Notion de Risque : Et pourquoi pas l’Argentine
Demain matin, trop très tôt, je vais prendre un vol pour Madrid puis Buenos Aires. Je vais y retrouver un très bon ami, associé et complice que vous connaissez peut-être.

Le but de mon voyage ? Créer sur place avec François la société APICube.
Je ne vais pas vous dire tout de suite ce que fera exactement cette startup mais cela viendra en son temps, très bientôt. Toutefois, ne vous attendez pas à une idée géniale, un truc super disruptif ou qui devrait changer la face de l’Internet ; vous risqueriez d’être déçus. APICube est basée sur une bonne idée bien éprouvée et vieille comme le monde que nous allons simplement nous attacher à executer du mieux que nous le pourrons.
Pour l’instant, si ce projet vous intéresse, vous pouvez déjà suivre le compte Twitter @apicube qui sera sans doute le premier à communiquer sur le sujet.
Ce n’est pas la première société que je lance, qui plus est dans un secteur que je connais un peu mais cette fois encore, l’excitation est intacte. Pourtant, ce n’est vraiment pas gagné d’avance et c’est bien de la notion de risque dont je voudrais vous parler.
La majorité des entrepreneurs qui se lancent sont entourés de corbeaux, notion très personnelle regroupant tous ceux qui vont vous expliquer pourquoi vous ne devriez pas vous lancer, pourquoi vous allez vous planter, pourquoi ce n’est ni le lieu, ni l’heure, etc… Vous en avez tous rencontré, certains d’entre vous en ont peut-être même été pour d’autres. Il faut comprendre qu’entreprendre, c’est toujours prendre un risque parce que changer l’ordre établi est déjà prendre un risque. Le mot « risque » inspire déjà le pire, juste parce qu’on le prononce à haute voix, comme – dans une moindre mesure et sur un autre terrain – « fascisme » ou « cancer ». Il a même tendance à en décourager beaucoup. Pourtant, je crois que la notion de risque couvre plusieurs degrés, plusieurs niveaux de menace, un peu comme le débat entre l’addiction aux drogues douces et aux drogues dures. Le chocolat est sans doute moins nocif que la cocaïne mais il parait qu’il existe une addiction au chocolat et ce simple mot commence déjà à faire peur.

Sur le papier, ma démarche est irresponsable car je m’apprête à investir dans une société que je vais co-fonder dans un pays où je n’ai encore jamais mis les pieds et dont je parle très mal la langue majeure. Ce pays est réputé pour « l’élasticité » de sa rigueur économique tout comme de sa gestion sociale. Enfin, nous ne partons pas avec quelques millions d’euros de capital mais plutôt en bootstrapping (même si les fonds que je vais y consacrer pourraient paraitre déjà significatifs pour beaucoup d’entrepreneurs).
Pourquoi suis-je donc aussi excité et détendu à la fois ? Tout simplement parce que les risques que nous prenons pour monter cette aventure sont très mesurés.
Je connais vraiment bien François en qui j’ai une totale confiance. Il est intelligent, a les pieds sur terre et pense au but de l’entreprise avant de penser à ce qu’elle peut rapporter. De plus, nous partageons des valeurs similaires, autour d’une certaine vision de la vie et de la famille. Il ne connait pas grand chose au rugby – et l’Argentine et ses Pumas est bien une terre d’ovalie – mais il compensera par une formidable capacité à trouver les meilleurs « restaurants à cote de boeuf » de la ville, talent dont je devrais avoir la démonstration dès mon arrivée ![]()
Cela me convient parfaitement et je me sens très bien accompagné.
Je dispose de l’argent que je vais y investir et je n’irai pas au-delà de mes capacités. Ainsi, la seule chose que je risque vraiment est de perdre ce que j’y met. C’est un risque acceptable et un luxe incroyable que je mesure pleinement. Par ailleurs, nous allons bootstrapper car c’est le mode de gestion dans lequel nous nous sentons les plus à l’aise et créatifs. C’est aussi le mode de gestion qui garde généralement le cash burning rate donc le risque financier dans les limites du raisonnable. Le Bootstrapping est souvent perçu comme une contrainte. Nous avons la chance de pouvoir le faire par choix. J’ai déjà vu plusieurs investisseurs à qui j’ai parlé de ce projet pour me challenger un peu et certains étaient très intéressés à participer à un éventuel tour de table pour nous financer. C’est très encourageant mais nous avons gentiment décliné parce qu’à ce stade, cela ne nous semblait pas nécessaire ni même souhaitable.
