Liberté d’Expression en liberté surveillée
Cela a commencé par quelques mots de Matt Mullenweg, qui trouvent en moi un écho persistant depuis des années, depuis que j’ai compris à quel point Internet était une bénédiction :
« I worry about the independent web. I worry about the content creators, and I worry that if 100 percent of the distribution of everything starts to go through just a few websites, that kills the vibrancy. »
Quelques heures plus tard, je suis tombé sur cette note de Paris Lemon, relatant l’incident – à présent très célèbre – qu’il avait connu sur Google+. En quelques mots, il avait posté sur son profil une photo de lui levant son majeur de manière fort peu élégante. Cette photo de Joi Ito était un peu puérile mais pas plus méchante que cela. L’équipe de modération de Google+ a supprimé la photo sur la base du fait qu’il violait l’un des termes du TOS.
Une personne a jugé que c’était particulièrement offensant de lever son majeur et qu’il n’était pas convenable pour Paris de se présenter ainsi au monde, Google+ ayant vocation a être un espace social de communication mais également un moyen de préserver son identité sur le Web. Cet inquisiteur zélé a alors censuré la photo sans prendre la peine d’en avertir Paris, le titulaire du compte, ou de simplement lui demander de traiter le problème tout seul.
C’était tout à fait légitime. Google+ est un produit de Google et ils font ce qu’ils veulent chez eux.
Mais…
C’est à ce stade qu’il faut commencer à se poser des questions. Google s’érige en pourfendeur de la censure dans le monde, allant jusqu’à défier la Chine alors que c’est l’Eldorado annoncé des prochaines décennies et devient, dans un même temps, le censeur de ce qu’il convient de dire sous prétexte que cela viendrait déprécier les résultats du Search en remontant des informations « inadaptées » ?
Je pense qu’il y a ici un gap entre ce que prétend être Google+ et ce qu’il est réellement. Lorsque le produit – gratuit – a été lancé, certains se sont enflammés en détruisant leur blog et en routant leur nom de domaine vers leur compte Google+ pour en faire le camp de base de leur expression sur Internet. Ils ont créé du contenu en laissant libre cours à leur imagination, leurs humeurs ou leurs envies. Ce contenu a été indexé par Google, apportant des résultats à des Recherches, apportant ainsi des « biens à vendre » pour le premier – de très très loin – moteur.
Le choix de tout abandonner pour Google+ était à mon sens très optimiste et surtout irresponsable.
Nous n’avons absolument aucun contrôle sur ce que nous produisons quand nous le confions à Google, pas plus que nous n’en avons quand nous le confions à Facebook, Twitter, Flickr… L’aventure de Paris Lemon vient de démontrer on ne peut plus clairement que Google décidait ce qui était bon pour nous ou ne l’était pas.
J’évoque ici l’idée que Google+ n’est clairement pas un espace de libre expression, mais je pourrais également parler de Facebook qui, malgré de louables efforts récents, est devenu tellement puissant qu’il enferme le Web au lieu de l’ouvrir, certains utilisateurs ne consommant plus l’Internet qu’au travers du réseau social au 800 millions de membres. Je pourrais également parler de beaucoup d’autres…
Alors, que faire ?
Je n’ai évidemment pas la réponse universelle. Pour ma part, j’ai fait le choix de conserver un blog que je contrôle totalement, en utilisant une technologie mature et Open Source posée sur un server dont j’ai la maitrise. J’ai également un nom de domaine propre qui permet à ceux qui me cherchent de me trouver, où que je décide d’aller.
Cela demande des compétences techniques et/ou des frais financiers car cette solution n’est ni simple à mettre en oeuvre, ni même gratuite, mais elle a le mérite de me donner un vrai terrain de libre expression. Google et les autres géants de l’Internet peuvent m’ignorer me désindexer et réduire à néant la quasi-totalité de mon traffic. Mais, en aucun cas, ils ne peuvent m’empêcher de partager ce que bon me semble, pour le meilleur et pour le pire. Ils sont nombreux à avoir annoncé la mort des blogs, sur une mauvaise interprétation – à mon sens – du transfert d’expression de la masse, de la production de contenu vers le relai de contenu. Disposer sur Internet d’un espace d’expression que l’on va contrôler ne m’a jamais semblé aussi important vital qu’aujourd’hui, pour soi-même et pour tous.
