Entries from avril 2010

Twitter et son écosystème

La nuit dernière, je me suis fendu d’un post assez long sur le blog de Digidust pour évoquer le Coming Out du business model de Twitter, enfin, surtout de sa plateforme de publicité. Vous trouverez cette note ici, mais accrochez-vous car c’est un peu long. :-)

Maintenant, en suivant l’actualité récente, je me suis à nouveau posé la question que j’avais soulevé il y a quelques semaines sur la note « Twitter à de quoi faire peur » ici-même et dont les craintes se sont avérée plutôt justifiées au vue des derniers mouvements de Twitter.

En un sens, j’avais tort… car, au moins pour Loren Brichter, le développeur qui a créé Tweetie, Twitter représente bien une fantastique opportunité plus qu’une menace puisqu’ils lui ont racheté son client pour iPhone tout en lui offrant un job sympa au sein de l’équipe en plus du gros chèque. La question reste posée pour les autres, tous ceux qui n’ont pas été rachetés et ne le seront pas, c’est à dire le plus grand nombre.

Il y a quelques jours, Fred Wilson, VC très connu et early investor de Twitter a précisé que l’écosystème qui s’était créé autour de Twitter était là pour boucher les trous laissés en chemin par le service et trouver ainsi leur place. Toutefois, je n’y crois bien évidemment pas une minute dans le sens où les trous en question ne sont laissés aux développeurs tiers que tant que leur taille ne représente pas un enjeu. En d’autres termes pour grossir le trait, jamais Twitter n’aurait imaginé racheter un Client pour iPhone avant le lancement de l’iPhone et de mesurer son immense succès.

J’attend donc avec une certaine impatience les interventions de @biz et de @dickc, entre autres, ce soir à Chirp, qui visent d’une part à rassurer les développeurs tiers sur leur avenir (il y a un bel exercice de vente à réussir) et les inciter à poursuivre sur leurs « bouchages de trous », notamment en précisant les terrains qui ne sont pas stratégiques pour la startup donc laissés vacants aux développeurs tiers.

Toutefois, comme évoqué ci-avant, les trous non stratégiques le restent tant qu’ils ne deviennent pas des gouffres… et il semblerait qu’il n’y ait qu’un prime au seul vainqueur, pas de seconde place pour peu que la réalisation de ce « bouchage de trou » soit exemplaire sur le plan technologique ou ergonomique, si l’on en croit l’exemple de Tweetie.

Faisons le tour des trous qui n’en sont déjà plus : Clients Twitter pour iPhone, Clients Twitter pour Blackberry, Réducteurs d’URL, vraisemblablement les Web Applications avec la sortie d’une nouvelles interfaces plus puissante et ergonomique pour Twitter, plateformes de publicité faisant potentiellement de la nouvelle star TweetUp – annoncée 2 jours plus tôt – une nouvelle star quasiment mort-née…

Je vous laisse libre des conclusions sur le niveau de risque qui existe à bâtir son entreprise sur un socle que l’on ne maitrise pas, car c’est souvent un Win-Win qui est plus Win pour l’un que pour l’autre. Quand Apple renforce sa main-mise sur le marché des Apps Mobiles tournant sur iPhone et iPad, c’est exactement ce type d’équilibre de la Pomme essaye de faire pencher vers elle… et cela fait réfléchir :-)

Petits e-Commerçants

Je ne sais pas comment cela m’a pris, mais je voulais témoigner sur ce blog mon admiration pour les petits e-commerçants.

J’en connais quelques poignées et tous ont des histoires différentes ; toutefois, leur trait commun est une certaine forme de courage et de détermination à faire avancer leur petite entreprise contre vents et marées, installations de 3D Secure et pertes de référencement, défiance de grossistes et clients mécontents qui ne font pas de différence entre eux et Amazon…

Tous ceux qui se lancent à leur compte sont des entrepreneurs, que ce soit pour faire un peu de service à coté de leur job principal ou pour jeter les bases d’une futur multinationale, mais certains emprunte des chemins vraiment plus difficiles et ingrats que d’autres. Les métiers de l’Internet sont souvent réputés pour être plutôt sympa, très « propres » et loin du prolétariat tel qu’on en a l’image dans les usines. Pourtant, beaucoup des e-commerçants que je connais sont presque assimilables à ce type de statut. Ils continuent de travailler 70 heures par semaine depuis 3 ou 4 ans pour sortir un salaire de misère, parfois loin du minimum. Ces derniers jours, une des boutiques que j’aimais bien vient de fermer, sa propriétaire ayant jeté l’éponge après quelques années pas toujours simples… Une autre se pose des questions sur son avenir, à la fois trop grosse et trop petite, son propriétaire étant fatigué de ne pas trouver de chemin pour avancer encore… Et au milieu de tout ça, des dizaines de bien jolies boutiques se créent chaque jour grâce à des entrepreneurs très motivés par l’idée répandue (et colportée !) que vendre sur le Web, c’est facile. Heureusement, certains se débrouillent plutôt bien… et d’autres réussissent pleinement leur formidable pari !