Par ailleurs, travailler dans l’Internet permet d’atténuer la distance et les frontières car nous savons déjà que le monde est plat. Nous serions bien incapables de faire la même chose dans le secteur automobile ou de la santé, par exemple. C’est d’ailleurs quelque chose qui fait relativiser la qualité de tout entrepreneur et te donne un regain d’humilité si, parfois, tu commences à en manquer.
Enfin, notre vision est claire. Nous savons exactement ce que nous voulons faire d’APICube et sommes déjà prêt à changer notre itinéraire en cours de route pour peu qu’à la fin, nous soyons là où nous avions décidé d’aller. Tous les chemins mènent à Rome et la vraie décision d’un entrepreneur est de choisir d’aller à Rome plutôt qu’ailleurs.
Ne croyez pas que je prenne cette aventure à la légère ou qu’il y ait une quelconque désinvolture dans ma démarche ; je suis très concentré et APICube m’empêche déjà de dormir lorsque je travaille sur un point particulier… Mais je considère cette aventure comme beaucoup moins risquée que si j’avais décidé d’ouvrir une boulangerie dans mon village, ce dont je me sens bien incapable. Comme tous ceux qui se lancent, je suis également déjà préparé à essuyer un échec si nous ne sommes pas à la hauteur et vous ne me retrouverez pas pendu à un arbre pour autant car au final, ce n’est que du business. Je suis très confiant dans nos chances de succès mais le risque existe toujours et le nier n’aide pas à l’éliminer.
Je file préparer mes bagages et passer quelques heures avec ma famille, et notamment Aurélia, ma petite princesse dont ce sera l’anniversaire dans quelques jours et qui passera 8 ans. Nous l’avons déjà fêté et devrions recommencer dès mon retour, mais la serrer dans mes bras a quelque chose que Skype ne remplace pas




22 septembre 2010 à 16:15
bon vent à APIcube !!!
(mais où va-t-il chercher tout ça?)
22 septembre 2010 à 16:17
Encore un article qui donne de l’énergie ! Bon courage et bonne chance pour cette nouvelle aventure !
22 septembre 2010 à 16:26
nous suivrons cela de près
tous mes voeux de réussite les plus sincère .
And i follow @apicube, of course!
22 septembre 2010 à 16:31
Merci les amis !
22 septembre 2010 à 16:35
Longue vie à APICUBE, tous mes voeux de réussite à vous les amis…. et bonnes côtes de boeuf chez les Pumas. Je surveillerai ça de près sur @apicube !
22 septembre 2010 à 16:38
plus de 1000 fois d’accord avec vous surtout la notion des corbeaux (on a les notres)
22 septembre 2010 à 16:44
Safe travel my friend.
Une petite voix me dit qu’APIcube va être pas mal occupée dans les 6 prochains mois
22 septembre 2010 à 17:15
Même si cela n’est pas toujours du meilleur goût : Je vous dis merde; et surtout bon courage et pleine réussite.
22 septembre 2010 à 17:26
@Vincent Merci ! Je n’en peux plus d’attendre pour gouter ces cotes de boeuf de légende !
@florianseroussi Thanks partner ! J’espère que nous saurons satisfaire cette petite voix
@Jeremie Merci infiniment !
22 septembre 2010 à 18:55
Bon voyage et donnez nous vite des news d’APICube entre 2 côtes de boeuf !
22 septembre 2010 à 19:37
tu diras quand même à François que s’il se promène comme ça à Buenos Aires, il finira en asado avant Noël…
22 septembre 2010 à 22:24
Bon voyage et bonne aventure!
nous ramene pas un illustre inconnu génial au ST s’il te plait le match contre l’USAP est pour bientot!
23 septembre 2010 à 0:13
Eclates toi bien en Argentine alors ! Et bienvenue à APICube, j’espere que cette nouvelle société sera bien occupée en effet !!! (et l’automobile c’est pas si mal que ça. c’est pas simple, mais c’est pas si mal…)
23 septembre 2010 à 5:57
Bonne chance pour ces nouvelles aventures.
Du coup on se demande déjà ce qu il y a derrière API cube .
Application Pour Ipad peut être
23 septembre 2010 à 6:24
Bon voyage, et bon lancement à vous deux.
23 septembre 2010 à 7:22
Le plus gros risque est que tu vas te faire au bife de lomo – le sommet de la viande rouge ! – et qu’en rentrant tes papilles ne voudront plus des cotes de boeuf françaises
23 septembre 2010 à 8:24
Merci à tous pour vos encouragements !