Une dernière chose : Twitter.
Il y a un nouveau shérif en ville. Le concept même de Twitter a changé la donne. Aujourd’hui, une grande partie de notre traffic ne vient pas de Google mais de Twitter, dans l’instantanéité mais aussi pour étayer des discussions qui ont lieu parfois de façon très asynchrone. Il n’est pas rare que quelqu’un mentionne un lien vers certaines de mes notes écrites il y a des années, pour illustrer sa conversation actuelle. C’est sans aucun doute la manière la plus pertinente d’amener quelqu’un sur mon blog, bien devant le Search de Google, car mon contenu est alors contextualisé avec une très grande précision, la même que celle brandie comme un Graal par les Curators (Ce mot est décidément atroce !).
Mais ce shérif est faible. Il a un coté sombre.
J’aime beaucoup Twitter mais c’est une société privée qui doit préserver ses intérêts. Je pense donc qu’un projet de Twitter libre devrait voir le jour, un Twitter dont nous pourrions tous héberger une instance si nous le souhaitons, comme nous le faisons avec un WordPress ou un Dotclear, un Twitter qui, de ce fait, ne pourrait être – facilement – censuré, qui serait au-dessus des intérêts économiques comme des intérêts nationaux. Twitter peine à trouver un modèle économique car son ADN même est non-profit. Je veux engager la conversation avec les marques ou les entreprises mais pas voir leur publicité. Je ne veux pas d’un Twitter payant car il serait forcément réducteur pour ceux – la majorité – qui ne peuvent pas payer ; un Twitter à 2 vitesses perd tout son sens. Je veux un Twitter Libre et Universel.
Un vieil adage de l’Internet dit que si un produit est gratuit, c’est que vous êtes le produit. Il faut alors sortir Twitter d’une logique de Produit pour en faire une composante même de l’Internet, au-dessus des enjeux économiques naturellement propre à toute société.
La liberté d’expression que nous avons trouvé avec l’avènement de l’Internet est un bouleversement unique dans l’Histoire de l’Humanité. Des régimes ont sombré face à leur incapacité à museler leurs travers comme ils en avaient l’habitude, l’omerta par la terreur étant le meilleur allié du status quo. Des personnalités ont émergé pour devenir des leaders d’opinion voir, pour certains, des icônes. Des idées et des connaissances se sont propagées comme jamais auparavant, chez les instruits et chez les autres. Une masse fantastique de valeur a été créé d’abord sous la forme d’une industrie à part entière et aujourd’hui, de l’économie dans son ensemble. Une révolution ne se fait pas sans difficultés et crises, mais celle-ci se fait et je crois que c’est une étape obligée dans notre évolution.
Il nous appartient de veiller, en tous temps, à ce que les outils de cette libre expression soient disponibles pour le plus grand nombre… sans céder aux sirènes de la facilité du prêt à consommer.
PS : Comme pour mon compte Facebook depuis des années, vous pouvez à présent considérer mon compte Google+ comme un simple outil de travail pour moi, mais en aucun cas un moyen d’expression sincère.





30 décembre 2011 à 12:45
C’est bien de rappeler aux utilisateurs de ces plateformes qu’ils ne sont pas chez eux
J’ajouterai à ton analyse qu’au delà d’une liberté d’expression surveillée, c’est une gestion et culture de la modération qui est très particulière. On hisse très haut le « 1er amendement » mais le puritanisme n’est jamais très loin (il est interdit de dire fuck à la TV américaine). On supprime immédiatement tout utilisation de marque ou logo…mais on va laisser faire une véritable action de guérilla sur une page Facebook (cas Nescafail) que j’ai assimilé à une prise d’otage (http://www.webreport.fr/nescafail-rancon-facebook-ereputation.html ).