Toutefois, la réalité de beaucoup, c’est que les journées passent entre doutes et questions de SEO et d’acquisition de trafic, ruptures de stocks qu’on ne peut pas sécuriser et emballage des colis avant 15h pour que la livraison soit aussi rapide que possible, doutes et choix des évolutions technologiques pour soutenir un site déjà dépassé, lutte contre les fraudes à la CB, doutes et négociation avec les fournisseurs pour rester compétitifs surtout les premières années, recrutement de stagiaires qui feront le boulot d’un employé que l’on ne pourrait de toute façon pas se payer, doutes et décisions sur les orientations à donner à son commerce ou à son marketing, recherche de nouveaux produits, doutes et question sur la conquête ou la fidélisation de sa petite communauté, doutes, doutes, doutes…

Au milieu de tout cela, que leur boutique marche bien ou pas se posent les questions des étapes critiques : je suis seul et débordé mais encore trop juste financièrement pour recruter mon premier salarié, ma plateforme e-commerce est dépassée et je dois changer de technologie… mais pour aller vers quoi, etc ?!?

Je suis réputé pour être une sorte de spécialiste de l’Internet, expertise qui m’est au moins apportée par mes premiers cheveux blancs si ce n’est par mes compétences. Toutefois, je ne connais finalement pas grand chose à cette discipline à part entière car l’Internet est un secteur très très vaste, dans lequel le e-commerce occupe une place énorme… Mais une place à part, réservée à d’autres types de spécialistes, des e-commerçants qui donnent à la fois toute leur importance au « e- » et au « commerçant ». Je ne doute pas que j’en sache beaucoup plus que les « gens normaux » dont je parlais dans une note récente sur l’iPad, mais ce vernis ne ferait pas de moi un bon e-commerçant pour autant.

Voilà, c’était un simple message d’encouragement à tous ces petits e-commerçants qui n’ont de petit que le nom et qui bataillent chaque jour pour tirer leur épingle du jeu… une manière de leur dire tout le respect et l’admiration que j’avais pour eux, juste comme ça, parce que ça m’a pris d’un coup ;-)

Pour ceux qui veulent visiter la Floride… ou y vivre !

Je ne vais pas vous refaire toute l’histoire mais globalement, ma famille et moi avons passé pas mal de temps en Floride, avant de rentrer en milieu d’année dernière. Cette expatriation a été pour nous une expérience extraordinaire qui occupe une place importante dans notre coeur, nos souvenirs… et nos projets :-D

Comme tout le monde, nous avons pourtant bien ramé au début, fait des erreurs plus ou moins lourdes de conséquences, tâtonné sur divers sujets comme les loisirs, l’école ou la nourriture… et malgré nos recherches, nous avons trouvé peu d’informations vraiment fiables sur ce que nous devions savoir avant de nous installer en Floride.

Ma femme s’est donc mise au travail et vient de lancer En-Floride.com. L’idée est simplement de capitaliser sur notre expérience pour la partager avec tous ceux qui voudront marcher sur nos traces et partir en Floride. Il n’y a pas beaucoup plus d’ambition que cela, mais ce sera déjà pas mal si on y arrive :-)

Stéphanie a beaucoup travaillé sur le sujet, ramené des milliers de photos, de vidéos et d’informations. Lorsque nous étions sur place, elle a vraiment sillonné le sud de l’Etat dans tous les sens, nous amenant d’expositions en événements culturels ou sportifs, en passant par quelques uns des plus jolis endroits de la région. De plus, elle a conservé pas mal de contacts sur place qui sont ses yeux et ses oreilles, un peu comme des envoyés spéciaux chargés d’actualiser ce qui doit l’être.

Voilà… Si vous envisagez d’aller passer quelques jours ou quelques années en Floride, je vous invite à faire un saut sur En-Floride.com, encore jeune et peu étoffé mais cela va très rapidement s’arranger, en espérant que vous y trouverez quelques informations utiles. Vous pouvez également suivre son compte Twitter @enfloride. Il est probable que vous ayez des questions qui ne sont pas encore traitées sur le site auquel cas vous pourrez les poser directement à Stéphanie via un commentaire ou le compte Twitter : elle fera de son mieux pour vous répondre ou vous guider vers les bons interlocuteurs.

