La vie entre les mains

C’est le nom d’une formidable association qui fait de son mieux pour aider les femmes en traitement contre un cancer à mieux vivre ce moment difficile dans une existence. Vous devriez vraiment faire un saut sur leur site, développé par Zanskar Studio et hébergé par APICube, le tout gratuitement, évidemment.

Mais ce n’est pas du tout de cela dont je voulais vous parler.

Nous avons tous notre vie entre nos mains.

Depuis quelques temps, j’ai la capacité de concentration d’un poisson rouge, je suis irritable comme un militant du Front National, impatient et aimable comme un Mourad Boudjellal sous stéroïdes, j’ai la créativité d’un designer de voitures soviétiques, je suis particulièrement mauvais sur de – trop – nombreux sujets… et je vous en passe quelques autres.

J’ai évidemment commencé par m’en plaindre un peu, puis par rejeter la faute sur d’autres personnes ou circonstances… puis je me suis sincèrement posé la question en décidant simultanément d’arrêter mes conneries.

Je viens donc de prendre une décision importante et très difficile. Je ne vais pas partager ici parce que c’est très personnel et que mon propos est ailleurs, mais elle va améliorer tout un pan de ma vie et, dans un même temps, me couter très cher (je ne parle pas forcément d’argent). Toutefois, elle devrait régler la majeure partie des problèmes que je rencontrais et que j’ai partiellement listé ci-avant.

Je connais des gens vraiment modestes et je connais des gens très riches. Certains sont malades, d’autres bien portants. Ils ont des enfants ou pas, habitent en ville ou à la campagne, sont mariés, divorcés, hétérosexuels, homosexuels, asexués. Il y a des Catholiques, des Juifs, des Musulmans. Je connais même un fan de Christophe Maé. Ils sont entrepreneurs, salariés, étudiants, chômeurs, retraités… et tous, sans exception, se plaignent toujours d’un truc ou d’un autre.

Si quelque chose ne vous convient pas, arrêtez de vous lamenter : soit vous le changez, soit vous apprenez à vous en passer.

Evidemment, ce n’est pas une décision simple. Elle peut avoir des conséquences importantes sur d’autres aspects de votre vie… mais il faudrait peut-être savoir ce que vous voulez, non ?

Vous déplorez que votre Bac+17 en Physique Quantique ne vous permette pas de trouver un job à votre mesure dans le village de votre enfance, au coeur des Pyrénées où il fait si bon vivre ? Arrêtez de nous prendre la tête. Soit vous prenez les jobs qui existent même s’ils sont plus physiques que quantiques, soit vous créez votre propre job en lançant une activité qui sera utile à quelqu’un capable de vous payer pour cela, soit vous partez vivre dans un endroit où vous pourrez jouer avec des Quarks et gagner plein d’argent. Mais s’il vous plait, arrêtez de vous plaindre que c’est trop injuste et quelqu’un devrait faire quelque chose ; Ce quelqu’un, c’est VOUS !

L’Etat ne vous aidera pas. Les gens ne vous aideront pas. Même la vie ou votre Dieu ne vous aidera pas. Surtout, votre résignation et votre acceptation du statu quo ne vous aidera pas.

On ne nait pas tous libres et égaux, ce sont évidemment des inepties et Coluche avait raison en disant que certains sont plus égaux que d’autres… mais quand on nait dans un pays comme la France, on part avec une bonne longueur d’avance sur la très grande majorité des autres pays du monde (je vous rappelle qu’il y en a autour de 200) et le simple fait de ne pas passer sa journée à chercher de quoi simplement manger et nourrir sa famille nous place dans le milliard le plus favorisé sur les 7,5 que compte la planète.

Nous avons tous notre vie entre nos mains et il existe toujours un chemin pour améliorer l’existant… avec évidemment un prix à payer pour cela. A vous decider de prendre ce chemin plutôt que de vous asseoir au bord, mais si c’est la deuxième solution que vous avez choisi, ce n’est pas grave et cela n’a rien de honteux ; Simplement, n’en reportez pas la faute sur autre chose que sur vous-même et, surtout, arrêtez un peu de vous plaindre !

14 commentaires pour “La vie entre les mains”

  1. 1 Franck Quintana dit :

    « j’ai la créativité est celle d’un designer » –> là il manque un mot ou quelque chose

    « Je connais même un fan de Christophe Maé » quelle belle façon d’avouer que c’est toi :)

    Pour le reste totalement d’accord et tu as raison de le préciser car malheureusement on a tendance à se rendre compte de cela avec l’âge et ce genre d’aveu peut faire gagner du temps à qui sait l’entendre.