30 décembre 2011 à 13:05
Bonjour,
Billet sincère et cohérent, j’espère que progressivement beaucoup se rendront compte des aspects sombres de ces plate-formes qu’on occupe innocemment tous les jours… Ça n’empêche pas d’y rester et d’aller y prendre ou donner ce qu’on veut, mais il est nécessaire d’être très lucide.
Sinon, pour les alternatives libres à Twitter et Facebook, il y a Identi.ca et Diaspora. Où là on peut réellement choisir de maîtriser ce qu’on veut. Reste qu’en dessous d’un nombre critique d’utilisateurs, on s’y sent un peu seuls et cela ne ressemble donc pas réellement pour l’instant à de véritable réseaux *sociaux*, c’est encore très militant (mais ça va dans le bon sens, vraiment).
https://joindiaspora.com/
http://identi.ca/
30 décembre 2011 à 13:15
Un Twitter Libre décentralisé
? Il existe depuis belle lurette. J’ai écrit mon premier article sur le sujet il y a presque trois ans : http://philippe.scoffoni.net/twitter-plus-open-source-egale-identi-ca/ suivi d’une longue série sur le sujet http://philippe.scoffoni.net/tag/statusnet/
Ce logiciel libre pour nom Statusnet et propulse toujours le service en ligne identi.ca. Mais rien n’empêche d’installer sa propre instance et pour ceux qui en ont les compétences c’est aussi un gage d’indépendance… Reste les autres et il faudrait y penser aussi…
Autre alternative plus célèbre mais encore en phase de développement : Diaspora : https://diasp.org/
Je finirais par un lien vers un article en anglais http://www.readwriteweb.com/cloud/2011/12/2011-the-year-the-free-ride-di.php qui rejoint la thématique de cet article.
30 décembre 2011 à 13:29
Très bon article.
Pour rebondir sur ton idée de Twitter libre, et pour compléter les propos de Aa, il faut savoir qu’identi.ca n’est que l’instance la plus connue d’un logiciel libre nommé status.net (http://status.net).
Celui-ci a pour avantage de pouvoir communiquer avec les autres instances (tout comme Diaspora*).
Exemple concret : mon compte status.net est hébergé sur mon instance, situé sur mon serveur auto-hébergé. Pourtant, la majorité des comptes que je suis sont situés sur identi.ca. Et ça marche plutôt bien !
30 décembre 2011 à 14:17
[...] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } http://www.pocarles.com – Today, 2:16 [...]
30 décembre 2011 à 14:36
Je pense que maintenant les gens sont au courant des limitations de Facebook&Co, entre la censure, la perte de propriété de leur contenu et la marchandisation de leur personne. Ils s’en foutent ou considèrent qu’ils ont plus à y gagner en restant plutôt que d’aller voir ailleurs et c’est un choix qui se respecte.
Il faut plus faire attention aux ados qui postent tout et n’importe quoi sans savoir ce qu’ils risquent car ils ne connaissent pas « les règles du jeu », eux.
M’enfin comme Aa et Cyril le disent, Identi.ca (pardon… status.net) permet d’avoir ton propre Twitter-like sur ton serveur sans souci de contrôle tier.
Si toutefois tu souhaites rester sur Twitter, il est possible de dupliquer ton compte sur un autre serveur et donc de garder une copie sous contrôle. Personnellement j’utilise Tweetnest (http://pongsocket.com/tweetnest/) en local mais rien ne t’empêche de l’utiliser sur pocarles.com . Ce n’est pas la panacée mais bien configuré, il peut te rendre de nombreux services.
Il reste aussi le problème des hébergeurs de contenu (Youtube, Flickr, Yfrog, Soudnation, …) qui peuvent disparaitre du jour au lendemain sans espoir de récupérer nos fichiers ou, de la même façon que Facebook et Twitter, peuvent censurer ce qu’on leur envoie. Là aussi des solutions open-source doivent exister mais au final ce serait nettement plus compliqué à installer/utiliser/maintenir et surtout pas intégré dans nos outils de tous les jours (Widgets, iApp, …).
Bref, on est prêt à accepter jusqu’à quel niveau le contrôle que des entreprises peuvent avoir sur nos vies (numériques ou non)?