Cet iPad dont tout le monde parle…

Vous noterez à quel point je suis devenu fort dans la tête : déjà plusieurs jours que l’iPad est sorti et pas la moindre mention sur mon blog ! Il y a une raisons à cela : J’ai laissé passer devant tous ceux qui en ont parlé, généralement en mal, sans même l’avoir vu :-)

Alors, je vais faire comme tout le monde en vous donnant mon avis : Pour l’instant, je n’en ai pas vraiment sur le produit en lui-même… mais je devrais être à Miami dans quelques semaines et j’y verrai alors plus clair. Vous trouverez ici un feedback de Florian qui me semble objectif.

En attendant, j’ai un avis sur le concept en lui-même. Je fais parti de ceux qui pensent que l’iPad – ou du moins, ses futures versions – changeront les usages des laptops comme l’iPhone l’a fait pour les téléphones.

Je base cette conviction sur une raison simple : les gens normaux n’utilisent pas leurs ordinateurs comme nous le faisons (je me mets dans le tas de tous ceux qu’on regroupe en général sous le terme de Geeks).

Les gens normaux consultent leurs emails de temps en temps, se tiennent informés, regardent la météo, vont sur le Web, écoute de la musique, achètent un tout petit peu en ligne et regardent des films… et l’iPad fait tout ça.

Les gens un peu moins normaux mais pas loin quand même vont sur Facebook retrouver leurs Ex et voir à quel point ils ont bien fait de ne pas rester avec tellement ils/elles sont moches et insolent(e)s de réussite familiale… et l’iPad fait aussi ça.

Les gens normaux ne veulent pas essayer d’installer un truc contre les virus, d’ailleurs, ils ne savent pas exactement ce qu’est un virus informatique, un malware, un adware… Ils ne se sentent pas malade ni susceptibles d’être piratés, fichés ou « phishés ». L’iPad les protège à peu près de tout ça.

Les gens normaux ne veulent pas savoir comment on installe un logiciel ; Eux, ils veulent juste l’utiliser quand ils en ont envie c’est à dire tout de suite. Je ne parle même pas de leur passion pour la mise à jour des logiciels ! Par contre, ils sont d’accord pour payer leurs logiciels, ils ne piratent pas beaucoup… Certains sont prêts à mettre 2 ou 3 euros par applications et même jusqu’à 7 euros pour acheter un logiciel vraiment top, à l’état de l’art. L’iPad et son ami iTunes font ça parfaitement.

Les gens normaux ne veulent pas réparer leur OS qui rame terrible depuis 3 jours, ils ne savent pas ce qu’est un OS. A la limite, ils veulent bien Restaurer leur iPad ce qu’ils considèrent d’ailleurs comme nous considérions le Reboot sous Windows vers la fin des années 90. Pas de soucis, l’iPad propose ça.

Les gens normaux font un peu de Skype et ont récemment découvert à l’occasion du voyage en Angleterre du petit dernier que la visio était un truc marrant, utile et gratuit. L’iPad fera ça très bientôt.

Ils se déplacent aussi assez souvent et n’aiment pas se perdre. Leur GPS et ses cartes moisies trop vieilles oublie systématiquement de leur dire que la DDE a fait un rond point là où il y avait un sens unique et que du coup, ils auraient du prendre le pont, il y a 10 minutes, ce qu’ils auraient su si leur carte avait été téléchargée à la demande, sans même qu’ils ne s’en préoccupent. L’iPad fera ça parfaitement…

Enfin, les gens normaux préfèrent ce qui est joli, léger et qui va super bien avec leur iPhone, plutôt que ce qui est lourd, moche et va super bien avec mon premier téléphone portable (Matra 2050, de mémoire). Ils veulent aussi pouvoir se déplacer sans se démettre une épaule, oublier de recharger la batterie mais pouvoir quand même regarder le mail de confirmation de leur vol sur lequel il y a ce satané numéro de réservation et être connectés partout tout le temps sans se soucier de leur forfait, des Wifi gratuits-pas-vraiment-gratuits, des Wifi qui marchent pas parce que leur voisin à l’hôtel passe la nuit sur YouPorn.com, des Wifi qui devraient marcher mais qui ne marchent pas à 12 euros de l’heure, etc… L’iPad devraient tôt ou tard répondre à tout ça.

Je ne connais pas beaucoup de gens normaux, disons que j’en fréquente peu par manque d’occasions, mais si j’étais normal, je crois que c’est comme ça que je réagirais. L’Internet ne serait pour moi qu’un simple outil, un truc super utile quand on s’en sert et rangé quand on n’en a pas besoin, un peu comme un marteau pour planter un clou.

