Ils ne sont pas assez forts…
C’est sans doute parce que nous sommes vendredi et que la semaine a été chargée, mais j’ai ce soir le sentiment que tout est toujours long, lent et compliqué.
Pourtant, je suis plutôt réputé pour essayer de rendre les choses simples et ne pas les laisser trainer… mais non, quoi que j’y fasse, ce n’est jamais simple. Les gens que nous côtoyons, notre écosystème et le cadre légal semblent toujours freiner des 4 fers dès que l’on a envie d’avancer.
La vie pourrait être simple, c’est sûr, mais sans nous et notre putain de nature humaine. Avec nous, elle devient complexe comme si cette difficulté nous donnait un supplément d’importance, un « j’existe parce que je peux faire chier si je veux… et généralement, je veux ».
Je me dis qu’être entrepreneur, ce n’est vraiment pas le chemin le plus simple, pas la voie de la facilité. La liberté d’être à la terrasse d’un café un mardi après-midi se paye au prix fort. C’est peut-être pour cela qu’on y trouve peu d’entre nous en plein après-midi.
J’ai lu quelque part que quand un entrepreneur travaille vraiment dur, sa récompense est simplement de se voir donner l’opportunité de pouvoir retravailler le lendemain.
C’est vrai, on court en permanence derrière un autre projet, une autre idée, un nouveau challenge. J’ai passé les 10 premières années de ma vie à mentir à ma femme, en lui disant que ce serait plus facile demain ou dans deux – trois ans, qu’il fallait que je lance ce truc et qu’après, ça irait et que je serai plus présent, moins soucieux le soir, moins insomniaque… Je lui mentais mais je ne le savais pas.
Maintenant, une fois que j’ai vidé mon sac – et comme vous pouvez le voir, ça va déjà mieux ! – je dois être honnête et avouer quelque chose : J’aime cette vie comme rien d’autre.
Le jour où j’ai compris ça, j’ai d’ailleurs arrêté de mentir à ma femme. Je ne serai jamais ce mari attentionné et moderne, capable de s’apercevoir qu’elle a été chez le coiffeur du premier coup d’oeil ou de faire semblant de m’intéresser à ces nouveaux rideaux qu’elle voudrait poser dans le salon. De temps en temps, je remarque bien qu’un truc à changé mais il me faut 2 bonnes heures pour comprendre que ce sont ses cheveux, les 2 heures nécessaires pour qu’elle soit suffisamment vexée pour me le balancer en pleine figure. Pour les rideaux, cela peut prendre des semaines
Je ne serai jamais, non plus, ce gars moitié rentier moitié diléttante qui vit de ses efforts passés, post-IPO, en traversant la vie comme d’autres traversent leur voyage de noce et en couvrant sa famille de cadeaux pour occuper le temps.
On ne peut pas aller contre sa nature ni renier ce que l’on est très longtemps sans que ça explose. Je ne sais pas précisément ce qu’est un entrepreneur, ni le succès, la gloire ou tous ces autres concepts dont nous avons chacun une appréciation propre.
Je sais simplement que j’aime ce que je fais pour gagner ma vie, que je ne changerai pour rien d’autre et que tous ceux sus-cités qui ont besoin de faire chier pour exister ne seront jamais assez nombreux pour que je renonce à aller où j’ai décidé d’aller.
Maintenant, si dans votre vie ou votre job, vous êtes amené à rencontrer des gars comme moi et que vous avez le pouvoir de leur faciliter la vie ou pas à votre convenance, posez-vous la question de savoir ce que vous aimeriez à leur place… et dites vous que cet enc**é de patron n’est peut-être pas un mauvais gars et qu’il est même possible qu’il mérite lui aussi un petit coup de main de temps en temps, sachant qu’un coup de main, c’est souvent le simple fait de ne pas faire chier plus que de raison.





30 septembre 2011 à 20:32
J’étais à l’immigration Argentine à 7h30 ce matin, pendant 3h, puis passage au bureau pour filer à la banque 3h également pour la paye des gars (avec un aller/retour au bureau pour récupérer d’autres papiers à la con) j’ai bouffé un sandwich devant l’écran vers 15h -> ton billet me fait donc sacrément marrer ;o)
+1 comme on dit
30 septembre 2011 à 22:21
@mrboo Je sais bien… et comme on est associé, je vais en porter un bout si tu veux bien !
PS : P’tain, juste un sandwich, ça c’est le plus dur
30 septembre 2011 à 22:24
L’entropie de l’anthropie, toujours et encore… Mais pas de misanthropie dans le fond.. C’est bien mais parfois fatiguant.
1 octobre 2011 à 12:59
J’ai découvert les joies des circuits d’achats cette semaine, on a évidement raté la deadline du 30/09 alors que tout le monde était d’accord, même en pratiquant « l’aikido professionnel ».