30 décembre 2011 à 14:56
Merci pour toutes ces contributions et les liens.
Je sais que des solutions existent mais beaucoup sont des workaround de g33ks. De là à ce qu’elles soient mainstream, il y a de la route. Identi.ca a échoué il y a quelques années, principalement parce que personne ne faisait la différence entre eux et Twitter. Diaspora n’en fini plus d’arriver vraiment. Il y a pourtant de la place, j’en suis convaincu, même si je me demande dans quelle mesure nous avons vraiment besoin de réseaux sociaux comme Facebook ou G+.
30 décembre 2011 à 14:59
Internet, espace de liberté?
Tu l’as dit: oui mais non. Mais on dirait bien quand on a connu les débuts d’internet j’ai l’impression que c’est plutôt ‘non mais si on s’en donne les moyens, peut-être encore’.
On sait tous qu’il est fini le temps de la liberté et que terrorisme et intérêts économiques (dans quel ordre?) ont fait basculer internet en espace de communication policé.
A ce titre, n’importe quelle entreprise hébergeant du contenu est responsable de ce qu’elle diffuse sur la toile. Ça vaut évidemment pour Google qui fait face à de nombreux procès pour des résultats de recherche qui ont pu entacher des e-réputation ou choquer des opinions.
Avant on savait qu’une e-réputation avait une valeur, maintenant on sait qu’elle a un prix, il y a même des entreprises qu’on paie pour ça. Avant, on voyait que sur la toile rodaient racistes, xénophobes et autres pédophiles, aujourd’hui on efface leurs traces, et pourtant ni nous, nos enfants ne sommes à l’abri … Tout cela existe mais il ne faut surtout pas en parler.
Google, comme FB et Twitter contrôlent a minima ce qu’ils mettent en ligne. Assez peu pour avoir permis l’éclosion d’espace de liberté, trop pour avoir répondu (hâtivement) à certaines provocations.
Il ne serait pas bêtement en train de se passer pour internet ce qu’il s’est passé pour la télévision et les radios? Vous vous rappelez: les radios libres. Combien le sont encore et pour quelle audience?
Je suis sensible à ton cri d’alerte mais j’ai peur qu’internet ne soit devenu qu’un vaste espace commercial. Ne serait-ce que parce qu’il repose sur des infrastructures privés et que les médias qui drainent les masses le sont aussi (et que dés qu’un média atteint une masse critique il est absorbé par un des ténors du web, souvent à la grande satisfaction de ses fondateurs).
Ceci dit, j’ai sûrement tort aussi. Nous n’avons aucun intérêt commercial commun et j’ai pourtant pris le temps de dialoguer sur ce blog. Jusqu’à ce que Big Brother ne repère ton serveur et obtienne de ton FAI qu’il coupe ton accès … Ça me donne envie d’ouvrir un blog tout ça.
PS: merco PO pour tes réflexions.
30 décembre 2011 à 14:59
Merci de garder en tête que j’évoque des alternatives pour tous, pas pour quelques barbus capables de faire tourner Windows 95 sur un iPhone (je sais, j’exagère !).
30 décembre 2011 à 15:33
« si un produit est gratuit, c’est que vous êtes le produit. » Tout est dit…
Ce billet me rappelle de nombreuses conversations avec un pro de chez NetSample, ou un des dirigeants de Projytech, d’où il ressortait que nous n’en sommes (bien qu’on nous affirme en permanence être au top) qu’au tout début de la révolution numérique, et que désemparés par la croissance exponentielle du média web, les grands acteurs numériques pratiquent de plus en plus des politiques « dictatoriales » envers les masses, incitant le plus grand nombre à l’auto-censure et la muselière consentie, et le viol approuvé par case à cocher de nos données en échange de la gratuité…
Quand je vois que Gmail, même après avoir paramétré correctement les options concernées, continue de me balancer des publicités ayant directement rapport à des mots clefs du contenu de mes échanges de mail ou en rapport avec des pièces jointes, cela me donne envie de ré-ouvrir un espace bien à moi, payant, dont je sais qu’il ne sera pas scanné de façon systématique.
