Semaine de contrastes

Le XV de France a enfin relevé la tête ce week-end en battant nos meilleurs ennemis… contre toute attente et logique. Evidemment, tous redécouvrent que finalement, quand on est présent dans le combat et en défense, on est dans la meilleure des configurations pour jouer au ballon.

Nos 30 bras cassés un peu fainéants et sous la coupe d’agents quand il ne s’agit pas de leur épouses sont devenus une équipe. Marc Lièvremont y a gagné une moustache, sans doute perdu ses cheveux – mais on verra demain matin – et repoussé de quelques années son ulcère à l’estomac.

Ce sont pourtant les mêmes gars que ceux qui se sont faits dérouiller contre le Tonga. Il n’y a pas de doute, quand on a envie de se remettre en question avec humilité, que l’on est vraiment mobilisé vers un objectif commun et qu’on est prêt à sortir ses tripes pour l’atteindre, finalement, on commence à prendre du plaisir. Lièvremont, lançant tout sourire en pleine interview « Putain, on a battu les Anglais ! » juste avant d’embrasser Califano et de partir en courant retrouver ses joueurs comme un gamin qui vient d’avoir son premier vélo, ça n’avait pas de prix. Ce gars est un bel Humain.

Supporter son équipe, c’est faire corps avec cette équipe pour y apporter ce qu’elle attend de toi : de l’aimer et de l’encourager quand c’est difficile, de lui montrer le plaisir qu’elle te donne et de lui témoigner de l’admiration quand elle marche sur l’eau…

Le Pays de Galles en demi-finale ne se laissera pas mettre à mort sans vendre chèrement sa peau. Ils jouent un rugby total, plein d’enthousiasme, de vitesse, d’opportunisme… un rugby à la Française sans le complexe que nous mettons généralement avec. A nous de les prendre devant, d’être dur à l’impact, de défendre en avançant pour ne pas les laisser donner libre cours à leur fougue. A nous de jouer avec le même état d’esprit que contre les Anglais et nous avons toutes nos chances. A nous de ne pas perdre simplement parce que nous nous effondrons toujours en Coupe du Monde après un grand match. Ce genre de malédiction ne vaut que pour les journaux. Même l’ASM a fini par être Champion de France ;-)

Pendant ce temps là…

Steve Jobs est mort. Ce n’est plus une information, c’est un état. J’ai été touché bien plus que je ne l’aurais imaginé, surtout qu’il n’y avait plus de surprise, le sachant lutter contre ce terrible Cancer du Pancréas qu’il est presque impossible de dompter. C’est d’ailleurs pour cela que je n’ai rien écrit sur le coup, attendant que l’émotion s’efface.

Je n’aimais pas Steve Jobs. Comment aurais-je pu l’aimer ? Je ne le connaissais pas. Mais comme nous tous, je m’en suis fabriqué une image bien à moi, alimentée en permanence par ce fameux discours de Stanford en 2005, par toutes ces citations que vous avez vu passer par milliers sur Twitter, par le plaisir que j’ai à travailler ou me divertir avec les produits qu’il a inventé, par la simple idée que ses produits me permettent d’avoir un mode de vie extraordinaire dont je n’aurais pu rêver il y a 5 ans…

Cette icone faite sur mesure par mon esprit m’a inspiré pendant des années et continuera de le faire encore très longtemps, par les vertus magiques que j’y prête et le story-telling qui l’entoure. Toutefois, même si j’en avais eu l’occasion, je pense que je n’aurais pas aimé rencontrer vraiment Steve Jobs, car les icones doivent en rester et j’aurais eu trop peur d’écorner celle-ci.

Merci à Steve Jobs pour tout ce qu’il a apporté à mes entreprises qui vivent en partie de et par ses produits, pour son soutien dans les pires moments de ma vie professionelle et sa capacité à disparaitre dans les moments d’euphorie. Merci aussi pour sa fidélité indéfectible et sa détermination à continuer de m’aider, même par-delà la mort.

Et dans la même semaine…

Un ami, Jean, vient d’ouvrir un restaurant à Toulouse : le Café Jean.

Si vous habitez Toulouse, vous le connaissez peut-être. Il a passé des années à diriger la Bodega Bodega qui accueillait plusieurs centaines de personnes sur des rythmes hispaniques, que ce soit pour la musique ou pour l’assiette.

Il a une vraie culture gastronomique, est restaurateur depuis 4 générations et surtout, sous des airs d’ours qui se serait réveillé trop tôt, aime donner du plaisir par son sens de la cuisine et de la fête. Le Café Jean servira une cuisine française qui essayera de valoriser chaque plat, toujours à base de produits frais cuisinés à la demande. Le Café Jean a une carte simple comme je les aime et qui se défend plutôt bien… mais il y a aussi une autre carte, presque secrète et à géométrie variable en fonction de ce que Jean pourra trouver, come du gibier ou des piballes, des cèpes ou des cochons de lait… Ce ne sera pas écrit, il faudra demander parce que ce genre de produits est parfois assez rare pour devoir se mériter un peu… et j’aime bien cette idée.

J’aime bien aussi sa démarche entrepreneuriale, car pour un restaurant ou une startup, c’est le même stress, la même envie, les mêmes joies et déceptions. J’ai un petit investissement familial dans le Café Jean, un peu de Love Money pour aider mais rien de décisif ni significatif, avec pour fer de lance mon beau-frère, un des meilleurs dentistes de Toulouse par héritage génétique et une des meilleures fourchettes de la ville par conviction. Cela ce qui nous donne une vision presque de l’intérieur vraiment passionnante… et comme à chaque fois, l’envie d’aider.

Le monde de Jean est tellement loin du mien que cela me détend de le voir travailler, d’essayer de l’aider et de juste être « part of it », comme on dit. Cela va évidemment devenir une de mes cantines principales et j’aurais peut-être le plaisir de vous y inviter.

En attendant, le site Web on ne peut plus moche et basique va bientôt trouver un vrai designer et il existe une petite page Facebook que vous devriez Liker si vous habitez Toulouse ou compter y venir quelques temps. On va notamment l’utiliser pour ce pour quoi elle pourrait exceller : réunir une communauté de gens qui nous ressemblent, aiment partager de bonnes bouffes et refaire le monde autour de bouteilles de vin.

Ces 3 contrastes ont bien occupé mon esprit cette semaine.
Je me demande ce que nous réserve celle qui commence demain ?!?

Quoi qu’il en soit, je vous la souhaite merveilleuse… et vous confirme que, sauf imprévus, elle devrait être ce que vous en ferez par votre façon de voir le monde :-)

4 commentaires pour “Semaine de contrastes”

  1. 1 PH dit :

    Comme d’habitude, plein de belles pensées dans ce billet d’humeur.
    Moi il y a juste ce « dentiste par héritage génétique » sur lequel je bloque…

    ;o)

  2. 2 Pierre-Olivier dit :

    @PH Le père de Jean-Charles – c’est à dire mon beau-père – est un dentiste exceptionnel, autant techniquement qu’humainement. Jean-Charles, même si son style est un peu différent, marche sur les traces de son papa. C’est ce que je voulais dire :-)

  3. 3 zanskar dit :

    A force, je me disais bien qu’un jour tu en aurais assez d’investir dans des start-ups et que tu reviendrais aux fondamentaux :-)

  4. 4 pierreolivier dit :

    Je croise les doigts pour le XV et serais devant ma TV samedi matin pour les voir mettre leurs tripes dans la bataille !

Laisser un commentaire