  2. 2 Xoth dit :

    S’il existe une asso similaire dans le 04 et que quelqu’un lise ceci, merci de mettre un lien.
    Pour le reste, dans l’esprit « aide toi et le ciel t’aidera » je suis aussi d’accord ; ça me rappelle ce jeune africain sans diplômes connu à Ouaga, il y a quelques années. Il était gardien pour l’IRD et gagnait 50 euros/mois pour lever la barrière aux 4×4 des ingés français. Il a demandé (longtemps) à la direction à être formé au web. Après acceptation, il a passé environ un an, dans la salle des serveurs, à manger et dormir sur place sur un lit de camp, plongé dans les bouquins, pour devenir webmaster. Puis il a rencontré un français en galère, qui lui aussi dormait là où il pouvait, avec pour seule arme une disquette, et codait du HTML sur les Blocs-Notes Windows d’ordinateurs trouvés ça et là. Ils ont tous deux monté un site web, et 4 mois plus tard ont eu droit à une interview dans un magazine connu qui les classaient parmi les 10 meilleurs entrepreneurs du web africain. A partir de là, l’ancien gardien est parti travailler en Suisse, puis a eu une solide proposition en Allemagne. Le français a lui aussi eu des tas de propositions et vu sa vie changer radicalement. Tout ça pour confirmer que oui, quand on veut on peut… Et puis si ça ne marche pas, et bien on recommence…

  3. 3 Phil K dit :

    Franck, tu as oublié celle-ci « (je vous rappelle qu’il y en à autour de 200) ». Oulah, avec un sniper comme toi dans le coin, il faut faire attention à ce qu’on écrit et comment on l’écrit. Pitié pour la suite ;-)

    Sinon, d’accord, entièrement d’accord.

    Ça fait écho à un autre de tes posts auquel je n’avais pas répondu, me sentant un peu décalé par rapport aux avis émis. Je suis bien conscient qu’en terme professionnel je mériterai mieux (non, soyons réaliste: je pense que/je me sens capable de trouver mieux). Mais je suis la victime volontaire d’un de mes choix: vivre dans le village de mon enfance au coeur des Pyrénées plutôt de dans une technopole qui m’offrirait tellement plus de choix (c’est une image visant à me rapprocher des propos de l’auteur, quoique). Un mal pour un bien, celui de ma famille. Il y a eu aussi les circonstances de la vie, la culture qui m’a été inculquée et tout en tas d’autre facteurs, certes. Mais plus j’y réfléchis et plus je vois l’empreinte de mes choix, bons ou mauvais. Et quelque part, c’est apaisant.

    Voici ma note personnelle. Fruit de réflexions issus de 2 posts de Mr POC. Merci PO de m’avoir permis de me poser deux minutes pour faire ce petit point (j’ai failli écrire bilan mais on n’en est pas là, heureusement).

    Je souhaite que ton choix, PO, te permette de retrouve la paix.

  4. 4 zanskar dit :

    Tu imagines que cette note me va droit au coeur à plusieurs titres. D’abord, pour ta mention et ton lien dont je te remercie sincèrement. Et puis, comme tu le sais, La vie entre les mains a marqué pour moi le début d’une belle aventure qui va se concrétiser dans les prochains mois et qui est dans la droite ligne de ton billet.
    Agir plutôt que subir, même si le chemin est long et semé d’embûches…

  5. 5 Benoit dit :

    Peut être besoin aussi d’un bon break, de repos ou de te couper de tout et de partir dans un monastère tibétain pour de ressourcer !
    Recharger les batteries pour mieux avancer.
    Toutefais bien d’accord sur le fait de se prendre en main et d’être acteur de son destin.
    #GoGoGo comme on dit par chez nous :-)

  6. 6 Pierre-Olivier dit :

    Oups ! En lisant vos commentaires – et quelques messages reçus par ailleurs – je m’aperçois que j’ai décrit ce qui a amené ma décision et donc cette note comme une passe très difficile, ce qui n’est pas du tout le cas.

    Les soucis que j’évoque ne sont liés qu’à ma façon d’aborder ma mission telle que je l’imagine. Ce n’est pas si important que cela, je vous assure. La décision est très difficile car je prend un risque assez fort que je n’avais pas besoin de m’imposer ni d’imposer aux miens, qu’elle va forcément avoir des conséquences sur certains de mes associés et de mes projets… mais encore une fois, ce n’est que du business et une question de savoir à quoi je veux passer mes journées.

