RIP Techcrunch

Techcrunch may hit the Dead Pool !

Désolé pour cette introduction en Anglais après ce titre pas beaucoup plus explicite, mais c’est l’une des expressions favorites des rédacteurs de Techcrunch, lorsqu’une startup vient à mourir. Et là, ils foncent manifestement à grande vitesse vers un mur.

Techcrunch, c’était LA source incontournable lorsque l’on voulait savoir ce qu’il se passait dans notre industrie. Souvent informés quand tous ne voyaient que des rumeurs, proposant des analyses fines là où d’autres relayaient des informations brutes, peu voir pas de complaisance, un peu voir beaucoup d’impertinence… ils étaient une véritable source crédible et agréable à lire d’informations, la première de la planète à mes yeux.

Leur flux RSS était d’ailleurs dans mon Reader depuis des années… jusqu’à aujourd’hui.

Lorsque Techcrunch a été racheté par AOL, on a senti qu’ils perdaient une forme d’indépendance même si Michael Arrington, son emblématique et vraiment pénible fondateur, assurait du contraire. Manifestement, il essayait de s’en convaincre lui-même. Récemment, Arrington a plongé le site d’information dans les ténèbres en annonçant renoncer au poste de Rédacteur en Chef suite au lancement de CrunchFund, son propre fond d’investissement et aux vagues que cela a causé chez AOL. Dans le sillage de ce post, on a assisté à un grand déballage public de sentiments et de réactions quasi-épidermiques, faisant tomber dans le ridicule ce qui aurait été n’importe où ailleurs une réorganisation feutrée.

Paul Carr, l’un des plus impertinents et immatures rédacteurs de cette équipe autrefois redoutée, s’est même fendu d’une note à la fois drôle, cynique et puérile – mais là, c’est normal, c’est son style – digne d’une cour d’école, à laquelle a répondu avec autant d’immaturité et beaucoup moins de talent, Erick Schonfeld, remplaçant de Mike Arrington aux commandes de ce vaisseau à la dérive.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela, sans entrer plus dans le détail de la transformation de Techcrunch en tabloïd ? Parce que l’objet de cette note est simplement de déplorer la disparition prochaine d’un de mes sites d’informations préférés. Bien-sûr, je ne parle pas ici de dépot de bilan car financièrement, AOL peut encore cotiser très longtemps, mais de l’échelle de mon estime qui plaçait ce site en haut, dans les toutes premières places.

La production de contenu n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui. Les mêmes informations sont relayées et démultipliées à l’infini. Même des comptes Twitter comme @breakingnews avec plus de 3M de followers sont retweetés, comme s’il fallait encore amplifier le bruit ambiant.

Au milieu de ce tumulte, que vous soyez entrepreneur ou pas, il est indispensable, forcément, de rationaliser ses sources. Je ne sais pas comment vous faites, mais je continue de lire certains blogs, en en retenant seulement 2 ou 3 par thématique qui m’intéresse, le reste m’étant apporté par une cinquantaine de personnes que je suis sur Twitter et que je trouve suffisamment crédibles pour perdre du temps à cliquer sur un lien qu’ils partagent.

Ceci étant dit, aujourd’hui, je viens sans doute de perdre Techcrunch, qui formait une paire fantastique avec @om au sommet de mon reader et bien seul à présent. Une page se tourne. Techcrunch, sans Mike Arrington, ce n’est plus vraiment Techcrunch. Evidemment, personne n’est indispensable et il y a encore beaucoup de rédacteurs de talent et que j’aime beaucoup – comme MG Siegler ou @MikeButcher en Europe – mais quelque chose sera différent, moins incisif ou pointu parce qu’on a l’impression que sans @arrington, on perd en agressivité. J’irai les lire ailleurs, chez eux sans doute, sur leur propre blog ou leur compte Google+.

Au passage, pour des raisons très différentes, le départ de @paulcarr m’attriste également car ses notes étaient un peu des récréations cyniques dans une journée trop sérieuse et chargée. Lui aussi, je sais qu’il devrait être facile de le retrouver, même dans cette orgie de media numériques.

Maintenant, c’est le moment idéal, pour moi, de dépoussiérer la liste de mes flux RSS ! Si vous avez des sources en tête, à la fois crédibles et fiables pour remplacer Techcrunch – ou même, tant que nous y sommes, sur d’autres sujets qui me passionnent et que je mentionne sur mon header – n’hésitez pas à les recommander en commentaires ou en me pinguant via Twitter :-)

RIP Techcrunch.

3 commentaires pour “RIP Techcrunch”

  1. 1 Bengalolo dit :

    Tiens moi aussi je viens de supprimer Techcrunch de mes RRS cet aprem, comme quoi catalans et toulousains peuvent communiquer par l’esprit!
    Pour etre objectif je ne lisais quasiment plus trop de news par jour, trop de retard accumulé, je ne lisais que NSFW, par contre je continues a suivre Techcrunch France

  2. 2 Willy dit :

    Jolie note.. j’avais loupé la chronique de Paul Carr qui vaut vraiment le détour.
    Pour les sites US, (je sais que je ne t’apprendrai rien) mais j’aime bien : HackerNews/Wired/Ars Technica/VentureBeat/Oreilly
    J’pense que tu aimeras aussi http://the99percent.com/ côté plus design et le blog d’HBR (http://blogs.hbr.org/) pour des prises de positions, du fonds, de l’actu :)

  3. 3 RJ45HotPlugger dit :

    Merci aussi pour la petite partie de joute verbale entre Paul Carr et Erick Schonfeld j’étais aussi passé à côté…
    Sinon pour le partage de bon liens je peux t’en envoyer quelques un mais plutôt pour alimenter les 2 dernières rubriques sur l’Art de Vivre :-) sinon j’ai aussi du lien de la tribu des barbu comme tu aimes bien nous surnommer ^^

    Allez un petit aperçu de mes lectures oenologiques si jamais tu ne le suis déjà… http://www.closdesfees.com/blog-herve-bizeul/
    le contenu du blog est aussi sympa que celui des bouteilles du domaine :-)

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