Tu ne tueras point
Ce matin, j’ai fait une bêtise. J’ai allumé une chaine d’information le temps de prendre un café, plus pour avoir un bruit de fond que pour m’informer de ce qu’il se passait dans le monde, ce que je ne fais plus depuis très longtemps.
Une jolie journaliste, très souriante et professionnelle, a soudain pris un air grave comme seuls eux savent le faire pour m’asséner quelque chose qui devait être de ce genre :
« Confirmation du Procureur de la République, la petite Océane, âgée de 8 ans, dont le corps a été retrouvé Samedi à Bellegarde a subi des attouchements sexuels avant d’être étouffée et poignardée à 4 reprises. »
Mon cerveau s’est soudain figé, tout comme mon corps. Je sais que l’horreur est de ce monde, elle est même humaine mais là, j’ai été cueilli de plein fouet par ces mots trop chargés. Ma fille vient tout juste d’avoir 9 ans. C’est une Océane elle aussi, aussi jolie sans doute, aussi fragile c’est certain. Je pense que j’aurais pu vomir simplement par la violence des mots qui venaient de me frapper. C’était furtif, entre le plan de rigueur que nous devons mettre en place et la météo qui n’épargne pas beaucoup de Sud de la France… mais j’ai eu l’impression que cela durait des heures.
Je crois que nous devons faire de notre mieux pour bannir la violence. C’est mon coté Miss France. Nous pouvons récupérer et remettre sur le droit chemin des personnes qui ont dérivé par manque de repère ou sur un accident de la vie. Je suis heureux que la peine de mort soit abolie dans mon pays, parce que je ne supporte pas l’idée que l’on puisse se tromper et tuer un innocent, simplement parce que tout semble l’accuser et qu’il ne peut le prouver.
Mais il vient un moment où le terme de justice n’a simplement plus de sens. Nous sommes en 2011 et la technologie nous permet, lorsque les conditions s’y prêtent, de ne plus nous tromper, notamment grâce aux analyses ADN. Si l’être qui a enlevé une petite fille de 8 ans, pour assouvir une quelconque pulsion sexuelle, avant de décider de lui ôter la vie en l’étouffant et en lui assénant 4 coups de couteaux est retrouvé et formellement identifié par son ADN, je souhaite qu’il soit tué à son tour.
Je ne veux pas qu’on m’explique qu’il est malade et que ce n’est pas de sa faute. Etre malade à ce point là est hors de porté d’un quelconque traitement. Comment apprendre à ce genre de malade ce qui est bien et ce qui est mal ? On part de trop loin et le risque d’échouer est trop fort. Echouer, en Droit, on appelle ça la Récidive… et ce genre de récidive est bien plus conséquent qu’un vol de portable.
Je ne veux pas qu’on m’explique qu’on va l’emprisonner à perpétuité. D’une part, il est probable qu’il ressorte d’ici 20 ou 30 ans, sans aucune garantie qu’il ne recommence pas. D’autre part, je ne veux pas payer. Oui, je parle d’argent et de la vie d’une personne dans la même phrase. Un détenu, en France, coute 3800 euros par mois à la collectivité. S’il s’agit d’un homme de 40 ans avec une espérance de vie normale, la facture s’élèvera à 1,8M€, sans même prendre en compte une augmentation de ce coût au fil des ans. Vous vous rendez compte à quel point cet argent pourrait mieux employé, pour aider des gens qui souffrent au lieu de faire vivre ceux qui ont commis de telles abominations ? Non, je ne veux pas le nourrir, ni qu’il soit à l’abri et encore moins au chaud. Je ne veux pas qu’il soit soigné ou occupé quand il s’ennuie. Je ne veux même pas qu’il soit châtié par ses voisins de cellules. Je veux que cette menace disparaisse… définitivement.
