eux pour mener à bien les réformes nécessaires dans leur entreprise : Vous avez entièrement raison de vous reposer sur eux, mais cette jeunesse est une jeunesse d’esprit, passionnée, ouverte et enthousiaste. Il est important que vous fassiez, je crois, la différence entre Digital Natives et Digital Enthusiastics ! Je ne sais pas si Georges Brassens, cet expert reconnu de l’Internet et des Médias Sociaux, n’avait pas déjà raison quand il disait qu’il y avait de jeunes vieux et de vieux jeunes
Comme notre écosystème, j’ai beaucoup changé ces dernières années. Je me suis assagi sur de nombreux sujet, j’ai gagné en patience sauf sur certains sujets pour lesquels cette maturité nouvelle m’a amené à ne plus avoir de patience du tout. Je suis passé par des très hauts et des assez bas, à me poser beaucoup de questions sur ce qui était important, vraiment important.
Vous aussi ! Vous avez changé, individuellement et collectivement, en tant que communauté, ma communauté. Regardez-bien, nous avons tous une communauté… Beaucoup des amis de ce blog, ceux de la 1ère heure, sont partis. J’ai fini par les lasser, ma ligne éditoriale a si souvent changé, tout comme mes humeurs. Longtemps dans le consensus, j’ai réduit drastiquement le nombre des sujets sur lesquels j’acceptais de transiger. Forcément, cela peut heurter ceux qui ne voient que le gars gentil et toujours prêt à aider qui est en moi. De nouveaux lecteurs, le plus souvent silencieux, sont arrivés grace à Twitter et Google. Ceux-là ne parlent pas ou peu. Ils likent ou ReTweetent, faisant monter les compteurs parfois de façon vertigineuse. Le Like et le RT sont un moyen d’expression, comme les commentaires l’étaient fut un temps. C’est plus rapide, plus facile et cela permet aussi de se tromper, de s’offrir un fusible en défendant auprès du troll d’un soir une interprétation erronée : « Je l’ai relayé car j’ai été choqué » versus « Je l’ai relayé car il a vraiment raison ». Enfin, et j’en suis immensément fier, il y a la base, les fondations, ma bande… Ceux qui étaient là en 2004 et sont toujours là aujourd’hui. Beaucoup d’entre vous – je sais que vous souriez en ce moment car vous vous êtes reconnus – sont à présent des copains, parfois des associés, salariés ou partenaires, certains même des amis ! Vous êtes tous ici les bienvenus… mais eux un peu plus que qui que ce soit d’autre.
Il y a quelques mois, j’ai mis hors ligne toutes mes précédentes notes. Elles étaient périmées, à mes yeux ou aux yeux des circonstances, mais j’ai près de 8 années d’archives, qui sont toutes un peu de ma vie et que je garde pour mes enfants, comme un journal extime. Toutefois, sur une idée déclinée de celle qu’Alexandre B m’a suggéré en commentaires de cette note, lors de l’expérience du payant, je vais republier celles qui ont rencontré un certain écho chez vous, pour que ceux qui nous ont rejoint ces derniers temps puissent les lire aussi.
Mais comme vous, le marché, le Monde et moi avons tous changé, je vais les reprendre avant et les retoucher pour qu’elles soient en cohérence avec ceux et celui que nous sommes tous devenus. A l’heure d’écrire ces lignes, je n’ai pas commencé à relire la moindre d’entre elles et je dois vous avouer que je suis un peu inquiet. J’ai peur d’avoir changé au point de ne plus me reconnaitre dans les verbes, au point surtout de devoir me contredire par le pouvoir que les quelques cheveux blancs supplémentaires me confèrent aujourd’hui et surtout, de m’apercevoir que certaines de mes valeurs se sont perdues dans la bataille. Plus que jamais, je sens que le vieil adage si pratique statuant qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis va être à la mode sur ce blog.
La première va paraitre dans quelques jours.
Je peux compter sur vous pour ne pas tomber dans la facilité en soulignant mes éventuelles incohérences ou pour le faire avec humour voir une vanne qui fasse encaisser plus facilement la pique ?
En début de mois, j’ai annoncé que j’allais passer mon blog en Premium pour voir quel impact cela pourrait avoir sur le trafic d’une part et essayer d’en tirer des enseignements autour des modèles économiques alternatifs pour les « petits » blogs.
