Entries from mai 2010

Live Tweet de la Finale du Top 14

J’ai eu la chance de passer la journée à Roland Garros mercredi – le jour des grands enfants – avec @laouffir et l’équipe de @francetvdirect qui couvre le tournoi sur Twitter et Facebook. Cela va faire l’objet d’une note entière car on a vu des tonnes de trucs assez géniaux, notamment sur le plan technologique, dont j’aimerai vous parler. Juste pour vous mettre l’eau à la bouche, @francetvdirect expérimente un prototype de Télévision Holographique et autant vous dire que ça calme un peu le geek que je suis :-)

Au-delà du dispositif technologique, des rencontres magiques et des balles supersoniques (vous noterez au passage l’effort de rédaction de ce début de phrase), nous avons évoqué le LiveTweet que j’avais animé lors du France – Angleterre qui avait vu l’équipe de France faire le Grand Chelem. C’était une expérience assez extraordinaire que j’avais adoré. Vous pouvez retrouver un compte rendu sur cette note de l’époque. De fils en aiguilles est arrivé ce qui devait arriver : nous avons évoqué l’idée de recommencer ce week-end, pour la finale du Top 14.

Ce sera un match exceptionnel, qui va opposer l’USAP, tenant du titre et auteur d’une saison remarquable à l’ASM, le challenger multi-récidiviste le plus malheureux du titre de l’Histoire du rugby français emmené par un Morgan Parra incroyable de maturité et affamé de titres.

Après avoir checké avec @stephaniecarles que c’était possible (vous avez compris qui est le boss ici ;-) ), j’ai accepté avec plaisir pour 3 raisons principales.

La première fois, j’ai pris énormément de plaisir à faire cette opération avec l’équipe de France Télévision. Tout ce qui gravite autour des Medias Sociaux les passionnent comme moi donc du coup, ils font le maximum pour que cela se déroule dans les meilleures conditions possibles.

J’ai adoré les échanges avec des tonnes de fans de rugby que je ne connaissais pas… et je suis resté connecté avec bon nombre d’entre eux. Cette expérience était un bon moyen de découvrir des personnes très sympa qui sans ça, n’auraient sans doute jamais croisé mes réseaux.

Pour quelqu’un qui s’intéresse aux communautés sur Internet, pouvoir piloter le compte @france2tv lors d’un tel événement pour essayer de cristalliser les vibrations de plusieurs milliers de rugby addicts est une expérience absolument unique. Je serai prêt à payer pour recommencer…

Alors voilà ce qu’il va se passer.

Cette fois, je vais piloter le compte @francetvdirect de 20h15 à 23h environ, en fonction des événements. C’est un nouveau compte créé par France Télévisions pour couvrir les événements exceptionnels. En ce moment, ils nous font vivre Roland Garros de l’intérieur avec une énorme interaction avec les followers du compte, des images des coulisses, des peoples, des cadeaux à gagner… Bref, la convergence naturelle entre TV et Internet devient presque tangible. Ils devraient donc me passer la main demain après les matches de tennis de la journée, vers 20h.

J’ai discuté mercredi avec Mathieu Lartot, le Monsieur Rugby de France Télévisions qui va commenter la finale demain soir en compagnie de Fabien Galthié pour en savoir un peu plus sur le dispositif, leur conducteur, etc… même si cette fois, je voudrais mettre l’accent sur le partage et l’émotion plus que sur la « technique ».

Je crois qu’Internet en général et Twitter en particulier rapprochent les gens et les fédère autour de sujets ou de valeurs communes. La finale du Championnat de France de Rugby est un moment magique qui vient, pour les meilleurs, couronner toute une saison d’efforts et de sacrifices. Les deux équipes sont magnifiques et méritent de gagner, après un parcours brillant dans le plus relevé des Top14 que nous n’ayons jamais connu. Je n’aurais pas la possibilité d’être au Stade de France pour des contraintes logistiques, mais j’aimerai partager cet événement avec tous ceux qui le voudront, juste pour le plaisir de vibrer ensemble. Si vous tweetez des photos sympa, je pourrais les relayer, on pourra argumenter, chambrer, encourager, commenter… Bref, vous serez tous dans mon salon ;-)

Pour ce qui est du choix d’un Hashtag officiel, je propose que l’on garde simplement #top14 puisque c’est forcément le plus légitime.