Je me dis que les promesses de cet iPad équipé de l’OS4 (ou de ses futurs cousins du tonton Android) commencent enfin à ressembler à l’Internet pour les Nuls et j’adore cette idée car les Nuls en question, ce sont juste les gens normaux… Quand on baigne dans l’Internet depuis tout petit et que cela a changé votre vie, vous avez envie de partager cette bénédiction avec ceux qui vous sont chers, avec ceux que cela pourrait aider, avec ceux que cela sortirait d’une certaine forme d’exclusion sociale et culturelle parce qu’ils habitent trop loin des villes ou trop loin de ceux qui leur ressemblent…

Je n’ai toujours pas touché d’iPad mais comme beaucoup, j’ai déjà un avis… L’iPad sera est déjà un réel succès car il met l’Internet social et utile à la porté de tout le monde. Bien-sûr, il est encore un peu cher, mais déjà moins qu’un PC qui fait plein de choses dont les gens normaux se passent très bien et les prix vont rarement en montant sur ce genre de produits.

Disons qu’à présent, tous les espoirs sont permis ;-)

Focus… enfin, sur les fondamentaux !

Digidust et Stonfield me prennent tout mon temps… du moins, c’est ce que j’ai coutume de penser. Pourtant, à y regarder de plus près, j’en passe énormément sur d’autres sujets, plus ou moins liés au business.

J’ai regardé il y a quelques jours, très attentivement, la vidéo de Gary Vaynerchuck où il explique qu’il est assez fatigué d’être aussi actif et qu’il va arrêter tout ce qui ne relève pas directement de ses entreprises. La raison principale n’est pas liée à des difficultés sur ces projets, mais simplement à l’envie de s’y impliquer plus en avant, de continuer d’apprendre en prenant du recul et en lisant, de faire, d’être concentré, de devenir meilleur sur les domaines de compétences dont ses entreprises ont besoin, dont sa famille a besoin…

Cette vidéo a trouvé chez moi un réel echo car elle reprend exactement les réflexions que j’avais en tête une partie du week-end dernier. Je ne me compare pas à lui, ni dans la richesse de ses activités, ni dans le talent mais sa problématique est identique à la mienne. J’avais discuté avec lui à Paris, en compagnie de @vinvin et je me souviens que nous nous étions fait la réflexion qu’il nous avait accordé un peu de temps, très minuté mais pleinement et que s’en était presque drôle au final. J’avais vraiment aimé cette rencontre… mais il avait sans doute perdu son temps, du moins, celui qu’il doit à ses entreprises.

Il est très rare que je dise Non quand on me demande un service. D’une part, lorsqu’il s’agit d’un autre entrepreneur, c’est une simple question de solidarité. Je me souviens des moments de solitude que j’ai pu avoir par la passé, surtout lorsque j’ai commencé et du plaisir/bénéfice que j’aurais eu à avoir un « vieux » qui vienne me donner son avis ou me connecter avec telle ou telle personne. D’autre part, aller essayer d’évangéliser des dirigeants d’entreprises sur des sujets qui me passionnent est un réel plaisir, l’impression d’une grande utilité quand je vois à quel points ils pourraient profiter du changement de contexte amené par l’économie numérique.

Pourtant, je dois mon temps à mes sociétés, aux gens qui travaillent avec moi et donc, comptent sur moi, à mes associés qui m’ont confié de l’argent pour rendre tout ça possible, à mes clients qui ont placé leurs projets sous ma responsabilité pour que j’y apporte le meilleur de moi-même, à l’audience qui vient poliment m’écouter lorsque j’ai la chance de partager ce que je sais sur une scène, à l’Etat (et ses satellites) qui manque rarement l’occasion de venir me réclamer au centuple l’argent que mon éducation lui a couté…

Chaque fois que j’aide quelqu’un ou que je prend un call qui ne sert pas directement mes entreprises, ce sont quelques minutes à quelques heures que je consomme sur le plan économique, et le temps file si vite… mais ce sont aussi des gens que j’essaye plus ou moins adroitement d’aider, certain en ayant vraiment besoin semble-t-il. Ce n’est pas toujours le cas…

Une entreprise que je ne connaissais pas m’a un jour invité à venir parler de l’impact des Digital Enthusiastics sur les organisations d’entreprises, mais aussi sur leur approche de leurs marchés traditionnels… et ce qu’ils devaient faire, à mon sens, pour mieux s’y préparer. Parfait, j’ai deux ou trois trucs à dire sur le sujet et ça me passionne, d’autant plus que c’est au croisement des métiers de Stonfield et de Digidust. C’est après que cela se dégrade…

