Belle bulle
C’est une sorte de marronnier de l’Internet : Est-on dans une bulle ou pas ?
Depuis que LinkedIn a réussi une IPO a faire tourner la tête de n’importe quel capital risqueur, le sujet est revenu sur le tapis. Une belle infographie de GPlus est venue nous apporter quelques chiffres – enfin, on les connaissait mais ils les ont mis en valeur sur un seul et même graphe – qui donnent le vertige.
Pourtant, cette notion de bulle n’a pas de sens si on ne la met pas en corrélation avec la notion de risque. Si ces sociétés sont sur-évaluées – et je crois qu’elles le sont – c’est tout simplement parce que tout le monde cherche à parier sur The Next Big Thing, non pas en matière de traction mais, cette fois, de revenus.
Lorsque vous investissez 100 000 euros pour prendre 30% du capital d’un projet dont la totalité des assets tient sur 3 slides et un wanabe-entrepreneur enthousiaste, vous êtes largement aussi dingue que lorsque vous mettez 300 Millions de Dollars dans Facebook, y compris sur une valorisation à 75 Milliards…
La vrai différence est que vous faites un pari différent, sur le retour que vous attendez de cet investissement. Facebook ne vaut pas 75MM€ – certains commencent à parler de 100MM$ – sauf si le réseau social devient bien une sorte d’Internet à lui tout seul et que cela tient ces 10 prochaines années. Ce n’est donc pas à proprement parler une bulle, mais plutôt un investissement qui valorise l’entreprise sur le niveau de revenus potentiel qu’elle pourrait générer si le plan se réalise. Honnêtement, si Facebook devient l’Internet de demain, la société vaudra bien plus de 100MM$ et ce n’est pas une question de bulle, c’est une question de bon sens…

Et tous les autres ? Valent-ils ce prix-là ? Pour des fonds d’investissement qui ont raté Facebook et doivent fabriquer un autre géant en espérant que le scénario que j’ai évoqué ci-dessus ne se réalise pas, je pense que Oui, sachant que c’est encore le niveau de risque vs la « récompense » qui va faire s’envoler la valorisation.
On compare souvent Twitter ou LinkedIn à Général Motors ou Texaco. Sincèrement, ça n’a pas de sens. Twitter ne vaut pas plus cher qu’un de ces bon vieux géants du siècle dernier, c’est son potentiel et sa capacité – comme nous l’a une fois de plus prouvé l’affaire DSK – à préempter l’information mondiale et la quasi-totalité des URLs qui vaut ce prix-là.
Alors, sommes-nous dans une bulle ?
Oui… mais ni plus ni moins qu’à chaque fois que l’on pense tenir un beau filon et qu’on veut en être à tout prix. Il y a la même bulle sur les matières premières car la faim dans le monde est un enjeu majeur des années à venir, une sur les Green Techs pour des raisons évidentes, une sur l’énergie pour les mêmes raisons que pour la nourriture, etc…
Les valeurs absolues font tourner la tête car l’Internet est devenu tellement énorme et prépondérant que l’on peine encore à imaginer à quel point les géants de demain seront gigantesques et tout puissants, bien plus que Total ou même Google n’ont pu l’être jusqu’à présent… et sans doute au point – c’est un risque que les investisseurs de Facebook ou de Twitter ne devraient pas totalement écarter – que les gouvernements, un jour, décident de mettre la main dessus, d’une manière ou d’une autre, en arguant que l’impact sur « la sécurité des populations » est trop important pour rester sous le contrôle d’entreprises privées.




30 mai 2011 à 13:15
On se pose un peu tous la question « légitime » de cette bulle et votre réponse est très pertinente. Il y a bien eu une première bulle en 2000 mais les leaders de l’époque sont aujourd’hui bien au-dessus des plus belles valorisations de l’époque (Google, eBay…). Comme vous l’avez expliqué, certains de cette nouvelle génération pourraient également être les futurs leaders, le temps permettra de confirmer ou non cette idée.
30 mai 2011 à 13:16
Hello. Tu l’as peut-être vu passer. Mais au cas où… http://wp.me/p23s4-a9 « Repeat after me: it’s not a bubble. »
30 mai 2011 à 13:32
@Elian Oui, je l’avais lu mais tu as bien fait de la poster ici…
31 mai 2011 à 12:22
La bourse rime t elle encore à quelque chose ? Entre les bulles internet récurrentes et la spéculation financière à la microseconde, a t elle encore un sens ? Celui de pouvoir lever des fonds pour développer une entreprise sur du moyen ou du long terme par exemple, d’aider au développement d’une économie ? Est si difficile à réguler ?
Le plus malheureux dans tout ça reste qu’un choc boursier a des répercutions sur la vie de personnes qui ne participent pas à ce système, qui n’y gagnent rien, mais qui y perdent quand même (exemple de spéculations sur les matières premières, notamment agricole)
4 juin 2011 à 17:53
Je travaille dans le secteur de l’internet, et je pense que cette bulle va avoir du bon pour tous les acteurs dans les deux ans à venir, avant d’éclater comme toutes les autres bulles. Et celle-ci profite à ceux qui sont en train de se lancer et qui pourront plus facilement passer certaines étapes (levée de fond, valorisation de la société). Laissons les faire et voyons ce qui adviendra !
13 juin 2011 à 18:05
Well said PO!