La bonne nouvelle, c’est que tant que j’y étais à discuter avec la Dream Team de France Télévisions, j’ai fait mettre de coté des tonnes de petits cadeaux sympa à offrir pendant le match sans beaucoup plus d’ambition que de passer un bon moment.

D’ailleurs, puisqu’on en parle, autant commencer tout de suite :-D

Envoyez aussi souvent que vous le souhaitez ce tweet à l’identique, en fonction de l’équipe que vous supportez :

Sympa @francetvdirect de LiveTweeter la Finale du Top14 en pleine couverture de Roland Garros mais obligez @pocarles à tenir pour l’USAP

ou

Sympa @francetvdirect de LiveTweeter la Finale du Top14 en pleine couverture de Roland Garros mais obligez @pocarles à tenir pour l’ASM

Demain, vers 19h, je compterai quelle équipe a le plus de soutien de votre part – vous pouvez envoyer le tweet plusieurs fois si vous voulez – et j’offrirai à 2 de ses supporters tirés au sort (1 tweet à l’identique vaut pour 1 voix), un petit cadeau vraiment sympa (ne vous emballez pas, ce n’est pas une place, je n’en ai plus !).

Il ne fait aucun doute que cela devrait également influencer – très légèrement – mes tweets en faveur de cette équipe, le Stade Toulousain étant absent de la rencontre, ce qui me laisse pour l’instant très indécis sur l’équipe que j’ai envie d’encourager :-)

Bien évidemment, tout ça va se passer sur le compte de @francetvdirect donc commencez déjà par le suivre, sinon, ça risque de ne pas être simple !

Voilà, si d’ici là, vous avez des bonnes idées et que c’est réalisable dans les temps et le budget (je n’en ai pas :-) ), je suis preneur ;-)

Gagnez 2 places pour la Finale de HCup !

Il y a quelques semaines, grâce à @france2tv, j’ai eu l’occasion de faire gagner 2 places pour la finale de HCup, c’est à dire, la finale de la Coupe d’Europe de Rugby. C’est @cafefroid et @mar1e qui avaient remporté le concours.

Hier, c’est @overblog qui m’a gentiment ouvert son édito pour que je puisse présenter ma vision et mon enthousiasme pour ce match. Merci à eux pour cette expérience sympa… et bienvenue aux quelques centaines de visiteurs qui sont sans doute arrivés par là ;-)

Il se trouve qu’Adidas vient de me proposer 2 nouvelles places et que je ne peux pas être à Paris ce week-end. Je rentre d’un long séjour aux Etats-Unis et je serai à Paris une grande partie de la semaine prochaine pour le Microsoft Bizspark European Summit, pour Roland Garros et une série de rendez-vous. Comme j’aimerai aussi que mes enfants ne me disent pas Monsieur quand ils me voient, je vais donc éviter de passer mon week-end sans eux :-)

Vous avez sans doute déjà entendu parler d’Adidas. Ils font pleins de choses pas mal pour que les sportifs puissent faire du sport dans de bonnes conditions.

Comme ils sont bien impliqués dans le rugby, ils font aussi des choses sympa, comme organiser une séance de dédicaces à l’Adidas Store des Champs Elysées avec quelques joueurs dont les noms devraient vous dire quelque chose : Jonah Lomu, Doug Howlett, Ronan O’Gara, Brian O’Driscoll et Lionel Beauxis.