Ils n’avaient pas l’air particulièrement sympa, leur business me laissait froid et ils n’avaient pas la volonté d’apprendre mais plutôt de rendre sexy un cycle d’interventions (je parle des sujets, pas de speakers). Mais ils ont tout de suite su se rendre désirables à mes yeux. Outre leur manque d’intérêt réel, c’est à dire leur incapacité à envisager un plan d’action sur le sujet de mon intervention, ils me voulaient vraiment et ils m’ont d’ailleurs proposé de prendre en charge mes frais de déplacements (à leurs tarifs internes habituels : billet de train et Hôtel de coeur de Zone Industrielle inside).

En fait, l’idée était donc que je perde plus de 2 jours de mon temps dédié normalement à mes entreprises ainsi qu’une soirée avec ma famille et que je mette à leur disposition tout ce que j’ai appris après plus de 15 ans d’Internet (des milliers d’heures d’échanges, de projets professionnels, d’évangélisation, de pitchs, de rencontres, d’analyses, de voyages, de conférences, d’évaluations d’investissement, de lectures et j’en passe) mais aussi toute la passion que j’essaye de transmettre dans mes interventions (parce que tant qu’à parler à des gens, autant le faire avec énergie) pour avoir l’insigne honneur de « former » gratuitement 200 gars qui, à eux tous, ont un pouvoir d’achat supérieur au PIB du Mali… et qui, juste après le Keynote, se poseront la question existentielle du « Qu’est-ce qu’il y a au déjeuner ? » ou le « P’tain, ils nous parlent d’Internet et ils ne nous filent même pas un iPhone » ?!?

Non, je ne peux pas passer mon temps à faire ce genre de choses et je vais à présent dire Non beaucoup plus souvent. J’espère que ceux qui essuieront un refus auront l’occasion de lire cette note pour comprendre pourquoi et de ce fait, ne m’en tiendront pas rigueur.

En synthèse, si vous avez besoin d’un avis de ma part ou d’un Keynote…

Cas N°1
Vous êtes très sympa, fauché, enthousiaste, patient et vraiment déterminé à faire bouger les choses pour peu que j’arrive à vous convaincre, auquel cas, j’essayerai de vous aider dès que possible, si possible… mais j’essayerai sincèrement.

Cas N°2
Vous n’êtes pas plus sympa que la moyenne, pas fauché, pas patient et vous avez juste envie de moderniser le contenu des présentations faites lors de votre convention parce que parler de « Community Management, c’est trop hype ! », alors de deux choses l’une : Soit vous estimez que le temps que je vais passer sur votre question a de la valeur, auquel cas, je vous communiquerai le montant de mes honoraires au préalable (je parle du chiffre d’affaires de mes sociétés, il ne s’agit pas de me payer personnellement !) ainsi que le coût d’un déplacement éventuel, soit vous pensez que cela ne vaut que si c’est gratuit, auquel cas vous ne devriez pas confier le sort d’un sujet aussi important à quelqu’un que vous n’estimez pas suffisamment pour le payer.

J’ai conscience que le ton de cette note oscille entre arrogance et opacité… mais même si j’ai du mal à exprimer clairement ce que je pense, je vais essayer de le résumer en une seule phrase : Je vais continuer à essayer d’aider ceux que je pourrais quand je le pourrais pour peu qu’ils soient sincères et sympa mais cela ne se fera plus au détriment de mes sociétés ni de mon plaisir.

La liberté d’action des entrepreneurs n’a de réalité que pour ceux qui sont sans foi ni loi. Pour les autres, la majorité à mon sens, les responsabilités créent exactement le même type de lien de dépendance que la hiérarchie dans le salariat ou l’argent dans d’autres modèles ; c’est simplement la façon dont tout cela s’exprime qui diffère.

Je sais qu’elles sont mes responsabilités… et ce sont elles qui me gouvernent ;-)

10 enseignements du LiveTweet Rugby – Part 2/2

Maintenant, après ce récit très personnel de MON aventure pour vous donner le contexte de cette journée de LiveTweet Rugby avec France2, voici en vrac le Top10 des réflexions (ou Best Practices) que j’en ai retiré, certains étant des faits que j’ai pu valider et d’autres, des éléments qui ne m’avaient pas forcément sautés aux yeux auparavant.

Je ne crois pas qu’un Live-Tweet de cette envergure ait déjà été fait avant celui-ci (et les gens que j’ai eu la veille chez Twitter n’en avaient jamais vu non plus) donc il y a forcément deux ou trois enseignements utiles, au moins dans le domaine du Community Management rapporté aux grands médias et/ou aux événements sportifs.