Ce matin, après quelques minutes, j’ai pensé aux parents d’Océane, enfin, surtout à son père, comme par réflexe j’imagine. Je me suis senti triste et démuni pour lui et en même temps, n’ayant pas le poids du chagrin à supporter, je me sentais déjà prêt à exécuter la sentence que j’avais déjà prononcé tout seul, sans l’ombre d’un procès pour peu qu’on attrape le coupable et qu’on me le livre, pour peu que la culpabilité ne fasse pas le moindre doute. Ma propre violence m’a alors terrifié car je sentais déjà que la limite entre cette forme de justice radicale et la vengeance était très faible.
Je suis toujours contre la peine de mort car c’est un outil visant à légitimer ce qui ne peut pas l’être, trop dangereux pour être laissé aux mains des Hommes aussi sages soient-ils… mais il est des situations tellement abominables qu’elles ne concernent plus des Hommes mais des animaux.
Je suis loin d’être un expert en théologie, mais je pense que « Tu ne tueras point » parlait des Hommes, pas des bêtes.
PS : Je sais que le sujet est sensible mais je vais laisser les commentaires ouverts. Je les fermerai si cela venait à déraper.





8 novembre 2011 à 20:36
Sujet sensible, c’est le moins qu’on puisse dire… Aussi contre la peine de mort, ce genre d’actions me choque aussi, même si je n’ai pas d’enfant. On parle toujours de l’après: de la prison à perpétuité ? la peine de mort ? Mais ne faudrait-il pas prendre le problème à sa source ? Malheureusement, il n’y a rien à faire quand c’est arrivé: tuer le meurtrier ne rendra pas la vie. Et surtout: ça n’empêchera pas à d’autres personnes (ou devrais-je dire animaux ?) de refaire la même chose…
8 novembre 2011 à 21:34
Vous réagissez tout simplement en père. Mais la justice, garante du droit, ne peut être rendue ainsi. L’abolition de la peine de mort ne peut souffrir aucune exception. La société ne peut se mettre au niveau de la bête que vous évoquez, aussi injuste que cela puisse paraitre.
Quelques arguments (à mon avis irréfutables), à retrouver sur le site « Ensemble contre la peine de mort » http://www.abolition.fr
Inefficace : elle ne dissuade jamais les criminels de tuer et il n’a jamais été prouvé qu’elle avait un effet sur le taux de criminalité.
Illégale : c’est une violation du droit à la vie inscrit dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948 (art.3)
Injuste : elle frappe souvent des individus issus des groupes minoritaires, et des personnes démunies sans ressource ni moyen de se défendre.
Cruelle, barbare et dégradante: c’est une double torture entre l’attente souvent très longue dans le couloir de la mort et l’exécution.
Violente : elle ajoute un traumatisme au crime et multiplie les morts, elle légitime la violence alors que la justice doit être rendue pour pacifier les relations sociales.
Sans appel : alors même que la justice n’est jamais à l’abri d’une erreur, chaque année des innocents sont ainsi exécutés.
Réductrice : Elle restreint une vie à un acte et empêche tout travail de réhabilitation.
8 novembre 2011 à 21:57
Quoi qu’on puisse penser de ce propos, je le trouve courageux et honnête.
J’ai 3 enfants, l’ainé va avoir 8 ans, et même si c’est un garçon, cette histoire me touche aussi.
Je ne sais quelle attitude adopter, car comme l’évoque Léo, une fois la vie partie rien ne la fera revenir. Comment réparer ce qui n’est pas réparable ? En tant que société nous n’avons pas posé la chose comme cela, la seule question que nous avons posée pour l’instant est de comment punir ; or ceci ne résout rien non plus car si la mort peut apparaître comme la punition la plus adéquate, elle ne peut par essence être la plus juste car elle montre alors que la violence est une solution, voire LA solution dans certains cas. Et c’est en contradiction avec ce que nous voulons montrer et apprendre à nos enfants.
Le billet récent de Vinvin sur les méchants qui gagnent a déclenché un nombre record de commentaires sur son blog, parce que ce sujet touche beaucoup de personnes. Comment être un type bien, vivre au quotidien et transmettre ce que nous estimons être aidant pour nous et nos enfants, non pour gagner argent et gloire, mais pour être heureux.