Au-delà du coté sympa de rencontrer quelques unes des plus grandes gloires du rugby mondial, l’intérêt est que cette séance n’a pas été « lourdement annoncée » donc vous devriez avoir une bonne chance de pouvoir échanger quelques mots avec l’une ou l’autre de ces légendes sans devoir marcher sur des centaines de personnes avant. Cela aura lieu Samedi matin, de 10 à 11h30.

Revenons-en à nos places : J’en ai deux à offrir… et voici comment vous pouvez les gagner.

Laissez un commentaire sympa en expliquant pourquoi vous supportez Toulouse ou Biarritz. Plus c’est passionné, plus c’est enthousiaste et/ou plus c’est drôle, mieux c’est.

Vous devez le laisser avant 17:00 demain vendredi, sinon il ne sera pas pris en compte. Dès que possible et au pire en début de soirée, (désolé, mais j’ai un gros planning demain), je ferai un tirage au sort pour un supporter de Toulouse et un autre pour un supporter de Biarritz. Ainsi, je vais forcer 2 fans de rugby à se rencontrer et partager leur passion, ce qui me semble bien dans l’esprit même si on aime souvent y aller avec un copain. Ouvrez-vous l’esprit, c’est une fantastique occasion de rencontrer une autre passionné comme vous ! ;-)

Bien-sûr, si vous supportez un petit club comme Clermont, Castres, l’USAP, Oloron Sainte-Marie, le Racing, etc… vous pouvez simplement déclarer votre respect à l’un des 2 clubs finalistes à votre convenance et vos chances de gagner seront identiques à celles des supporters des très grands clubs européens comme Toulouse :-D

Le tirage au sort sera fait par mon fils qui aura 2 ans dans un mois, donc qui ne sait pas encore lire et qui s’en tape, pour éviter toute contestation. Les places seront à retirer avant le match (parce qu’après le match, c’est très con ! :-) ) en donnant son nom et présentant une pièce d’identité à l’Adidas Store des Champs Elysées.

Sachez que si vous ne gagnez pas ou si vous ne voulez pas y aller avec un supporter de l’autre équipe parce que vous débutez dans la passion pour le rugby, il vous reste encore 12 chances : Un jeu concours « L’expérience Rugby by Adidas » a lieu du 19 au 21 mai pour gagner 12 lots de 2 places pour la finale de la HCup. C’est un jeu concours avec bulletin de participation sur lequel vous devez répondre à une question (que je ne connais pas).

Si avec tous les efforts que je fais pour vous, vous n’allez pas voir cette finale et supporter le Stade Toulousain les deux équipes, c’est que vous devez rentrer d’un long déplacement à l’étranger et que vous avez beaucoup trop de boulot pour négliger encore un peu plus votre famille ;-)

Please RT ;-)

Auteur invité : Philippe Couzon. Spécialiste des Communautés en ligne, je connais Philippe depuis assez longtemps maintenant. Nous avons passé quelques heures à débattre, notamment lorsque j’étais très impliqué sur le marché des Univers Virtuels. Je vous assure qu’il gagne vraiment à être connu car sa générosité transparait dans ces articles comme dans les échanges que vous pourriez avoir avec lui. Au-delà de la gestion de Communautés en ligne, Philippe est généralement de tous les combats dès qu’il s’agit de promouvoir la thématique du Développement Durable. Vous pouvez le retrouver sur son blog ou le suivre sur Twitter.

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Je m’incruste sur ce blog le temps d’un billet puisque Pierre-Olivier nous y invite

Il y a quelques temps, Eric Calmels disait qu’il n’y avait plus besoin de faire du sport. Mon sujet sera un peu éloigné. Pas de secret sur les passeurs de cassoulet de Miami, non plus (franchement, vous croyez que Pierre-Olivier pourrait survivre aux Etats-Unis seulement avec des burgers et des tranches de pastèque ? ;-) ).