1- Un LiveTweet d’une telle ampleur ne peut pas être fait sur le compte principal d’une chaine relativement généraliste. @france2tv a trouvé les faveurs d’environ 500 followers de plus… mais il s’agit là du delta entre ceux que le compte a accueillis et ceux qui se sont enfuis devant un tel flot de tweets sur le Rugby. Je pensais sincèrement que nous perdrions beaucoup plus de monde que cela, même si j’avais rassuré France 2 en leur expliquant que ce seraient sans doute les moins attachés à la marque, donc que l’impact sur leur communauté serait peu significatif. La très grande majorité des followers de @france2tv ont supporté que je vienne polluer leur Timeline, sachant que j’ai expliqué plusieurs fois pourquoi il y avait un tel flot de Tweets et surtout, j’ai donné une heure précise et pas trop lointaine à laquelle cela allait s’arrêter. Quelques personnes sont venues s’en plaindre, mais dès que j’ai échangé avec elles, elles se sont détendues… et n’ont d’ailleurs pas unfollowé le compte. Toutefois, pour une telle couverture et dans un tel contexte, il est préférable de disposer d’un compte dédié à ce genre d’opérations, comme @francetvLive par exemple, que l’on n’active que lorsqu’un événement est couvert en direct.

2- La couverture d’un événement aussi important demande la mise en place d’une infrastructure dédiée et professionnelle. Comme vous avez pu le lire, ma participation à cette journée était teintée d’un réel amateurisme car c’est ainsi que l’idée était devenue réalité. Toutefois, entre passion et envie de bien faire, nous avons élevé les ambitions pourtant modestes de ce LiveTweet sans pour autant pouvoir penser plus en avant le dispositif. Entrer dans le dispositif Média du Stade de France était déjà une performance… donc y déployer une équipe aurait demandé énormément de temps et d’énergie. Le plus gros de l’opération a été mis en place en moins de 48h ! Et encore, heureusement que je n’ai pas pu me rendre au Stade de France malgré l’accréditation que France 2 m’avait réservé car j’aurais été dans des conditions techniques catastrophiques pour assurer une telle couverture. Toutes les personnes qui m’avaient proposé leur aide sur place étaient vraiment de bonne foi et pleines de bonnes intentions, mais elles se sont fait elles-mêmes déborder par l’ampleur de l’événement sur place, devant en premier lieu assurer leur mission principale, ce qui est bien normal. Donc, le dispositif idéal aurait été qu’il y ait, sur place, un correspondant 100% dédié qui vienne alimenter en photos et infos exclusives, un ou deux LiveTweeters (voir plus loin), confortablement installés et connectés depuis un site distant.

3- Le concours de photo n’a pas fonctionné car il était basé sur l’idée de proposer aux followers de partager des photos prises sur le vif, depuis le stade ou ailleurs… mais en réalité, l’événement était tellement important pour les amoureux de rugby que tous ceux qui regardaient le match avaient autre chose à faire que de prendre des photos et de les envoyer. De plus, les 80 066 spectateurs du Stade de France ont anéantis les capacités 3G des relais téléphoniques alentours, rendant quasiment impossible tout upload. Nous avons tout de même trouvé 2 gagnants très méritants avec @mar1e et @cafefroid:-)
Il y a de la place pour ce genre d’idée, mais j’aurais du la soumettre à l’épreuve du pragmatisme avant de m’y lancer et d’y entrainer France Television, un peu sur mon enthousiasme. Il aurait également été utile de communiquer plus largement sur cette idée avant, mais comme je l’ai indiqué, tout cela s’est fait grâce à la passion d’une poignée de personnes, et notamment la fantastique équipe de Pikchur, sans être planifié ou prémédité.

4- Le sport et les grands événements sont propices à la mise en place de ce type de dispositifs. Il y a une véritable communion lorsqu’on parle de sport, avec de véritables fans passionnés et l’envie de partager ces grands moments est parfois irrépressible. Twitter comme, dans une moindre mesure, Facebook, est parfaitement adapté par son alchimie entre Réseau d’Information et Réseau Social. Je pense que les univers virtuels comme Second Life, par exemple, ont également cette capacité à rompre l’isolement et favoriser le partage autour de fédérateurs. Les grands médias ont tout à gagner à ouvrir le dialogue et à donner un réceptacle à cet engagement de leurs « téléspectateurs » (mot qui devient tout de suite très désuet dans une telle note !). Plus le temps passe, plus on souhaite être actif et non passif.