Hier matin à la radio, un journaliste disait à Mattheiu Ricard (traducteur Français du Dalaï-Lama) que finalement il aurait peut-être mieux valu pour le Tibet mettre des bombes que faites les choses pacifiquement, ça aurait été plus efficace. Sauf qu’on ne peut résoudre un problème avec le système qui l’a créé. Et ceci est vrai en physique, en systémique et chez les êtres humains aussi.
Trouver, inventer la réparation que peut faire ce genre de meurtrier tant pour la famille que pour la société continuera à montrer à nos enfants que la violence n’est jamais une solution et par là prendra le problème à la base, car les adultes en devenir qu’ils sont auront cette valeur chevillée au corps.
Bravo encore pour cette réflexion honnête qui pose une question importante. J’espère que les commentaires continueront.
8 novembre 2011 à 22:54
Je n’ai pas d’enfants, et pourtant je comprends ta réaction. Plus d’une fois je me suis retrouvé à avoir envie de vomir et de tuer, en même temps, ce genre d’être abject qui commet des actes aussi barbares…
Mais comme d’autres, je pense que la peine de mort n’est pas la bonne solution. Pas parce que je ne pense pas que nous devions prendre la vie d’un autre homme, mais plutot parce que nous ferions un cadeau au déchet de l’Humanité qui n’en a pas fait à sa victime…
Et comme je pense que l’emprisonnement en lui même n’est pas une bonne solution non plus (quoique les savoirs considérés comme des « pointeurs », et traités comme tel derrière les barreaux ne me déplait pas), mon esprit aussi tortueux que peu amènes pour ce genre de criminels me pousse plutot, à l’opposé de ce que tu penses, à vouloir le garder en vie, mais dans le simple objectif de leur faire endurer ce qu’ils ont fait endurer à leur victime. Mais avec un bonus « science », c’est à dire en les « soignant » à chaque fois, pour qu’ils puissent revivre, tel Sisyphe, encore et encore cette épreuve. Jusqu’à ce que la famille décide de l’arrêt final.
Une solution aussi ignoble que leurs actes, auquel je me prends à rêver parfois. Qui a le double avantage de rendre une forme de justice (notre Justice n’est pas la seule « justice » que l’Homme ait connu) et d’envoyer un message trés clair à ceux qui souhaiterait suivre leur pas…
Une solution ignoble, qui toutefois si elle existait, en dirait long sur notre société…
Alors, repu de sang par ce rêve, je me dis qu’il existe surement une autre solution, chimique celle la, pour « reformater » ce genre de personne… A voir ce que l’on peut en faire après…?
9 novembre 2011 à 2:29
Belle reaction de pere. j’ ai trois filles dont la plus grande va avoir 8 ans et je ressent toujours le meme malaise face a ce genre de nouvelle, avec une tres forte emphatie pour les parents.
Ainsi, je comprends tout a fait ce sentiment face a une telle bestialite.
Cependant, la justice n’ est pas une vengeance, et l’ application de la peine de mort ne permet pas la prevention face a ce genre de monstre. Et avec tout le degout que ces personnes peuvent me donner, la meilleure reponse est encore de ne pas nous mettre a leur niveau. Meme si cela est tres tres difficile.
9 novembre 2011 à 7:09
Un bon moyen d’illustrer ce débat est peut-être le film « Contre-enquête » avec Jean Dujardin. En le regardant, on est traversé par tous les sentiments évoqués au-dessus, et je trouve qu’il agite pas mal dans ce domaine.
9 novembre 2011 à 7:30
il ny a quun seul moyen pour eviter la recidive : une balle dans la tete.
9 novembre 2011 à 10:25
Je vais être un peut plus binaire dans ma réponse, mais quand j’ai entendu les faits une seule idée m’est venu « ce genre de personne ne mérite pas de vivre parmi nous », qu’il soit tuer ou bannit peut m’importe, pour moi quelqu’un capable de ce genre d’acte n’est plus/pas humain, mais juste un animal qui doit être traité comme tel. Un chien qui mord au sang on le pique ?!