Je pense pouvoir arrêter l’expérience dès aujourd’hui, ayant d’ores et déjà des résultats qui ne laissent pas l’ombre d’un doute.
Voici ce que le passage en Premium a généré depuis le début. Attention, les sommes sont en $ !
Il n’est pas utile de vous montrer les courbes de trafic sur les notes passées en Premium, les chiffres ci-dessus parlent d’eux-mêmes.
Evidemment, mon blog n’est pas significatif et cette expérience n’a de valeur que pour la tendance qu’elle pourrait donner, mais force est de constater que, par paresse ou par habitude, sortir sa carte bancaire pour accéder à de la valeur que l’on peut trouver n’importe où ailleurs, même au milieu d’une guirlande publicitaire, est devenu un acte contre nature.
Je vais lever la restriction liée au Premium pour rendre à nouveau ce blog complètement libre et gratuit. Toutefois, rendre gratuit ne vous prive pas de tous vos droits. La licence de l’ensemble du contenu de mon blog est sous une forme de Creative Commons relativement flexible pour que chacun puisse en faire un peu ce que bon lui semble, tant que cela n’est pas directement commercial. Evitez simplement d’imprimer ces pages sur du papier, non pas parce que je suis contre la copie mais plutôt parce que je suis contre l’impression…
Plus largement, j’aimerai bien que ceux qui vont lire ces lignes prennent conscience d’un point fondamental. Quel que soit le type de contenu – articles, photos, vidéos… – que vous produisez et publiez sur Internet, et à moins de vouloir en faire votre métier, offrez-le plutôt que de le protéger car votre contenu n’a vraiment de valeur que dans le partage. Vous avez fait une belle photo que, de toutes façons, vous ne vendrez jamais ? Donnez-la donc au plus grand nombre de personnes possible, laissez-les la copier, l’améliorer, la partager… puisqu’elle n’a pas de valeur marchande. C’est pour cela que les licences Creative Commons ont été inventées et vous pouvez même choisir celle qui vous convient ici.
De mon coté, je cours annuler la commande de la Porsche que je pensais m’offrir avec tous les revenus que mon blog allait générer !
J’aurais appeler cette note Comment gagner de l’argent avec un blog, ce serait meilleur pour mon audience, et vous allez voir que je vais en avoir besoin !
Il y a quelques jours, Free a secoué le petit monde de l’Internet en activant par défaut une option venant bloquer les publicités sans que l’utilisateur n’en fasse lui-même la démarche. Je ne vais pas revenir sur ce qu’il convient d’appeler à présent le #FreeAdGate, je l’ai déjà fait longuement ici.
Cette action décidée de façon unilatérale posait notamment le problème du financement des petits blogs, ceux qui demandent énormément de travail et de passion mais ne rapportent quasiment rien, si ce n’est ce que génère la pub. Il y en a des dizaines de milliers, très généralistes ou de niche. Ces blogs ont de la valeur, créent de la valeur, diffusent de la valeur… et sont souvent d’excellentes sources d’information ou de connaissances. Xavier Niel, par sa charge hussardesque, nous permet de réfléchir à ce que doivent devenir ou rester les FAI, mais aussi à la place des fournisseurs de contenus, OTT ou pas, et surtout à leur financement.
Si la pub est – le plus souvent – trop intrusive au goût de beaucoup de lecteurs, elle reste le principal business model, pour ne pas dire le seul comme le souligne Eric de Presse-Citron. Evidemment, d’autres pistes existent. Ils sont nombreux à dire qu’ils seraient prêts à payer pour accéder à un contenu de qualité, pour s’affranchir de la pub qui représente le capitalisme aveugle au yeux de la majorité.
La dernière fois que j’ai entendu cela, c’était pour Hellotipi qui propose des sites de famille privés, sécurisés et sans pub, où les données appartiennent vraiment aux utilisateurs, contre un paiement « modique » de 5 euros / mois et par famille, que vous soyez 2 ou 200 au sein de celle-ci. Au final, même si les deux ne sont pas comparables, quand Facebook passe le milliard d’utilisateurs « gratuits », Hellotipi ne compte « qu’un » peu plus de 100 000 utilisateurs payants… autant dire, rien en comparaison.