J’ai annulé un RTT pour rien et manqué un week end en famille, du coup j’ai repensé à Brazil
http://www.youtube.com/watch?v=eosrujtjJHA
Beaucoup de gens « vivent » de la complexité du système et leurs objectifs ne sont pas les nôtres, il faut malheureusement prendre le temps d’étudier leur mode de fonctionnement pour arriver à obtenir des résultats, il faut être patient, pugnace, déterminé, stratège, parfois scolaire, un brin manipulateur, avec des collègues (quelle perte de temps et d’énergie)
En ce moment, je relis Astérix et Paulo Coelho, ça aide.
Heureusement, le samedi matin, l’équipe de France nous fait rêver ….
1 octobre 2011 à 14:23
En lisant votre billet, fort intéressant, je me rends compte que je mens aussi, et surtout à moi-même.
Je suis entrepreneur et je commence également à douter qu’un jour j’arrête de courir après le temps.
Comme vous le dites si bien, c’est dans notre nature, comme le scorpion sur la tortue…
On ne doit être en forme que lorsqu’on est fatigués !
En tout cas, je passais sur votre blog pour vous remercier : je vous ai rencontré sur l’E1S2 en juin à la Seyne-sur-Mer et vous m’aviez donné un conseil sur la façon de gérer son job de chef d’entreprise qui m’a beaucoup aidé et qui a totalement changé ma façon de faire depuis.
Donc merci.
1 octobre 2011 à 21:16
- Benoit, tu as lu le dernier article de Pierre-Olivier ?
- Euh… oui pourquoi ? (long silence….)
MERCI PIERRE-OLIVIER !!!!!
3 octobre 2011 à 9:54
Merci à tous pour vos commentaires, auxquels je n’ai évidemment rien à ajouter de part leur teneur. Je garde toutefois en tête l’idée d’Enzooo de relire Astérix et cette capacité que cette note a eu de venir faire gagner 10 ans de vie commune à un couple du Sud de la France que je connais bien
3 octobre 2011 à 10:04
Relire Astérix est une bonne idée… Tant qu’on évite le dernier « Le ciel lui tombe sur la tête »…
D’ailleurs, pourquoi en parle-je ? Cet album n’existe pas !
3 octobre 2011 à 10:07
Et personne n’a encore créé un service pour les coiffeurs qui envoie un mail au mari pour le prévenir ? Marche aussi pour les vendeurs de rideaux.
3 octobre 2011 à 10:24
Très bon billet. Tu as effectivement mis le doigt sur l’intimité de nombreux entrepreneurs. J’en ai profité pour le transférer à ma femme ! Merci
3 octobre 2011 à 16:09
On a parlé de moi. No comment….
Cependant les Paulo coelho se trouvent sur ta gauche lorsque tu es couché… Je les ai tous… Et bien entendu je les ai tous lus
3 octobre 2011 à 20:08
« Quien no equilibra el trabajo con el descanso, pierde el entusiasmo y no llega muy lejos… » jajaja
4 octobre 2011 à 8:18
Belle note une fois de plus Pierre-Olivier. Tu arrives à coucher sur les pixels de nos écrans ce que nous embarquons profondément comme algorythme dans notre processeur d’entrepreneur, bravo !
Tels des hamsters galopant inlassablement dans notre roue, c’est bel et bien notre carburant !
4 octobre 2011 à 20:41
Je l aime ton billet PO
FX
5 octobre 2011 à 0:06
« Un guerrier de la lumière ne compte pas seulement sur ses propres forces ; il se sert aussi de
l’énergie de son adversaire. Lorsque commence le combat, tout ce qu’il possède, c’est son enthousiasme, et l’art des coups qu’il a appris à l’entraînement ; au fur et à mesure que la lutte se déroule, il découvre que l’enthousiasme et l’entraînement ne suffisent pas pour vaincre : l’expérience est nécessaire. »
Et l’expérience, ça se partage, et après l’avoir partagée, y’en a plus qu’avant, c’et magique.
En posant des questions bêtes sur http://linuxfr.org/users/enzo_bricolo/journaux/hs-a-la-d%C3%A9couverte-de-laikido-social, j’ai découvert la notion d’assertivité http://fr.wikipedia.org/wiki/Assertivit%C3%A9 et comme monsieur Jourdain, je pratiquais dans le savoir.
5 octobre 2011 à 7:41
@JY Tiens, c’est une bonne idée, ça… Un IFTTT qui déclenche un DM quand ta femme est géolocalisée chez le coiffeur
@Julien : Content si j’ai pu aider à ta vie de couple
@stephaniecarles : Je passe dans un tunnel !
@Nicolas Pas sûr d’aimer l’image du Hamster mais il faut avouer qu’elle n’est pas fausse.
@FX Merci
@Enzooo Merci d’amener un peu de philosophie de vie par ici. Et merci pour les liens !
5 octobre 2011 à 19:53
Bien écris, et exprime simplement un cheminement qui ne l’est pas forcément. Go Go Go