5- L’animation doit être confiée à une équipe mélangeant une maitrise totale des outils comme du sujet. Il est donc probable que nous allions vers des tandems (adaptés au dispositif du 2/ ci-dessus) composés d’un spécialiste de l’Internet social et d’un consultant maitrisant parfaitement le sport ou la typologie d’événement couverte. Ce tandem, du moins dans un contexte similaire à celui de ce LiveTweet Rugby, doit être mobilisé longtemps en amont et être intégré au dispositif global de couverture. Twitter peut être considéré dans ce cas comme un média qui n’est pas de masse (en comparaison avec l’audience télévisée) mais dont la puissance apportée par l’interaction naturelle avec des communautés plus ou moins larges et actives d’une part, et les fonctions sociales inhérente à l’outil d’autre part, lui apportent toute sa légitimité. Il suffit de regarder les buzz énormes que nous avons vu émerger ces derniers mois, suite à une simple étincelle sur Twitter, pour s’en convaincre.

6- S’engager, répondre à tous, être honnête et essayer d’aider ou d’apporter de la valeur à chaque individu… sont 4 des piliers du Community Management qui s’appliquent parfaitement à ce genre d’opération. Ce n’est pas une découverte mais une validation de plus. J’ai notamment reçu de nombreux messages après le LiveTweet me remerciant d’avoir mis autant d’humanité derrière le compte Twitter d’un grand groupe. Cette capacité à humaniser la relation entre une marque et ses communautés est clairement l’un des axes que les CMO doivent intégrer au plus vite dans leur stratégie marketing. C’est en allant vers les gens qu’on peut ouvrir le dialogue, bien mieux et plus vite qu’en restant passif. J’ai déjà évoqué la nécessité de répondre à tout le monde, mais là, il s’agit de faire un pas de plus en parlant à des personnes qui ne nous ont rien demandé, simplement parce que l’on a identifié des valeurs communes entre ces personnes et la marque. Cette démarche peut facilement être qualifiée d’intrusive de la part d’une marque, sauf si elle est sincère et très bien ciblée. Quand vous parlez de rugby et que vous vous adressez à un passionné de ce sport avec un message cohérent et valorisé sur son contenu, il est peu probable que vous soyez mal accueillis. Je suis certain que c’est aussi vrai pour le Curling, le Chocolat, la Tyrosémiophilie ou le Bilboquet Corse.

7- Le respect des valeurs avant tout ! Vous avez sans doute en tête le cas de Nestlé, mais on peut également citer celui de H&M, par exemple… qui ont du faire face à une véritable guerilla sur Internet récemment. Une entreprise qui annonce porter un certain nombre de valeurs doit être capable de défendre son engagement. Cela transparait encore davantage sur ce type d’opération communautaire, le rugby étant un formidable réceptacle de valeurs et de traditions. Je pense que j’aurais rapidement perdu le – peu de – crédit que j’avais gagné si j’avais commencé à insulter l’arbitre ou me moquer ouvertement des Anglais… parce que cela n’aurait pas été « dans l’esprit ». Les marques rassemblent autour d’elles des fans sur les valeurs qu’elles véhiculent (via leurs actes, leur marketing ou leurs produits)… Si ces valeurs sont bafouées, c’est la communauté entière qui se sent trompée et va donc réagir, dans le meilleur des cas par un début d’indifférence et parfois beaucoup plus violemment. Ce que vous donnez à la communauté doit être en ligne avec ce que vous êtes mais également avec la promesse que vous incarnez. Si cette promesse n’est pas en ligne avec ce que vous êtes vraiment, vous allez rassembler une communauté autour de votre marque qui n’embrasse pas réellement vos valeurs. Vous devrez alors « en changer » très rapidement avant que votre promesse, qui pour l’instant n’est simplement pas bien alignée avec ce que vous êtes, ne finisse par en arriver à être en opposition avec les valeurs de votre communauté et vous explose à la figure.

