Le jour où j’ai cessé de sourire…

Je me suis souvent fait chambrer pour ma tendance à mettre des Smileys un peu partout. Avec le temps, sans que je ne m’en aperçoive, je dois avouer que cette habitude est devenue envahissante.

Il y a quelques jours, Florian a écrit, sans que ça ne me soit directement destiné :

Je me suis dit qu’il exagérait un peu et que ce n’était pas si grave que ça. Je me suis même dit qu’il devait être mal luné ce jour-là. Pourtant, j’ai quand même pris 2 minutes pour remonter ma propre Timeline et voir s’il y avait un fond de vérité dans cette idée, si cela me touchait et perturbait la lisibilité de mes messages.

Environ 90% de mes tweets comportaient un Smiley. Incroyable…

Qu’est-ce qui pouvait bien me pousser à – presque systématiquement – ajouter ces petits signes chaque fois que j’ouvrais la bouche, au point d’en venir à altérer certains de mes messages ?

La raison est assez simple en fait et est presque immédiatement venue à mon esprit. Depuis que je travaille, j’ai généré plusieurs conflits, principalement par email, par une incompréhension entre le destinataire et moi. Je pouvais rédiger quelques lignes pleines de traits d’humour en étant dans un état d’esprit que l’on pourrait qualifier de « joueur » et les envoyer. A l’ouverture de l’email, le destinataire pouvait, de son coté, être fatigué, triste ou très énervé et ainsi, très mal vivre les quelques lignes en question en les prenant au pied de la lettre.

J’ai ainsi commencé à rajouter des Smileys, pour bien m’assurer que le destinataire percevrait bien qu’il s’agissait d’un trait d’humour et non, d’une critique directe ou d’une moquerie.

Avec le temps, ces Smileys sont devenus une façon systématique d’ajouter l’humeur à la lettre, par un sourrire, un clin d’oeil, une marque d’étonnement… une façon de compléter mon message. Ainsi, ce sont-ils propagés sur mon compte Twitter, sur les notes sur ce blog et même, très récemment, sur les sites Web corporate de certaines des sociétés dans lesquelles je travaille.

Trop de Smileys tue-t-il les Smileys ?
Je pense que Oui.

Les gens qui te connaissent savent quand tu fais un trait d’humour, intègrent ton caractère chambreur ou au moins, comprennent que tu fais beaucoup d’efforts pour éviter de te prendre au sérieux.

Mais si tu as une opinion tranchée sur un sujet sérieux, ajouter un Smiley est presque une façon de dire des vérités en te dédouanant toi même des conséquences de ta prise de position. Le Smiley devient alors une sorte de rempart contre les critiques des personnes que tu pourrais blesser. De là à considérer le smiley comme un manque de courage devant la difficulté à assumer parfois ses opinions, il n’y a qu’un – très court – pas.

Alors depuis 3 ou 4 jours, j’ai très fortement réduit le nombre de Smileys que j’utilise, en pleine conscience. Je ne suis pas en train de dire que je vais les bannir définitivement de mes textes, ce serait une sur-réaction stupide. Ils ont leur utilité, sont une forme de langage du corps sans corps et j’y reste attaché. Je vais simplement les garder pour de vraies occasions, leur redonner un vrai sens et ainsi, une place plus importante dans les idées que je veux partager avec vous. Pour le reste, je vais mieux choisir mes mots pour qu’ils reflètent avec une plus grande précision ce que j’ai envie de dire ; cela vous épargnera un peu de flood sur la TimeLine si vous me suivez sur Twitter notamment.

J’attend sans la moindre impatience, le premier clash qui découlera de ces absences de connotations émotionnelles… en me disant finalement que je traiterai le cas lorsqu’il se présentera, tout simplement. Ceux qui me lisent régulièrement me connaissent assez pour que je puisse leur parler franchement et les autres passeront ainsi le test de « je-suis-capable-d’écouter-aussi-avant-de-gueuler-ou-pas ».

Allez, un petit dernier, pour la route ;-)

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11 commentaires pour “Le jour où j’ai cessé de sourire…”

  1. 1 lôtre dit :

    :/

  2. 2 Swayb dit :

    En fait, je suis aussi (comme énormément de gens) touchés par ce problème, presque aucun de mes tweets n’est « smiley free ». Beaucoup comme moi l’utilisent en fait comme une ponctuation 2.0, tout simplement :)

    (ce dernier smiley devrait être un point. Mais un point, s’aurait été trop « strict », regarde)

    En fait, je suis aussi (comme énormément de gens) touchés par ce problème, presque aucun de mes tweets n’est « smiley free ». Beaucoup comme moi l’utilisent en fait comme une ponctuation 2.0, tout simplement.