9 novembre 2011 à 10:28
Oui, d’accord avec toi sauf sur le fait que (si j’ai bien compris..) tu laisses supposer que ce comportement est animal, hors je pense qu’au contraire, il est tout sauf animal.
9 novembre 2011 à 10:42
@Leo & Dungan : Cela ne fera sans doute pas revenir Océane mais cela préservera d’autres Océanes de ce malade mental.
@fredonzeweb Dans le cas présent, certains points ne tiennent pas, comme la réhabilitation (aucune chance en partant d’aussi loin), l’injustice (on se fout de savoir d’où vient ce coupable), Inefficace (je ne parle pas d’éduquer d’autres animaux, je parle de nous débarrasser de celui-ci), Violente (bien moins que le crime qui a été commis), Sans Appel (Nous avons des moyens aujourd’hui, de garantir qu’il n’y aura pas d’erreur grace aux analyses ADN. Sans garantie, pas d’exécution), Cruelle (no comment), Barbare et Dégradante (je suis d’accord pour l’attente, alors n’attendons pas)… Encore une fois, je n’ai pas basculé dans le camp de ceux qui sont Pour, mais je me pose très sérieusement la question devant ce genre d’abomination. Si cela avait été ma fille, je pense que j’aurais instantanément la réponse à la question.
@Clement Je comprend ton approche, mais le coût de ce que tu proposes (au-delà du fond) peut-être bien mieux employé ailleurs. A mes yeux, cela compte.
@Eric Même en les exécutant froidement, tu es encore très loin de te mettre à leur niveau. Je ne veux pas éduquer les autres (effectivement, cela ne fonctionne pas) mais je veux me débarrasser d’une menace réelle.
@Canard65 Je ne l’ai pas vu mais c’est noté.
@Lee Ce n’est pas beaucoup plus binaire en fait…
@Joel C’est exactement ce que je me suis dit en écrivant ces mots… Les animaux, en fait, se comportent très rarement ainsi pour des motivations autres que leur survie. C’est sans doute ça le plus dingue.
9 novembre 2011 à 11:25
Pour infos, contrairement à ce que l’on croit l’analyse de L’ADN n’est pas fiable à 100%. Elle donne un profil du génome de l’ADN (et pas le détails exact). Suivant le niveau de détails de l’analyse, il y a une probabilité de l’ordre 1 sur 5 millions d’avoir des profils semblables pour deux ADN différents. De plus, il peut y avoir de nombreuses erreurs lors des manipulations et de relevés d’ADN, voir de l’ADN étranger mis en place par le tueur lui-même.
Pour plus d’infos http://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_génétique#Discussion_autour_des_preuves_par_test_ADN
9 novembre 2011 à 11:41
Une réaction de parent que je suis aussi, sans doute si cela arrivait à l’un de mes enfants peut-être aurai-je envie de battre à mort l’auteur si j’en avais l’occasion. Ça n’est pas pour autant que je suis pour le retour de la peine de mort car cela ne me soulagerait en rien, idem si l’État se substituait à moi pour l’exécuter.
Rappelons l’affaire du petit Grégory, l’affaire Ranucci …
Croire que par nature l »ADN est une preuve infaillible ? C’est faire preuve de peu de connaissance scientifique et policière. Si je prend l’un de vos cheveux et que je le dépose sur un cadavre ça sera votre adn, devenez-vous le coupable ? Idem si vous avez simplement été en contact avec la victime avant son décès. En l’occurrence, restons dans le sordide, il n’y a priori pas de trace de sperme ni même d’ailleurs fait mention d’aucune trace génétique so …
«Il est si facile de falsifier l’adn» http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/20/il-est-si-facile-de-falsifier-de-l-adn_1230112_3244.html
Ça n’est pas parce que le gouvernement Sarkozy c’est fait une spécialité du vote de lois sous le coup de l’émotion populaire (on en est à combien de lois contre la récidive, la délinquance etc et pour quelle efficacité ? Évidemment sans moyen derrière le dispositif ne sert à rien mais c’est tellement plus facile de voter immédiatement des lois sans effet que de travailler sur la durée).
