Rencontre avec des Pumas…
Mercredi, j’ai passé une grande partie de la journée avec 5 Pumas que l’on pourrait qualifier de cadres de l’équipe de rugby d’Argentine. Il y a avait Patricio Albacete, Felipe Contepomi, Juan Martin Fernandes Lobbe, Rodrigo Roncero et Mario Ledesma…
Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi petit et léger
L’idée était de les accompagner une partie de l’après-midi, ce mercredi étant une journée Off pour eux, donc gage de disponibilité. Adidas – via le passionné de rugby qui se cache derrière @adidasrugby_fr – avait plutôt bien fait les choses, m’accueillant avec autant de gentillesse que pour les joueurs eux-mêmes et débutant la balade ovale en m’offrant le maillot dédicacé des… All Blacks
J’ai profité du trajet en bus pour poser quelques unes de vos questions aux Pumas, de façon plutôt collégiale car finalement, aucune ne s’adressait directement à l’un des joueurs.
Q : A la question « Comment expliquez vous qu’autant de joueurs Argentins soient engagés dans le Top14 ? » c’est Mario qui a immédiatement pris le lead dans un français parfait.
R : La France et l’Argentine sont à la fois très différents et très proches. Nos cultures de base Latine et notre façon de vivre sont relativement similaires, ce qui fait que les Argentins se sentent bien en France. J’ai confirmé que les Français, de ma propre expérience, se sentaient plutôt bien en Argentine également… et en plus, ils étaient bien plus nombreux et costauds que moi, donc je ne voulais pas paraitre impoli ![]()
Pour Rodrigo Roncero, il y a également un concours de circonstances. Il est très proche d’Augustin Pichot qui l’a présenté à Max Guazzini et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé au Stade Français.
Q : Une Coupe du Monde de Rugby est-elle envisageable en Argentine ?
R : Pour l’instant, les places à venir sont prises, avec le Japon en 2019. Même si ça leur ferait forcément plaisir, ils pensent qu’il n’y a pas une infrastructure suffisante en l’état pour accueillir une Coupe du Monde, donc que ça ne leur parait pas réaliste. Après, Nothing is Impossible… comme dit @adidasrugby_fr
Q : Quel est le match le plus important que vous ayez joué contre la France.
R : En général, on considère que le match le plus important est celui qui va être joué, donc, même s’il est « amical », c’est celui-là. Après, effectivement, les deux rencontres, lors de la dernière Coupe du Monde, resteront dans toutes les mémoires des joueurs Argentins qui les ont joué, forcément.
Comme je ne suis pas journaliste, j’ai arrêté là les questions formelles et le reste est plutôt le fruit des échanges sur pleins de sujets. Je vais vous livrer en vrac ce que j’en ai retenu et retiré… mais c’est, de fait, une approche assez personnelle et chaotique.
On a bien-sûr parlé d’APICube car je ne me voyais rencontrer des Argentins sans évoquer mon « pied à terre » à Buenos Aires
Ils étaient forcément un peu surpris de croiser un gars qui vienne de co-fonder une société en Argentine. Ils me demandaient si mon associé était Argentin, pour voir s’ils le connaissaient.
François, je suis désolé mais aucun Pumas n’a jamais entendu parler de toi… et je me suis engagé en ton nom à ce que ça change ! Non, ne me remercie pas, ça me fait plaisir
Sinon, c’est assez étonnant comme en fonction des profils des joueurs les discussions étaient très différentes.
Avec Rodrigo Roncero, on a pas mal parlé Business. Il a une société qui organise des voyages et des événements en Argentine : Play Patagonia. J’étais forcément intéressé, étant moi-même fondateur de Stonfield, sur un positionnement très différent mais un secteur d’activité proche. Il est toujours très ami avec Augustin Pichot, qui est impliqué dans une société développant des Apps Mobiles, en Argentine, si j’ai bien compris. Je pense que je vais entrer en contact avec lui et voir si un truc est faisable sur la base de tous ces points communs. Rodrigo est assez techno également et vous pouvez le suivre sur Twitter @rroncero77
Avec Mario Ledesma, la discussion était très différente étant donné son faible intérêt pour les nouvelles technologies. J’ai bien essayé de l’évangéliser un peu, avec l’aide de Rodrigo, mais je crois que, comme en match, nous ne l’avons pas fait bouger d’un millimètre
Enfin, j’ai pas mal discuté avec Patricio Albacete… Vous savez ce que c’est, quand des Toulousains se rencontrent ![]()
En plus, Emile N’Tamack m’avait confié une vanne pour lui donc on s’est trouvé très vite. Patricio, même si ce n’est vraiment pas l’image qu’il donne sur le terrain, est un gentil géant très doux, vraiment. Lors de la séance de dédicaces, il était d’une disponibilité incroyable, y compris pour quelques gros lourds que je trouvais pourtant pénibles. Il allait vers les enfants très facilement, posais pour les photos avec patience et sourire. Je ne sais pas si j’aurais l’occasion de prendre un café avec lui sur Toulouse, après la tournée, mais j’ai beaucoup aimé cette rencontre.
Je ne vous ai pas beaucoup parlé de Felipe Contepomi et de Juan Martin Fernandez Lobbe car je les ai snobé, vous comprenez, ce sont des Toulonnais
Non, plus sérieusement, j’ai eu moins d’échanges avec eux, mais plus pour des questions de timing et de circonstances que par volonté de leur part ou – encore moins – de la mienne. Nous étions à Montpellier mais j’ai pu mesurer à quel point ils sont populaires à Toulon, de nombreux Toulonnais ayant fait le déplacement jusqu’à Montpellier pour les rencontrer lors de la séance de dédicaces organisée par Adidas.