    (voilà, là on dirait que cet article me dérange, je te répond donc un peu sèchement. Le point remplacé par un smiley montre l’inverse, je suis d’accord, j’en ai conscience. Donc parfois, plus qu’une humeur à faire passer, c’est simplement devenu une habitude au même titre qu’un élément indispensable dans une phrase. J’ai ce problème sur mon blog pro, j’arrive pas à faire de billet sans quelques smileys en lieu et place de points. Ce qui ne manque pas de donner un ton très peu professionnel, j’en conviens !)

  3. 3 Pierre-Olivier dit :

    @Swayb « En fait, je suis aussi (comme énormément de gens) touchés par ce problème, presque aucun de mes tweets n’est « smiley free ». Beaucoup comme moi l’utilisent en fait comme une ponctuation 2.0, tout simplement. Je devrais peut-être dire les choses différemment pour mieux refléter mon vrai message »

    Tu peux aussi l’écrire ainsi sans que ce ne soit trop strict.

  4. 4 Xavier dit :

    C’est vrai que les smileys deviennent vite envahissants, cela devient rapidement une habitude un tic. Mais comme tu le souligne dans ton post l’expression écrite laisse que trop peu transparaître les émotions, les nuances. Du coup un petit smiley remplace le sourire en coin du pince sans rire ou la franche rigolade du trait d’humour.
    Les bannir seraient une erreur, je pense, du moins jusqu’à la banalisation des univers virtuels où l’on exprime plus facilement des émotions par les mouvements ou les émotions de l’avatar !

    Mais bon j’ai l’impression que ce n’est pas pour demain ;p

  5. 5 Jmarc dit :

    Dommage :-( Pas d’accord mais c’est pas grave :-) ooops ^^

  6. 6 Benoit Lovaglio – Web Aventurier » Blog Archive » Twingo spéciale Noël dit :

    [...] ps : vous avez vu, peu de smiley (la ponctuation existait avant…), cf. le jour où j’ai cessé de sourrire… [...]

  7. 7 canard65 dit :

    Toujours étonné de voir comme chaque moyen de communication a ses propres codes, son propre impact, son degré de solennité, et comme il est difficile de faire passer le VRAI message que l’on souhaite donner. La multiplication des moyens de communication n’arrange pas les choses à vrai dire ! Combien de fois ai-je fais partir un mail en me disant : « Punaise, la dernière phrase était un peu dure quand même », ou le contraire. Alors je vais peut-être me mettre aux smileys pro moi… Pour les communications perso, comme tu le dis, les interlocuteurs sont déjà censés décrypter le sens de nos messages.

  8. 8 lôtre dit :

    Moi j’ai pas d’avis tranché sur la question, chacun fait c’qui lui plait. l’important c’est de se comprendre et sur twitter on a pas beaucoup de caractères pour s’exprimer, le smiley c’est pratique. Cela dit moi je n’utilise pas les réseaux sociaux à des fins professionnelles . mais pour communiquer avec d’autres personnes de sujets très divers et la plupart du temps en essayant de pas trop me prendre au sérieux. (Le smiley de mon premier commentaire c’est pour rigoler, hein?!) .
    Sinon comme j’ai tendance à beaucoup plaisanter et tourner tout à la dérision (cela cache souvent un tempérament anxieux) j’ai souvent peur que mes propos puissent être pris au premier degré. c’est pourquoi je mets plus de smileys qu’il n’en faut :)

  9. 9 lôtre dit :

    Juste en passant comme ça, tavu ?!

    https://twitter.com/#!/marcsimoncini/status/155222365725409280

    +

    https://twitter.com/#!/marcsimoncini/status/155237654454222849

    Comme quoi les … à la place du :) ça peut encore prêter à confusion, héhéhé :)

  10. 10 Pierre-Olivier dit :

    C’est un peu le problème des gens que tu prends trop au sérieux quand cela ne vient pas d’eux directement d’ailleurs) : On ne sait plus quand ils déconnent.

  11. 11 David Touvet (@davidtouvet) dit :

    Bonne réflexion sur la sur-utilisation des smileys! Le jour où j’ai cessé de sourire… | Pierre-Olivier Carles http://t.co/c0so5ZU7

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