Sur le coût mensuel d’un détenu, d’où sortez-vous ce montant de 3800€/mois ? Les sources que j’ai trouvé font état de 63€/jour soit 1800€/mois (données de 2005). Il faut aussi ajouter que le détenu rapporte de l’argent à l’administration pénitentiaire (cantine, travail pour une entreprise extérieure).
http://www.senat.fr/rap/l99-449/l99-44927.html
Après on pourrait sans doute généraliser le travail en prison (c’est une denrée rare) etc
Mais non à la peine de mort.
9 novembre 2011 à 12:22
Et si cette petite avait eu un autre prénom que ta propre fille, quelle eût été ta réaction ?
En ce qui concerne l’argument financier, je ne suis pas sûr qu’il tienne. Il me semble avoir lu que certains Etats américains avaient suspendu la peine de mort, justement parce que ça coutait plus cher qu’un maintien à vie en prison.
9 novembre 2011 à 12:23
Je crois que toute personne normalement constituée penserait la même chose.
A une différence près, me concernant : les personnes qui se livrent à de tels actes ne sont pas des hommes, et encore moins des animaux. Même un tigre du Bengale a des raisons « valables » de tuer un être humain. Les tueurs/violeurs d’enfants ne sont pas des animaux, mais des « monstres », ni plus ni moins.
On ne peut pas « soigner » des monstres car on ne peut pas blanchir leur nature afin qu’ils puissent vivre en harmonie avec la société des hommes. Pas de traitement, pas de solution miracle pour ces individus.
C’est soit la cellule capitonnée à l’asile, la prison à vie, ou la mort. En ce qui concerne la dernière option, je ne crois pas que je pourrais me regarder dans la glace si on remettait la guillotine en service…
9 novembre 2011 à 12:28
« (…) je vais laisser les commentaires ouverts. Je les fermerai si cela venait à déraper. »
Le dérapage c’est de bloguer sur ce fait divers, savamment médiatisé par nos éminents journalistes parce qu’il est « d’actualité »… Alors que des faits divers de ce type il y en a tous les jours.
Nul ne mérite qu’on lui ôte la vie. Point.
9 novembre 2011 à 12:33
J’oubliais de mentionner que dans les sociétés dites primitives, dont certaines survivent encore (pour quelques temps) aujourd’hui, le vol, le viol, le crime, les maladies d’ordre psychiatriques n’existent pas… Le problème vient peut-être donc des fondements même de notre société qui fabrique ce genre de malades (oui j’ai dit malade). Point final
9 novembre 2011 à 12:33
@Raphaël & Florent Le point que vous soulevez sur le manque de fiabilité des tests ADN est effectivement majeur. Comme je l’ai souligné plusieurs fois, sans une totale certitude, plus rien de ce que j’écris n’est valide.
Pour la source, je l’ai cherché sans succès au moment où j’ai écris la note. Cela venait d’un journal « sérieux », mais je suis incapable de retrouver lequel. Vraiment désolé pour cela. Refaisons le calcul avec les montants que tu donnes, le raisonnement tient toujours à mon sens.
@Dugomo Non, non, ce n’est pas le prénom de ma fille, c’était un image.
@Xoth Je suis chez moi ici et j’ai toujours blogué sur ce qui me touche, que cela relève du business, du sport ou de la société civile. Ce truc m’a touché.
9 novembre 2011 à 12:38
Je me doute que c’est ton espace et que tu y parles de ce que tu veux
J’ai été surpris du sujet. Tu es visiblement un être sensible. Peut-être pour ça qu’on te lit.
9 novembre 2011 à 12:58
Sujet sensible s’il en est.
