Twitter et son écosystème
La nuit dernière, je me suis fendu d’un post assez long sur le blog de Digidust pour évoquer le Coming Out du business model de Twitter, enfin, surtout de sa plateforme de publicité. Vous trouverez cette note ici, mais accrochez-vous car c’est un peu long.

Maintenant, en suivant l’actualité récente, je me suis à nouveau posé la question que j’avais soulevé il y a quelques semaines sur la note « Twitter à de quoi faire peur » ici-même et dont les craintes se sont avérée plutôt justifiées au vue des derniers mouvements de Twitter.
En un sens, j’avais tort… car, au moins pour Loren Brichter, le développeur qui a créé Tweetie, Twitter représente bien une fantastique opportunité plus qu’une menace puisqu’ils lui ont racheté son client pour iPhone tout en lui offrant un job sympa au sein de l’équipe en plus du gros chèque. La question reste posée pour les autres, tous ceux qui n’ont pas été rachetés et ne le seront pas, c’est à dire le plus grand nombre.
Il y a quelques jours, Fred Wilson, VC très connu et early investor de Twitter a précisé que l’écosystème qui s’était créé autour de Twitter était là pour boucher les trous laissés en chemin par le service et trouver ainsi leur place. Toutefois, je n’y crois bien évidemment pas une minute dans le sens où les trous en question ne sont laissés aux développeurs tiers que tant que leur taille ne représente pas un enjeu. En d’autres termes pour grossir le trait, jamais Twitter n’aurait imaginé racheter un Client pour iPhone avant le lancement de l’iPhone et de mesurer son immense succès.
J’attend donc avec une certaine impatience les interventions de @biz et de @dickc, entre autres, ce soir à Chirp, qui visent d’une part à rassurer les développeurs tiers sur leur avenir (il y a un bel exercice de vente à réussir) et les inciter à poursuivre sur leurs « bouchages de trous », notamment en précisant les terrains qui ne sont pas stratégiques pour la startup donc laissés vacants aux développeurs tiers.
Toutefois, comme évoqué ci-avant, les trous non stratégiques le restent tant qu’ils ne deviennent pas des gouffres… et il semblerait qu’il n’y ait qu’un prime au seul vainqueur, pas de seconde place pour peu que la réalisation de ce « bouchage de trou » soit exemplaire sur le plan technologique ou ergonomique, si l’on en croit l’exemple de Tweetie.
Faisons le tour des trous qui n’en sont déjà plus : Clients Twitter pour iPhone, Clients Twitter pour Blackberry, Réducteurs d’URL, vraisemblablement les Web Applications avec la sortie d’une nouvelles interfaces plus puissante et ergonomique pour Twitter, plateformes de publicité faisant potentiellement de la nouvelle star TweetUp – annoncée 2 jours plus tôt – une nouvelle star quasiment mort-née…
Je vous laisse libre des conclusions sur le niveau de risque qui existe à bâtir son entreprise sur un socle que l’on ne maitrise pas, car c’est souvent un Win-Win qui est plus Win pour l’un que pour l’autre. Quand Apple renforce sa main-mise sur le marché des Apps Mobiles tournant sur iPhone et iPad, c’est exactement ce type d’équilibre de la Pomme essaye de faire pencher vers elle… et cela fait réfléchir




14 avril 2010 à 11:46
Je pensais naïvement que Twitter allait acheter Seesmic et leurs applications gratuites (web, desktop, mobiles), sauf que Seesmic n’avait rien pour iPhone/iPad et d’un autre coté qu’un Tweetie aurait bien pu rejoindre… Apple. Finalement Twitter développe son appli RIM/Blackberry et achète Tweetie iPhone et Mac (un outsider… payant (et modèle avec pub) !!). Moralité : faut pas essayer de jouer à madame soleil ni de se survendre
Il reste encore plein d’applis (pics, videos, urls etc) à greffer à twitter.
14 avril 2010 à 15:27
Perso , j’ai un peu de mal a dire ce que sera twitter dans 5ans, 10 ans . Si le système et tout son écosystème auront disparu, je reste quand même dubitatif sur l’avenir de la plateforme
15 avril 2010 à 9:43
@JM : Oui, il reste des tonnes de choses à faire, comme par exemple, travailler autour de l’analyse de l’information produite, des tendance, du Brand Monitoring, etc… et beaucoup sont déjà dessus sans que pour l’instant aucun leader n’émerge vraiment.
Au passage, je vous conseille la vidéo de @loic interviewé par @scobleizer qui indique quelques éléments de la stratégie de Seesmic et qui est la preuve que @loic est vraiment un excellent entrepreneur (c’est quand ça va mal qu’on le mesure, pas quand tout se transforme en or !).
http://scobleizer.com/2010/04/14/the-seesmic-squeeze-how-a-company-responds-to-market-changes-in-twitters-ecosystem/
21 avril 2010 à 10:59
Ce qui est très intéressant c’est que bien que Facebook et du coup maintenant Twitter soient décriés les usages s’amplifient. Facebook concentre depuis longtemps plein d’outils – à eux et applis externes – « dans » son interface et twitter en dehors. Combien de clients externes à twitter : trop ? Combien à Facebook : peu (et je suis persuadé que l’appli Facebook doit être une des plus utilisées et le sera aussi sur iPad).
21 avril 2010 à 20:37
@JMO : L’Appli Facebook est l’une des plus grandes réussites de l’AppStore et c’est devenu une référence sur l’ergonomie et la navigation. Elle a tué la concurrence dans l’oeuf.