Après ces quelques heures ensembles, je suis revenu avec plus de questions que je ne m’en posais avant la rencontre. Ces 5 garçons étaient tous très sympas, disponibles et souriants. Ceux qui étaient un peu timides – comme Juan Martin et Patricio – souriaient aux blagues de ceux qui l’étaient moins – au hasard, Rodrigo et Mario
J’étais un gars qu’on leur avait présenté comme un « blogueur » mais à force de discuter et de parler de business, entre autres, je crois qu’ils ne cernaient plus vraiment ce que je faisais là mais ce n’était pas un problème. Ils discutaient tranquillement, me taquinaient un peu et finalement, « faisaient le job ».
Je n’avais jamais bien saisis la pertinence de la baseline d’Adidas : Nothing is Impossible. Elle me plaisais assez car elle se rapprochait de ma citation préférée de Mark twain « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » mais je ne la comprenais pas vraiment. En fait, c’est bien plus clair quand tu regardes évoluer ce genre de gars. Ce sont des compétiteurs et ils ont le gout de l’effort comme de la gagne. Chaque fois que je croise des sportifs de haut-niveau, je me fais la même réflexion : ce sont des esprits et des caractères hors-normes. De façon générale, ils ne sont pas moins ou plus intelligents que nous autres, ils sont juste différents et ont ce petit quelque chose en trait commun à chacun. C’est peut-être ce manque qui fait que nous lachons là où eux s’accrochent, que nous nous résignons quand eux vont puiser de l’énergie dans des réserves qui n’étaient même pas sensée exister…
Bref, j’ai passé une journée très riche d’expériences et d’enseignements.
Merci à Patricio Albacete, Rodrigo Roncero, Mario Ledesma, Felipe Contepomi et Juan Martin Fernandez Lobbe pour leur gentillesse et leur disponibilité. Merci à l’équipe d’Adidas pour avoir pensé à monter cette rencontre… et pour l’autre idée très sympa qu’ils ont eu et dont je parlerai ici prochainement
Au passage, quelques supporters du Stade Français, du Stade Toulousain, de l’ASM et du RC Toulon trouveront un cadeau très personnel, perdu au milieu des photos que j’ai stocké sur l’album Flickr mis en ligne à cette attention. Les photos sont en Creative Common donc vous pouvez les utiliser comme bon vous semble (sauf commercialement, bien sûr !). J’espère que vous m’y laisserez une bise en commentaire car il m’a fallut de l’énergie pour leur expliquer qui vous étiez et pourquoi vous aviez des noms bizarres
Enfin, je voudrais vous parler d’@adidasrugby_fr… ou plutôt de celui qui est derrière. Je ne vais pas le citer car il ne le souhaitait pas et ce ne serait pas correct, mais c’est un garçon d’une gentillesse rare, bien évidemment passionné et également joueur de rugby ce qui ne facilite pas les gestions d’agendas. Typiquement, il prenait un vol de Montpellier vers 17h pour vite filer à l’entraiment du soir (pour les curieux, c’est un jeune flanker qui connait bien son poste et en parle avec enthousiasme). Si vous aimez le rugby, je crois que ce – grand et costaud – Community Manager peut mériter que vous le suiviez un peu.
Maintenant, trêve de bavardages ! Malgré le beau maillot rayé ciel et blanc que les Pumas m’ont dédicacé à l’attention de l’équipe d’APICube à Buenos Aires et tout le bien que je pense d’eux, comme je viens de vous l’expliquer, j’espère que les Français feront un grand match Samedi et les battront.






18 novembre 2010 à 19:11
Oh mais c’est trop génial!! ça me fait hyper plaisir
)) Merci!!
18 novembre 2010 à 23:25
Sympa ce petit compte rendu sur ta rencontre avec « nos meilleurs ennemis » !
Je te rejoins complètement sur ton analyse de ce qui fait la différence entre eux, sportifs de haut-niveau, et nous : c’est cette espère de force morale inébranlable qui fait toute la différence. Ca me fait penser au bouquin qu’a écrit le père d’une copine exactement sur ce thème (Le mental des champions, Hubert Ripoll), suite à des entretiens avec une bonne dizaine de sportifs français qui ont tous en commun d’avoir été champion du monde dans leur discipline. Ce qui frappe, c’est ça : cette foi inébranlable qu’ils ont un destin à accomplir dans leur discipline.
Merci d’avoir posé mes questions. En lisant la réponse sur la coupe du monde en Argentine, j’ai eu un peu honte de mon trou de mémoire : c’est vrai que 2019 est déjà pris par le Japon… J’aime beaucoup leur réponse sur le meilleur souvenir. C’est encore une nouvelle fois la preuve d’un certain état d’esprit spécial, celui de champions.
19 novembre 2010 à 7:56
@Mar1e Content si cela te fait plaisir. Mais quand Mario a su que c’était pour des supportrices et non des supporters, il a tenu à préciser qu’il n’était l’homme que d’une seule femme, la sienne !
@Etienne C’est un travail que j’ai aussi dans ma TodoList, mais pour des équipes. Je voudrais le faire pour Stonfield car les Managers ont tout à gagner à benchmarker les grandes équipes. Pas de soucis pour ton « trou de mémoire », j’avais rectifié de moi-même quand j’ai posé la question.