10 conseils pour bien démarrer avec Twitter
Je sais, le titre est éprouvé et racoleur mais j’assume
En fait, je suis à l’aéroport de Bruxelles, à attendre mon vol pour Toulouse dans un joli salon (c’est pour la qualité du StoryTelling que je dis ça car en fait, le salon est plein de businessmen qui parlent bien trop fort au téléphone en buvant une bière très sombre et en détruisant leur équilibre alimentaire à coup de gateaux apéritifs douteux…), de retour d’un séminaire de travail que j’ai animé, autour de l’usage des Média Sociaux.
Forcément, à un moment, comme ce fut également le cas la semaine précédente en Egypte, nous avons abordé le cas Twitter que je considère comme le plus puissant et intéressant outil que le Web social mette à notre disposition.
Certains étaient de vrais noobs en la matière mais avec une vraie volonté d’apprendre, une fois franchi le point de non-retour du « A quoi cela peut-il bien servir ? »
Belges comme Egyptiens, je les ai donc invité à se lancer – oui, parce qu’en fait, cela parait idiot mais le meilleur moyen d’apprendre à nager est déjà de descendre dans la piscine – et pour que vous leur réserviez un bon accueil sans leur piquer leur bonnet de bain, je leur ai donné une liste de petits conseils simples. J’aimerai partager cette liste avec vous.
Je suis conscient que beaucoup d’entre vous sont des Twitter Ninjas ; vous pouvez donc laisser tomber la suite, vous n’allez rien apprendre et vous ennuyer.
Cet article s’adresse aux débutants sur Twitter, ce que la majorité des lecteurs de ce blog ne sont pas.
Voici en quelques mots ce que j’ai suggéré.
Le message en substance est que la majorité des utilisateurs de Twitter que vous allez engager sont de vraies personnes, avec un cerveau, un coeur, des émotions, une éducation… Twitter n’a rien de virtuel, c’est juste un moyen de diffusion de l’information particulièrement efficace qui vous engage personnellement vis à vis d’autres êtres humains, surtout quand vous tweetez n’importe quoi.
Pas la peine de dire à quelqu’un que vous trouvez génial ce qu’il fait si vous ne le pensez pas. D’une part, cela va nuire – à terme – à votre réputation car vous devez, par exemple, assumer votre passion pour Christophe Mae et d’autre part, la flatterie n’est pas compatible avec la sincérité donc cela ne peut pas durer très longtemps sans que votre vraie nature ne reprenne le dessus. Vous pouvez soit dire ce que vous pensez, c’est aussi ça l’honnêteté… mais si vous êtes convaincus que cela va simplement faire du mal sans aider ou arranger les choses, vous pouvez aussi décider que c’est une bonne occasion de la fermer et de passer à autre chose.
C’est vrai pour ceux qui vous aiment et sont sympas et/ou intelligents… et c’est très vrais pour tous ceux qui ne vous aiment pas et vont venir vous prendre la tête. Vous avez ici une belle occasion de rencontrer de nouvelles personnes, de défendre vos idées, de partager des discussions souvent passionnantes (car il faut être précis et concret en moins de 140 caractères) et peut-être même de convaincre un hater que finalement, il se trompe et que vous êtes un gars cool. Toutefois…
Lorsqu’un hater devient un troll, il faut arrêter de perdre votre temps et le laisser s’énerver tout seul. D’une part, il est généralement irrécupérable – sinon, ce n’est pas un troll – donc inutile de mener un combat perdu d’avance… et d’autre part, votre communauté – qui assiste à cette pathétique débauche d’arguments débiles – est intelligente et suffisamment lucide pour reconnaître sa nature profonde et vous plaindre plutôt que de lui donner raison.
C’est toujours sympa d’avoir plus de followers que l’autre gars que vous ne pouvez pas voir en peinture. Toutefois, mis à part pour flatter votre égo et briller devant ceux qui découvrent le Web social, c’est inutile et ne constitue même pas en soi, une indication crédible de « votre influence ». Si vous n’avez « que » 400 ou 500 followers et que ce sont des comptes humains, actifs et qui vous aiment un petit peu, c’est déjà une magnifique communauté sur la base de laquelle vous allez pouvoir bénéficier à plein de l’intérêt et de la puissance de Twitter. Du coup, arrêtez de supplier un RT parce que vous êtes à 297 followers et qu’il est vraiment vital de passer à 300 là, tout de suite. Ce paragraphe est également valable pour les entreprises, y compris les grandes.
