Seul au monde… ou pourquoi je ferme les commentaires de mon blog

Si j’étais seul au monde, genre le dernier survivant après un holocauste nucléaire ou un terrible virus venu punir l’Humanité de son manque de considération envers la Nature, je pense que je continuerai d’écrire… enfin, une fois que je pourrais me poser un peu après avoir déglingué tous les zombies qui, eux, auraient survécu, va savoir pourquoi et comment ?!?

C’est dingue comme c’est devenu important pour moi (pas les zombies, andouilles, l’écriture ! Vous ne voulez pas essayer de suivre un peu ? :-) ). J’adore les conversations qui suivent mes notes, la petite communauté qui entoure ce blog, les gens pas d’accord mais gentils quand même… mais au final, c’est bien pour moi que j’écris.

Du coup, il m’est venu une idée idiote, que je prend un peu comme une expérience et une façon de comprendre – voir d’apprendre – comment ça fonctionne vraiment.

Je vais fermer les commentaires de mon blog.

Ne vous inquiétez pas, cela ne devrait pas durer longtemps… Enfin, je n’en sais rien en fait, je vais peut-être m’y sentir plus libéré. Plus sérieusement, je voudrais simplement savoir ce qu’il se passe quand on écrit d’abord pour soi, mais aussi pour tous dans un deuxième temps mais sans avoir cette critique presque instantanée que sont les commentaires. Quelques excellents blogs ont fait cela, surtout parce qu’ils ne pouvaient plus répondre à personne de part le volume de leur audience. Je n’en suis pas là, c’est plus un sujet d’étude pour moi.

La qualité de ce que je vais écrire – voir les thèmes que je vais aborder – va-t-elle s’en ressentir ?
J’aimerai vraiment savoir si, quelque part, je n’écris pas pour avoir plus d’audience sans même m’en rendre compte, comme certains l’ont évoqué dans quelques commentaires… Je pense que non ; je sais que non et peut-être que je me trompe inconsciemment.

Où va se déporter la conversation ? Sur Twitter, le moyen le plus simple de me parler ? Sur Facebook, qui reprend mes posts bêtement automatiquement ? Dans mes emails ? Chez d’autres qui aspirent mon contenu comme des sangsues ? Peut-être la conversation va-t-elle simplement mourir comme une flamme en manque d’oxygène…

Et la majorité silencieuse ? Vous êtes des centaines à me lire sans jamais prendre la parole, consommateurs anonymes dont – pour certains – je ne soupçonne pas la vie ni même l’existence. J’imagine que pour vous ça ne change rien, à moins que ce ne soient les conversations (Attention, il y avait un piège sur la façon d’accorder « ce ne soient » ;-) ) qui vous intéressent auquel cas vous allez partir vers d’autres cieux digitaux ?!?

Si je dis une énormité, genre « L’ASM est le plus grand club de rugby du monde », comment cela va-t-il trouver un écho chez les choqués et les militants de la vérité ? (Oui, parce qu’un truc aussi stupide, même sans commentaire ouvert, doit avoir de l’écho !) Où va-t-on s’exprimer et libérer notre agressivité pour rétablir la vérité et replacer le Stade Toulousain à la place du vil usurpateur Clermontois ? :-D

Et moi ? Ce blog me permet de rencontrer de nouvelles têtes à chaque déplacement, sur des conversations qui commencent souvent par « Hey ! Salut ! Tu ne me connais pas mais je lis ton blog… » Si vous êtes moins nombreux parce que je vous ai lâchement retiré la parole, je me demande si certains viendront encore vers moi. Si c’est le cas, peut-être les conversation commenceront pas « Dis donc, tu sais que les blogs démarrent des conversations (Si, si, c’est Saint @loic qui l’a dit ! :-) ) et que le tien, ben il ne démarre que dalle ? »

Enfin, comment vais-je savoir si vous aimez ce que j’écris ? Je vais devoir consulter les statistiques ou plutôt, regarder le compteur TweetMeme et les relais sur Twitter. On peut considérer que plus il y a de relai, plus une idée rencontre des sympathisants ou plus une note trouve son public. Ce sera un bon indicateur, je pense. C’est d’ailleurs sur ce principe que Twitter compte asseoir son modèle économique, avec le principe de résonance. On va voir si cela permet de mesurer les fluctuations de qualité… :-)

Allez, j’arrête là les divagations… auxquelles vous ne pourrez d’ailleurs pas répondre. On va se lancer pendant quelques notes – jours – semaines – mois… et on verra ce que cela donne. Je vous dirai ce qu’il en est, de toute façon, quand l’expérience prendra fin ;-)

UPDATE : Je viens d’ouvrir à nouveau les commentaires de toutes les notes qui étaient fermées. C’était plutôt instructif comme expérience. Je vais vérifier deux ou trois trucs (essayer de comprendre ce qui relève de l’expérience et ce qui relève d’une forme de hasard) et réfléchir un peu avant de partager avec vous ce que j’ai constaté, pour peu que j’en sorte quelque chose d’utile :-)

Un commentaire pour “Seul au monde… ou pourquoi je ferme les commentaires de mon blog”

  1. 1 Le dernier endroit où l’on cause | Pierre-Olivier Carles dit :

    [...] Je me demandais bien où pouvait être ce fameux « dernier endroit où l’on cause » quand un blog décide de fermer ses commentaires. L’idée était de comprendre comment allait se déporter la conversation, pour peu qu’elle se déporte quelque part. [...]

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