Les Autres

Ils sont nombreux, si on y regarde bien. Ce sont tous ceux qui ne sont pas vous. Ils ne sont pas forcément d’accord avec vos idées, parfois parce qu’ils n’y voient pas plus loin que le bout de leur nez, parfois parce que vous vous trompez.

J’en ai rencontré plein, des « autres », cette semaine. Ils étaient racistes, utopistes, rêveurs, révolutionnaires, indifférents, tristes, stupides, moqueurs, résignés, impressionnants, cyniques, presque morts, extraordinaires… et tous m’ont un peu nourris.

Si on prend le temps – le vrai luxe avec l’espace – et que l’on ouvre son esprit, on peut apprendre de tous. La difficulté n’est pas dans la compréhension mais dans l’écoute. Pourquoi vais-je me forcer à écouter avec attention et donner de « mon temps de cerveau disponible » à une personne avec qui je serai incapable de passer un week-end ?

Parce que cela me conforte dans mes valeurs, dans mes choix de vie et dans l’essence qui va nourrir chacune de mes décisions à l’avenir.

Le pire con que vous allez croiser peut vous enseigner quelque chose. N’ayez pas de scrupule, sa bêtise est tellement immense que si vous apprenez quelques chose, vous retirerez de cette rencontre plus que ce qu’il pensait lui-même être en mesure de vous donner, apportant ainsi une vraie légitimité à cet échange et démontrant que les cons sont pénibles mais pas forcément nuisibles.

Les gentils vont aussi vous conforter dans l’idée que vous n’êtes pas forcément tout seul, à vouloir un monde meilleur. Ils sont aussi benêts que les Teletubbies mais, les concernant, je pense qu’ils sont proches de la vérité. Pourtant, il est probable que les écouter ne vous apporte pas grand chose, parce que fréquenter ceux qui vous ressemblent et pensent comme vous n’est pas enrichissant, pour ne pas dire stérile.

« L’enfer, c’est les Autres ».

C’est parfois vrai. Toutefois, si comme moi tu as encore confiance non pas en la nature humaine qui nous a définitivement démontré sa médiocrité et son manque d’ambition, mais en certains beaux humains, qui ne relâchent jamais, dans leur diversité, leurs efforts pour façonner un autre avenir, tu dois accepter que les Autres soient le carburant de ton évolution, de ta course vers la maturité, vers l’étape d’après.

J’aime les Autres pour ce qu’ils sont et qu’ils m’apportent…
Je ne peux simplement pas vivre tout le temps avec eux.

5 commentaires pour “Les Autres”

  1. 1 Benoit dit :

    Les autres me rendent meilleurs, m’aiguisent et parfois me font miroir :-)
    De la différence j’en ai appris beaucoup, certains deviennent même une source d’inspiration.
    Au pire, ils me font fuir si j’arrive pas à les supporter…
    ;-)

  2. 2 JeffRenault dit :

    Joli billet. Je dis souvent que la vie est riche de rencontres. Peu importe qui tu rencontres, le fait est que chaque rencontre recèle en elle la possibilité d’innatendus et de découvertes. Paraphrasant cette citation : « peu importe la destination, seul le voyage est beau » ; on pourrait écrire : « peu importe qui, seule la rencontre est belle ».

    Je suis en désaccord sur deux points avec toi. D’abord, tu classifies les gens en méchants ou gentils selon qu’ils sont d’accord avec toi, qu’ils partagent ta vision du monde. Je crois que ce prisme de valeurs empêchent de pouvoir accéder à toute la richesse de la rencontre. On devrait pour cela se départir de nos préjugés, ce qui est probablement l’une des choses les plus difficile à faire pour un être humain. Je ne jette d’ailleurs pas la pierre, je ne suis pas exempt de reproche à cet égard. Mais reconnaissons que nos jugements de valeurs préconçus ne peuvent que diminuer la portée d’une rencontre.

    L’autre point de desaccord est quand tu évoques « certains beaux humains ». Là encore le prisme déformant des valeurs des gentils contre les méchants intervient. Je ne crois pas aux hommes ou femmes providentiels. Certes, il y a des contre-exemple : Ghandi, Luther King… Pourtant, je pense que la nature humaine recèle plus de trésors qu’on ne le croit, mais qu’ils sont souvent cachés au fond de nous. Ils se révèlent à des occasions rares et souvent dramatiques (ex : catastrophe naturelle). Je crois que chacun de nous doit faire sa part, et que c’est ainsi que le monde avance et s’améliore.

    La légende du colibri est très illustratrice de ce dernier point.

    Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

    Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

    Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

    Dans la même veine, il y a cette citation de Ghandi (justement) :

    Tout ce que tu feras sera dérisoire, mais il est essentiel que tu le fasses

    Merci pour ce très joli billet.

  3. 3 Christophe dit :

    Merci pour ce post.
    On n’écoute jamais assez les autres.

    J’y vois une condition cependant : à mon sens, on ne bénéficie jamais autant de l’apport des autres que quand on se connait bien soit même et qu’on a suffisamment de « confiance en soi » pour que le point de vue des autres ne soit pas un « enjeu ».

  4. 4 Jo Baldi dit :

    On est tous le con d’un autre, c’est bien connu, cependant, ce qui est particulièrement amusant dans ce billet, c’est de parvenir à déterminer qui est qui dans l’échelle de la connerie et [celui qui pense être dans] la sphère élitiste. Reste à savoir qui inspire l’autre pour asseoir « sa » vérité, celle dans laquelle il se gargarise ; où se situent réellement ceux qui ventilent et ceux qui pensent et agissent en profondeur et surtout, surtout, à partir de quand leur pensée propre devient enrichissante pour l’autre. Ou stérile…

  5. 5 Focus ! Focus ! Focus ! | Pierre-Olivier Carles dit :

    [...] aucun intérêt pour votre entreprise est une perte de temps. Comprenez bien ce que je veux dire : On peut retirer quelque chose de toute rencontre et cela sera d’autant plus riche que la personne que l’on rencontrera sera éloignée [...]

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