Les gens ne sont pas prêts à payer, car l’Internet, par le caractère de ses modèles économiques, a installé pour beaucoup l’illusion de la gratuité. Je ne vais pas vous resservir le vieil adage – et mantra de Facebook – qui dit que si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit, mais c’est pourtant de cela dont il s’agit, au point que les utilisateurs finissent par se contenter d’une version dégradée du même contenu plutôt que d’ouvrir le portefeuille. C’est déjà vrai pour ma génération qui n’est pas née avec l’Internet, inutile de vous préciser ce qu’il en est pour ceux qui ont aujourd’hui moins de 20 ans.
A titre personnel, je n’aime pas – comme tout le monde ou presque – les sites couverts de publicité, surtout lorsqu’elles sont très intrusives… et les champions en la matière sont souvent les Médias traditionnels venus sur le Web dans un second temps. Ces sites valorisant leur audience de façon quantitative, il est facile à comprendre que leurs revenus dépendent de leur volume de trafic. Ils sont donc naturellement amenés, inconsciemment ou pas, à davantage traiter les frasques de Depardieu que les sujets de fond car « c’est ce qui fait vendre ». Vous allez facilement cliquer pour voir notre Obelix national et sans doute le dernier de nos punks, en tenue folklorique, je suis sûr que vous ne paierez pas pour cela.
Cette forme de course à la médiocrité et au Quick & Dirty est une mauvaise piste et sans doute même, un danger. Le volume d’information que nous produisons est colossal. « A l’aube de l’an 2020, il y aura 10,4 zettaoctects, soit 10 400 milliards de gigaoctets de données déversés tous les mois sur Internet »… Il s’agit majoritairement de contenu inutile, sans intérêt ni avenir, dont le seul effet tangible est de noyer dans la masse des contenus ultra-minoritaires mais de bien meilleure qualité. Mais le problème est insoluble car NOUS ne sommes pas prêts à payer pour du contenu de qualité.
Si vous êtes venu chercher ici une solution, je n’en ai pas. Je regarde attentivement ce que souhaite faire Andrew Sullivan avec sa déclaration d’indépendance aux Etats-Unis, mais même si cela se présente bien pour lui – 300 000$ levés dès les 1ères 24 heures – cela ne signifie pas que le pari soit gagné pour les autres.
Mon blog a toujours été pleinement gratuit et le contenu est licencié sous une forme très ouverte de Creative Common. Je gagne ma vie par mon travail, pas ici, et je n’ai pas la prétention de croire que quelqu’un souhaite payer pour lire ce que j’écris, surtout seulement en Français. Toutefois, j’ai décidé de me prêter à l’exercice, en rendant payants tous les posts qui ont « bien marché », qui ne relèvent pas du domaine strictement privé et qui me semblent les plus « bankable ». Cela concerne donc toutes les notes parlant d’entrepreneuriat, celles qui sont censées vous aider à réfléchir ou vous poser des questions, bref, celles que je pourrais pompeusement appeler « de fond ».
Dès que ce sera en place, vous devrez payer pour accéder ces « Contenus Premium » de façon illimitée. Je n’ai pas voulu mettre en place un Pay per Post car cela ne me semble pas être le meilleur modèle. Le tarif sera un plancher de 0,05 euros / semaine que vous pourrez abonder un peu si vous le souhaitez. J’ai fait le choix d’un tarif raisonnable, à des années lumières de ce qu’il devrait être si je souhaitais en vivre, car il ne s’agit là que d’une expérience – relativement faussée, j’en conviens tout à fait – et que je ne suis pas à proprement parler un blogueur.
Je pense laisser ce système en place quelques semaines ou quelques mois, le temps de voir ce que cela donne. Ce blog redeviendra alors totalement gratuit. J’aurais aimé le faire avec un blog s’y prêtant mieux mais il est difficile de priver qui que ce soit de ses revenus le temps de mes recherches.