Pour traiter ce sujet, il est important d’ôter toute émotivité , facile à dire quand on a pas été confronté soi-même directement au scénario « Océane ». Je suis aussi père d’une fille et j’ai une pensée au père d’Océane….
Que faire ? As t-on a le « droit de tuer légalement », de se lancer dans des logiques de vengeance et de vendetta ? Tout cela ne correspond pas à l’idée que je me fais de la Justice.
Appliquer la peine capitale impliquerait, pour les crimes odieux, au moins cette chose impossible : l’infaillibilité de la Justice Humaine.
Dans ce cas, pourquoi la peine du mort ?
- Appliquer la loi du Talion ne fera jamais, hélas, revenir à sa famille Océane.
- La peine de mort ne dissuade pas les autres de commettre un crime. Cela se saurait depuis que la peine de mort existe. On le sait, elle n’a jamais fait reculer la criminalité.
- Mettre la Société à l’abri, en supprimant les criminels qui ne seront jamais en mesure de se réhabiliter ? Cela porte un nom, cela s’appelle la relégation. Elle a existé dans notre histoire dans les bagnes de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie..
Oui cela P.O cela a un coût, Je te l’accorde. Combien sommes-nous prêt à payer pour garantir le bien-être et la sécurité de nos enfants ? Qui peut dire quel est le prix d’une vie ? 1, 2, 3 millions ? En ce qui me concerne, je suis prêt à payer peu importe le prix pour protéger ma fille de ce genre de prédateur.
9 novembre 2011 à 13:41
@Pierre-Olivier : justement tout est là, on a pas inventé la machine à savoir de manière absolue et on ne l’inventera jamais (où alors cela sera aussi la fin de l’humanité genre on lit directement dans le cerveau).
Pour le prix sans pinailler sur le montant (tant qu’il n’y a pas de gaspi) ça n’est pas le prix du confort pour les détenus (ça se saurait) mais celui de notre sécurité et ça reste une goutte d’eau dans le budget. Montant du budget de l’administration pénitentiaire qui pourrait sans doute être réduit si on sortait de prison tout ceux qui n’ont rien à y faire au profit de solution alternative (bracelet électronique, un détenu gardé chez lui coûtant beaucoup moins cher).
9 novembre 2011 à 16:02
@Xoth Oui, un coeur bat dans son corps de gros lourdingue
@Florent & Nathanaël Il ne s’agit évidemment pas de confort des prisonniers ni de parler de valeur absolue. Que la prison serve de chemin pour la réhabilitation ne fait aucun doute et le prix que cela coute est le prix, point barre. Je parle de payer pour ce genre d’individus très particuliers, qu’Etienne a qualifié de Monstres à juste titre et pour qui il n’y a sans doute aucun espoir de rattrapage. Je ne met évidemment pas toutes les peines et délits (donc tous les prisonniers) dans le même panier. Tu peux te retrouver en prison sans être un monstre pour autant, ni même, parfois, le mériter.
Si vous éliminez cette menace en éliminant un monstre – encore une fois dont on est certain à 100% de la culpabilité – je pense que vous faites un pas vers la protection de toutes les Océanes que cet individu ne croisera plus. Après, recréer un concept de bagne et leur faire produire des biens pour la société est peut-être une solution, je suis loin d’être un expert. Comprenez bien, mon point de vue est dicté par le choc de cette information (une de plus dans un océan de violence) à un moment où je ne m’y attendais pas et dans des circonstances très proches de ce qu’elles seraient si cela devait m’arriver un jour.
9 novembre 2011 à 19:28
Je partage l’avis de plusieurs commentaires où la justice est justement là pour juger sans émotion. Ta réaction n’est pas surprenante et serait la mienne pour mon enfant, en espérant qu’on m’empêche d’arriver à un tel geste.
Pour connaître personnellement une personne atteinte d’une maladie mentale, celle-ci lui est tombée dessus en quelques mois à la fin de ses études supérieures, suite à un creux dans sa vie, et pourrait l’amener un jour de délire à violenter qq. Il n’a pas choisi et préfèrerait certainement retrouver sa vie d’antan. C’est un coût mais ne sommes nous pas là aussi pour ne pas laisser mourir les plus faibles ? Nous avons tout aujourd »hui pour ne pas faire de la vie une jungle.