8- S’installer dans la durée et limiter ses ambitions est indispensable, avec un focus sur la qualité et non la quantité. L’audience de l’Internet social n’est pas si large que cela lorsque nous sommes sur des sujets non polémiques, comme un match de rugby aussi prestigieux soit-il. Celui-ci est diffusé sur une grande chaine, en prime time donc on ne peut pas s’attendre à mobiliser 500 000 personnes… mais nous savons tous que les communautés n’ont pas besoin d’atteindre de telles tailles pour être « importantes ». Avec 500 vrais fans, vous pouvez faire des miracles et je vous renvois d’ailleurs à Tribes, de Seth Godin, pour en comprendre la mécanique. C’est pour cela que les systèmes automatiques qui permettent de gonfler le nombre de ses followers n’ont absolument aucun intérêt, si la qualité de ces followers n’est pas en ligne avec ce que vous êtes. Pour le reste, une communauté solide se bâtit dans la durée. Si France 2 poursuit cette politique de LiveTweet sur la Coupe d’Europe et les futurs Tournois des 6 Nations tout en gardant une oreille attentive aux retours que lui feront ceux qui suivront, ils auront alors une véritable chance de réunir une communauté de fan de rugby qui soit très solide, dans l’intérêt de la chaine mais aussi des membres de la dite communauté. On est bien sur un deal gagnant-gagnant, mais c’est la communauté qui fixe les règles et la marque qui doit faire l’effort pour devenir un catalyseur.

9- Etre respectueux et reconnaissant, ce n’est pas être soumis ! Je ne sais pas vous, mais moi, lorsque je rencontre un client de Stonfield ou de Digidust, je suis en général poli et très respectueux dans mes relations avec lui. J’essaye de l’écouter attentivement et de lui apporter les meilleures réponses dont je dispose, contrairement à ce que j’ai partagé avec vous dans cette note. Au-delà de cela, je lui suis également très reconnaissant de m’accorder sa confiance et de mettre entre mes mains ses projets, dont certains sont parfois stratégiques donc présentent un risque pour lui. Pourquoi devrait-il en être autrement sur Internet ? Le Community Management est une sorte de Service Client, sauf que la notion de Client est très élargie à : clients actuels, anciens clients, clients des concurrents, futurs clients, ceux qui connaissent et ont un avis, ceux qui découvrent et adorent ou n’aiment pas, ceux qui ne connaissent pas mais on leur en a parlé, etc… Bref, élargie à tous ceux dont vous avez pu susciter l’intérêt à un moment ou à un autre. Pour le reste, les mécaniques sont comparables.

10- Le couple Internet – « TV ou Radio » fonctionne à merveille, au point que je suis convaincu que ce doit devenir un investissement prioritaire pour tous les Médias dits « Traditionnels », Internet étant sans doute une grande partie de leur avenir. Ce LiveTweet était organisé (OK, c’était un peu bricolé, mais il y avait une ligne vaguement directrice :-) ) donc il est facile de mesurer la complémentarité des deux supports… mais nous n’avons pas inventé les LiveTweets ! C’est un mouvement perpétuel quasiment spontané dès qu’une émission rencontre un peu d’audience. C’est le cas de presque tous les programmes liés au sport, en commençant par le Foot ou le Rugby, mais aussi d’émissions d’actualité comme Capital ou Envoyé Spécial, de programmes télé-réalité comme la Nouvelle Star ou Top Chef, etc… Suivez votre TimeLine le soir pendant les PrimeTime et vous comprendrez de quoi je parle. Je crois que c’est aux chaines qui diffusent ces programmes de donner aux communautés les moyens de centraliser leurs échanges, de tout mettre en un seul et même lieu qui peut être un compte Twitter ou une page Facebook. Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, l’idée n’est pas de regrouper pour mieux contrôler… mais plutôt de regrouper pour mieux alimenter, mieux partager.

Voilà quelques points que j’ai retiré de cette fantastique expérience, que je suis ravi d’avoir vécu et impatient de ré-éditer si l’occasion se présente. Je voudrais terminer par un point qui me semble important : Le Community Management est la discipline très hype du moment et c’est totalement justifié car elle recoupe une réalité stratégique à mon sens pour les entreprises… donc tant mieux.

Mais tous ceux qui liront cette note doivent garder en tête qu’ils doivent prendre du recul sur ces 10 enseignements car il n’y a, pour l’instant, pas de grandes vérités pas plus qu’il n’y a de grands experts incontestables, ni en France, ni ailleurs. Cette discipline est en devenir et sa matière première, les Communautés, n’a pas vraiment de comportement linéaire ni même de périmètre fixe. C’est la raison pour laquelle j’ai partagé – de façon très brouillonne – avec vous mes impressions sur cette grande première, en espérant aider à avancer tous ceux qui se posent des questions sur le sujet. Il y avait sans doute d’autres éléments que j’ai noté mais pas abordé, simplement parce que je ne souhaite pas me lancer dans l’écriture d’un livre blanc et que cette expérience a été d’une richesse inouïe !

Nous avons tous, tout à apprendre sur le sujet… et je ne connais pas de meilleur moyen d’apprendre que de faire !

UPDATE : Suite au commentaire de Jean-Yves, de DevantLaTele.com, je viens d’intégrer les statistiques qu’il m’a envoyé.