Je fais cela pour voir quels enseignements je pourrais en tirer, voir à quel point mon audience devrait s’effondrer par le simple fait de demander de l’argent et d’accomplir l’acte de paiement jamais aussi fluide que pas d’acte du tout, voir quelles seront vos réactions en commentaires (celles des lecteurs habituels mais aussi celles de ceux qui ne font que passer), voir si cela aura un impact sur ma façon d’écrire… et tester la solution de valorisation de contenus Tinypass dans laquelle j’aurais aimé investir si l’occasion s’était présentée, tellement je trouve leur exécution admirable.
Bref, c’est une expérience, mais c’est décidé, vous allez me le payer… ou pas
Sur les réseaux sociaux bruisse aujourd’hui une information qui devrait devenir un nouveau coup de couteau dans l’image de Free : Le FAI a décidé de couper certaines sources de publicité directement à la source.
Au prochain redémarrage de chaque Freebox, une nouvelle version du firmware va s’installer, proposant un système de blocage des publicités. Si cela ressemble à une bonne intention – les AdBlockers existent depuis des lustres – le problème réside dans un simple détail : Cette option est activée par défaut.
Sur les quelques millions d’abonnés à Free, ceux qui sont capables de s’apercevoir de la mise en place de cette option doivent se compter à peine en dizaines de milliers, tout comme ceux, encore moins nombreux, capables de se connecter à l’interface d’Administration de leur Freebox pour désactiver l’option.
Cette décision est vraisemblablement liée au bras de fer qui oppose Free aux fournisseurs de contenu et en première ligne, Google.
Si je vous en parle, c’est que ces méthodes m’agacent pour de nombreuses raisons, mais je ne vais en aborder que deux, par manque de temps.
La Neutralité de l’Internet est un des piliers de ce réseau… et l’un de mes chevaux de bataille. On sait déjà que de nombreux FAI en France et de part le monde – Free est loin d’être le pire – ont adopté des algorithmes de DPI (pour Deep Inspection Packets) qui permettent d’identifier la nature des données transitant par les tuyaux et, ainsi de les réguler. Sans être directement lié au DPI mais au manque de Neutralité, c’est la raison pour laquelle les abonnés de Free ont, par exemple, une expérience utilisateur catastrophique sur Youtube. Avec cet AdFreeGate, le FAI va une nouvelle fois décider à ma place de ce qu’il va me servir ou pas lorsque je me connecte et de la façon dont il va me le servir. Ce n’est pas pour cela que j’ai payé mon abonnement.
D’autre part, de très nombreux blogueurs ou petits entrepreneurs utilisent la publicité en complément de revenus, pour venir indemniser des heures qu’ils passent à produire un contenu qui peut parfois être de très grande qualité. Je ne suis pas un grand fan de ces publicités, mais si le contenu d’un site me plait vraiment, je fais contre mauvaise fortune bon coeur. Cela représente pour eux peu d’argent, mais c’est mieux que pas d’argent du tout. Parce que ce sont des amis, les deux plus gros blogueurs HighTech en France, à savoir Eric de Presse-Citron et Korben, m’ont un jour donné leur chiffre d’affaires ; contrairement à la légende, ils vivent correctement de leur travail mais on ne peut vraiment pas dire qu’ils s’enrichissent ni se goinfrent. Le simple fait de réduire les revenus de tant d’artisans du Web me gonfle car ce n’est pas un choix de leurs lecteurs mais une décision aveugle d’un FAI, et cela va sans doute fragiliser le travail de certains ou en empêcher d’autres de se lancer.
Je crois qu’il est fondamental de préserver aussi longtemps que possible la Neutralité de l’Internet, y compris, s’il le faut, au prix d’un choix entre le mal et le pire, à savoir celui d’un Internet à 2 vitesses en fonction de ce que l’utilisateur pourra payer : très low cost voir gratuit pour quelques Mbps et payant même plus cher qu’aujourd’hui pour du très haut débit. Je sais que c’est dur à entendre mais les FAI ont également un problème de financement de leurs infrastructures qu’il faut prendre en compte… mais, à titre personnel, je ne peux pas accepter qu’un acteur du marché puisse décider de ce à quoi je vais accéder et encore moins d’amputer en toute impunité les revenus déjà faibles de petits entrepreneurs.
J’espère sincèrement que Xavier Niel – que je sais responsable et très à l’écoute – reviendra sur cette décision et désactivera par défaut cette option. Elle a sans doute une utilité et une raison d’être… pour peu que cela vienne du libre choix de l’utilisateur et pas de son fournisseur.