Un Twitter libre… Why not?
30 décembre 2011 à 15:42
A la première lecture il me semblait être en parfait accord avec ce qui est dit dans ce billet….
Et puis j’ai eu une vision.
Je me suis imaginé si un type se promenait dans Paris ou n’importe autre quelle autre ville occidentale en faisant en permanence des doigts à tous ceux qui portent le regard vers lui. Qu’est ce que je penserais de ce type ? Bon ok, certainement que moi ca me ferait marrer… mais suis je représentatif de la majorité ? Je ne pense pas, je pense que la majorité des passants serait au minimum interloqué mais plus certainement choqué. Je pense même qu’au moment ou il croiserait un képi il se ferait gentiment rappeler à l’ordre et finalement tout le onde trouverait ça normal tant que la « sanction » resterait proportionnel à l’acte.
D’un autre côté si un de mes amis me fait un doigt chez moi aucun képi ne viendra et personne ne sera choqué chez moi…
Finalement, Google dans cette affaire a juste demandé à cet utilisateur de baisser son doigt comme le képi l’aurait fait. Ils n’ont pas fermé son compte, pas effacer tous ses mails. J’entends déjà hurler à l’encontre de ma comparaison, mais sur G+ on est chez Google donc qu’il fasse la police ne me choque pas plus que cela.
Et il ne faut pas rêver si un jour des outils tels que G+/Twitter/FB devienne « libre » il n’en restera pas moins une autorité qui fera la police dessus. Est ce vraiment un mal ? Vivre en société c’est en accepté les règles, et dans ses règles il y a l’idée de ne pas offenser les autres volontairement.
Je commencerais à m’inquiéter lorsque Google commencera à censurer ce qui se passe au sein de cercle fermé entre personne consentante, à ce moment là seulement on pourra selon moi parler de censure.
30 décembre 2011 à 16:40
@Gueric Tu mélanges plein d’éléments. Si le gars se promène comme tu l’évoques, je penserais également que c’est un con, mais je suis heureux qu’il puisse le faire. Avoir une réelle liberté d’expression ne permet pas de tout faire où dire, car il existe une limite : la Loi.
Je ne suis pas un anarchiste et la liberté d’expression n’exige pas l’anarchie.
Dans le cas présent, Google a simplement effacé une photo qui ne lui plaisait pas. Je sais, je vais largement exagérer, mais si finalement, ils se mettaient à ne plus aimer les barbus, puis les Blacks, les chauves ou pourquoi pas les Juifs… A quel endroit va-ton poser la limite de ce genre de censure ?
Encore une fois, Google est chez lui et fait ce qu’il veut, pas de soucis. Mais c’est aussi la même boite qui se drape à chaque occasion dans le David qui s’élève contre la Censure et le brouillage de ce positionnement pose de réelles questions.
Quand Google+ est sorti, les anti-Facebooks ont chanté les louanges d’un réseau social qui ne ferait pas le mal. Si ça ne n’est pas un Fail…
30 décembre 2011 à 17:17
Dans le style censure, il a surtout et avant tout les milliers d’entreprises et d’administrations qui se permettent de filtrer les contenus accessibles sur internet à partir de leurs réseaux ! De quels droits une DSI peut se targuer pour dire que tel ou tel employé à le droit d’aller voir tel ou tel site… Les excuses généralement sorties : « sécurité » « limité les distractions » « morale » « éthique » (en entreprise rien que de l’écrire j’en souris) etc… sont les même que celles des gouvernements totalitaires.
30 décembre 2011 à 17:22
@Raphaël Dans le cadre de l’entreprise, c’est un peu différent. Ce n’est pas un lieu de libre expression comme devrait l’être l’Internet. Si tu es dans une usine où l’on monte des composants électroniques, que tu n’ai pas accès à Youtube ne me choque pas. Je pense que c’est un autre débat pour le coup, qui se réouvre une fois que tu rentres chez toi.
30 décembre 2011 à 19:58
[...] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } http://www.pocarles.com – Today, 7:56 [...]