    Désolé si ma mauvaise rédaction vous a fait craindre bien pire… et de ce fait, merci de vos messages de soutien, mais encore une fois, tout va vraiment très bien. Prendre une décision et en assumer les conséquences est le message même de cette note. Ma décision est prise donc je n’ai plus qu’à suivre le chemin que j’ai choisi. La vie peut être simple…

  7. 7 acemtp dit :

    J’entends tellement souvent des gens se plaindre, se lamenter et ne rien faire…
    Je suis content de voir quelqu’un se « plaindre » et agir, c’est tellement rare.
    Bon courage et je ne doute pas que quoiqu’il arrive tu retomberas sur tes pieds.

  8. 8 Pierre dit :

    100% d’accord. Il ne faut pas craindre de (se) le répéter.

    Le symptome Calimero est une tendance naturelle de l’Homme, particulièrement développée chez le Français. Merci Pierre Olivier de nous rappeler régulièrement que l’essentiel dépend de nous.

  9. 9 Patrice Khalifa dit :

    J’adore ton exemple du bac+17 : j’avais une discussion exactement similaire hier-même !
    En tout cas, évidemment, j’approuve également à 100 %, chacun a sa vie en main.
    Accuser les autres, l’état, le destin ou la faute à pas de chance ne mène qu’à l’apitoiement et à la répétition de ses erreurs.
    PS : Tiens, moi aussi je signale une petite faute : où il fait si (b)on vivre…

  10. 10 Fabien Grenet dit :

    On dit souvent « choisir c’est renoncer ».. mais personnellement je trouve cette expression trop connotée négativement.

    Je préfère considérer que « choisir c’est avancer », car il n’y a rien de pire à mon sens que de rester sur place (surtout si c’est pour se plaindre).

    Bien sur, ça ne diminue pas pour autant le temps nécessaire ami passage de la réflexion à l’action (le choix et sa mise en œuvre), mais regarder le verre à motié plein est tout de même plus motivant !

    Il m’a fallu presque un an de réflexions avant que je me lance en indépendant à la fin de l’année dernière, alors que je savais pertinemment que c’était la décision à prendre bien que n’ayant aucune certitude sur la dénouement positif de ce choix ! Aujourd’hui je n’ai toujours pas de certitude quant à la pérennité de mon activité mais je fais tout pour, car en revanche j’ai la certitude que c’était la bonne décision à prendre !

    Bref, tout cela pour dire que oui, les décisions sont dures à prendre (souvent) mais qu’il ne tient qu’à nous d’avancer et de ne pas rester dans notre coin à se plaindre !

    Tu as raison, nous avons la vie entre nos mains, au propre comme au figuré !

  11. 11 Pierre-Olivier dit :

    @Patrice : C’est corrigé. Merci !

    Et merci à tous pour vos commentaires…

  12. 12 Christophe dit :

    « Si quelque chose ne vous convient pas, arrêtez de vous lamenter : soit vous le changez, soit vous apprenez à vous en passer. » Tu as tout dis. Je suis auto entrepreneur et ton article me motive beaucoup. Il faut se prendre en main et arrêter de se lamenter. C’est assez simple, mais beaucoup l’oublie parfois (moi y compris).

  13. 13 Jo Baldi dit :

    Enfin.
    C’est la conclusion que m’inspire la lecture de ce billet ce soir : « enfin ».
    Je ne venais plus lire vos partages d’états d’âme depuis quelques temps, j’avais la désagréable sensation d’un manque de profondeur dans la rédaction de vos billets lorsque vous choisissiez de les axer sur l’humanisme. Nous savons tous votre sensibilité et combien vous souhaitez rassembler autour du coeur, aujourd’hui je lis un homme nouveau, comme si la synthèse de vos reflexions vous aurait mené à un aboutissement, nous partageons sur ce coup la même vision.

    Point de décision sans inconvénients, reste à chacun à mesurer ses [réelles] convictions…

  14. 14 Homo Fabulus dit :

    Et pour moi la phrase la plus importante de l’article c’est ça : « quand on nait dans un pays comme la France, on part avec une bonne longueur d’avance sur la très grande majorité des autres pays du monde ».

    Un copain me disait qu’il ne méritait pas d’avoir réussi ses études, que ses parents avaient de l’argent, lui avaient payé un appart, qu’il avait été chanceux comparé à moi qui vient d’un milieu modeste. Sauf que quand on voyage un peu, on se rend compte que la véritable chance c’est d’être né dans un pays où l’éducation est gratuite, performante, et où même si la vie ne nous a pas gâtés on touche un minimum pour pouvoir survivre. A partir de là, riche ou pas riche, tout est possible : tant qu’avoir de quoi manger pour le repas du soir n’est pas un problème et que ce repas acquis du temps reste pour travailler sur d’autres projets, on peut se considérer chanceux. Ce qui me rappelle ce site, toujours sympa pour relativiser : http://globalrichlist.com/

Laisser un commentaire