A une époque, j’avais décidé de suivre tous ceux qui me parlaient. D’une part, cela m’assurait de ne pas me mettre à suivre un Bot. D’autre part, je trouvais normal de suivre des gens qui me portaient assez d’attention pour s’adresser à moi. Toutefois, je me trompais. Ce n’est pas parce qu’une personne vous parle une fois qu’elle est passionnante ou sur les mêmes centres d’intérêts que vous. Vous pouvez mener des conversations entières avec des gens que vous ne suivez pas puisque quand ils vous mentionnent, vous voyez passer leurs tweets. Certaines personnes m’ont suivi par intérêt pour l’entrepreneur que je suis. Arrivé le samedi, j’ai floodé leur timeline parce que le « Samedi, c’est Rugby » et quand cela me prend, c’est une avalanche de tweets aussi passionnants que « Mais non, y’a pas touche ! Bien-sûr que l’essai est valide… Allez Toulouse !! #rugby » qui s’abat sur mes followers. Ils sont partis… Normal
Certains considèrent le RT comme une faveur faite à l’émetteur d’une idée ou d’un lien. Je considère pour ma part qu’il s’agit d’un service rendu aux gens qui me suivent. En effet, ceux qui vous suivent le font pour une bonne raison : ils s’intéressent aux mêmes choses que vous, ils vous aiment bien, ce sont vos concurrents, vos associés, vos équipes ou vos clients, ils vous connaissent ou essayent de vous rencontrer, etc… Lorsque vous décidez de RT quelqu’un, c’est que son tweet contient des informations que vous jugez à valeur ajoutée pour votre communauté, sinon, cela n’a aucun sens. Si vous avez en tête l’idée de faire plaisir à l’émetteur mais que le tweet en question ne présente aucun intérêt pour votre communauté, un petit « Bravo ! » en retour sera sans doute suffisant et évitera de polluer votre Timeline. Pour être complet, cela signifie qu’il est stupide de RT quelqu’un uniquement parce qu’il le demande, c’est votre réputation qui est en jeu quand vous le faites et je crois sincèrement que vous vous devez d’être vous même vis à vis de ceux qui vous suivent.
Si quelqu’un cesse de vous suivre, ce n’est pas très grave et ce n’est pas une offense faite à vous, votre famille et vos ancêtres. C’est, le plus souvent, quelqu’un qui fait un peu de ménage, quelqu’un qui s’aperçoit que ces centres d’intérêts ne sont pas en ligne avec les autres, quelqu’un qui fait une fausse manip, quelqu’un qui a décidé de rationaliser son utilisation de Twitter dans un but précis, etc… Cela peut arriver mais c’est très rare que quelqu’un le fasse en se disant : « Tiens, prend ça dans ta face d’entrepreneur gastronome et rugbyphile. J’espère bien que ça va te prendre la tête et t’empêcher de dormir« . OK, en général, on ne s’en aperçoit que le jour où le gars en question recommence à vous suivre – oui, parce que la haine fonctionne comme l’amour et a besoin de vous, même sur Twitter
– et que vous recevez l’email vous l’indiquant.
Même s’il est très difficile d’éviter les fautes, notamment quand on poste beaucoup, l’idée est juste de faire un effort pour que ce soit aussi lisible que possible. Après, vous faites ce que vous voulez car c’est votre image qui est en jeu. Toutefois, comprenez bien que vous aurez aussi les followers que vous méritez. Je n’ai pas souvenir d’avoir suivi ne serait-ce qu’une fois une personne qui tweetait en langage SMS ni même un KikooLol. Au delà de l’orthographe, tant qu’on y est, souvenez-vous que ce que vous tweetez, aussi court et anodin que ce soit, est une publication dont vous êtes l’auteur ce qui peut ne pas être sans conséquences.
Vous vous lancez et de toute façon, les « vieux utilisateurs » vont le voir donc pas la peine d’être tétanisé parce que vous ne savez pas ce qu’est un Hashtag ou un #FF (qui d’ailleurs est également un Hashtag
). Vous allez apprendre sur le tas, en marchant, comme tout le monde. Nous sommes presque en Avril 2011 et nous continuons tous d’apprendre en marchant, y compris ceux qui, comme moi, utilisent Twitter depuis plusieurs années déjà. Le service a évolué, certains l’ayant détourné de son usage initial pour mener des révolutions ou faire s’évanouir leurs fans en se coupant les cheveux… et il va continuer d’évoluer. C’est un outil qui vous permet d’être au courant de ce qui se passe dans le monde, d’avoir un tweet qui vous indique chaque jour comment Google évalue votre site Web, qui vous donne un accès instantané au Service Client de la majorité des grandes entreprises, qui laisse toute la planète découvrir votre poids en même temps que vous quand vous montez sur la balance… et le meilleur reste sans doute à venir
Il y aurait bien évidemment des tonnes d’autres conseils aux débutants pour un bon usage de Twitter mais il faut bien commencer quelque part et ces 10 là me semblent utiles. Par ailleurs, il s’agit là de ma propre vision de ce que devrait être un bon usage du service, vision qui est bien évidemment discutable en fonction de qui vous êtes et de ce que vous souhaitez en faire.
Je suis admiratif de ce que Twitter est devenu. Sa puissance, sa rapidité, son efficacité, sa capacité à avoir réalisé un véritable hold-up sur le trafic d’URLs, sa façon – d’une éthique discutable – de reprendre la main sur son écosystème et surtout, le fait que Twitter ait, finalement, changé le monde. Le retour de @jack aux commandes est un signe très positif car c’est un homme de produit, qui recherche la qualité et la performance. J’imagine que c’est de bonne augure.