31 décembre 2011 à 9:56
[...] Ce billet est écrit en écho à celui de Pierre Olivier: Liberté d’Expression en liberté surveillée [...]
31 décembre 2011 à 12:11
Un sujet qui fait débattre !
Pour rejoindre PO sur Diaspora ou identi.ca, je pense que pour devenir mainstream, il faut de l’argent pour faire du marketing et de la communication, donc avoir un but mercantile à un moment ou un autre. A moins qu’un riche multimillionnaire sponsorise à fonds perdus et promeuve un internet libre.
Ca peut fonctionner. Wikipedia en est tjrs l’exemple.
Concernant Twitter, je n’ai tjrs pas compris l’intérêt et j’irai plus loin en étant même attéré par l’importance d’un média ultra synthétique et égérie de l’instantanéité souvent irréfléchie. C’est un peu le jeu du premier qui dit, sans argumentation ni réflexion, 160 caractères sont bien courts. Et voir des médias et politiques utiliser cela comme une information me désole un peu.
31 décembre 2011 à 12:58
[...] tiens d’abord à préciser que cet article devait être un simple commentaire sur le blog de Pierre-Olivier Carles, qui a une opinion très marquée sur toute cette histoire. Commencez donc par lire son analyse, [...]
31 décembre 2011 à 16:54
J’ai malheureusement le sentiment que le risque vient surtout des états, et moins des sociétés privées…
31 décembre 2011 à 19:16
J’aime bien l’image de Guerric. Choisir de s’afficher avec un doigt sur son avatar c’est bien là même chose que de le brandir en permanence.
Surtout que le con en question n’est pas vraiment ni un inconnu, ni un grand Fan de Google. Sa provocation a bien fonctionné, tant mieux pour lui. Elle nous a permis d’ouvrir un débat intéressant, tant mieux pour nous.
Contrairement à Andy, j’apprécie les services que Google a mis en oeuvre sur Internet. Je ne me leurre pas sur le but du déploiement de service gratuit ni sur la contre partie que je consens en les utilisant. Il existe aussi la version payante sans pub, aprés tout.
Je pense que Google est plutôt pro liberté mais qu’il doit plier devant les lobbys bien pensants et puritains parce que nos politiciens leur cèdent de plus en plus de notre liberté et qu’une Enterprise qui a des ambitions mondiales ne peut pas négliger cette dimension de sa stratégie.
Je ne me leurre pas non plus sur la position de Google face à la Chine. Plier devant leur gouvernement est un calcul à court terme qui ne conduit bien souvent qu’à transférer à terme son savoir faire industriel.
Quand je vois comment tourne le post sur Google +, je me dis que finalement Google aurait tenir sa volonté de ne publier que des comptes certifiés. On aurait peut-être éviter les trolls anonymes. Mais j’ai été des early adopters qui ont protesté et je m’en veux presque quand je vois les insultes sur le post d’un type dont j’apprécie les interventions. Excuse-moi, PO. La liberté a aussi ce prix là, semble-t-il.
Envoyé depuis mon appareil Android (ça, c’est pour Andy et pour excuser les fautes de frappe)
31 décembre 2011 à 19:42
@PhilK J’apprécie également les services de Google, mon point est ailleurs – se présenter comme un chevalier blanc et utiliser les mêmes méthodes que ceux qui sont dénoncés – comme tu as pu le voir.
J’aurais aussi aimé que tous les comptes soient certifiés.
Par contre, je ne comprend pas ton point sur les insultes ?!? J’ai la chance d’avoir globalement des « lecteurs » plutôt constructifs et respectueux. Je n’ai pas vu d’insulte sur ce post ?!?
Pour ce qui est de la provocation de Paris Lemon pour exister, c’est vieux comme le Web… mais comme tu le soulignes, cela nous a permis d’ouvrir la discussion… donc ça valait le coup, tu as raison.
@Fred L’un n’exclu vraiment pas l’autre. Je pense que les deux catégories méritent notre vigilance.
1 janvier 2012 à 20:09
Salut,
Je suis tombé sur ton article par hasard, et j’ai également était séduit par l’idée du Twitter libre, mais en tant que développeur web, je vois avant tout les technologies à mettre en place avant d’arriver à un Twitter-like, et ce n’est pas du gâteau.