@Fred : Ce n’est pas avant Noël, c’est avant que je parte !
@Bengalolo : Si je trouve le nouveau Juan Martin Hernandez, je le ramène au Stade Toulousain
@Clem L’automobile, c’est très bien… sauf que je n’y connais rien et que je laisse ça aux experts, comme toi, par exemple
@Thierry Pas très loin, mais c’est encore plus simple que cela.
@Xuoan Je sais qu’il y a un risque sur ce point. Je ne l’ai pas abordé dans ma note car je suis prêt, à mon retour, à me sacrifier en continuant à manger des cotes de boeufs de chez nous pour aider les éleveurs français, et ce, quoi qu’il en coute. #fakeabnegation
23 septembre 2010 à 8:39
je vous ai trouvé un logo :
http://www.packagintendence.com/wp-content/gallery/mai/apericube.jpg
avec le R en moins ça le fait ?
ça promet d’être sérieux c’te boite, tiens
23 septembre 2010 à 9:44
Bravo Pierre Olivier et bon vent ! Construire de beaux projets tout en vivant ses passions, profiter de la liberté que confrère le statut d’entrepreneur pour vivre de belles aventures humaines et oser découvrir de nouveaux horizons… Belle source d’inspiration que tout cela !
23 septembre 2010 à 17:59
Peux tu préciser ce que signifie « bootstrapper » pour un beotien comme moi ?
Tous mes voeux de réussite dans cette nouvelle aventure.
24 septembre 2010 à 10:07
Le nom déjà est ULTRA génial et il y a beaucoup de chose positive dans ce nom. Il y a aussi beaucoup d’énergie dedans.
J’ai participé il y a longtemps à une agence dont le nom était API agence pyrénéenne d’images. Un tout petit truc entre copains mais qui à fait de très grande chose pendant de longues années jusqu’à ce nous ayons pris des routes différentes.
Il nous manquait juste surement le CUBE pour que cela existe encore. Le cube représente l’élément premier de la construction, et le API la ruche des apiculteurs un tas de symbole tous positifs… longue vie à ton bébé !
25 septembre 2010 à 0:07
@Pierre Bootstrapper, c’est démarrer une entreprise quasiment sans fonds propres ni investisseurs. C’est, par définition, un mode de lancement très répandu dans l’Internet, d’autant plus depuis qu’il ne faut plus que quelques euros pour mettre la maquette d’un service Web sur le marché.
J’aime ce fonctionnement car il es bourré de vertus, notamment le fait qu’il t’oblige à te concentrer sur l’essentiel et à rester aussi créatif que réactif. Le défaut est qu’il ne s’applique pas à tous les business (pas le tien, par exemple) et qu’il peut être dangereux pour les activités qui ont besoin de se développer très vite pour des raisons de compétition. A part cela, je n’y trouve que des avantages.
Si tu veux en savoir plus sur le terme, la bataille de son origine fait encore rage entre informatique et Baron de Münchhausen
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bootstrap
@Tous Je me répète mais merci encore pour vos encouragements. Cela donne la pêche
25 septembre 2010 à 6:41
Bonne chance pour cette aventure, bon voyage et bonne côte de bœuf!
25 septembre 2010 à 17:16
bonne chance Pierre-Olivier ! Dans l’attente de news sur @apicube
25 septembre 2010 à 17:46
@PJ Pour la Cote de Boeuf, c’est fait… Je t’invite à jeter un oeil à ma toute dernière note
@WillyBraun Merci !
26 septembre 2010 à 0:48
Bonjour
Je comprend pas tellement votre modèle que vous souhaitez développer en Argentine
Quel secteur d’activité ?
Dans quelle ville ?
Type des clients recherchés ?
Je connais bien ce pays ,ma femme est argentine
Concernant la bouffe la viande est excellente ainsi que la dimension des restaurants et la grande qualité des vins est très très bonne
Laissez moi quelques infos,mes conseils sont strictement gratuits et sans publicités,ni spams
26 septembre 2010 à 4:54
@Lerma C’est normal que tu ne comprennes pas, j’ai fait exprès de ne pas en parler
Merci pour l’offre de conseil ; le moment venu, cela pourra être très utile…
10 octobre 2010 à 22:54
Bravo pour l’envie de toujours avancer et la ténacité.
Ça fait vraiment du bien de lire des posts comme celui-ci.