Pierre-Olivier vous parle de temps en temps de Twitter et, si vous êtes là, il est probable que vous utilisiez ce service de micro-blogging. Je ne vais donc vous parler que d’une de ses applications : le retweet, plus communément désigné sous l’acronyme « RT ».

Le RT est sans doute la chose la plus géniale des inventions et, malheureusement, elle n’est pas assez pratiquée (bien que j’y contribue activement ;-) ).

Pour bien faire comprendre mon point de vue (forçons le trait pour être bien compris ;-) ): le RT est à la base de la civilisation moderne, tout simplement. Les premiers à avoir retweeté sont les moines-copistes. Avec un peu plus de 140 caractères, d’accord, mais avec déjà plein de twitpics, euh, d’enluminures. Sur Twitter, c’est le partage qui est la règle, qui le vecteur de popularité de l’outil. Un peu comme le cinéma et la musique ? ;-)

Pourquoi retweeter ?

Un peu de poésie : le retweet est au tweet ce que le vent est à la feuille : c’est grâce à lui qu’elle nous parvient. Le retweet permet d’avoir les informations, les mèmes. Le retweet diffuse de la culture, et n’est pas sans rappeler la conférence à TED de Nicholas Christakis sur l’influence du réseau. Que vous retweetiez rapidement ou un peu plus tard, l’important est de continuer à porter les informations. Parfois, d’ailleurs, en reprenant et en retweetant un vieux tweet (c’est à dire un tweet de quelques heures ;-) ), vous permettez à d’autres cercles d’avoir accès à celui-ci.

Mais, tout aussi important, vous êtes humains (la plupart de vous, en tout cas, je sais bien qu’il y a quelques bots qui trainent ;-) ), vous avez une conscience. Vos retweets ne sont pas automatiques. Ils passent à travers le filtre de vos pensées, de vos intérêts, de ce qui vous parait important ou non. Vous y ajoutez un peu de vous, soit en réécrivant, soit en ajoutant des informations, soit en commentant, soit juste par le fait que ce soit vous qui retweetiez.

Cela a du sens pour vous, votre réseau, la twittopshère :
Pour vous, cela signifie que vous communiquez plus de choses, plus d’informations. Que vous devenez plus intéressant, donc ;-) C’est aussi une façon de vous faire connaître, de dire quels sont vos centres d’intérêt !
Pour votre réseau, cela signifie une meilleure connaissance des sujets qui vous passionnent, sur lesquels vous communiquez.
Pour l’ensemble de la twittosphère, cela signifie de meilleures recherches, de meilleures veilles, et donc un renforcement de l’utilité du micro-blogging.
Convaincus ? Alors, twittos de tous les pays, retweetez vous et tweetez vous les uns et les autres ! :-)

Please, RT ;-)

Retour en France…

Décidément, je suis un grand torturé qui a besoin de conceptualiser ce qu’il fait…

Demain, je reviens en France retrouver avec plaisir en premier lieu ma famille, mais aussi bien d’autres choses que j’aime dans notre beau et vieux pays. Pourtant, dans un meme temps, je quitte avec immensément de regrets la Floride où je me sens tellement bien, sur le plan personnel comme professionnel.

Le monde est immense et, malgré tous mes voyages, je n’en ai pas effleuré le millième, à peine perçu la quintessence d’une diversité et d’une richesse que 1000 vies d’Homme ne permettraient pas d’explorer à fond. Je me dis qu’il doit exister des tonnes d’endroits sur terre où je pourrais me sentir bien et découvrir de nouvelles choses. Cela me déprime de penser que ce ne sera pas possible et que je devrais faire l’impasse sur autant de beauté et de découvertes qui ne s’offriront jamais à moi quoi que je fasse.

Je crois qu’il faut vivre quelques temps à un endroit pour en saisir la réalité. Notre passage à Palm Beach, il y a quelques mois, mon enfance à Albi il y a si longtemps déjà, quelques années à Paris, à Tours ou à Toulouse m’ont apporté beaucoup, m’ont fait, m’ont forgé… mais comment vivre vraiment dans tellement d’endroits que je pourrais aimer ?