Si tu me permets un parallèle risqué, puisque tu mélangeais argent et mort, je pensais récemment à ts les traders de matière première agricole, pour qui jouer avec le prix du blé ou du riz est un jeu lucratif et qui se foutent des centaines de personnes qui meurent de famine à cause des variations de prix. Ils sont conscients du malheur qu’ils provoquent en cherchant le profit à tous prix. Ils ne tiennent pas une arme dans la main, mais en qq clics peuvent affamer une population. Et contrairement à un malade mental, ils savent pertinemment ce qu’ils font.
10 novembre 2011 à 10:11
@Bastien Ton parallèle n’a rien de risqué et je partage ce point de vue. Un gars dont j’ai oublié le nom vient effectivement de sortir un livre sur le sujet et mettait le doigt dessus sur un plateau TV, pendant sa promo.
Je me souviens d’un chiffre : 37000 personnes meurent chaque jour pour une cause liée à la faim. La spéculation sur les matières premières alimentaire ressemble bien à un génocide et effectivement, ceux qui s’y collent ne peuvent l’ignorer.
10 novembre 2011 à 22:49
La réalité de la Vie n’est pas forcément dans vos discussions de bureau, entre gens policés aux chemises bien repassées et aux discours philosophiques richement menés à coup de verbes joliment conjugués mais bien dans la lecture des faits divers au quotidien. Régler vos oeillères sur qui se passe autour de vous est votre protection pour vous prémunir du mal mais il n’est pas surprenant de vous voir retrouver vos instincts bassement humains dès lors où vous mesurez que vos tours de verres ne vous protègent que partiellement du mal qui sévit sur notre Terre. A quand la prochaine proximité avec vos pairs, dans quel fait-divers ? C’est dans la souffrance et la peur qu’on reconnaît les véritables valeurs…
10 novembre 2011 à 23:39
@Jo tu ne sais pas de quoi tu parles. C’est bien écrit mais si tu voyais « ma tour de verre », tu serais bien déçu (sans même parler de mes chemises
).
12 novembre 2011 à 9:30
Je ne suis pas d’accord avec toi mais je comprends.
Ce sont des sentiments intimes qu’il est difficile de débattre ici. Mais en gros je pense comme certains que tu réagis en père. Et un père qui se venge a pour moi tord, mais il a ma compassion. Je comprends qu’on ne puisse maitriser sa violence quand on subi un tel traumatisme.
Le problème c’est qu’il n’y a pas de limite établie entre le supportable et l’insupportable. Tous les proches de gens assassinés peuvent revendiquer cette insupportable douleur, cette pulsion de vengeance.
C’est difficile de répondre, je ne veux pas avoir l’air de te faire la leçon, c’est juste mon opinion sur le sujet.
13 novembre 2011 à 20:01
Je tombe la dessus (envoyé par mail par un copain) et je trouve que c’est d’actualité par rapport à ton post.
http://www.pacte2012.fr/video.html
21 novembre 2011 à 13:11
[...] mari a violemment réagi la semaine dernière dans son article : tu ne tueras point, et je partage tout à fait son point de vue, je pense que je pourrai tenir des propos encore plus [...]
27 novembre 2011 à 0:21
Je rejoins JC FROG, je comprends, mais je ne suis pas d’accord sur la conclusion. Je ne peux pas l’être, car je suis trop sanguin, trop sûr de réagir violemment sous le coup de la colère (ira furor brevis est) pour ne pas comprendre qu’une justice qui tue ne peut pas en être une.
Les erreurs sont trop faciles, et peuvent, elles aussi toucher nos proches. Par contre il est sûr que la justice de notre pays tourne dans des conditions délirantes, de par certaines complexités ubuesques du système et de par le peu de moyens mis à sa disposition…