Toutefois, certains pensent que Twitter pourrait disparaitre à cause de la faiblesse de son Business Model. Je suis de ceux qui pensent qu’il devrait être placé sous la protection de l’ONU, de l’Unesco ou d’une entité de ce type s’il s’avère qu’il peine à devenir rentable, jusqu’à devenir, à terme, une sorte de Droit universel. Je sais, c’est un peu fort comme position mais je crois sincèrement en ce que je suis en train d’écrire… Son utilité – ne serait-ce que pour aider à préserver la démocratie lorsqu’elle est chahutée – ne fait aucun doute dans mon esprit et chacun devrait pouvoir y avoir accès, en tout temps et tout lieux.





31 mars 2011 à 9:53
Ce n’est pas plutôt l’Internet tout entier qu’il faudrait placer sous la protection de l’ONU?
31 mars 2011 à 9:57
@Xavier Oui, c’est probable…
31 mars 2011 à 10:47
Ces conseils s’adressent à ceux qui vont comprendre que twitter peut être un outil relationnel formidable.
C’est en fait comment démarrer et entretenir une relation.
Et justement la question du Unfollow quand la relation est commencée m’interpelle.
En tout cas, on n’est pas dans du Twitter, veille et push d’infos.
31 mars 2011 à 19:32
Tu te rends compte que la simple petite phrase « Le retour de @jack aux commandes est un signe très positif » mériterait presque un article complet
J’aime beaucoup le « Tiens, prend ça dans ta face d’entrepreneur gastronome et rugbyphile. » également.
Ce sont des bons conseils, pragmatiques et concrets, loin de la généricité des agences.
Tes formés sont sans aucun doute très bien partis…
31 mars 2011 à 19:55
@Jean-Claude Je ne suis pas certain d’avoir suffisamment compris ce que tu voulais dire pour pouvoir te répondre. Peux-tu préciser un peu le point sur le Unfollow ?
Sinon, sur l’utilisation de Twitter pour la veille, le fait d’échanger avec une communauté n’empêche pas de l’utiliser également comme un outil de veille. La beauté du service est justement son universalité.
@jnchaintreuil Si j’avais un peu plus de temps, je ferai effectivement une note sur le retour de @jack aux manettes… mais vu mon agenda, ce serait de la gourmandise
Merci pour les compliments…
8 avril 2011 à 14:34
Bonjour Pierre-Olivier,
Merci à vous pour ces conseils, ils sont précieux pour le néophyte que je suis sur Twitter.
Je pense que vos conseils sont avisés,d’autant plus que vous tweettez depuis plusieurs années.
Maintenant que vous avez donné une réponse au « Pourquoi être sur Twitter », serait-il possible que vous fassiez le meme type d’article mais sur le « Comment gérer twitter jours après jours. »
En effet, notre futur produit va bientôt être disponible sur l’App Store et je souhaiterais être le plus efficace possible (Twitter est TRES chronophage à mon goût). Quels sont les outils et techniques que vous utilisez pour ne pas être submergé (comme je le suis) par tous ces tweets.
Merci à vous.
9 avril 2011 à 22:18
[...] Pierre Olivier Carles est toujours plein de bon sens et sais résumer les choses : Bien démarrer avec twitter [...]
10 avril 2011 à 7:35
@Xavier Je ferai ça à l’occasion, si l’inspiration vient
Content que cette note t’ai été utile !
12 avril 2011 à 12:13
[...] ADV » par Fox Jeffrey, « Les 100 règles d’or du management » par Richard Templar, « 10 conseils pour bien démarrer avec Twitter » par Olivier Carles, « 4 conseils pour commencer à générer du profit sur Facebook » par [...]
13 avril 2011 à 11:01
Eloge de #Twitter par @pocarles et mode d’emploi. A relire sans modération ! http://bit.ly/eirCxM
14 avril 2011 à 21:04
Vous avez bien fait de poster ces conseils ^^ Tous le monde n’est pas néophyte, mais tous le monde ne donne pas les même conseils que vous. combien de fois ais-je lu qu’il fallait absolument faire des RT, ou que c’était plus poli de suivre ceux qui nous suivent…
26 avril 2011 à 16:14
Curieux comme certaines pensées (parcours ?) se rejoignent.
Je suis tellement convaincu moi-aussi de ce que vous dites dans ce billet, que j’en arrive à me dire qu’avant de s’engager sur les médias sociaux, il serait bon de lire « Comment se faire des amis » de Dale Carnegie (je n’ai pas d’intérêt à parler de cet ouvrage…)
Petit livre plein de bon sens rapide à lire. En quelques dizaines de pages sont posées les bases de la relation humaine.
14 juillet 2011 à 1:20
[...] G+, tu peux être suivi sans suivre et inversement (ce qui va encore aider les anxieux, comme sur Twitter, à prendre le fait qu’on ne les mette pas dans des cercles alors que eux ont décidé de le [...]