Je quitte Miami à regrets… et retrouve Toulouse avec bonheur. La semaine prochaine, je serai à Paris et il me tarde vraiment. Il y a tant d’endroits où l’on peut trouver une forme de bonheur, quelques heures ou quelques années, que j’enrage de ne pas pouvoir les vivre pleinement tous en compagnie de ceux que j’aime.

Demain, si le nuage de cendres le veut bien, je m’envolerai pour Toulouse…

Bootstrapping et Levée de fonds

Depuis quelques jours aux Etats-Unis, j’ai essayé d’enchainer les rencontres avec des entrepreneurs et autres acteurs du business Internet. Cela m’a notamment permis de faire quelques belles découvertes, comme un entrepreneur français basé à Miami avec qui je sens que j’ai pas mal d’affinités… et avec qui je vais d’ailleurs essayer de travailler un peu ;-)

Comme souvent, après un premier tour des derniers événements dans l’Internet, les discussions tournent rapidement autour du développement de start-ups. Je n’étais peut-être pas très attentif auparavant, mais il m’a semblé qu’une tendance se dégageait ces derniers temps et commençait à faire consensus.

La majorité de entrepreneurs que j’ai vu sont, comme moi, adeptes du Bootstrapping, c’est à dire d’un mode de gestion de l’entreprise basé sur la frugalité d’une part et un très gros focus sur l’essentiel d’autre part. Exit donc les beaux bureaux, les MacBookPros de dernière génération et les déplacements à la rentabilité hypothétique : place à l’optimisation du moindre euro disponible…

J’ai notamment rencontré hier un entrepreneur qui a décidé d’être basé vers Coconut Grove, au sud de Miami, principalement parce que beaucoup d’autres développeurs y sont et que l’entraide est de mise. Chacun va offrir un peu de son temps et de ses compétences gratuitement, en échange du service inverse. Je pense qu’ils devraient rapidement la rebaptiser Coconut Valley :-)

Si le bootstrapping vous intéresse, je vous recommande la lecture de Getting Real, l’excellent livre de @jasonfried, le fondateur de 37 Signals. C’est un véritable guide sur le sujet, écrit avec une forme d’arrogance certaine, mais leur trackrecord étant ce qu’il est, il plaide pour eux et le fond reste de très grande valeur.

Le bootstrapping me semble donc gagner encore plus de terrain, non seulement par nécessité mais aussi par choix.

Qu’en est-il alors des levées de fonds ? Pour la première fois, j’ai constaté une vraie tendance à ne pas souhaiter lever de capitaux, du moins, pas auprès de VC. Bien-sûr, la crise est passée par là et a rendu l’opération bien plus difficile et longue qu’auparavant, mais je crois que ce n’est pas la seule raison.

D’une part, l’arrivée d’investisseurs est le début d’une forme de contrôle avec une nécessité de justifier ses décisions, tout du moins de les défendre. Cela peut paraitre très sain, mais c’est aussi très chronophage… Partager ses idées est culturel dans l’Internet donc vous pouvez trouver des « miroirs » qui vous donneront un avis sur vos choix et vous challengeront uniquement quand vous le jugerez utile et non quand votre devoir de dirigeant vous imposera un reporting.

D’autre part, les levées de fonds, notamment en amorçage ou avant que la preuve du concept ait été faite, se font généralement sur des valorisations qui sont ni méthodiques, ni pragmatiques. C’est donc le fruit d’une discussion – trop – longue et animée entre l’entrepreneur et l’investisseur, qui relève de la négociation pure… Or, beaucoup d’entrepreneurs sortent frustrés de ces échanges comme de l’attente interminable quand on est sur le front tous les matins. J’ai croisé plusieurs personnes qui avaient finalement refusé des offres simplement parce qu’ils préféraient rester concentrés sur le service, « petits » mais chez eux.

