Quelques informations sur Facebook en France

A l’occasion du Social Media Management Day, Julien Codorniou en charge des partenariats pour Facebook, s’est beaucoup livré sur ce que le plus grand des réseaux sociaux est en train de devenir.

Si vous avez besoin d’une remise à jour sur Facebook, vous devriez consacrer 30 minutes à écouter attentivement ce que @codorniou évoque, notamment en matière d’usage pour les entreprises, de best practices, de politique de cette PME aux 700 millions de clients vis à vis de l’usage qui est fait des outils qu’elle offre…

Quelques chiffres sur l’usage en France, pour tous ceux qui ont la flemme de regarder la vidéo :

  • Un peu plus de 20 millions de Users,
  • 33 minutes d’utilisation quotidienne moyenne par User (soit la bagatelle de 11 millions d’heures passées chaque jour par les Français sur Facebook !!),
  • Un public plus féminin que masculin, avec une tranche d’âge de 25-35 ans dominante,
  • 130 amis en moyenne pour un User…

Et beaucoup d’autres éléments très intéressants à glaner dans l’intervention de Julien.

Forcément, on ne peut être que pris de vertiges quand on mesure à quel point Facebook est en train de modifier en profondeur, non pas seulement notre usage de l’Internet, mais directement notre société.

Regardez cette initiative de Renault, expliquée par @juliengautier sur le blog de @digidust… Facebook s’invite dans les travées d’un salon en simplifiant encore son usage et vous aidant a alimenter votre Social Graph sans même utiliser votre Mac ou votre téléphone.

J’ai souvent été assez critique envers Facebook, notamment sur les sujets touchant au respect de la vie privée. Toutefois, à y regarder de plus prêt, je suis d’accord sur l’idée qu’un usage très mature et raisonné apporte une réelle valeur ajoutée en terme d’expérience utilisateur. L’analyse de votre Social Graph révèle suffisamment d’informations pour que vous optimisiez très largement votre consommation du Web.

Toutefois, quelques éléments – les 3 qui suivent – restent pour moi des enjeux importants, qui me préoccupent réellement.

Facebook est ultra-dominant, en situation quasi-monopolistique. Inutile d’entrer dans les détails pour expliquer pourquoi c’est inquiétant. Je ne vois rien qui vienne dans un futur proche remettre en question cette ultra-domination.

L’analyse du Social Graph apporte une expérience utilisateur meilleure au travers d’un Web sur mesure à l’échelle de chaque individu. Ce sont aussi, d’une certaine manière, des sortes de rails qui vous enferment dans votre univers habituel devenant un frein à votre ouverture d’esprit, donc à terme votre créativité, votre inspiration et votre capacité à remettre l’existant en question. J’aime le rugby et mon Social Graph véhicule largement cette information. Partout où je vais sur le Web, tout est customisé pour me toucher donc que le rugby soit omniprésent, forcément… et à la fin, pour grossir le trait, je n’ai plus aucune chance de découvrir que d’autres sports peuvent aussi m’intéresser à moins qu’un de mes amis ne fasse le forcing pour m’y amener (pour peu que mes amis ne me ressemblent pas trop). Je trouve ça finalement très réducteur au regard de tout ce qu’un Internet libre, neutre et ouvert peut nous amener.

Enfin, je sais parfaitement pourquoi Facebook cherche à tout savoir de moi, et je sais également ce que je dois faire quand je ne souhaite pas que Facebook sache ce que je suis en train de faire. Mais c’est un peu mon métier… Qu’en est-il des autres 20 millions de Français et 700 millions d’humains ? Savent-ils aussi où se trouvent le bouton On/Off ? Savent-il au moins qu’il en existe un ? Ont-ils seulement conscience d’avoir besoin d’un bouton On/Off et de ce qu’il se passe ? Non, évidemment… Et ce manque d’éducation et d’information des Users me pose un réel problème car il enlève à chacun sa capacité de libre-arbitre sur un sujet trop complexe pour que la décision soit évidente.

Ceux qui me lisent régulièrement peuvent voir que, doucement, ma position est en train d’évoluer. Le tour de magie réalisé par Facebook force mon admiration car, au final, ils améliorent l’expérience sur le Web et le font à très grande échelle. Je ne vois pas comment une entreprise B2C pourrait se passer de Facebook… et je ne vois pas comment une entreprise tout court – y compris B2B et autres modèles, donc – pourra s’en passer dans les quelques années à venir.

Cela ne règle pas les 3 points d’inquiétude que je soulève mais cela répond définitivement à la question de savoir si on peut ignorer Facebook.

6 commentaires pour “Quelques informations sur Facebook en France”

  1. 1 jcfrog dit :

    :)

  2. 2 Bastien dit :

    Bonjour,

    un article intéressant, surtout l’évolution (je lis ton blog depuis des années maintenant ! wow !) de ta vision de facebook. Je me souviens d’article dithyrambique sur Facebook il y a qq années.

    Je bosse dans l’informatique et je n’ai tjrs pas de compte facebook, même s’il est parfois dur de faire sans. Les non informaticiens n’ont maintenant un mail que pour s’inscrire sur facebook.. Il est donc difficile de garder le contact autrement.

    Coté business, travaillant actuellement pour créer une entreprise orientée web, il me parait à moi aussi malheureusement difficile de ne pas créer un compte et utiliser les possibilités du réseau pour communiquer.

    Et quand on lit des articles comme celui-ci : http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704547604576263261679848814.html, il est difficile pour moi de ne pas m’inquiéter sur notre avenir en tant que personne lambda. BigBrother is watching us ?

  3. 3 Francois HESLIERE dit :

    Merci pour cet article, et le renvoi vers la vidéo fort intéressante qui y figure.
    Pour ce qui est de l’ultra-domination de Facebook dans les temps à venir, je serai plus modéré.

    L’histoire du web a montré que de très gros acteurs supposés indétrônables ont été remplacés par d’autres. AOL, Microsoft (avec IE), maintenant Google et la liste est longue, sont autant de colosses aux pieds d’argiles.

  4. 4 Cyril HIJAR (@cyrilhijar) dit :

    La pollution du Social Graph…. Vaste question. Allez voir à la minute 30’00 http://bit.ly/ezWu2E #facebook

  5. 5 Charlotte D (@Cha_Drz) dit :

    Fcbk est en train de modifier en profondeur, non pas seulement notre usage d’Internet, ms directement notre société http://bit.ly/h114Ks #in

  6. 6 Hernan dit :

    Pour que Facebook perde sa domination il faudrait que quelque chose de nouveau soit inventé et que Facebook ne le mette pas en place avant ses concurrents. C’est pas pour tout de suite, mais ca va fatalement venir. Mais les délais sont forcément plus long qu’au début du web. Ceux qui sont installé ont trouvé des modèles à peu près stables et les innovations sont plus rares. Mais ! il y a encore beaucoup de choses à inventer, même sur Facebook.

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