On parle beaucoup de diaspora, de status.net, et d’autres systèmes basés sur l’auto-hébergement, mais même si faire que le client exécute plus de code de son côté est quelques chose que j’encourage, de telles solutions sont encore trop importantes pour Mr. Dupond. Il faut savoir rester simple, pas une solution nécessitant son propre hébergement, ou faisant peur en demandant son adresse mail « professionnelle » (screen à l’appui).
Actuellement j’ai mon propre projet de développement, et parmi mes sous-projets j’ai un twitter-like avec dégradation silencieuse (les technos changent suivant les possibilités sans que l’utilisateur ne s’en aperçoivent), pas pour reproduire twitter, je ne suis pas fou, mais pour faire un suivi de certaines page en temps réel. Je fais ça parce que j’aime développer, sur mon temps libre, même s’il est restreint. Et au lieu d’utiliser ce qui est déjà tout fait, je redéveloppe moi-même ce dont j’ai besoin. En plaçant tout sous GPL, pour tout redistribuer.
Ce que je regrette en ce moment, c’est de voir beaucoup de discours « utilise ceci, ou cela », « passe par telle techno » (souvent JQuery), mais peu de propositions de changement, de développement, de réunion de compétences, avec un projet concret et mené au moins jusqu’en beta au bout. On trie, on critique, on discute, mais on ne fait pas grand chose. Je souhaite pour cette année voir plus de projets allant dans ce sens, proposant des projets alternatifs, ne promettant pas la lune mais sachant simplement proposer des sites simples. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, et travaillons en commun, sans vouloir tirer sur nous la couverture.
2 janvier 2012 à 16:02
La liberté d’expression sur Internet n’a jamais été aussi menacée qu’en 2011, et 2012 sera probablement pire.
Comme tu le soulignes Facebook ou Google + censurent allègrement, sous couvert d’un non respect des fameux TOS que, soit dit en passant, personne ne lit. Mais, c’est vrai, ils sont chez eux, ou plutôt nous postons chez eux ils ont donc le droit de virer le contenu qui ne leur plaisent pas tout comme je m’octroie le droit de ne pas publier les spams sur mon blog. J’espère que les 20 millions de français sur FB sont conscients des ces limites, je pense que oui, du moins cela va dans le bon sens…
Ce qui me préoccupe beaucoup plus c’est toutes ces lois « anti piratage/contre-façon » qui sous couvert de lutter contre des méchants hackers/nazis/pédophiles font glisser doucement l’Internet vers un sous internet à la Chinoise…
Et 2012 sera probablement pire avec l’arrivée d’ACTA et de SOPA. Les atteintes potentielles de ces lois sur notre liberté d’expression sont ô combien plus importantes que ne peut l’être les censures occasionnelles de Facebook mais pourtant nous n’en entendons trop peu parler. Et le grand public encore moins…
2 janvier 2012 à 21:38
Je rejoins le point de vue d’Ange. Internet fut et est encore un espace de liberté, mais comme il y a de l’argent à gagner, cette liberté sera de plus en plus menacée.
Je pense que si Internet est « à la portée de de tous », il n’est pas du tout à la portée de tous de saisir les enjeux en matière de liberté et de prendre le contrôle sur ses contenus.
Si nous ne nous éduquons pas tous un peu les uns les autres et si nous ne luttons pas pour nos droits, les ogres capitalistes auront vite fait de s’approprier le net et nous dicterons ce que que nous pourrons y consommer.
Signé DD-nonymous.
20 janvier 2012 à 23:48
[...] tiens d’abord à préciser que cet article devait être un simple commentaire sur le blog de Pierre-Olivier Carles, qui a une opinion très marquée sur toute cette histoire. Commencez donc par lire son analyse, [...]
21 janvier 2012 à 16:53
[...] social fait disparaître du contenu publié par un utilisateur, la liberté d’expression est en liberté surveillée. D’autres comme sénateur JJ Mirassou affirment que les auteurs de contenus bénéficiant des [...]