Les Business Angels sont mieux accueillis que les VC, alors que leurs moyens sont bien plus limités. La raison principale est que les entrepreneurs sont finalement plus en recherche d’accompagnement, de réactivité, de réseaux ou d’expérience que d’argent… et ils croient mieux percevoir cet apport auprès de leurs pairs, généralement entrepreneurs eux-mêmes. Il est vrai qu’avec 50 ou 100KE, on peut commencer à créer un service et, peut-être même, faire la preuve de sa valeur et de sa rentabilité potentielle, donc l’argent n’est pas forcément une priorité.

A la fin du chemin, je m’aperçois qu’en mixant bootstrapping et auto-financement, beaucoup d’entrepreneurs font un choix de vie plus qu’un choix de gestion. Certains m’ont avoué qu’ils étaient conscient que leur société ne serait jamais une des stars de la Valley et qu’ils ne feraient sans doute pas d’IPO… mais que cela ne leur posait pas de problème particulier, leur volonté de bâtir des sociétés qui soient porteuse de valeur pour leurs clients comme pour leur staff – et que cela leur permette simplement d’en vivre – primant sur le reste. Sans faire de comparaison déplacée, on retrouve un peu un état d’esprit d’artisan, celui que l’image d’Epinal associée nous renvoie et j’aime beaucoup ça.

Cela signifie-t-il que ce soit la fin des levées de fonds ou des VC ? Bien évidemment que non. Certains développements nécessitent des capitaux importants que l’auto-financement ne peut pas générer. La majorité des entrepreneurs sont conscients de la pollution que les VC vont engendrer mais mesurent mal leur puissance pourtant importante en termes d’accompagnement et de réseau.

Je crois que le modèle visant à aller lever sur la base d’un Keynote me semble avoir un peu de plombs dans l’aile. Par ailleurs, je crois que les VC devraient également commencer à reconsidérer leur mode de fonctionnement (ce qu’ils sont d’ailleurs majoritairement en train de faire) pour tenir compte de cette redistribution des attentes et de la concurrence des entrepreneurs qui se regroupent en fonds pour avoir une surface bien plus large.

A ce sujet, je reprendrai, un de ces jours, le concept de « tapis de bombes » pour lequel je milite chaque fois que je croise un fond car je crois qu’il a du bon à la fois pour le VC, l’entreprise et l’entrepreneur… mais il y a assez à dire pour que cela mérite une note à part entière :-)

Pour conclure, ceux qui me lisent souvent savent que je ne considère pas le fait de gagner beaucoup d’argent comme étant la finalité d’une entreprise. On a tous besoin d’être payés pour subvenir aux besoins de ceux qui nous sont chers, mais, une fois que cet aspect est sous contrôle, je crois que l’on a surtout besoin de faire des choses qui nous passionnent, de nous épanouir et d’aller au bout de nos idées… En ce sens, choisir le bootstrapping et l’auto-financement est sans doute le meilleur des chemins.

Développeur d’Application iPhone cherche un peu de Lumière

Il est temps que je vous sorte une note venue tout droit du pays des Bisounours… :-)

C’est presque une tradition dans l’informatique : Quand vous concevez une technologie que des développeurs tiers vont pouvoir utiliser pour bâtir de nouveaux produits ou services, vous leur donnez ce que l’on appelle une Road Map.

En fait, pour pouvoir les aider à préparer l’avenir, vous partagez avec eux votre vision technologique et vers où vous allez l’emmener dans les mois ou les années qui viennent. Beaucoup de grands leaders, comme IBM, Oracle ou Microsoft font ce genre de choses depuis des années.