Il y a 2 semaines, je discutais avec un ami du meilleur moyen de convaincre ses clients d’investir, ces derniers arguant qu’ils attendaient d’y voir un peu plus clair et d’avoir des signes de sortie de crise. Comme je l’ai indiqué dans cette note, je crois qu’il n’y a plus de crise et que notre monde est désormais ainsi, aussi difficile et violent qu’il est porteur d’espoir et d’innovation. C’est donc une bonne nouvelle : Nous vivons à présent dans un environnement aussi stabilisé qu’il peut l’être par nature.
Pour ma part, je vais m’empresser d’oublier 2012, une relativement mauvaise année, d’abord sur le plan de la santé, donc mécaniquement quand on est entrepreneur, sur le plan du business.
Ma véritable satisfaction ? J’ai pris pleinement conscience que j’ai une famille formidable et 3 enfants qui deviennent passionnants. Ce n’est pas rien. C’est même beaucoup. Je suis chanceux… surement béni.
2013 sera une bonne année. Je n’ai pas de boule de cristal, mais mon intuition est fiable et elle me dit que nous allons prendre du plaisir, faire de jolies choses… et pourquoi pas de grandes choses. Digidust, Apicube, Labotec et Stonfield sont en ordre de bataille, avec des gens biens et différents à bord, à la barre, à la manoeuvre ou à l’abordage. Chacune des 4 sociétés voit ses clignotants passer au vert. Evidemment, rien n’est simple, mais c’est aussi pour cela que l’on travaille dur, pour simplifier des questions qui sont trop complexes.
J’ai déjà la tête tournée vers les quelques missions de Conseil en Stratégie, que je vais attaquer dès le début du mois de Janvier en paralléle de mes activités principales – en fait, j’ai déjà commencé – et qui me fascinent car elle présagent d’une épique compétition pour ne pas dire bataille – business pour certaines, politique pour d’autres – dans les mois et les années à venir.
Enfin, last but not least, Stéphanie et moi partageons un grand projet de vie que nous allons essayer de concrétiser en 2013. Nous savons que ce ne sera pas simple car nous avons déjà buté dessus plusieurs fois, mais nous sommes déterminés à faire ce qu’il faudra pour que cela arrive.
Vous êtes toujours aussi nombreux à venir me lire même si je n’écris plus beaucoup. Merci pour votre présence, silencieuse ou enthousiaste. Je ne sais pas vraiment comment va évoluer ce blog l’année prochaine, je propose que nous nous laissions porter par l’inspiration, l’actualité, l’air du temps… et si vous avez des suggestions, les commentaires sont à vous !
Je vous souhaite une merveilleuse année 2013, à vous et tous ceux qui vous sont chers.
J’espère que votre santé vous permettra de poursuivre votre route dans les meilleures conditions et avec beaucoup de satisfactions.
Je vous souhaite également d’initier, à défaut d’accomplir, tous ces jolis projets que vous avez trop longtemps repoussés, souvent à tort, sans doute avec de bonnes raisons. Je vous souhaite de cocher quelques cases dans votre longue liste des « trucs-à-faire-absolument-avant-de-mourir », et de vous souvenir ce faisant, que vous pouvez mourir demain donc qu’il est urgent de réduire cette liste. Je vous souhaite d’être épargnés par les maux de notre ère, en gardant à l’esprit que « Non, finalement, ce n’était pas forcément mieux avant ».
Je vous souhaite de trouver l’amour si vous le cherchez, une famille si vous la bâtissez, le succès si êtes capable de le définir, le Bouclier de Brennus si vous le convoitez… et surtout, en Janvier 2014, de pouvoir vous retourner sur les 12 mois écoulés et vous dire que vous avez vécu une année 2013 encore plus belle que celle dont vous aviez rêvé.
Basé à Toulouse et trop rarement aux Etats-Unis, je m'enthousiasme pour ceux qui croient en eux et ne doutent de rien, ceux qui ont compris qu'Internet ouvre sur le monde et non enferme, ceux qui jouent ou aiment le rugby et ceux qui considèrent que le vin et la gastronomie sont des arts majeurs.