Pas Apple… et son « Think Different » en devient un peu amer…

Apple fait des Keynotes où, devant nos yeux qui brillent d’excitation à la moindre annonce d’une prouesse démente qui permet de faire un copier-coller, nous apprenons tout ce que nous serons en mesure de faire dans les années qui viennent (enfin, dans les semaines qui viennent, plus précisément…). Bien-sûr, nous sommes déjà au courant par la rumeur qui fini tout de même par faire consensus avant le Keynote, mais quelques jours à peine de visibilité aléatoire sont à des années lumières d’une Road Map.

Pourquoi est-ce un problème ?

Tout simplement parce que nous n’osons pas investir sur certains terrains de peur de devoir payer très cher des développements qui vont apparaitre de façon native dans une future version de l’OS iPhone, donc gratuitement et pour tous, avant même que nous n’ayons eu la moindre chance de rentabiliser cet investissement. C’est un peu comme si on vous proposait à l’entrepreneur que vous êtes d’acheter un terrain, d’y construire un bel hotel et de l’exploiter pour le rentabiliser, sachant d’ores et déjà que l’Etat va venir vous le saisir, peut-être demain ou dans 6 mois, sans vous donner le moindre indice de la date de cette saisie. On ne peut pas dire que ça donne envie d’y mettre son argent, si ?

Si, en tant que développeurs tiers, nous ne pouvons pas investir avec une certaine visibilité – vous pouvez lire Sécurité – nous allons tout simplement moins ou pas investir du tout car le niveau de risque sera perçu comme trop élevé. Là où cela devient vraiment dommage, c’est que cet investissement devient généralement de l’innovation et cette innovation devient ensuite de la valeur ajouté pour les utilisateurs du monde entier.

Apple conserve la plus grande part de la capacité à innover sur le marché iPhone – iPad tout en contrôlant la distribution à la fois du matériel, de l’OS, des logiciels tiers, de la publicité et de la très grande majorité du contenu. On est loin d’un système ouvert…

Bien-sûr, ces produits magnifiques se vendent très bien et le cours de bourse d’Apple ne laisse pas planer l’ombre d’un doute sur la magie de leur stratégie, mais… cette omni-présence du contrôle me semble relever d’une forme d’anachronisme politique et social. Le fait d’ailleurs qu’Apple viennent de tomber sous le coup d’une enquête sur les lois anti-trust suite au changement des conditions d’utilisation du SDK pour bloquer les développements des applications qui ne seraient pas créées en « langage maison » en est un nouveau signe. Amusant de constater que l’une des marques qui incarne pourtant la branchitude absolue soit aussi éloignée des attentes du marché en matière d’engagement, de valeurs et d’éthique.

Apple, qui glisse lentement vers ce que le business fait de plus abject, dispose pourtant de formidables atouts : des produits exceptionnels, une image et une communautés parmi les plus puissantes au monde et un trésor de guerre en cash phénoménal. C’est assez pour avoir une véritable opportunité de changer le monde bien plus profondément et surtout positivement qu’ils ne le font déjà, en jetant les bases d’une économie assainie et éthique, ce qui n’est pas incompatible avec l’idée de gagner des fortunes… Je pense même que c’est un réel atout.

On reconnait parfois les leaders à leur capacité à prendre des décisions différentes de celles vers lesquelles la tendance et la masse les pousse, des décisions au caractère disruptif et à valeur d’exemple.

Pour commencer, le simple fait de publier une Road Map serait déjà une décision forte et allant dans ce sens. Cela nous permettrait, par exemple, d’arrêter de développer des applications iPhone en aveugle ou de conseiller un client sur les innovations à intégrer à son application sans prendre le risque qu’il nous prenne pour des idiots parce qu’Apple décide tout à coup de l’intégrer en natif dans l’OS.

Manifestement, Steve Jobs est un fantastique entrepreneur mais ce n’est pas – encore – le genre de leader qui se lèvera pour faire basculer l’industrie du coté positif de la Force.

Du coup, son « Stay Hungry » me semble résonner bien plus fort que son « Stay Foolish »…